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Un peuple sans histoire est un peuple sans avenir

23 novembre 2009 par Mwana Kin, leki ya Kinshasa Lu 2 250 fois 8 commentaires Envoyer par E-mail

une dalle de l'office de drainage de Léopoldville

Nous sommes sur l’avenue Tombalbaye dans la commune de la Gombe, en plein centre de la capitale congolaise. Lors de mon passage sur cette avenue, mon attention a été attirée par cet objet de l’époque coloniale. Cette dalle en acier a été posée là par le service urbain et de drainage de Léopoldville. Elle n’a pas bougé depuis plus de 60 ans. Les kinois qui passent par ce coin la foulent des pieds sans trop se rendre compte de sa valeur historique.

L’histoire, pendant que j’en parle, n’a pas l’air d’emballer les Kinois et plus généralement les congolais. Après l’indépendance en 1960, la plupart des monuments de l’époque coloniale ont tout simplement été démolis. Les autres traces historiques sont progressivement effacées. Difficile dans ce contexte pour les jeunes générations de suivre l’évolution de l’histoire de leur pays.

Même si la phrase « Histoire ba changeaka yango te » traduction : «  l’histoire ne se réécrit pas » revient souvent dans la chanson congolaise, chaque régime politique la réécrit à sa sauce. Les noms des avenues et autres places publiques changent régulièrement au point qu’on s’y perd.

Quelqu’un a dit un jour qu’un peuple sans histoire est un peuple sans avenir. Comment préparer l’avenir sans savoir d’où nous venons ?

8 commentaires »

  • bonobette dit :

    Pour les amoureux de l’histoire congolaise, je vous conseille ce site : http://www.stanleyville.be/ qui présentent des photos des rue de Stanleyville/Kisangani : photos d’archives et photos actuelle. Trés beau site, se pourrait-il qu’un Kinois épris d’Histoire se lance dans la création d’un tel site sur Léopoldville/Kinshasa?

    « Nul n’a le droit d’effacer une page de l’histoire d’un peuple car un peuple sans histoire est un monde sans âme » Joseph Kizerbo

    « Un peuple sans histoire est un peuple sans avenir. » John George Lambton, comte de Durham, dit Lord Durham

  • Alex Engwete dit :

    Le problème n’est pas ce tampon du système de drainage datant de l’époque coloniale. Les grandes villes du monde, comme New York par exemple, ont des tampons et des systèmes de drainage datant de plus de 100 ans. Le problème est de savoir si le système de drainage et d’évacuation est maintenu et élargi. Rien n’est fait dans ce sens dans toutes les villes du pays… Kinshasa n’a pas de canaux d’eau d’égouts et des maisons construites sur les rives de Kalamu, par exemple, déversent directement la merde dans la rivière. Kalamu et N’Djili sont des rivières mortes. Il faudra peut-être 100 ans, si des mesures nécessaires étaient prises aujourd’hui, pour assainir ces rivières.

  • bony dit :

    Brazzaville a conservé son nom historique. Le congolais d’en face sont allé encore plus loin en ramenant les cendres de Savorgnan de Brazza à Brazzavile. La statue de Stanley qui dominait le Mont Stanley a été démantelé par des soi-disant révolutionnaires du MPR. Ne parlons pas des bâtiments publiques qui sont tombés en décrépitude.
    Mais dire que les congolais ignoraient leur histoire est un contre sens. Les jeunes congolais apprennent leur histoire depuis Diego Cao. Et les spécialistes ont souvent entre les mains les documents que leur offrent tous les archives historique du monde.

    Nous avons des historiens remarquables qui publient souvent chez l’harmattan. Lumenganeso fait un travail de qualité. Lisez ce qu’il écrit sur la ville de Kinshasa vous y apprendrez beaucoup de choses. Je comprends que les écrits d’universitaires soient un peu rébarbatifs mais ça restent des ouvrages de qualité.

    Qu’on arrête d’écrire que le Congo serait un pays sans histoire. Ce n’est pas parce qu’on serait ignorant de l’histoire du Congo que celle-ci n’existerait pas.
    Ceux qui vivent à Paris visitez le musée Dapper pour y admirer les oeuvres congolaises et en Belgique Tervuren reste un endroit magique,une des vitrines de l’histoire du Congo. On est d’ailleurs étonné de ne pas y voir beaucoup de congolais.

  • Cédric Kalonji dit :

    Il faudrait peut-être organiser des charters d’élèves congolais pour les amener au musée Dapper pour contempler les œuvres congolaises. Ils profiteraient de la même occasion pour aller à la bibliothèque nationale de France, sans oublier de faire un tour à la FNAC pour se faire une réserve de livres sur l’histoire de leur pays ?!?

    Cet article de Mwana Kin met en lumière des évidences :

    1. Au Congo, pays dans lequel vivent 60 millions d’âmes, il n’existe presque plus de librairie digne de nom! (que celui qui veut me contredire donne des adresses !)

    2. Chercher une bibliothèque au Congo c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin.

    3. Les archives nationales du Congo se trouvent dans un immeuble miteux et les fonctionnaires chargés de s’en occuper sont impayés depuis des années (j’y étais il y a un peu plus d’un mois et j’ai des photos pour qui veut). Les lambeaux qui y trainent encore disparaitront dans le prochain pillage ou au prochain changement de régime.

    4. Il n’y a pas de vrai musée au Congo. Le seul musée auquel on a accès dans la capitale (une fois par an), c’est le bureau dans lequel a été assassiné Laurent Désiré Kabila.

  • Germain Mukendi dit :

    Bravo Jean-Luc Ernst.
    Moi je suis né en 1943 à Luluabourg, une petite ville agréable appelé ville champignon par la vitesse à laquelle l’administration et les administrés avaient donné à l’amélioration de vie.
    Mon souhait est de treouver aussi notre Jean-Luc Ernst qui a et peut avoir des images de notre ville.
    Que ceux qui tiennent à l’histoire de leur Congo se manifestent, ensemble faisons connaître les belles images du Congo à nos enfants et petit-enfants.
    Germain

  • Richard dit :

    Un peuple sans histoire est un peuple sans avenir…

    On ne peut dire plus vrai. chaque détails de l’histoire aussi simple puisse t-il paraitre à des répercussions sur le futur d’une manière ou d’une autre. Cette dalle pourrait inspirer de différentes manière ceux qui l’observe et étudient son histoire. Elles pourrait inspirer les générations futures sur la necessité d’un système de drainage efficace au regard des efforts fournis par le colonisateur 60 ans plus tot. Il y a toujours des leçons à tirer de l’histoire. Si les congolais avaient profondément étudié l’histoire de Mobutu, son accession à la présidence du pays, ils ne se seraient certainement pas laisser emballer dans le  » Remix  » actuel.

  • aaghakor dit :

    Mais alors, il faudrait revoir, également, l’histoire de l’esclavage au Congo. Des vies sacrifiées au détriment de la prospérité coloniale et du primitivisme des coloniaux qui, pour la plupart savaient à peine écrire.

  • mokemo dit :

    Bien dit Cédric
    Les Congolais ne connaissent pas leur Histoire. Elle est certes enseigné mais mal enseignée.
    Tous les enfants dont moi ont retenu que la colonisation belge était une mission civilisatrice…Cela en dit long sur la qualité de l’enseignement à la sauce de je ne sais qui…Nouis avons de grands historiens mais leurs travaux ne sont ni assez vilgarisés ni assez diffusés. Il faut une politique volontaire de l’accès à l’information par le livre. Où sont les bibliothèques? Cela ne fait pas partie des chantiers apparemment.

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