Kinshasa : Des gris-gris dans les poches, comme dans les champs

Publié le 6 jan 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Des fétiches dans un champ de maïs à Kinshasa

A proximité du tunnel que j’emprunte tous les jours pour me rendre à l’arrêt de bus, il y a quelques plants de maïs. Je n’avais jamais vraiment fait attention à ce petit champ, jusqu’au jour où j’ai remarqué de petits paquets de tissus rouges attachés à certaines plantes. me renseignant sur leur utilité, j’ai appris qu’il s’agissait de gris-gris destinés à décourager d’éventuels voleurs. Cette drôle de découverte me pousse à me poser une question : les oiseaux auraient-ils peur de ces fétiches au point d’éviter de picorer les grains de mais ?

Fiction ou réalité, je me rends compte que le Congolais, qu’il soit de Kinshasa ou de l’intérieur du pays, reste attaché à des croyances ancestrales même quand elles ne sont pas rationelles. Il y a quelques jours, alors que j’étais à bord d’un taxi collectif (qu’on partage à 4 et parfois à 5, sans compter le chauffeur),  j’ai participé à une discussion fort intéréssante. Les autres passagers qui voyageaient avec moi discutaient à propos de la dextérité des pickpockets de Kinshasa. Le premier qui se disait chef coutumier pretendait que nul ne pouvait lui dérober son bien et rester impuni. Et le deuxième d’évoquer la vie du village : « les habitants de mon village ne fermaient pas leurs portes, même lorsqu’ils allaient aux champs, parce que justement personne n’oserait voler, de peur d’en devenir fou, ou pire, d’en mourir », affirmait-il.

Au marché, les commerçantes truffent leurs produits de piments rouges, censés les protéger contre les personnes mal intentionnées. Je m’interroge aujourd’hui sur l’impact de ces croyances dans l’épanouissement du Congolais. Et parfois, dans une vision peut-être un peu exagérée, ces croyances m’apparaissent comme des racines qui nous empêchent d’avoir des ailes.

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