Un petit tour dans ce qui reste du jardin zoologique
Publié le 26 avr 2010 dans Kisangani par Boyomais

C’est une image de désolation que présente aujourd’hui le zoo boyomais. « Jadis un site touristique attirant du monde, le zoo n’est plus que l’ombre de lui-même », se plaint une dame que j’ai trouvé sur le lieu. Elle fait office de guide aux rares visiteurs qui se pointent de temps en temps. « Les problèmes majeurs auxquels notre zoo se trouve confronté sont de deux ordres : la réhabilitation des installations et la prise en charge des animaux pensionnaires ».
Elle n’a pas tort. Un coup d’œil autour de moi a suffi pour comprendre l’état dans lequel notre zoo se trouve. Des cages mal entretenues sont soit abandonnées soit occupées par quelques espèces animales encore présentes. Ces dernières se comptent d’ailleurs au bout de doigts. Tenez ici, j’aperçois un chimpanzé. Tout le monde l’appelle « Ferdinand ». C’est un don de l’ancien commandant région militaire en poste à Kisangani.

Là, dans une cage assez grande quand même, deux petits singes jouent à cache-cache. Un peu plus loin, un babouin tourne seul en rond et n’hésite pas à faire des grimaces lorsque je m’approche. Juste en face de lui, une vaste cage avec des ânes à l’intérieur. «Autrefois, cette cage était celle des éléphants», m’apprend la guide. Enfin, de gauche à droite, plusieurs autres installations présentent un état de délabrement avancé.
« Nous invitons donc les autorités locales ou nationales mais aussi toutes les personnes de bonne volonté à songer à la réhabilitation de ce site touristique » conclut notre guide, à la fin de la visite.
Sera-t-elle entendue? J’en doute. Alors que la situation déjà chaotique des humains ne cesse de se détériorer, comment espérer que nos chers chefs se soucient d’animaux et de zoo?



Les gens n’ont pas à manger et vous voulez qu’on garde des pensionnaires qui auront difficile à trouver de quoi mettre sous la dent. Résolvons d’abord ce qui est plus compliqué et on pensera au Zoo après. Les animaux ont un droit.
Cet article est rès intéressant. Je le juge cependant incomplet car il ne décrit pas toute la situation. Je voudrais aussi relever que ce cas n’est pas unique au zoo boyomais.A Kinshasa, les choses ne vont pas autrement. On a de la peine è s’imaginer que l’on se trouve dans un pays renfermant les plus belles et rares espèces animales. Il y a longtemps qu’on n’y a plus vu les lions ni les éléphants. Et pourtant à Garamba, par exemple, on pouvait bien capturer quelques rhinocéros ou giraffes. Epulu, qui se trouve dans la même province (Orientale) peut jusqu’à ce jour fournir à l’Institut des jardins zoologiques et botaniques quelques okapis. A Kinshasa, pour voir les bonobos, il faut se rendre à leur sanctuaire à Kimwenza. Les Kinois ne voient des zèbres que dqns les films documentaires. Je ne voudrais même pas parler des gorilles des montagnes.
Cela est tout simplement ridicule.
Bonjour,
il ne me semble pas correct de dire « les » gens n’ont pas à manger. Il serait plus juste d’écrire « certaines » personnes. En effet, l’état de faim à Kisangani ne concerne qu’une petite partie de la population. Vouloir généraliser à partir d’un constat parcellaire est trompeur. Il convient aussi de réfléchir à la situation. Pourquoi certaines personnes ne mangent-elles pas à leur faim? Parce que leurs revenus sont insuffisants. Notons cependant qu’il y a des pauvres dans tous les pays du monde, même en Belgique. Comment augmenter les revenus de la population? L’Etat est censé payer les salaires de ses fonctionnaires. Pour ce qui est du secteur privé, l’argent provient de l’activité économique. Un secteur de l’activité économique susceptible d’apporter des devises dans une région est le tourisme (achat sur les marchés, restaurants, bars, dancings, hôtels, utilisation de tolekas, taxis, passages en bac, tickets d’entrée, etc.). Les devises du tourisme proviennent des visiteurs étrangers. Un jardin zoologique dans une ville est un attrait touristique. Il serait donc plus intelligent de réhabiliter le zoo que de le laisser se dégrader. C’est d’ailleurs une chose plus simple à faire que tenter de « résoudre ce qui est plus compliqué ». Encore faudrait-il définir les objectifs d’un zoo à une époque où ailleurs dans le monde ce concept est décrié dans son principe. Il existe à Kisangani des Congolais disposant de compétences scientifiques susceptibles d’effectuer une étude à ce sujet. Je pense à l’Unikis. Certaines expériences zoologiques à l’étra
Cordialement,
Jean-Luc
(suite)
Certains concepts de jardins zoologiques à l’étranger pouraient être utilement appliqués à Kisangani.
PS : à qui appartient le zoo de Kisangani? A un privé ? A l’administration ?
Cordialement,
Jean-Luc Ernst
@Jean Luc Ernst,
J’aime bien ta façon de proposer la solution à ceux qui n’arrivent pas à manger à leur faim. Augmenter leur revenu. Comment? En investissant dans un secteur économique susceptible d’apporter des dévises tel que le tourisme dont le gros de dévises provient des étrangers.
Ma question: Qui sont ces étrangers qui aimeraient s’aventurer en RD. Congo, pays dont la sécurité n’est pas asssurée ni pour les nationaux et encore moins pour les touristes alors que ces étrangers peuvent en toute tranquilité voir les mêmes animaux en bonte santé et à moindre coût dans les zoos de leur pays respectifs.
On est loin de l’époque de Diego Cao, où certaines personnes étaient prêtes à bravers tous les dangers pour aller découvrir des contrées hostiles et encore, à l’époque l’hostilité était la nature sauvage et quelques indigènes armés de flechettes, aujourd’hui non seulement la nature est restée sauvage mais cette fois-ci avec des indigènes armées des Kalashnikof (genre Enyeles)!!!!!!
Le docteur espagnol en a appris à ses dépens, le tourisme en RDC.
Bonjour Bely,
Je n’ai jamais écrit que ceux qui ont faim doivent investir dans un secteur économique ! Ce serait stupide de ma part de penser cela car complètement irréaliste vu leurs faibles revenus. Le sens de mon message était de créer un environnement économique florissant à Kisangani lequel aura des retombées favorables sur l’ensemble de la population. Le zoo n’est pas la solution, bien entendu. Croire cela témoignerait d’une étroitesse d’esprit de mon côté. Ce n’était qu’une petite partie d’un plan d’ensemble faisant appel aux potentialités congolaises. Le tourisme, dans mon esprit, n’est qu’une idée parmi d’autres susceptible de rassembler des bonnes volontés autour d’un projet commun. Certains boyomais veulent faire de Kisangani un centre culturel remarquable. C’est une autre idée dans le même sens que la mienne : ouvrir Kisangani au monde extérieur. J’ai également indiqué dans mon message que le concept de zoo tel que conçu actuellement à Kisangani n’est plus d’actualité en ce sens qu’il est contraire aux règles édictées depuis plusieurs années en matière de captivité des animaux dans les zoos. La législation européenne et les directives mondiales (voir la WAZA par exemple) ne cautionnent plus ce type de zoo. Il existe des alternatives plus « modernes » basées sur les potentialités locales tout aussi attractives et intéressantes mais ce serait trop long à exposer ici. Quant à la sécurité des ressortissants congolais et des étrangers, il existe une thèse qui explique qu’elle augmentera lorsque le nombre de ressortissants étrangers présents sur le territoire augmentera. En effet, dans l’état actuel de la situation, quel pays européen aidera le Congo, notamment militairement, pour quelques dizaines de ses ressortissants présents sur le territoire ? Un espagnol qui disparaît au Congo n’a aucun retentissement médiatique en Europe.
Pour clore le présent message, je dirais que mon message précédent doit se comprendre dans le sens d’appuyer des initiatives concrètes locales. Cela me semblait constructif et positif.
Cordialement,
Jean-Luc
Bonjour J-L Ernst,
Avant tout chose, je te remercie beaucoup pour le travail abbatu sur ton site pour faire ou refaire redecouvrir Kisangani en photo.
Tu m’as surement mal compris car je n’ai point dit que c’est aux affames d’investir pour augmenter leur revenu.
Le but de mon intervention etait de souligner le facteur « securite » qui ferait defaut a l’attraction touristique en RDC et donc du developpement de ce secteur. Et ce n’est pas de la prerogative des pays europeens de venir assurer la securite de leur ressortissant en RDC pendant leur vacance touristique mais belle et bien une prerogative de notre gouvernement.
J’espere que nos gouvernants n’ont pas lu ta theorie de securite car ils pourraient, pour forcer la main des europeens, se mettre a tuer les quelques europeens sur place, en vue d’avoir une aide militaire en matiere de securite puisqu’incapable de le faire par eux-memes.
Bref, je suis d’accord avec toi pour appuyer les initiatives locales mais faudrait-il encore pouvoir securiser ces initiatives et les initiateurs en question.
Bien a vous, comme on dit au Quebec.
Bonjour Bely,
le travail de sécurité est en cours actuellement (voir ce qui se passe à Kisangani pour le moment à Simi-Simi). Mais ce travail ne peut se faire en un jour. L’agglomération de Kisangani est déjà reconnue comme étant très « calme » comparativement à Kinshasa, par exemple. Quand je dis « est reconnue », c’est par mes correspondants sur place et par diverses sources (privées et même des officielles) qui vivent sur place ou qui séjournent temporairement sur place. La neutralité de mon site m’a permis de rencontrer des gens de tous bords politiques et autres. Parallèlement à ce travail de fond sur la sécurité qui portera ses fruits progressivement, il faut travailler au développement de Kisangani. L’un entraînant l’autre et inversément c-à-d la sécurité accrue augmente les possibilités de développement économique, culturel, etc. et ce développement économique ou touristique entraine dans son sillage une meilleure sécurité par la force des choses. Un exemple typique est l’Egypte où les attentats visant les lieux touristiques a entraîné de facto une augmentation extrêmement importante de la sécurité en vue de protéger le tourisme. Les pays qui comprennent l’importance du tourisme, à l’époque actuelle, dans l’économie d’un pays, sont ceux qui récolteront beaucoup de devises. Le tourisme peut être considéré comme un produit d’exportation au même titre que du minerai. L’avantage par rapport au minerai, c’est qu’il reste sur place (le majestueux fleuve Congo, par exemple) tandis que le minerai sort du pays. Le tourisme a indirectement un effet de mise en valeur d’une ville, d’une région et d’un pays. De plus, l’intérêt des devises du tourisme est qu’elles peuvent arriver plus facilement et plus directement dans les mains de la population, presque sans intermédiaire. Dans le tourisme, tout le monde peut avoir sa part, depuis le ministre qui va empocher son « cadeau » pour avoir signé une autorisation jusqu’au personnel d’entretien de la pelouse d’un hôtel qui accueille des touristes.
%;>))
Cordialement,
Jean-Luc
A propos de sécurité, j’apprends une nouvelle que je ressens comme un coup de poing. Actuellement, il y a une importante mission scientifique qui descend le fleuve Congo avec à son bord des scientifiques congolais et belge. Ils sont chargés d’étudier la faune et la flore et d’effectuer divers relevés scientifiques destinés à alimenter en données le futur centre d’étude projeté. L’expédition comporte 3 bateaux. Le troisième bateau, celui des médias, n’a pas pu prendre le départ car « capturé par les rebelles ». Tout de suite, je me dis que la sécurité n’est en effet pas garantie. Que fait la police et l’armée?
Or quelques jours après le départ, alors que l’expédition avait établi son camp de tentes pour quelques jours dans un village le long du fleuve, on voit passer le bateau en question. Il était en possession de militaires congolais qui l’avaient « réquisitionné » en chassant tout le personnel de l’expédition pour le remplacer par femmes et enfants. Il a fallu payer pour récupérer le bateau et transférer les militaires sur d’autres engins flottants…!
Bref, ce sont les congolais eux-mêmes, représentés par leurs militaires, qui provoquent l’insécurité en arraisonnant un bateau officiel comme le font les pirates en Somalie!
Si les militaires provoquent l’insécurité qu’ils doivent en principe combattre, où va-t-on?
Un épisode similaire avait déjà eu lieu, il n’y a pas longtemps, avec un train de passagers bloqué par des militaires voulant voyager sans payer. Que fait l’Etat ? Que fait le Ministre de la défense ? Que font les gradés militaires ? Tout cela est-il permis sans réaction de la part des autorités?
Bonjour,
toujours à propos de sécurité, je viens de lire que l’expédition Congo 2010 sur le fleuve Congo qui devait faire le trajet Kisangani-Kinshasa va revenir à Kisangani sans descendre jusqu’à Kinshasa. C’est le chef de l’éxpédition qui l’a décidé en raison de l’incapa
… (coupure) …
C’est le chef de l’expédition qui l’a décidé en raison de l’incapacité des autorités congolaises responsables d’assurer la sécurité du convoi sur tout le trajet (plus particulièrement dans la province de l’Equateur).
Cordialement,
Jean-Luc