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Manque d’eau potable, un casse tête pour les habitants

Publié le 20 mai 2010 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Manque d’eau potable, un casse tête pour les habitants

Preuve que le développement est loin d’être une réalité au Congo Démocratique : en plein 21è siècle, les habitants d’une grande ville comme Bukavu doivent encore se mettre à la queue leu leu pour avoir de l’eau potable.

A Bukavu, dans le quartier Funu et Cimpunda  en commune de Kadutu et dans le quartier Fariala en commune de Bagira, la réalité est telle que décrite par nos photos ci-dessus.

Les habitants doivent se réveiller à 5 heures du matin chaque jour pour accéder en premier au puits d’eau.  « Le monde appartient au plus rapide », s’exclame Papy, un jeune écolier en vacances. « Si nous arrivons après 6 heures du matin, nous devons attendre une ou deux heures pour avoir l’eau. En période de  cours, ça pose vraiment problème. »

Jeunes et vieux, tous veulent avoir de  l’eau et à n’importe quel prix. En bons spécialistes de la débrouille, certains militaires qui vivent dans ces quartiers se pointent à 4h30 et font payer Cinquante francs congolais pour un bidon d’eau puisé.

Et pourtant, ces sources ont été construites par des ONG internationales tels qu’International Rescue Commitee (IRC), GTZ ou encore Acted, pour aider tant soit peu les habitants.

Ces chers militaires justifient leur geste par la nécessité de maintenir l’ordre, avec au passage quelques rackets…

Que vive l’armée républicaine, garante de la sécurité de la population et de leurs biens…

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Les méfaits de la guerre pèsent aussi sur l’avenir des enfants

Publié le 4 déc 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Une école en plein air à Mwenga, dans le Sud-Kivu

Là où deux éléphants se battent, c’est l’herbe qui en pâtit, disent les anciens. Derrière les femmes victimes des viols et violences sexuelles, ce sont les enfants qui paient les frais de la guerre que connaît la partie est de la république démocratique du Congo.

Ecoles détruites, enseignants impayés depuis des décennies, voilà ce à quoi les enfants, avenir du pays font face dans le territoire de Mwenga, situé à près de deux cents kilomètres de la ville de Bukavu. Ici et dans d’autres villages environnants, des enseignants pour la plupart bénévoles assurent le minimum.

Quelques poutres en bois, un toit en paille, quelques bancs en bambou et un tableau noir suffisent pour improviser une salle de classe. Les moins chanceux suivent les enseignements à même le sol. La moindre intempérie sonne la fin des cours. Ici, l’uniforme n’est pas une exigence. Chacun vient comme il veut pourvu que la science soit transmise.

En guise de motivation pour les enseignants, les parents renouent avec le troc. « Nous donnons aux enseignants des produits de nos champs ou du bétail comme prime. Moi je donne chaque mois pour mes deux enfants, quatre mesures de haricots et un régime de banane », confie Musombwa, un cultivateur qui a deux enfants à l’école primaire.

Pour financer les études de ses enfants, Mukambilwa qui est creuseur artisanal d’or dans la cité de Kamituga paie en Mushale (un petit bout d’or de la taille d’une tige d’allumette). Le Mushale d’or se vend à cinq ou dix dollars américains.

Les autorités de la région visitent régulièrement ce territoire mais elles ne semblent pas se préoccuper de la situation difficile. Ils sont sans doute trop occupés à veiller sur les carrés miniers privés qu’ils possèdent dans le coin. A chaque passage, la population est arrosée de nouvelles promesses qui attendront dans doute longtemps avant de se concrétiser.

En quittant la région, les radios locales annonçaient que l’ONG néerlandaise Cordaid allait reconstruire les écoles. Un autre exemple qui illustre l’inexistence d’un Etat, dont le rôle est récupéré par des ONG étrangères. Un paradoxe dans une zone riche en minerais.

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Cinq chantiers : courte durée de vie des infrastructures tant attendues

Publié le 18 nov 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Cinq chantiers : courte durée de vie des infrastructures tant attendues

Trois mois seulement après la fin des travaux sur le tronçon place de l’indépendance Bwindi en direction de l’aéroport de Kavumu, le caniveau qui devait conduire les eaux de pluie vers le lac est bouché. Une belle végétation verdoyante s’invite sur le tas de déchets qui s’y amasse.

A la base de cette détérioration, la proximité d’un marché spécialement dédié à la vente de chèvres. Tous les déchets de cet abattoir improvisé sont déversés dans la canalisation.

L’entretien de cette infrastructure routière nouvellement acquise en réponse aux promesses électorales est loin d’être le souci des principaux bénéficiaires. Il y a quelques semaines, une autorité urbaine a parlé de fermer du ce marché. Une manifestation violente s’en est suivie et des menaces de mort étaient même proférées contre cette autorité par les vendeurs du marché.

« Qui nourrira nos enfants si tu fermes ce marché ? Et l’argent qu’on paie pour avoir des autorisations d’y œuvrer qui le remboursera ? » Autant de questions que les manifestants brandissaient pour contrecarrer cette décision de fermeture dudit marché.

Après ce bref épisode, plus rien. Le marché a repris ses activités et les déchets sont toujours déversés sur ce qui reste du caniveau. Quant à elle, la route disparaît lentement mais sûrement.

Ce chantier parmi ceux promis aux congolais lors des dernières élections s’effrite progressivement. Une solution temporaire sera sans doute trouvée pendant la campagne électorale pour les prochaines élections.

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Insécurité à Bukavu, la société civile dénonce

Publié le 9 nov 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Un calicot de revendication de la société civile de Bukavu

On ne le dira jamais assez. Les assassinats, les vols, les viols et la vengeance populaire deviennent au fil des jours la devise quotidienne des habitants de Bukavu.

Qui commettent ces exactions ? Aucune réponse sûre dans cette province où se déroule en même temps l’opération Kimya 2 visant la traque des hutus rwandais et l’opération arme contre cent dollars.

Chaque habitant attribue la situation à ce que son imagination lui dicte : prolifération et circulation désordonnée des armes de guerre, règlements de comptes ou encore balkanisation du Congo, les thèses sont nombreuses.

Des marches pacifiques orchestrées par la société civile se sont déroulées ces dernières semaines dans ville de Bukavu. Objectif : dénoncer à haute voix la banalisation de la vie humaine et interpeller le chef de l’Etat pour l’application du principe de la tolérance zéro pour tout acte tendant à nuire aux droits humains.

Sur le calicot principal que transportaient les manifestants on pouvait lire : « la société civile du Sud Kivu demande au chef de l’Etat une sécurité permanente à la population. »

Dans la foule j’ai pu entendre quand même des gens qui manifestaient mais qui ne croyaient pas à un quelconque résultat positif « ça c’est la comédie qu’on fait, on aura beau marcher mais tant que ces tueries sont commandités par les gros poissons, il n’y aura pas de solution », ai-je entendu murmurer une des manifestantes.

Un mémorandum est remis à l’autorité provinciale qui promet de le transmettre à qui de droit : « soyez tranquilles, vos revendications parviendront au chef de l’Etat et nous nous mobilisons aussi pour que l’ordre et la tranquillité reviennent dans cette partie du pays », a-t-elle promis. Cette promesse sera-t-elle suivie d’actes ? Wait and see…

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Les enfants naissent et grandissent dans la prison centrale

Publié le 13 août 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Des enfants dans une prison de Bukavu

Sur la photo, on distingue deux petits enfants. Le premier est âgé d’à peine un an et l’autre a deux ans. Les deux vivent à la prison centrale de Bukavu. Ils y sont parce que simplement leurs mères ont été incarcérées pour injures et vol. Et comme les enfants tétaient encore, ces mères ont préféré les amener avec elles en prison.

Dans la prison centrale de Bukavu, qui a une capacité d’accueil de 300 personnes selon son directeur, il y a environ 800 personnes qui s’entassent. A Bukavu, comme ailleurs en RDC, les conventions internationales relatives aux conditions de détention pourtant ratifiées par l’Etat congolais peinent à entrer effectivement en application.

« Je suis condamnée à trois ans de prison et je ne pouvais pas laisser mon petit enfant à la maison », me confie Marie-Jeanne, l’une des détenues. Dans cette prison, les détenus survivent grâce aux aides des églises et des organisations philanthropiques. « Il nous arrive de passer deux jours sans rien mettre sous la dent. À la maison, mon mari s’arrange toujours pour me trouver de la bouillie à donner à l’enfant », renchérit-elle.

Ces deux gamins ne sont pas les seuls à vivre dans cette prison, il y a deux mois, une femme détenue avait accouché dans sa cellule. Pourtant elle y est encore restée un mois pour purger sa peine malgré son état d’après accouchement. Se retrouver en prison en RDC équivaut à prendre un couloir de la mort. On n’a plus aucun droit et on se retrouve privé de dignité en plus de sa liberté. Pendant que les ONG crient dans le désert pour susciter l’attention des dirigeants sur cet état de choses qui ternit l’image du pays, ces derniers semblent occupés à autre chose.

Je suis bien tentée de reprendre les propos d’Hillary Clinton dans une interview accordée à la radio Okapi lors de son passage il y a quelques jours à Kinshasa : « La construction de routes est un objectif de développement très important pour ce pays. Mais la bonne gouvernance l’est aussi, tout comme la protection des droits de l’Homme ou l’édification d’un système judiciaire indépendant, une presse libre, des institutions démocratiques qui tiennent longtemps… Vous pouvez être un pays doté de routes, qui prive toujours sa population des Droits de l’Homme, qui n’a toujours pas de développement économique, de sorte qu’il n’y a ni biens ni services qui circulent sur ces routes… »

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Le militaire qui a tué un policier condamné à mort

Publié le 31 juil 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Procès d'un militaire qui a assassiné un policier de roulage

Le procès dont je parlais il y a quelques temps et qui opposait le ministère public au militaire qui avait assassiné un agent de police s’est soldé par une sentence lourde. Le caporal B est condamné à mort et révoqué des Forces Armées de la République Démocratique du Congo. Lui-même et son employeur l’Etat Congolais doivent payer une somme de 500 000 dollars américains à titre de dommages-intérêts, en faveur de la famille du défunt.

Le tribunal militaire de garnison de Bukavu en a décidé ainsi dans cette affaire qui a défrayé la chronique et qu’une bonne partie de la population a suivi de près. Certains se disent satisfaits de cette sentence. « Il l’a bien mérité ce tueur. Qui tue par l’épée, périra par l’épée. D’ailleurs, on devrait l’exécuter ici, séance tenante », ai-je entendu murmurer.

D’autres personnes ont par contre du mal à croire en l’exécution ou la mise en application de cette sentence. « Cet homme ne sera jamais exécuté, on va le mettre en prison quelques jours et il sera libéré par la suite », pensent pour leur part deux jeunes étudiants qui ont suivi l’affaire depuis le début. « Nous connaissons la maladie de notre justice, et ce n’est pas le premier à être condamné à mort. Nous en avons vécu des cas où le condamné disparaît comme par enchantement de sa cellule. On nous raconte souvent qu’il s’agit d’évasions ordinaires mais nous savons très bien que ces bandits prennent le large avec la bénédiction de certains hommes forts », rajoutent-ils.

L’audience levée, le condamné est menotté et placé dans la jeep de la Rejusco (Restauration de la Justice à l’Est du Congo) qui doit l’acheminer dans son couloir de la mort, si exécution il y aura, à la prison centrale de Bukavu.

Quelques heures seulement après ce verdict du tribunal, les ONG qui militent pour l’abolition de la peine de mort haussent le ton. Elles soulèvent le fait que la condamnation à mort de ce caporal ne l’aide en rien pour se repentir et méditer sur son mauvais agissement.

En observant bien la situation telle qu’elle se passe autour de moi, je me rends compte que la peine de mort est appliquée même sur des gens qui n’ont commis que des délits mineurs. Même si on ne leur coupe pas la tête, ces derniers sont mêlés aux tueurs, violeurs et autres dans des prisons bondées et insalubres. La finalité est la même. Les criminels ne finissent pas la tête tranchée ou sur une potence mais meurent à petit feu, de faim et de maladies que l’on contracte dans ces geôles d’un autre temps.

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Certains quartiers menacés de disparition

Publié le 27 juil 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Erosions dans la ville de Bukavu

Dans quelques mois, il y a des coins dont on ne parlera plus dans la ville de Bukavu. Les quartiers qui seront bientôt rayés de la carte de la ville sont notamment Mosala, Cimpunda et Kahuzi, dans la commune mère de Kadutu. Les célèbres érosions de la province montagneuse du Sud-Kivu, les constructions anarchiques, l’abattage désordonné des arbres et l’exode rural sont les principales causes de ce malaise.

Aujourd’hui, avec 100 à 200 dollars américains, on peut s’acheter un lopin de terre dans certains coins de Bukavu. C’est la raison même pour laquelle les gagne-petits s’y précipitent sans songer aux conséquences fâcheuses qui peuvent s’en suivre.

Cizungu Kasi, qui vit à Funu breski dans le quartier Mosala depuis vingt ans, dit observer un délabrement de la situation depuis près de dix ans. « Ceux qui achètent les terrains dans ces endroits à risque et potentiellement érosifs se débarrassent en premier des arbres », confie-t-il.

Qui lui a vendu le terrain qu’il occupe ? Le chef de quartier. « Quand on arrivait à son bureau, il demandait où nous voulions construire et il vous fixait directement le prix qui variait selon l’endroit et la taille du terrain désiré. Ensuite, lui-même et l’un de ses agents venaient mesurer avec une corde l’étendue du terrain acheté. Après cette formalité, libre à l’acquéreur de construire. »

Erosions dans la ville de Bukavu

Des agents qui se revendiquent du cadastre foncier font de temps en temps des incursions dans ces quartiers marginaux et font chanter leurs habitants, en prétextant du fait que leurs maisons sont en fait des constructions anarchiques. « Quand nous avons un peu d’argent, nous leur donnons pour qu’ils nous laissent tranquilles », révèle Cizungu Kasi. « Nous vivons en danger permanent mais nous n’avons pas d’autre choix. La saison de pluie est redoutable et les glissements de terrain sont notre premier ennemi. Il nous arrive souvent de passer la nuit à la belle étoile pour ne pas être emportés en plein sommeil par les eaux. »

Une alternative pour les habitants de ces quartiers ? Aucune. Louer une maison ou même d’acquérir un terrain dans un quartier « normal » coûte très cher. Avec le nombre croissant de gens qui fuient les conflits armés dans les zones rurales et qui se retrouvent dans la ville, cette tendance a plutôt tendance à s’aggraver.

Quelle solution attendre face à une situation de ce type dans un pays sans aucune planification et politique d’urbanisation digne de nom ?

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Les femmes à mille bras

Publié le 8 juil 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Une femme travailleuse « à mille bras » à Bukavu

Dans la province du Sud Kivu comme dans plusieurs coins de la RDC la femme porte sur elle tout le poids de sa famille. La situation sociopolitique difficile a plongé  les fonctionnaires et agents de l’Etat dans une misère terrible. Face aux difficultés du quotidien et à la démission manifeste de l’Etat, la femme congolaise prend la relève et fait vivre le foyer. Elle cumule désormais son rôle de procréatrice, ménagère et débrouillarde.

Femme à mille bras ou à mille rôles c’est le nom qui convient. Le portrait de Safi Nabintu reflète cette triste réalité. Elle a 35 ans. Mère de sept enfants, Safi se réveille chaque jour à cinq heures du matin pour aller acheter sa marchandise à cinq kilomètres de la ville de Bukavu. Bananes, carottes, et feuilles de manioc dits sombé en kiswahili sont ses spécialités.

La tâche ne lui est pas facile d’autant plus qu’elle a un bébé ? « C’est trop pénible quand le nourrisson ne se nourrit que du lait maternel. Je ne peux pas le laisser à la maison. Je dois la trainer partout », explique-t-elle. En plus de sa marchandise déjà pesante, elle porte son bébé qui la suivra toute la journée.

Le mari de Safi est un agent de la division de l’intérieur qui ne touche pas son salaire depuis une décennie.  Il reçoit de temps en temps une prime de 21.650 francs congolais (environ 25 dollars américains). Bien que ne suffisant déjà pas à subvenir aux besoins de sa famille, cet argent ne tombe que de manière sporadique.

Ici, les hommes sont appelés « Zuk’olye », ce qui veut dire en langue locale Shi : « réveille toi et viens manger ». « Ils sont devenus des bons à rien qui dépendent totalement de leurs femmes quel que soit le moyen par lequel ces dernières trouvent de l’argent. »

Quant à l’avenir, Safi espère que les choses s’amélioreront un jour. « J’espère qu’un jour ce pays marchera. Mais tout dépend de la volonté des autorités et de tous les congolais. Si nous abandonnons la corruption et l’égoïsme, les choses peuvent aller mieux. »

Trêve de bavardage ! Le temps est précieux pour cette travailleuse acharnée, qui, après m’avoir accordé quelques minutes, rattache son bébé au coup. Je l’aide à remettre son sac au dos et la voilà qui se presse au marché.

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La Mairie va en guerre contre les charrettes

Publié le 8 avr 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Des charrettes dans une rue de Bukavu

Cela fait deux semaines environ que les communiqués de la mairie affluent dans les radios locales de Bukavu : « Nous menons une campagne dénommée Bukavu ville propre et nous ne voulons plus voir des charrettes sur les artères principales de la ville »
Des agents de la mairie en collaboration avec quelques policiers sont plantés dès six heures du matin sur la route pour traquer les charrettes qui oseraient enfreindre la règle.

Du côté des charretiers et même d’une frange de la population c’est une surprise désagréable. « Ce n’est pas par les charrettes que les autorités doivent commencer pour rendre la ville propre. Il ya bien d’autres priorités aux quelles les autorités devaient se concentrer » se plaint mère Nadia qui loue souvent les charrettes pour le transport de ses cannes à sucre.

« Je me demande si vraiment les gouvernants de ce pays ont l’amour des habitants », s’interroge pour sa part Claude, propriétaire d’une charrette qui souligne en outre que la plupart des charretiers sont chômeurs et n’ont que cette occupation comme source de revenus leur permettant de nourrir leurs familles.

La grande question est celle de savoir si les autorités provinciales s’attaqueront en même temps au chômage qui touche la majorité des jeunes qui se lancent dans la débrouille pour pallier à leur manière au manque d’emploi et de structures formelles. La question ne semble pas à l’ordre du jour et en plus, personne ne s’attaque épaves des véhicules, des kiosques ou encore des constructions anarchiques qui ternissent, bien plus que les débrouillards, l’image de la ville de Bukavu.

Comme l’autorité a toujours raison, les charretiers capitulent et laissent tomber leur gagne-pain obéissent de peur de se retrouver entre quatre murs. Bukavu ville propre, c’est visiblement moins de débrouillards dans les rues, beaucoup plus de chômeurs.

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Bukavu : Le dos des femmes pour le transport de la viande

Publié le 25 mar 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Une transporteuse de viande à Bukavu

Elles sont tous les jours au rendez-vous et pas question d’arriver en retard. Des femmes qui ont pour activité le transport de la viande de l’abattoir de la Ruzizi II, le plus grand de la ville de Bukavu au centre-ville sont de plus en plus nombreuses. Après l’abattage des bêtes, elles transportent la viande au dos vers les marchés et boucheries de la ville. Cette occupation s’impose de plus en plus comme un métier qui fait vivre bon nombre de foyers.

Les dos de ces femmes prennent la place des véhicules qui assuraient ce service il y a plusieurs années. « Je gagne 1.500 francs Congolais (environ deux dollars américains) pour chaque cargaison transportée » confie maman Jeanne, la plus ancienne transporteuse de viande à cet abattoir. « Cet argent me permet d’avoir deux à trois mesures de farine pour mes enfants car j’ai l’avantage de trouver chaque jour un petit morceau de viande ici », renchérit-elle.

Ces femmes dont le courage se lit sur les visages ne se plaignent pas et travaillent dur. Elles effectuent trois à quatre allers-retours par jour. La distance entre l’abattoir et le marché le plus proche est cinq kilomètres environ.

Les femmes de Bukavu ne font pas exception et se plient face aux règles de la débrouille, comme les autres femmes de la république. Quand l’article 15 prend la place des structures formelles, ça fait des femmes travailleuses, qui n’attendent pas les 5 chantiers, mais qui prennent carrément les choses en main.

La place des hommes, blasés par des années de chômage et de souffrance est désormais à la maison. Les plus machos passent leurs journées à l’ombre d’un arbre en attendant que madame rapporte à manger le soir. Les autres s’occupent des enfants et du ménage à domicile.

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