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Un militaire assassine un policier de roulage

23 juillet 2009 par Joy, Leki ya Bukavu Lu 2 350 fois 11 commentaires Envoyer par E-mail

Procès d'un militaire qui a assassiné un policier de roulage

C’est le quatrième cas enregistré à Bukavu depuis le début de cette année. Des coups de feu crépitent sur avenue Nyofu en commune d’Ibanda presque toute la nuit de dimanche 19 juillet. La population se réveille le matin suivant dans la panique en apprenant sur les chaînes de Radio locales qu’un policier de Roulage du rang d’adjudant chef venait d’être abattu à une heure du matin par un élément des FARDC faisant partie de l’opération Kimia 2 qui traque les FDLR.

L’audience s’ouvre à neuf heures le lendemain mardi 21 juillet devant le tribunal militaire de garnison de Bukavu. Une foule assez nombreuse se rassemble devant l’esplanade de la grand poste pour suivre le procès. A la barre, deux militaires de l’armée régulières bien menottés. Le président de ce tribunal ouvre l’audience publique et questionne le premier prévenu, un caporal : « As-tu tué le policier roulage ? » Et le caporal rétorque sans gêne : « Oui Mr le président, je l’ai tué parce qu’il m’a tabassé dimanche soir dans un débit de boisson. »

L’auditeur militaire de garnison à qui la parole est ensuite donnée, dit que le caporal a volé l’arme de son compagnon de chambre pour aller commettre son crime et il était dans en état d’ébriété. Les avocats désignés pour assister gratuitement les accusés n’ont pas d’autres choix que de plaider coupable et demander au tribunal de réduire la peine pour leur client.

A 20 heures le soir, l’audience n’était pas encore terminée. Après une descente sur le terrain, le tribunal décide de suspendre et de reprendre le lendemain.

Cette situation remet en scène la question du sérieux et de la discipline des ceux qui sont censés protéger la population et ses biens et veiller sur l’intégrité du territoire. Plutôt que de considérer leur arme comme un outil de travail servant à accomplir un devoir noble, ces hommes y voient un gadget leur permettant de se considérer comme les plus forts du monde. Et les conséquences sont bien connues : viols, rackets, assassinats… La liste est longue.

11 commentaires »

  • Alex Engwete dit :

    Très intéressant, ce billet de Joy. Je félicite Joy pour son accès aux premières loges et cette photo du meurtrier présumé. Je m’étonne de la célérité du tribunal militaire à juger un meurtrier pour un crime qui n’a eu lieu que 2 jours plus tôt. Je m’étonne aussi qu’il y ait un avocat commis d’office à la défense du prévenu comme aux USA. Je m’étonne finalement du caractère public et transparent de ce procès. Si le système judiciaire fonctionnait dans tout son ensemble de cette façon, on peut penser que la RDC est dans la bonne voie pour supprimer l’impunité et restaurer la confiance dans le système judiciaire. On ne peut que s’en féliciter.

  • simon kwete dit :

    Sans toute fois jouer le rôle du ministère public pour moi ce militaire mérite 150 ans de prison ferme.

    C’est sans rancune.

  • bony dit :

    La justice doit être sereine même pour ce monsieur qui d’ailleurs plaide coupable. Il faut toujours se dire que vous pourriez être à sa place pour une raison ou une autre au Congo ou ailleurs. Sa réaction disproportionnée est la résultante d’une humiliation subie de la part d’un adjudant et sous-officier dans la police comme il est dit dans l’article.

    Nous devons laisser à la justice la qualification de ce crime qui seule déterminera la hauteur de la sanction à infliger à ce malheureux soldat. La démocratie c’est aussi cela. Le respect de tout un chacun même d’un présumé criminel.

    Dans une région à la stabilité fragile on arrive à procéder à l’arrestation des malfaiteurs et à les juger équitablement. Un bon point à inscrite au carnet de note de ce Congo en devenir.

    Une assurance d’obtenir réparation des faits préjudiciables qui pourraient nous arriver. L’humanité, l’humanisme doit nous habiter à chaque instant. Le fait d’avoir été gouverné par des gens qui n’en avaient pas nous a conduit à des malheurs inextricables qui se sont abattus sur le Congo. Ce n’est pas parce que ce soldat a tué que la justice devrait réagir arbitrairement contre lui. 150 ans, c’est farfelu. Même la peine de mort pour lui serait excessive.

  • Emery dit :

    Il faut les pendre à la place publique. Il faut en RDC un peu de dictature dans la démocratie congolaise pour mettre de l’ordre dans ces citoyens qui pensent que la démocratie signifie l’anarchie.
    Accordons la chance à ceux qui versent le sang gratuitement de passer à la corde ou la chaise électrique.

  • simon kwete dit :

    Au lieu de tuer les FDLR Monsieur BONY, ton caporal de militaire préfère diriger le canon de son fusil vers un policier sans défense, aux mains nues.

    Dans un débit de boisson Monsieur BONY est ce que si quelqu’un arrive à tabasser ton caporal parcequ’il est fort physiquement que lui, il mérite d’être fusillé. Pire encore ce soldat a volé l’arme de son collègue pour commettre son forfait.

    C’est un militaire qui n’a pas de sans froid et par pitié il doit faire 150 ans de prison.

    C’est sans rancune.

  • bony dit :

    Vous choisissez l’arbitraire,à quoi sert le procès. Tuez le sans procès. Il va y avoir beaucoup de congolais qui vont être condamnés comme cela sans procès. Etonnez vous ensuite que le pays ne fonctionne pas depuis 49 ans avec des idées aussi sammaires.

  • Emery dit :

    Bony

    La chaise électrique, 150 ans de prison c’est après jugement. La justice c’est la force d’une nation. Quand bien même elle a beaucoup de définitions selon les cas ( même aux USA pays réputé juste et libre)

  • bony dit :

    La justice doit être sereine. Aux Etats-Unis il y a beaucoup d’erreurs judiciaires. Car la frénésie qu’induit la loi du tallion dans les états comme le Texas ne permet pas une justice équitable. Même le présumé fautif a droit à un procès juste. Quand on a tué sous l’empire de l’alcool ou seulement de l’émotion forte parce qu’un individu qui vous est supérieur dans la hierarchie militaire vous a humilié publiquement on ne doit pas subir la peine de mort pour cela. Cela n’excuse rien mais une peine qui reste dans les proportions de la faute commise est plus juste.
    Lorsque vous prononcez les peines avant le procès vous préjugez le présumé coupable.
    Je joins un article sur les erreurs judiciaires aux USA dont le sujet a fait l’objet d’un film que j’ai moi même vu plusieurs fois.

    http://www.resonance-online.co.....fiche=1609

    ça pourrait vous arriver de tuer quelqu’un accidentellement et vous n’aimeriez pas que l’on vous applique la peine capitale. Pensez à ces chauffeurs qui sont tabassés par la foule kinoise lorsqu’ils renversent un piéton.

  • Lokuli lomponho Albert dit :

    Le comportement de ce militaire traduit l’état d’esprit qui règne au sein de l’armée congolaise. Je pense que le peuple congolais doit faire le procès de son armée. Cette armée qui a causé plus de tort que du bien à la nation congolaise.

    Incapables de défendre l’intégrité du territoire et d’assurer la protection des biens et des personnes sur l’étendue du territoire national, les militaires congolais ont la gâchette facile et distribuent facilement la mort. Il est temps de mettre en place une politique de recrutement primant la qualité sur la quantité. Il faut tenir compte du niveau d’instruction et d’éducation dans le recrutement. L’armée doit cesser d’être un refuge pour les délinquants et les bandits de toute sorte.

  • Congo Blog – Ba Leki » Blog Archive » Le militaire qui a tué un policier condamné à mort dit :

    [...] procès dont je parlais il y a quelques temps et qui opposait le ministère public au militaire qui avait as… s’est soldé par une sentence lourde. Le caporal B est condamné à mort et révoqué des Forces [...]

  • Phil dit :

    Ce pays manque d’ordre, qu’il yait de l’ordre et de la discipline, et ensuite il y aura du progrès !! Regardez vous même l’attitude presque avachie du militaire au milieu, ça n’inspire pas confiance, ça n’inspire pas de respect du tout !!

    Regardez comment les militaires trimballent leurs armes dans les villes, quelle négligence !! On penserait plutôt à des miliciens qu’à des agents de la force publique !!

    Dès le début, il faudrait instaurer de l’ordre, de la discipline partout dans le pays, le reste suivra.

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