En phase d’invention de nouvelles normes d’urbanisme?
Publié le 20 mai 2010 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Bien qu’étant une des premières villes crées par la colonisation et jouissant donc d’un plan cadastral, Lubumbashi est devenue un ensemble de domaines privés dont les propriétaires ont pris la liberté de déterminer les normes d’urbanisme. De nouveaux lotissements élargissent la ville.
Malgré l’éclatement des services cadastraux en trois circonscriptions (Est-ouest-plateau), les particuliers ne manifestent aucune volonté de se référer aux services cadastraux compétents et à ceux de l’urbanisme et habitat pour nommer les avenues ou rond points, dresser les plans de leurs bâtisses et même pour donner des numéros à leurs adresses. C’est parfois le premier occupant qui construit sur une avenue qui lui donne soit son propre nom, celui de son épouse, de son oncle, voire même de son village natal. « Le grand père est parmi les premiers occupants de ce quartier. C’est pourquoi il a donné nom à ce rond point et y assure la propreté », me confie une des petites filles de Monsieur MULONGOY, qui donne nom au rond point Papa MULONGOY du quartier 5 dans la commune de la Ruashi.
Les plans des immeubles résidentiels ne sont soumis qu’à la souveraineté des propriétaires des parcelles : des bicoques et cabanes sont érigées à côté de somptueuses villas avec des structures bigarrées. Des numéros donnés aux adresses selon le plaisir des occupants entraîne un certain illogisme dans la suite des numéros : n° 13 à côté de 312, 9 à côté de 422. « Nous ne pouvons que superposer les numéros. Ceux qui morcellent leurs parcelles perturbent l’ordre et l’autorité urbaine ne pense pas remettre l’ordre », explique Mathieu LWAMBA, habitant du quartier Bel-air dans la commune de Kampemba.
Difficile donc de se repérer dans ce labyrinthe urbain que devient la ville de Lubumbashi. Ma ville serait-elle en train d’inventer de nouvelles normes urbanistiques ignorées jusqu’à présent?




