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Kinshasa, la poubelle urbaine

Publié le 28 mar 2009 dans Dessins par

Kinshasa, poubelle urbaine

L’insalubrité ne dérange plus les Kinois qui sont habitués à leurs décharges publiques improvisées. Il n’est pas étonnant de retrouver restaurants et marchés sur des immondices dans la ville jadis appelée « Kinshasa la belle ». N’allez surtout pas leur demander de nettoyer, la réponse est connue : « l’état aya kotalela biso likambo oyo », Traduisez : « que l’état vienne résoudre ce problème », comme s’ils ne s’étaient pas encore rendus compte que les dirigeants sont beaucoup trop occupés à construire leurs villas, acheter des 4×4 et renflouer leurs comptes bancaires en occident.

« Le nègre est invulnérable aux microbes », cette phrase revient souvent sur les lèvres des Kinois. Ebola et les autres maladies ne font donc pas peur. De toute façon, les sorciers prennent à leur compte les décès des victimes.

Ilustration : Patou Bomenga

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Lubumbashi : Guérisseurs ambulants, salut ou danger pour la population?

Publié le 5 mar 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Un Tradi-praticien vendant ses potions dans une rue de Lubumbashi

Munis de mégaphones, sacs remplis de racines, ils sont facilement reconnaissables. Appelés « Docta » ou « Docteurs », les charlatans ambulants sont de plus en plus nombreux sur les places publiques de la ville de Lubumbashi. Certains se déplacent à vélo, d’autres à moto et ils débouchent de tous les coins et quartiers pour converger vers le centre ville. « J’ai la solution pour tous les maux… Stérilité, impuissance sexuelle, hémorroïdes,… », ces nouveaux guérisseurs disent apporter des solutions face à un système médical complètement en panne.

Consultation gratuite et thérapie avec des plantes, donc moins coûteuses, les « Docta » poussent le bouton jusqu’à présenter leur business comme une réelle alternative, salutaire face à des médecins congolais continuellement en grève parce que non payés.

Les avis sont partagés face à ce phénomène. Si certains considèrent que la croissance du nombre de ces médecins improvisés est un danger public, d’autres le voient comme un mal nécessaire. « Contrairement aux hôpitaux qui ne reçoivent que ceux qui ont beaucoup d’argent, les tradi-praticiens au moins sont accessible à tous », soutient Mme Junette, une des plus fidèles clientes des docteurs de la rue.

Un nombre assez important de gens se sont fait berner et ont réalisé bien après que les feuilles ou les racines qu’ils se sont donné la peine d’ingurgiter n’avaient aucune vertu thérapeutique. On peut se demander où sont les autorités censées légiférer sur ces pratiques. Les charlatans opèrent en toute quiétude et on ne peut même pas compter sur une justice elle-même au ralenti, pour poursuivre les responsables des dérapages qui ont des conséquences néfastes sur la santé de la population.

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Kinshasa : Une vie de fou, oubliés par l’Etat!

Publié le 4 mar 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Un fou couché dans une fosse à Kinshasa

Pas loin de chez moi il y a quelques jours, j’ai vu un jeune homme lorgner, l’air inquiet, dans un grand trou au bord du chemin, avant de poursuivre sa route. Curieuse, je me suis approchée pour voir ce qui pouvait bien se passer. Quelle ne fut ma surprise de voir un fou, endormi paisiblement au fond de la fosse d’une profondeur de près de 3 mètres, creusé par les jeunes du quartier pour retenir les eaux de pluie responsables des érosions.

N’eut été le fait qu’il ait bougé précisément au moment où j’arrivais, je l’aurais cru mort. Cette scène ne devrait normalement pas me surprendre. A Kinshasa, les fous ont la liberté de trainer où ils veulent. Comme l’Etat les ignore délibérément, chacun essaie de s’en sortir comme il peut. Certains s’installent aux abords des décharges publiques, qu’ils considèrent comme leur garde-manger, d’autres encore en plein centre-ville, sous l’œil indifférent des administratifs.

Au meilleur des cas, ces malades mentaux amusent les passants par leurs drôleries, au pire, ils les agressent, constituant ainsi un danger public permanent. Dans certains quartiers, on évite d’emprunter certaines artères de peur de tomber sur le fou du coin. Et il n’est pas rare de retrouver le corps d’un fou, mort pendant la nuit, et on ne saura jamais de quoi.

En santé publique, comme dans beaucoup d’autres domaines, l’Etat congolais est démissionnaire. Il n’y a qu’à visiter le CNPP, Centre neuropsychopathologie du Mont-Amba, autrefois réputé pour ses éminents médecins et son matériel de pointe, pour se rendre compte que réellement, en matière de santé publique, la RDC n’est pas encore sortie de l’auberge. Et ce n’est pas pour demain la veille !

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Kinshasa : Quand le bénéfice prime sur l’hygiène…

Publié le 20 fév 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Livraison de pain à Kinshasa

Par un total hasard, je me retrouve un matin au parking de l’UPN pour prendre un taxi. Le décor habituel est bien planté : cris des « chargeurs », invitant les clients à prendre place à bord des taxis, commerçants ambulants et pickpockets attendant patiemment leur bonne affaire de la journée.

Sortant du décor, une voiture grise, vient se garer à quelques mètres de moi. Un homme en descend et commence à étaler des bâches par terre, derrière le véhicule. Une fois cette tâche achevée, il ouvre le coffre et commence à décharger du pain sur les bâches étendues dans la poussière.

Après quelques minutes, c’était une petite montagne de pain que j’avais devant moi. Regardant autour de moi, je me rends compte que je suis la seule à être impressionnée par ce spectacle.

Après une enquête rapide avec les habitués de ce lieu, j’apprends qu’il s’agit là d’une livraison normale. Une des grandes boulangeries de la capitale balance ainsi des quantités importantes de pain. Finissant sa livraison, le livreur referma le coffre de sa voiture, discuta quelques minutes avec ses clientes, quelques dames qui attendaient avec leurs bassines et s’en alla. A partir de ce moment, ces femmes débrouillardes prennent la relève et vont se charger de la distribution du pain dans les foyers du quartier.

Entre la livraison et la vente, l’hygiène n’a visiblement pas d’importance. C’est visiblement le bénéfice qui compte. Combien de microbes et de maladies circulent ainsi dans ces miches savoureuses ? Les sorciers étant considérés responsables de tous les malheurs, ceux qui ingurgiteront ces pains et qui se retrouveront avec une fièvre typhoïde n’iront pas voir un médecin mais plutôt un « pasteur » pour se faire exorciser…

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Lubumbashi : Le triste sort de l’hôpital Jason Sendwe

Publié le 15 jan 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

L'hôpital Jason Sendwe de Lubumbashi

Renommé jadis pour la qualité des services rendus aux populations de toute l’Afrique centrale, l’hôpital Jason Sendwe de Lubumbashi ne reste plus que l’ombre de lui-même et si on n’y prend garde, il va bientôt rendre l’âme. Les différentes parties de cet établissement hospitalier succombent les unes après les autres. L’ascenseur est mort depuis un peu plus de six mois. Difficile donc pour le personnel d’assurer la liaison entre différents services repartis dans les 4 étages du bâtiment.

Le transport des malades en état d’incapacité de marche d’un pavillon à un autre ou d’un étage à un autre, s’effectue avec les moyens du bord. Pas surprenant donc de croiser dans les couloirs ou dans les escaliers, un malade sur le dos d’un infirmier avec tous les risques qui peuvent en résulter (retard en intervention pour les cas les plus urgents, contamination pour les transporteurs,…).

Les deux ambulances « don de moïse » agonisent et sont passées sur briques, en attendant leur démantèlement et peut-être la vente des pièces sur le marché noir. La pharmacie elle aussi a poussé son dernier souffle. Les malades sont donc obligés d’aller s’approvisionner en médicaments dans les petites officines de la ville.

A tout ceci s’ajoute le problème de coupures intempestives d’électricité qui cause des dégâts énormes, notamment avec les nouveaux nés prématurés dont les couveuses fonctionnent au courant électrique, une denrée de plus en plus rare au Congo.

Je crains beaucoup pour la vie de l’hôpital Jason Sendwe. Ceux qui peuvent le sauver sont trop occupés à exploiter le cuivre et d’autres minerais. Lorsqu’ils tombent malades, ils ont les moyens d’aller se faire soigner en Afrique du sud. Ceux qui ne peuvent pas s’offrir ce luxe peuvent toujours crever.

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