Vous parcourez les archives de Urbanisme

Constructions anarchiques ou les démolitions anarchiques ?

Publié le 19 mai 2010 dans Kisangani par Boyomais

Constructions anarchiques ou les démolitions anarchiques ?

L’autorité provinciale frappe encore une fois en mettant en application des mesures visant la démolition de constructions dites anarchiques dans la ville de Kisangani.

« Nous avons des autorisations de services compétents de l’Etat pour ériger nos maisons ici et voilà, maintenant, on vient nous démolir », s’indigne un occupant d’une baraque construite juste à côté du fleuve, à l’approche des agents commis aux opérations de démolition. « Et personne ne parle d’indemnisation ! » s’exclame un autre, désespéré et ne sachant plus à quel saint se vouer.

La plupart de propriétaires de ces habitations à démolir affirment détenir des titres de propriété et autres documents les autorisant à ériger leurs constructions à cet endroit. A ceux-là, les autorités politico-administratives recommandent de la patience, avec la promesse qu’un autre site leur sera indiqué.

Dans l’entretemps, les responsables des services publics qui les avaient installés aux abords du fleuve Congo ne sont pas inquiétés. S’il est vrai que l’endroit n’est pas approprié pour des habitations, il n’en demeure pas moins normal que ceux qui y ont autorisé les constructions soient interpellés devant les instances judiciaires. Sinon, où serait passée alors la fameuse « Tolérance zéro » ?

Mots-clés : , , , , ,
12 commentaires »

Salubrité publique made in Kinshasa

Publié le 23 déc 2009 dans Dessins par Cédric

Salubrité publique made in Kinshasa

La confusion est totale entre les kinois habitués aux montagnes d’ordures et les autorités urbaines complètement débordées par la gestion d’ordures dans une ville dont la population est évaluée à 8 millions d’habitants.

Des poubelles à chaque coin de rue me direz-vous ? Eh bien que répondrez-vous si je vous disais que même en présence d’une poubelle, bon nombre de kinois viseraient à côté en mettant leurs détritus par terre, plutôt qu’à l’intérieur de la poubelle ?

Depuis quelques mois, les bourgmestres de certaines communes s’affairent à doter les populations de leurs juridictions de poubelles mais les habitudes sont tellement bien ancrées qu’elles ne servent pas à grand-chose.

Il faudra sans doute beaucoup de patience et surtout une longue campagne pour espérer voir renaitre et fonctionner correctement un système de récolte et de traitement des ordures dans la capitale congolaise.

Mots-clés : , , , ,
1 commentaire »

Destruction des constructions anarchiques : acheteurs perdants et impunité pour les vendeurs

Publié le 21 déc 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Destruction des constructions anarchiques : acheteurs perdants et impunité pour les vendeurs

Pour rendre à la ville son lustre d’antan, la mairie de Lubumbashi rase toutes les maisons construites anarchiquement le long des routes et au bord des voies ferrées de la Société Nationale de Chemins de fer du Congo. Les propriétaires des maisons protestent, mais en vain.

Accompagnée des bulldozers et sécurisée par le groupe mobile d’intervention, la brigade de démolition de la mairie prend d’assaut les circonscriptions foncières qui regorgent de constructions dites hors normes pour les raser. Les propriétaires des débits de boisson, salons de coiffure, ateliers de soudure, pharmacies, cabines téléphoniques, … y assistent avec un œil impuissant et tentent de récupérer ce qu’ils peuvent ; briques, tôles, etc.

« La loi est dure mais c’est la loi. Cette opération doit continuer dans toutes les communes de la ville. Les constructions anarchiques enlaidissent la ville », estime Mr Freddy Kalenga, habitant de la commune de Kampemba. Certaines victimes de cette démolition parlent de deux poids deux mesures dans l’exécution de cette opération. Elles Soulignent que certaines bâtisses sont construites dans les mêmes circonscriptions foncières, mais elles n’ont pas été démolies, parcequ’appartenant, pour la plupart à certaines autorités et autres personnes influentes.

« J’ai construit sous l’œil vigilant et avec l’autorisation des agents de la mairie, des services du cadastre et de la commune avec en plus quelques paiements perçus sur terrain », révèle André Tshibasu, habitant du quartier Gambela, dans la commune de Lubumbashi, propriétaire d’une cabine publique.

Comment qualifier cette opération quand on sait que ceux qui construisent possèdent des titres de propriété délivrés par les services compétents ? S’il faut remettre de l’ordre dans l’urbanisme, ne faut-il pas que les agents qui vendent des terrains inappropriés soient poursuivis ? Encore une fois, la loi du plus fort s’applique. Espérons juste que cette opération tiendra sur la durée et que la ville rayonnera…

Mots-clés : , , , , ,
18 commentaires »

Les morts et les vivants cohabitent

Publié le 31 mai 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Le cimetière de Ruzizi à Bukavu

A Bukavu, les morts ne reposent plus en paix comme jadis. L’exode rural de ces dernières années a occasionné l’érection de constructions anarchiques sur les cimetières. Les croyances et traditions donnant les cimetières pour des endroits inhabitables et pas fréquentables la nuit à cause des esprits des morts qui rodent semblent être loin derrière.

Au cimetière de la Ruzizi (voir la photo), il manquera bientôt de la place pour déposer les morts. Plusieurs habitations y sont érigées et les constructeurs ne se gênent pas de jeter de côté les os et les croix pendant les travaux. Et comme les morts sont morts et ne peuvent pas écrire des mémorandums et encore moins sortir dans la rue pour revendiquer leurs droits, leurs dernières demeures sont spoliées au grand jour, au vu et au su de tout le monde. Le pire c’est que cela ne semble pas déranger grand monde.

Fait étonnant, les locataires vivants des cimetières affirment avoir des documents légaux et des autorisations de bâtir en bonne et due forme. À la question de savoir pourquoi ces personnes construisent sur un cimetière, Paulin Nundu, un habitant de l’avenue du cimetière répond : « Il n’y a plus de parcelles libres en ville. L’autorité nous a demandé de chercher un endroit libre et de le lui proposer, ce que nous avons fait. »

Plus d’une bagarre ont été enregistrés entre ceux qui viennent enterrer leurs morts et les habitants du quartier cimetière. Ces derniers ne veulent pas que des passages soient crées dans leurs parcelles pour faciliter l’accès aux tombes. Souvent, les cercueils sont déposés par terre le temps d’en finir avec les palabres.

Mots-clés : , , ,
4 commentaires »