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Une ville sans dépotoir public

Publié le 25 mai 2010 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Bukavu, une ville sans dépotoir public

La ville de Bukavu ne dispose plus de décharge publique. Celle d’ELAKAT vers Ruzizi II a été supprimée par la Mairie de Bukavu. Dans différents quartiers de la ville, les ordures s’empilent, les habitants ne sachant pas où les mettre.

« Les gens viennent la nuit avec des sacs et des sceaux pleins des déchets et les déposent sur le bord de la route. Chaque matin, ces déchets nous accueillent devant la parcelle », se plaint Adeline qui habite au bord d’une grande artère. La situation est pire les jours de pluie : «  les ordures sont tout simplement déversées dans le lac Kivu », ajoute-t-elle.

La division de l’environnement et le service d’hygiène se justifient en évoquant le manque de moyens et du matériel nécessaire pour évacuer ces immondices. Ils observent, impuissants, les ordures ménagères jetés ici et là dans des caniveaux et même sur la place publique.

Que faire face à cet état des choses ? Certains creusent des fossés dans lesquels ils enterrent leurs déchets mais cette solution ne peut pas être durable et pire, elle peut avoir des conséquences désastreuses dans l’avenir.

Cette insalubrité n’a pas l’air de déranger ou d’inquiéter l’autorité urbaine qui perçoit quotidiennement des taxes, même sur les Bananes vendues par les femmes en provenance de l’intérieur de la région.

Organiser un système de collecte et de traitement des ordures a l’air d’être une tâche bien au dessus des compétences des congolais. Peut-être attendons-nous qu’une épidémie se déclare pour appeler à l’aide la communauté internationale ?

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Le beau temps après la pluie ? Pas à Kinshasa

Publié le 5 déc 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Le beau temps après la pluie ? Pas à Kinshasa

Après la pluie c’est le beau temps, dit-on. Dans la capitale congolaise, ce n’est pas le cas. Kin la belle devenue Kin poubelle, offre une image propre à elle après les averses.

Il y a quelques jours, alors que je rendais visite à une amie dans la commune de Kimbaseke, je me suis fait surprendre par la pluie. Le retour vers chez moi s’est transformé en cauchemar. Les rues cabossées se sont transformées en marres. Dans ces moments, les caniveaux remplis d’ordures ne servent à rien.

Plus qu’habitués à leurs lacs en pleine ville ont développé des capacités hors du commun. Il faut les voir sauter d’une rive à l’autre.
Cette situation a donné naissance à de nouveaux métiers. A certains endroits, des chariots servent à faire traverser ceux qui ne sont pas assez courageux pour patauger dans la boue. Certains jeunes proposent leurs dos pour faire traverser qui veut, en échange de quelques francs congolais. Gare cependant aux câbles dénudés qui trainent un peu partout.

On serait presque tenté de se plaindre et de demander au ciel de ne plus déverser sur nous toute cette eau mais savoir qu’il y a des gens sur terre qui prient pour avoir quelques gouttes calme.

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Kinshasa, capitale mondiale du sachet !

Publié le 12 nov 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Kinshasa, capitale mondiale du sachet !

Pas besoin de les chercher, ils sont partout ! Les sachets et autres matières plastiques utilisés pour emballer les marchandises couvrent le sol de la capitale congolaise. Alors que plusieurs pays de la sous-région interdisent l’usage de ces types d’emballages, à Kinshasa, ils sont champions. En essayant de regarder dans le passé, je me souviens qu’il y a une dizaine d’années, les sachets étaient plus rares.

A l’époque, les marchands se servaient d’emballages en papier. Les vieux journaux ou les vieilles archives de la fonction publique servaient à tout emballer. Farine de manioc ou cacahouètes grillées étaient alors emballés soigneusement emballages qu’on dirait aujourd’hui propres. Pour les fonctionnaires, la vente de papier représentait même une source sûre de revenus.

Pourquoi cette montée en puissance du sachet ?
Les avis divergent. Selon certaines personnes que j’ai pu interroger, le sachet est plus sécurisant que le papier. Il emballerait mieux les marchandises que son prédécesseur. Monsieur papier laissait passer les microbes alors que son successeur est étanche. Ce que les partisans du sachet ont l’air d’ignorer c’est qu’il est l’un des grands ennemis de l’écosystème et qu’il empêche que l’eau de pluie pénètre dans la terre.

Des voix s’élèvent et des initiatives voient de temps en temps le jour pour essayer de résoudre le problème des emballages plastiques mais rien n’y fait ! Dernière initiative en date, un politicien qui se revendique écologiste avait initié une activité de collecte des sachets dans la capitale congolaise. Il remettait alors 1 dollar américain à chaque personne qui ramenait un kilogramme de sachets. Malheureusement, cette initiative n’a duré que l’espace de quelques semaines. Le problème est resté entier aujourd’hui. Kinshasa la belle est devenue Kinshasa poubelle.

Pendant ce temps, des autorisations sont accordées à des usines de fabrication des sachets et d’autres matières plastiques dans la capitale.

Alors que l’écologie et le respect de la nature sont au centre de débats un peu partout dans le monde, les kinois ne semblent pas préoccupés par ces questions, sans doute trop occupés à se débrouiller.

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La mairie déploie ses troupes pour le curage des caniveaux

Publié le 19 oct 2009 dans Kisangani par Boyomais

La mairie déploie ses troupes pour le curage des caniveaux

Je parlais il y a une semaine des conséquences du retour de la pluie dans la ville de Kisangani. Pour répondre aux inondations de certaines rues, l’autorité urbaine de la ville de Kisangani vient de dépêcher sur terrain une équipe d’assainissement chargée de faire le curage du collecteur Djubu Djubu I, pour permettre aux caniveaux de bien conduire, l’eau jusqu’à la rivière Tshopo.

Les Boyomais dont les habitations sont voisines de ruisseaux ne cachent pas leur satisfaction. « Des travaux de ce genre ne sont qu’à encourager dans la mesure où ils viennent répondre à un besoin social. Mais le mieux serait que cela tienne dans la durée », souhaite madame Sumba Marie sortie de chez elle pour venir suivre, de près, le déroulement des travaux.

Gouverner c’est aussi prévenir. Même si je ne peux que saluer cette réalisation, je pense, néanmoins, que les autorités locales doivent dans l’avenir anticiper sur les événements, plutôt que d’attendre les catastrophes pour en réparer les conséquences.

La mairie déploie ses troupes pour le curage des caniveaux

La mairie déploie ses troupes pour le curage des caniveaux

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Le calvaire des locataires

Publié le 7 juil 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Maison à louer au quartier Kimbangu, à Kinshasa

Ma cousine Gertrude a deux enfants en bas âge. Avec son mari, ils louent un studio au quartier Kimbangu, dans la commune de Kalamu. Pour la rendre plus commode, la pièce de 8 mètres carrés a été divisée en deux à l’aide d’un rideau. Ils paient un bail de 25 dollars par mois et ont du payer 10 mois de garantie locative. Loyer raisonnable, diriez-vous ? Pourtant depuis 3 mois, la propriétaire leur a demandé de libérer sa « maison ». Elle veut en augmenter le prix du loyer. Mais pour ce qui est de rembourser la garantie locative, c’est une autre affaire. Les locataires doivent attendre qu’elle leur trouve un remplaçant, car elle a depuis longtemps dépensé leur garantie locative. Des locataires qui se retrouvent prisonniers, en somme.

Les locataires doivent en plus supporter la mauvaise humeur de la bailleresse et ses caprices. Ma cousine ne doit pas jeter de l’eau dans la cour, ne doit pas puiser trop d’eau au robinet commun. Ses enfants ne doivent pas jouer trop bruyamment. Et pire encore, la bailleresse garde les clés des toilettes sur elle. Des toilettes à la turque que, pour utiliser, il faut avoir l’accord de la proprio. Et encore, il ne faut pas y aller plusieurs fois par jour. On risque de remplir la fosse sceptique !

La vie des locataires à Kinshasa ressemble parfois à un vrai calvaire. Dans le même quartier, une de mes amies habitait une « cour commune », comme on appelle les parcelles de plusieurs studios, mais qui ne disposent que d’une cour unique. Cette parcelle ne disposait pas de toilette. Juste un couloir où on pouvait se laver… et uriner. Pour des besoins plus sérieux, mon amie devait se retenir et se rendre jusque dans la commune de Limete, chez sa grande sœur.

Et l’Etat dans tout ça ? Inexistant ! Espérons qu’avec le rétablissement de l’impôt parcellaire, les services d’hygiènes qui veillaient aux conditions sanitaires des parcelles ressusciteront en même temps…

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Développement et affirmation de l’autorité de l’Etat au programme dans une conférence à Kisangani

Publié le 23 juin 2009 dans Kisangani par Boyomais

Poubelle publique de la ville de Kisangani

La ville de Kisangani rayonne depuis l’annonce de la tenue d’une conférence des gouverneurs des provinces de la République Démocratique du Congo à Kisangani. La capitale de la troisième ville congolaise qui recevra également le président de la république vibre au rythme de travaux de réhabilitation et d’assainissement.

C’est l’effervescence ! L’éclairage public est réhabilité, les principales artères du centre-ville réaménagés, et des poubelles publiques réapparaissent à une vitesse vertigineuse. Dans les faubourgs de la ville, comme s’ils avaient attendaient depuis des années un coup d’envoi, jeunes et vieux contribuent à l’assainissement de leurs milieux. Kisangani se débarrasse de la poussière qui la couvre depuis des décennies mais doit-on vraiment se réjouir ?

« Les autorités ne devraient pas toujours attendre les événements de ce genre pour se mettre au travail. Redonner à Kisangani son image de Boyoma la belle devrait être leur cheval de bataille de tous les jours et non seulement pour des circonstances particulières » se plaint un chef de quartier que j’ai rencontré et qui requiert l’anonymat pour des raisons bien évidentes. « Je souhaiterai que cet élan de travail que nous avons pris pour redorer l’image de notre ville survive au delà de la conférence des gouverneurs » ajoute-t-il.

Des conférences comme celle-ci, il faudrait qu’il y en ait plus souvent. Peut-être nos villes auront-elles la chance de garder une apparence neuve… En tous cas, c’est Kisangani qui est actuellement la bienheureuse. Dans quelques jours, ce sera le tour de la ville de Goma qui recevra le chef de l’état pour fêter les 49 ans d’indépendance de notre pays.

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La Mairie va en guerre contre les charrettes

Publié le 8 avr 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Des charrettes dans une rue de Bukavu

Cela fait deux semaines environ que les communiqués de la mairie affluent dans les radios locales de Bukavu : « Nous menons une campagne dénommée Bukavu ville propre et nous ne voulons plus voir des charrettes sur les artères principales de la ville »
Des agents de la mairie en collaboration avec quelques policiers sont plantés dès six heures du matin sur la route pour traquer les charrettes qui oseraient enfreindre la règle.

Du côté des charretiers et même d’une frange de la population c’est une surprise désagréable. « Ce n’est pas par les charrettes que les autorités doivent commencer pour rendre la ville propre. Il ya bien d’autres priorités aux quelles les autorités devaient se concentrer » se plaint mère Nadia qui loue souvent les charrettes pour le transport de ses cannes à sucre.

« Je me demande si vraiment les gouvernants de ce pays ont l’amour des habitants », s’interroge pour sa part Claude, propriétaire d’une charrette qui souligne en outre que la plupart des charretiers sont chômeurs et n’ont que cette occupation comme source de revenus leur permettant de nourrir leurs familles.

La grande question est celle de savoir si les autorités provinciales s’attaqueront en même temps au chômage qui touche la majorité des jeunes qui se lancent dans la débrouille pour pallier à leur manière au manque d’emploi et de structures formelles. La question ne semble pas à l’ordre du jour et en plus, personne ne s’attaque épaves des véhicules, des kiosques ou encore des constructions anarchiques qui ternissent, bien plus que les débrouillards, l’image de la ville de Bukavu.

Comme l’autorité a toujours raison, les charretiers capitulent et laissent tomber leur gagne-pain obéissent de peur de se retrouver entre quatre murs. Bukavu ville propre, c’est visiblement moins de débrouillards dans les rues, beaucoup plus de chômeurs.

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Kinshasa, la poubelle urbaine

Publié le 28 mar 2009 dans Dessins par

Kinshasa, poubelle urbaine

L’insalubrité ne dérange plus les Kinois qui sont habitués à leurs décharges publiques improvisées. Il n’est pas étonnant de retrouver restaurants et marchés sur des immondices dans la ville jadis appelée « Kinshasa la belle ». N’allez surtout pas leur demander de nettoyer, la réponse est connue : « l’état aya kotalela biso likambo oyo », Traduisez : « que l’état vienne résoudre ce problème », comme s’ils ne s’étaient pas encore rendus compte que les dirigeants sont beaucoup trop occupés à construire leurs villas, acheter des 4×4 et renflouer leurs comptes bancaires en occident.

« Le nègre est invulnérable aux microbes », cette phrase revient souvent sur les lèvres des Kinois. Ebola et les autres maladies ne font donc pas peur. De toute façon, les sorciers prennent à leur compte les décès des victimes.

Ilustration : Patou Bomenga

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Lubumbashi: Latrines publiques made in Espagne

Publié le 19 mar 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Latrines publiques made in Espagne à Lubumbashi

Ça fait des années que les toilettes publiques n’existent plus dans la ville de Lubumbashi. Sur des places publiques, quelques rares particuliers ont érigé des WC de fortune et font payer les usagers qui seraient pris d’une envie pressante. Hors de question d’utiliser les toilettes des bureaux officiels des services étatiques et des entreprises publiques qui ne font pas trop envie, étant donné qu’elles ne respectent aucune règle d’hygiène.

Face à cette situation, ce sont les plantes et les murs qui en prennent un coup. Voir un passant se cacher derrière un arbre ou à l’ombre d’un bâtiment, dans un endroit pas très fréquenté pour uriner n’est pas étonnant, dans la ville souvent citée comme la plus propre du Congo.

La coopération espagnole érige depuis quelques temps des urinoirs publics dans diverses communes de Lubumbashi, à côté des sièges communaux. Sur les murs de ces latrines, je pouvais facilement interpréter le message que donnent les images et dessins, comme celui de ne pas utiliser l’arbre ou les endroits peu fréquentés pour se soulager.

Je ne peux que me réjouir de voir des latrines publiques implantées dans ma ville mais une chose est sûre, il faudra du temps avant que les Boyomais, habitués à la facilité qu’offrent les arbres puissent changer leurs habitudes et utiliser les nouveaux urinoirs.

Je suis bien tenté de fustiger le fait qu’il faille attendre que l’Espagne vienne construire des toilettes chez nous mais je m’inquiète beaucoup plus pour l’entretien de cette nouvelle acquisition. J’espère que cette réalisation ne finira pas comme bon nombre d’initiatives annoncées en grande pompe et qui disparaissent peu de temps après faute d’entretien. Il faut alors attendre que d’autres bienfaiteurs étrangers viennent pour restaurer ou reconstruire.

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Kinshasa : Des immondices pour combler les ravins

Publié le 12 mar 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Décharge publique à l'entrée de l'université pédagogique national

« De deux maux choisir le moindre ». Cette sentence de Socrate trouve tout son sens à Kinshasa. Déjà, mes compatriotes n’éprouvent aucune gêne à créer des décharges publiques à l’entrée de leurs maisons ou avenues. Il semble en effet plus facile pour les Kinois d’enjamber ces immondices plutôt que de réfléchir au moyen de s’en débarrasser.

Aujourd’hui, cette pratique devenue monnaie courante à travers les quartiers de la ville, et même dans les universités, ces milieux dits intellectuels, est défendue et justifiée. L’excuse, c’est qu’il est question de combattre les érosions. C’est ainsi qu’on se retrouve marchant sur des tapis d’immondices dans plusieurs coins de la capitale congolaise.

Un exemple : l’entrée de l’université pédagogique nationale. Pour freiner le début d’un glissement de terrain du à l’eau de pluie, les étudiants ont transformé cet endroit en une énorme poubelle. Et comme les immondices ne se séparent jamais de leurs odeurs, il faut pratiquement retenir sa respiration pour passer par là. Et tous les jours, à toute heure, étudiants et professeurs entrent et sortent de l’université en passant par leur poubelle bien aimée.

C’est quand donc que les étudiants se mettront à appliquer ce qu’ils apprennent en cours ? Au lieu de chercher des solutions efficaces pour chasser un mal, on se contente de déshabiller Paul pour habiller Pierre. Une solution qui se révèlera au bout, n’être qu’un autre problème. Et face à ce genre de situation, l’excuse bien aimée des Kinois reste : « l’état doit trouver une solution ». A en croire qu’ils ne se sont pas encore rendus compte que ceux qui sont censés représenter l’état ne font pas de la salubrité une priorité.

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