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Ressurection des taxis dans la troisème ville congolaise

Publié le 25 mai 2009 dans Kisangani par Boyomais

 Nouveaux taxis de la ville de Kisangani au parking

Après plus de 10 années d’inactivités suite aux différents conflits armés mais surtout à cause du délabrement avancé du tissu routier de la ville de Kisangani, les taximen regroupés au sein du bureau local de l’Association des Chauffeurs du Congo (A.C.CO) relancent des taxis à partir de ce jeudi 21 mai 2009.

Déjà 40 voitures et 10 minibus sont disponibles pour assurer le transport en commun dans l’ensemble de la ville de Kisangani. L’implantation de nouvelles stations d’essence et les efforts de réhabilitation de la voirie urbaine ainsi que l’ouverture de la route nationale n° 4 sont parmi les principaux facteurs qui motivent cette reprise des activités des taxis dans la 3ème ville congolaise.

Coût de la course : 300 Franc Congolais à l’intérieur d’une commune et 400 Franc Congolais pour le trajet intercommunal. Un prix accessible à tous selon le Président de l’A.C.CO qui affirme que son association a tenu compte de plusieurs paramètres avant de décider de ce prix. « Il appartient désormais aux Boyomais d’abandonner les moyens de transport non conventionnels comme le Toleka et les taxis-moto », affirme-t-il.

« Nous sommes très contents de voir de nouveau les taxis-bus circuler dans la ville. C’est une très bonne chose mais je pense qu’il faut attendre de voir si cette initiative va durer », estime Gaby Amungi, jeune Boyomais qui réapprend à stopper un taxi et y embarquer.

Après des années de règne des taxis-vélos, les voitures reviennent en force à Kisangani, ville qui comptait jusque-là parmi les plus écolos et les moins polluées du monde. Si les habitants de Kisangani s’en réjouissent, ce sont les Tolékistes qui voient en cette avancée l’arrivée d’un adversaire qui vient pour les détrôner.

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Le vélo champion du transport en commun

Publié le 6 avr 2009 dans Kisangani par Boyomais

Embouteillage de vélos à Kisangani

Dans le centre-ville de Kisangani, des vélos se comptent par milliers. Tous les matins, une dizaine de policiers de roulage se déploient au rond point carrefour du Boulevard du 30 juin pour en réglementer la circulation. Ce sont eux qui dominent tout le trafic et régulent même le déplacement des rares voitures Boyomaises.

Antoine, un ami belge en séjour à Kisangani pense que « Kisangani fait partie des rares villes qui polluent moins l’environnement, vu le nombre de vélos, engins non polluants, utilisés dans la ville pour le transport des personnes et des biens. »

Kisangani, 3ème ville de la république démocratique du Congo, compte près de 700 000 habitants sans moyen de transport en commun. Le bus ou le taxi-bus sont encore des luxes que la plupart des Boyomais ne peuvent s’offrir.

Campagne électorale oblige, à la veille des élections de 2006, Kisangani avait reçu un lot de quelques bus pour assurer le transport urbain. Pas un seul n’a résisté à ce jour à la concurrence des Toleka. Les usagers de la route ont trouvé que le bus coûtait très chers. Conséquence : tous ces bus ont changé de destination; ils font des navettes entre Kisangani et les territoires environnants tels Banalia et Bafwasende.

Les vélos sont ainsi sacrés champions de transport urbain à Kisangani. En attendant que le transport en commun se réorganise à Kisangani, les Boyomais s’en contentent pour se déplacer, le bon côté des choses, c’est que ma ville compte parmi les plus écolos, les moins poluées du monde !

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Kisangani : Toleka, une source de revenus pour les jeunes de Kisangani

Publié le 8 déc 2008 dans Kisangani par Boyomais

Un Tolekiste dans une rue de Kisangani

Comme ailleurs dans le pays, le chômage touche bon nombre de jeunes Boyomais (habitants de Kisangani). Certains se tournent vers le Toleka (taxi-vélo) comme activité génératrice de revenus. Depuis plus d’une décennie, le « Toleka » (entendez « Passons », en lingala) s’est imposé comme le principal moyen de transport à Kisangani. Il y en a environ 2000 dans toute la ville.

Il ne faut pas grand chose pour transformer des vélos ordinaires en taxis-vélos. Des lanières, une petite mousse tapissée et bien serrée servant de siège pour les passagers sur le porte-bagage et le tour est joué. Le mot d’ordre est clair : avoir le plus beau vélo et attirer le plus grand nombre de clients. Des slogans, on peut en lire de tous les types sur ces vélos « Dieu voit tout, vélo 4×4 tout terrain, l’Eternel garde mon vélo, Yes we can,…».

Âgé de 17 ans, Junior Kenge est en 4ème année des humanités pédagogiques. Depuis près de trois années, il exerce comme Tolekiste les après-midis après ses cours. « Après la mort de mon père, mes oncles sont venus prendre tout ce qui revenait à leur frère. Ma mère s’est ainsi retrouvée dans l’incapacité de scolariser mes deux jeunes sœurs et moi. Pour ne pas rester à la maison, j’ai décidé de faire le Toleka », confie-t-il. Ne possédant pas de vélo, Junior a conclu un arrangement avec un voisin. Les clauses de leur contrat sont claires : Junior s’engage à verser chaque soir la somme de 1200 francs congolais (2 dollars américains) au propriétaire. Tous les jours, il se lance dans une course contre la montre, dans le but de faire plus que le minimum exigé et garder le surplus.

Généralement, Junior parvient à réunir entre 4500 et 5000 francs congolais (8 dollars américains) par jour. Il parvient ainsi à contribuer aux charges familiales. « Une partie de mes revenus journaliers sert à acheter la nourriture et l’autre est toujours mise de côté pour couvrir mes frais d’études » révèle-t-il.

Les tracasseries policières et les guet-apens de la brigade spéciale des recettes viennent comme pour gâcher l’enthousiasme de ce jeune homme. Pour protéger ses recettes contre les extorsions policières, Junior a trouvé une astuce. « En temps de soleil comme en temps de pluie, je porte toujours mon képi car, en dessous, je glisse mes recettes. Si les policiers m’arrêtent pour une quelconque raison, leurs mains vont immédiatement dans mes poches. Désormais, ils ne trouvent plus rien, sinon une modique somme. »

Malgré les obstacles, Junior reste confiant et garde espoir. Son plus grand souhait est de devenir autonome. « Comme tout tolekiste, je voudrais acquérir mon propre vélo. Je gagnerais alors assez pour payer les études pour mes deux sœurs qui chôment encore aujourd’hui ».

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