Un calendrier spécial pour les fonctionnaires de l’Etat congolais

Qui a dit que le mois d’octobre ne comptait que 31 jours ? La situation de paie des agents et fonctionnaires de l’Etat démontre le contraire. Ces derniers continuent d’attendre, jusqu’à ce 24 novembre 2009, leur salaire du mois d’octobre.
« Nous sommes déjà le 55 et toujours rien. Et pourtant, dans les discours politiciens, on nous laissait attendre que la paie interviendrait désormais le 20 de chaque mois », s’indigne Vieux Paul Kakimbo, septuagénaire, agent de l’Etat.
En plus de leur modicité, les salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat sont payés au lance-pierre, à tel point que d’aucuns n’hésitent plus à préconiser la publication d’un calendrier spécial pour la fonction publique congolaise.
« Au lieu de nous faire longuement attendre ce fameux salaire, nos autorités doivent simplement nous dire que pour les fonctionnaires de l’Etat, un mois comprend 60 jours. Ce faisant, nous serions fixés et nous n’attendrons notre paie mensuelle qu’après 60 jours », propose Madame Fatuma Nyamala Elysée, veuve d’un agent de l’Etat.
Dans l’entretemps, ce sont des milliers de familles qui en pâtissent. Je peux citer l’exemple des enfants chassés de l’école car les parents n’ont pas payé la prime des enseignants.
Qu’est-ce qui est apparu en premier : l’œuf ou la poule ?
Ça râle depuis des lustres mais la situation reste la même avec des fonctionnaires impayés et une fonction publique qui tourne au ralenti. Dans certains services de l’Etat, les agents ne se souviennent même plus de la date à laquelle ils ont touché leur dernier salaire. Pour survivre c’est la démerde. Cette débrouille au sein de l’administration publique congolaise a donné naissance à des pratiques plus qu’encrées dans les mœurs. On parle alors de madesu ya bana pour Kinshasa et toute la partie ouest du pays, de matabishi, Kidogo ou encore Kata nyama à l’est. Un synonyme à toutes ces formules : la corruption.
Pour leur défense, les fonctionnaires vous diront que c’est parce que le système est pourri qu’ils se font corrompre. D’autres vous diront que ce sont les fonctionnaires qui pourrissent le système. Un paradoxe qui ressemble à celui de l’œuf et de la poule.









Pour moi, en tout cas, et les fonctionnaires et le systèmes, tous, sont responsables de cette situation.
En effet, il est évident que la corruption des agents et fonctionnaires de l’Etat se justifie principalement par la précarité de leur salaire. Cet article du Boyomais le retrace si bien. Comment expliquer qu’on arrive jusqu’au 55 en train d’attendre son salaire ? Et pourtant, ce salaire a un caractère alimentaire. Donc, comme le système ne veut pas payer ses agents à temps utile et convénablement, ces derniers se laisseront encore et encore corrompre pour faire face au coût de la vie.
Mais, dans un autre point de vue, je relève que les mêmes agents ne donnent pas toujours à l’administration publique les moyens de sa politique. Prenons l’exemple des entités territoriales décentralisées, elles doivent payer une certaine catégorie des agents et fonctionnaires mais avec quels moyens ? Lorsque l’on considère le fait évident de pratiques de la corruption au chef même de ces agents.
Vraiment, c’est un véritable paradoxe.
Pour y remédier, je propose deux choses: une volonté politique de changement chez les politiciens et un véritable changement de mentalité chez les agents et fonctionnaires de l’Etat.
@ Oncle Gilba
Faux !
Nous ne pouvons pas réinventer la roue !
Le problème des agents et fonctionnaires de l’Etat congolais est, sans aucun doute raisonnable, dû au système. En effet, c’est l’absence criante d’une politique salariale qui tient effectivement compte du coût de la vie des Congolais qui fait gravement defaut et qui justifie à lui seul la corruption au Congo.
Pour cela, il faudrait seulement mettre les fonctionnaires dans des bonnes conditions, et vous verrez la suite.
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