Un travail de fin d’études remet en cause la tarification forfaitaire de la Snel
Publié le 9 jan 2010 dans Kisangani par Boyomais

En vue de l’obtention du grade de licencié en sociologie de l’Université de Kisangani, l’étudiant Losua a défendu ce matin son travail de fin d’études dont le sujet m’a fort intéressé. Il s’est penché sur la problématique de la facturation forfaitaire de l’énergie électrique par la Société nationale d’électricité par rapport au niveau de vie de la population.
Le récipiendaire a soutenu que ce mode de tarification ne tenait pas compte du revenu des abonnés qui sont, pour la plupart, des agents et fonctionnaires sous-payés de l’administration publique. « Alors que l’Etat congolais donne à ses agents le SIDA, entendez Salaire Insignifiant Difficilement Acquis, la Snel qui est pourtant une entreprise publique, soumet les mêmes agents à une facturation trop élevée de l’énergie électrique, sans tenir compte d’aucun critère matériel ou immatériel », a-t-il fait savoir devant le jury.
En réponse aux questions de son jury en rapport aux solutions préconisées pour mettre fin à cette situation, Losua a indiqué qu’il faudrait que la SNEL mette à disposition de ses abonnés des compteurs afin que chacun puisse payer proportionnellement à sa consommation.
Dans ses conclusions, l’étudiant a suggéré à l’Etat congolais de réhabiliter la turbine n°3 du barrage de la Tshopo pour mettre fin à la pratique de délestage qui compromet la tarification forfaitaire. Car, par rapport à cette pratique de délestage qui s’est enracinée dans le secteur de l’énergie électrique à Kisangani, l’on se demande toujours comment pour une consommation du courant électrique à compte-gouttes, l’on continue à payer des factures forfaitaires souvent très élevées, ne tenant surtout pas compte du nombre de jours réels de consommation du courant par mois.
En attendant que les recommandations de l’étudiant soient suivies, le chantier électricité continue à avoir, malheureusement, du mal à éclairer la ville de Kisangani qui vit actuellement sous le coup de « délestage intensif ». Il est effectivement rare d’avoir, aujourd’hui, trois jours de courant par semaine lorsque l’on réside les communes autres que le centre-ville.



AH ! AH !
Le salaire des agents de l’Etat congolais est bien un virus ! Le Sida ? Salaire insignifiant difficilement acquis ! Ce sigle dit tout en tout cas.
Par rapport au travail et au sujet traité, j’estime que la tarification forfaitaire n’est pas une mauvaise chose en soi. En effet, nous devons être réalistes: la SNEL n’a pas aujourd’hui ou du moins semble ne pas avoir les ressources nécessaires pour équiper chaque logette d’un compteur. Il est donc normal qu’il recourt à ce mode de tarification.
Cependant, la SNEL ne doit surtout pas facturer à l’aveuglette mais elle devra plutôt mettre en place un mécanisme pratique de sorte que les communes qui ne sont fournies irrégulièrement en courant électrique puissent avoir leur forfait différent de celles qui en bénéficient plus.
Bravo pour cet article qui nous replonge dans les vieux souvenirs dans la défense publique de nos travaux de fin d’études.
Très bon article mon petit boyomais! Et aussi un bon sujet pour le travail de fin de cycle. Malheureusement que ces travaux se servent que de remplir les bibliothèques après leur défense. Afin ils finissent par servir les mamans qui vendent des arachides aux coins de l’université.
Je me rappelle une fois dans les années 90 que la Snel, après avoir réalisé qu’elle n’était pas en mesure de fournir des compteurs à ses abonnés, avait envoyé ses agents dans les différentes communes pour interviewer chaque abonné. Les questions étaient entre autres:
- Usage dommestique ou commerciale?
- Combien d’appareils avez vous en fonction? cuisinnières, congélateurs, frigo, tv, radio, etc
- Combien de personnes habitent la maison. Enfants, adultes…
- Qui est le responsable de la famille et quelle est son occupation.
Tout ca était dans la logique d’une facturation forfaitaire mais fair. Je ne sais pas comment la Snel s’est servi de ces informations.
Une fois de plus merci pour ce bel article, Leki Boyomais
C’est quand même incroyable, le niveau d’incompétence de la SNEL! Et ceci du haut vers le bas! Je crois que c’est le principal problème. Dès qu’on remplacera les bricoleurs par les travailleurs, les faits divers qui leurs sont imputés seront revus à la baisse. Une bande d’incompétents en bottines qui mettent la vie des pauvres citoyens en danger et qui n’ont aucune vision de management mais adorent qu’on leur jettent des fleurs! Une évaluation des agents devraient être fait en permanence et ainsi que des formations pour des remises à niveau obligatoire!
Bien à vous
Sisi
C’est une bonne chose de la part de notre étudiant.
Mais si j’étais membre du Jury, j’allais dire au récipiendaire qu’il y a contraduction dans son développement et ses recommandations.
Vous dites à la SNEL de revoir sa tarification à la baisse et en même temps de réhabiliter la T3!!! La tarification actuelle ne permettant pas de moderniser le système ( situation normale car les gens ne paient pas), comment peut-on encore demander à la SNEL de réhabiliter la T3? A vous de juger!!
Pour commencer, la tarification de l’énergie est la moins chère en Afrique et peut être même du monde.
Et la SNEL a essayé de mettre en place les compteurs pré payés pour que les consommateurs paient ce qu’ils consomment; mais la réponse de la population était pas question. On veut l’omelette sans casser les oeufs.
Si les congolais demandent le développement, qu’ils soient prêts à faire face aux conséquences de ce développement. Nous devons demander à la population de payer sa consommation et à la société la modernisation et la bonne gestion de notre SoCIETE. Et tout passe par la privatisation. Une privatisation bien négociée.
La tarification forfaitaire est un vol organisé. Ce n’est pas à la population de payer la defaillance de l’État. Si la SNEL n’a pas d’argent, cela m’étonnerait. Tout de même j’accepte que cela est le CREDO en vogue dans tout les secteurs de la vie nationale.
Mon Grand-pere me disait autrefois que de ce qu’il connaissait de l’Etat est qu’il ne pouvait pas manquer l’argent. L’Etat Zaïrois à ses yeux était une Compagnie qui est tombée en faillite. Autant, fermez les bureaux.
Mes felicitations au Recipiendaire pour cette réflexion.
Dans le pays ou je vis,l’Etat fait payer les taxes au prix qui permette tout le monde a payer. Même les autres societes privées. Là, tous le monde peut payer son dû à l’État, à la Sonas, à la Regideso, à la SNEL et il y aura l’argent a gogo.
La SNEL est un grand machin comme dirait le général DE Gaulle. Démantelez le et revenez au système d’avant quand chaque centrale assurait elle-même sa gestion.
La preuve de l’incohérence est que cela va faire bientôt 10 ans que l’on parle de millions pour la remise en état de la TSHOPO Alors qu’il existe des simples Congolais (Pas des experts ni ingénieurs)capables d’assurer la remise en état des turbines.
Allez BOYOMAIS
Daniel
La tarification forfaitaire n’est pas une mauvaise idée, le seul bémol est que vu l’état actuel de la SNEL ceci n’est peut être garanti! Sinon , l’idée n’est pas mal car les premiers bénéficiaires devraient être les ménages à faibles revenus . Je suis de nature optimiste mais s’agissant de la SNEL, honnêtement, j’ai des sérieux doutes et émets beaucoup de réserve. Le potentiel est là mais les hommes !? Actuellement beaucoup trop de bricoleurs, pompiers pyromanes.
Je suis aussi pour que la gestion des centrales soit une compétence régional et non plus nationale. Car prenez l’exemple de Kalemie, la centrale de Bendera est depuis plus de 6 mois en panne! Finalement, la réparation est faite actuellement en Afrique du Sud sous financement du gouvernement provincial ( Est-ce normal ???).
Bien à vous
Sisi
@ Emery,
Bien qu’étant d’accord avec toi pour la faible tarification de la Snel du point de vue du tarif moyen mondial car au point de vue locale ou nationale, cette tarification n’est pas du tout abordable en rapport avec le niveau de vie moyen national des Rd-congolais, je ne dirais pas qu’il y a contradiction entre le developpement et les recommendations dans la défense du-dit recipendiaire.
En effet, la Snel a un serieux problème de recouvrement des ses créances pour faire face à l’assainissement de son reseau, mais il ne faut pas mettre cela sur le seul dos de la population avec des tarifications forfaitaires injustifiées.
Dans une interview en 2002, Mr. Alphonse Muyumba Kalenge (Managing Director) de la Snel avait épinglé 3 points qui justifiaient les mauvais résultats de la Snel à savoir:
.la faiblesse de nos tarifs qui ne parviennent pas à suivre la dégradation du cours de change de la monnaie nationale ;
· le surdimensionnement des équipements qui entraîne des lourdes charges d’amortissements et de provisions ;
· les difficultés de recouvrement de nos créances auprès de l’ETAT et des entreprises PARA-ETATIQUES, qui représentent environ 60 % des consommations..
http://www.winne.com/congo/to18int.html
On voit très bien que 2 des points qui ne contribuent pas aux meilleurs résultats de la Snel sont directement liés à l’Etat ou gouvernement à savoir la santé de la monnaie nationale et le non paiement des factures de la part du Gouvernement et entreprises sous sa tutelle.
Peut-on dire avec assurance que ces 2 points ont été adressés pour une amélioration de la gestion de la Snel qui se traduirait par une amélioration de la distribution électrique avec des factures reflétant la consommation effective d’un chacun!
Je crains que non car le franc congolais a connu une depréciation exponnentielle de 2002 à 2009 et quant au recouvrement des créances, les quelques réussites ont été empochées par l’ancien Dircab du Préso et actuel President de l’assemblée nationale qui, sans gêne, se permet de lancer de slogan creux du genre « Tolérance Zéro ».
Le management de la Snel doit prendre le courage de demander à l’état de payer ses factures et ainsi pourra soulager les petits utilisateurs d’électricité qui ne font que trop supporter des frais du gouvernement que ce soit pour l’éducation dans la prise en charge des enseignants mais aussi la prise en charge des factures du gouvernement de la Snel et de la Regideso.
Mais quand on sait que le Management de la Snel est assujetti aux nominations et revocations discrétionnaires de la part du préso Joka, il ne faut pas s’attendre à ce qu’il s’attaque au gouvernement.
Je suis pour la creation des societes en Province et gestion reginale.
Qui a vecu a Lubumbashi vers les annees 70,se rappelerait de la Sogelec.
La au moins c’est pour revenir aux problemes de gestion et responsabilite.Mais,en ce qui concerne la tarification,celle forfaitaire ne profite ni a la population ni a la SNEL.La preuve est qu’elle a difficile a recouvrer des factures impayees et la population ne peut non plus les payer.
La privatisation ne serait-elle pas une solution?Encore une polemique soulevee.
Loin de moi un quelconque rattachement à un mouvement communiste mais tout n’est pas à jeter, la crise mondiale ayant prouvé une énième fois l’imperfection du capitalisme ( ses limites), pourquoi ne pas penser s’inspirer ou de ce qui a marché dans le communisme? Dans un pays où une très grande majorité de la population est fonctionnaire, pourquoi ne se ferait elle pas payer une partie de son salaire en nature. L’électricité, l’eau , et transport et l’enseignement seraient décompter du salaire.
Un exemple éloquent de la non privatisation des services dites publiques, est le cas du Ghana(cas d’école et un grand enseignement pour les pays en voie de développement , le b.a.-ba du guide à ne pas faire)
http://eau.apinc.org/spip.php?article298
Apprenons des erreurs des autres, pas la peine de grossir les statistiques du FMI.
Bien à vous
Sisi
Sisi,tu as raison.Sais-tu que tous ces fonctionnaires sont locataires.Et se retrouvent souvent a 20 dans une meme parcelle avec des autres debrouillards.Ta solution aurait ete bonne au temps de nos parents. La SNEL n’a meme pas des compteurs qui resolveraient l’affaire.
Tant que la snel ne cessera pas d’etre la vache laitiere des gouvernants rien ne marchera pas. Si la snel n’etait pas public l’encien direcb n’aurais pas pu la piller. Et cet argent aiderait a acheter d’autres pieces de rechange ou les compteurs. En regardant en face les potentilites que regorge le pays de lumumba, la rideso et la snel seraient de grands generateurs de revenus du gouvernemant si bien gerees.
Là où tout le monde se rencontre, tous disons la SNEL a échoué.
Notre cher étudiant a donné des pistes de solutions, mais pas éfficaces du moins pour le moment parceque cette société est dirigée par des inconscients. La meilleure proposition est de privatiser tout en laissant à l’Etat le soin de créer sa structure qui ne s’occupera uniquement que des barrages de la République Démocratique du Congo un point trait. Parceque l’Etat est un mauvais commerçant.
Les cables, la facturation, les cabines, les transformateurs… qu’on laisse cette charge aux privés qui s’organiserons en société.
Ensuite reprendre à zéro tous les contrats d’abonnements dans notre pays.
Sans rancune.
Quoique je trouve le sujet original et interressant, je ne comprends pas tres bien comment un tel sujet peut etre valable pour un memoire en sociologie dont l’objet est avant tout l’etude des comportements humains. J’entends deja les gens objecter, en me traitant de tous les noms d’oiseaux, mais cette tarifiacation a des implications sur les comprtements sociaux me retorqueront ils!
Oui mais la SNEL est une entite finaciere qui a des imperatifs financiers et techniques, elle a besoins de moyen pour vivres, il serait biase de ne voir le probleme que de l’angle des pauvres fonctionaires impaye’. Je suis sur qu’un etudiant en sciences economiques ou financiere aurait un regards plus realiste sur le sujet. Enfin, c’est selon!….