Une bijouterie made in Boyoma

Publié le 18 nov 2009 dans Kisangani par Boyomais

Un bijoutier de Kisangani à l'oeuvre

J’ai récemment fait une rencontre surprenante, alors que je cherchais une solution miracle pour la chaînette brisée de ma fiancée. Je me suis rendu chez celui que les Boyomais appellent « Maître ».

Les outils de travail de ce bijoutier made in Kisangani  sont rudimentaires. Du bois de chauffage, des allumettes, une lampe à pétrole et quelques pinceaux suffisent. « Tout ce que vous voyez me sert à transformer l’or et l’argent. Par exemple, pour votre cas, je vais mettre un peu de pétrole sur cette lampe, puis je vais faire fondre un peu d’étain et enfin coller la chaînette…» Aussitôt dit, aussitôt fait. Le boulot fini, nous avons payé 1500 francs congolais (environs 2 dollars américains).

Avant de se dire au revoir, le « Maître » a tenu à préciser que c’est par faute de matériel qu’il ne fabrique pas des bijoux et qu’il se contente de les réparer. « Il m’arrive d’en fabriquer de temps en temps avec des moyens du bord », m’a-t-il rassuré.

Une bijouterie made in Boyoma

Avec près de 10 000 francs par jour, ce congolais fait partie de ceux qui ne sont pas riches et pas pauvres non plus. Il connaît un métier qu’il pratique pour gagner sa vie. Ce Boyomais n’est pas spécialement différent des autres mais il respecté des siens pour son travail. Il n’attend pas de recevoir de l’’aide et encore moins que le Congo devienne un paradis pour travailler.

Dans un Congo en paix  et géré correctement, des artisans comme celui-ci peuvent être le moteur du développement. Mais dommage, il faut toujours qu’un pseudo défenseur des intérêts de la population, prêt à troquer quelques tonnes de minerais avec des armes vienne apporter la mort et la désolation. Pas besoin de faire un dessin des conséquences : le fabricant et vendeur d’armes débarque en pompier avec médicaments et aide humanitaire et fait tourner la machine à fabriquer des dépendants aux mains tendues.

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