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Salubrité publique made in Kinshasa

Publié le 23 déc 2009 dans Dessins par Cédric

Salubrité publique made in Kinshasa

La confusion est totale entre les kinois habitués aux montagnes d’ordures et les autorités urbaines complètement débordées par la gestion d’ordures dans une ville dont la population est évaluée à 8 millions d’habitants.

Des poubelles à chaque coin de rue me direz-vous ? Eh bien que répondrez-vous si je vous disais que même en présence d’une poubelle, bon nombre de kinois viseraient à côté en mettant leurs détritus par terre, plutôt qu’à l’intérieur de la poubelle ?

Depuis quelques mois, les bourgmestres de certaines communes s’affairent à doter les populations de leurs juridictions de poubelles mais les habitudes sont tellement bien ancrées qu’elles ne servent pas à grand-chose.

Il faudra sans doute beaucoup de patience et surtout une longue campagne pour espérer voir renaitre et fonctionner correctement un système de récolte et de traitement des ordures dans la capitale congolaise.

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Business autour de la prochaine éclipse solaire

Publié le 23 déc 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Un panneau d'annonce d'une éclipse solaire à Kinshasa

Des panneaux d’annonce de l’éclipse lunaire qui devrait se produire le 15 janvier 2010 sont visibles dans différents coins de la capitale congolaise. C’est le cas de celle-ci que j’ai pu prendre en photo et qui est placé entre les communes de Lemba et Matete.

Sur les panneaux, des détails sont donnés sur l’heure à laquelle devrait avoir lieu l’éclipse dans chaque ville du pays. Il y figure aussi un conseil : « Ne regardez pas l’éclipse sans lunettes appropriées. Cela peut entraîner des lésions des yeux ».

Curieux, j’ai appelé le numéro affiché sur le panneau. « Oui monsieur, nous vendons les lunettes ici. Une paire revient à 2800 FC et si tu paies plusieurs paires, on te fera une réduction », m’a-t-on répondu à l’agence qui s’occupe de la commercialisation des lunettes de protection.

Ce que je trouve surprenant c’est de voir la campagne de sensibilisation menée par une agence privée qui en profite en même temps pour se faire du chiffre par la vente des lunettes de protection dont on ne peut même pas vérifier l’efficacité. Aucune campagne officielle de sensibilisation jusque-là et les médias ne semblent pas non plus s’intéresser à la question.

Encore une fois, il faudra compter sur la débrouillardise des congolais pour se protéger. Je me souviens de la ruée vers les vieux clichés de radiologie lors de la dernière éclipse. Avec du fil de fer, ces plaques en plastique servaient à fabriquer des lunettes de protection anti-éclipse made in Congo.

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Mwema Ndungo : « Je suis convaincu qu’un jour les choses vont changer au Congo »

Publié le 6 déc 2009 dans Diaspora par Yves Zihindula

Mwema Ndungo, un jeune écrivain congolais residant au Kenya

Originaire de la République démocratique du Congo, Mwema Ndungo vit à Nairobi au Kenya depuis trois ans. Il vient de publier Healing the Wounds (traduction : Guérir les blessures), un bouquin de 25 pages, édité par Daystar university où il poursuit des études en communication.

« Je parle de l’un des maux dont souffre l’Afrique : le tribalisme. En se basant sur l’expérience vécue en RD Congo et sur des recherches, j’essaie d’expliquer la genèse du tribalisme, comment il prend forme, comment il peut être contourné ou évité », révèle-t-il concernant le contenu de son ouvrage.

Né à Goma en 1986, Mwema Ndungo débarque à Nairobi fin 2006, après avoir interrompu des études en médecine. Il est soutenu alors, par son cousin qui l’installe et l’aide à trouver une école où il apprend l’anglais en premier, avant de s’inscrire à l’école de communication de Daystar university. « J’ai découvert ma passion. Je suis fait pour communiquer, raconter les histoires, transmettre la connaissance et il fallait bouger pour m’en rendre compte », dit-il.

Derrière les vitres de sa monture, Mwema Ndungo reconnait qu’il ne saurait écrire son livre au Congo. « J’ai tenté plusieurs fois de présenter mes manuscrits au gens et au retour il m’ont découragé. Ici, j’ai été encouragé et aidé par des éminents professeurs, voilà un peu la différence avec le Kenya. »

Des difficultés, ce jeune homme en a rencontré. Il se souvient qu’au début de son séjour à Nairobi, la langue et le mode de vie ont constituées des barrières. Il l’a fallu six mois pour intégrer la société kenyane. « Les congolais n’ont pas une très bonne réputation ici. Pour les gens qui nous entourent, nous sommes juste bons à chanter, danser et à s’habiller comme des clowns. »

Mwema Ndungo compte rentrer au pays après ses études et créer sa propre structure. « Je n’ai jamais été pessimiste sur l’évolution des choses dans mon pays. Je suis convaincu qu’un jour les choses vont changer. Seulement les congolais doivent apprendre à compter sur eux-mêmes. Il ne faut que nous arrêtions d’attendre l’aide provenant de l’étranger pour bouger les choses nous-mêmes », insiste-t-il.

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Le beau temps après la pluie ? Pas à Kinshasa

Publié le 5 déc 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Le beau temps après la pluie ? Pas à Kinshasa

Après la pluie c’est le beau temps, dit-on. Dans la capitale congolaise, ce n’est pas le cas. Kin la belle devenue Kin poubelle, offre une image propre à elle après les averses.

Il y a quelques jours, alors que je rendais visite à une amie dans la commune de Kimbaseke, je me suis fait surprendre par la pluie. Le retour vers chez moi s’est transformé en cauchemar. Les rues cabossées se sont transformées en marres. Dans ces moments, les caniveaux remplis d’ordures ne servent à rien.

Plus qu’habitués à leurs lacs en pleine ville ont développé des capacités hors du commun. Il faut les voir sauter d’une rive à l’autre.
Cette situation a donné naissance à de nouveaux métiers. A certains endroits, des chariots servent à faire traverser ceux qui ne sont pas assez courageux pour patauger dans la boue. Certains jeunes proposent leurs dos pour faire traverser qui veut, en échange de quelques francs congolais. Gare cependant aux câbles dénudés qui trainent un peu partout.

On serait presque tenté de se plaindre et de demander au ciel de ne plus déverser sur nous toute cette eau mais savoir qu’il y a des gens sur terre qui prient pour avoir quelques gouttes calme.

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Quelques photos du dernier crash de Goma

Publié le 25 nov 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Crash d'un avion de la compagnie CAA à Goma 1

Nous vous parlions il y a quelques jours du crash de l’avion de la CAA à Goma. Comme on le voit bien, l’accident était assez violent. La carlingue traine encore sur l’amas de lave qui couvre une bonne partie de la piste d’atterrissage. Pas de souci à se faire si les propriétaires de l’avion ne se dépêchent pas de déplacer les restes. On peut faire confiance à tous les débrouillards des environs qui vont se charger de désosser méticuleusement l’épave.

Crash d'un avion de la compagnie CAA à Goma 1

Crash d'un avion de la compagnie CAA à Goma 1

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Transport lacustre : l’argent d’abord, les vies humaines après

Publié le 25 nov 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Transport Lacustre : l’argent d’abord, les vies humaines après

Dans les pirogues qui effectuent des navettes entre Bukavu et l’île d’Idjwi ou entre Bukavu et la presqu’île de Birava, la priorité est accordée d’abord aux marchandises, plus intéressantes que les passagers aux yeux des transporteurs.

Alors que la traversée coûte 1 dollar pour chaque passager, il faut payer 2500 francs congolais (un peu moins de trois dollars) pour un sac de farine et 1500 francs pour une caisse de bière. Après le chargement des marchandises, les gens peuvent alors embarquer à leur tour se trouver chacun une place en ordre dispersé au dessus de sacs et des caisses. Le voyage dure une heure environ.

Pour Louise qui accompagne sa mère pour la première fois, c’est un vrai calvaire : « ce n’est pas possible, je plains ma mère qui effectue très régulièrement des traversées. A l’accostage, j’étais épuisée. »

La peur de voir la pirogue chavirer a hanté Paul durant toute la traversée. Le soulagement pouvait se lire sans difficultés sur le visage de cet étudiant originaire du Bandundu qui allait à Idjwi pour des recherches : « j’avais l’impression que la pirogue allait se renverser à cause de la surcharge. J’ai même vu quelques régimes des bananes tomber dans le lac quand la pirogue bougeait. »

Des accidents surviennent assez régulièrement sur ce tronçon. A l’association des armateurs le lac Kivu et à la Régie des voies fluviales, le danger que court la population  ne semble inquiéter personne. Des manifestes sont remplis et des pirogues surchargées sont autorisées moyennant dix dollars de taxe sur chaque pirogue. Comme d’habitude, personne ne voit venir le danger. C’est le jour où un accident surviendra que des mesures dites urgentes seront prises.

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Transport en commun à Kinshasa, retour aux bonnes vieilles habitudes

Publié le 25 nov 2009 dans Dessins par Cédric

Transport en commun à Kinshasa, retour aux bonnes vieilles habitudes

C’est un grand retour dans la capitale congolaise. Ces engins appelés « Moto Guzzi » et qui étaient encore visibles à Kinshasa jusqu’en 1987 reviennent. Après les taxi-motos, c’est au tour des Rickshaw de venir à la rescousse des kinois qui doivent se battre tous les jours avec le casse-tête des transports en commun.

Les modèles en circulation actuellement dans la capitale sont importés d’Asie mais connaissant les kinois, je suis prêt à parier qu’il y aura des modèles made in Congo d’ici quelques mois.

Pour les enfants, c’est une nouveauté mais pour les bons vieux kinois, c’est le retour d’un vieil ami. Comme on dit chez nous : « Nzungu ya kala, ba buakaka yango te ! » Traduction imparfaite : « un vieux chaudron peut toujours s’avérer utile ».

Dessin : Michaël Maloji

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Un nouveau crash à Goma. Et si on déblayait enfin la piste ?

Publié le 19 nov 2009 dans Dessins par

Un nouveau crash à Goma. Et si on déblayait enfin la piste ?

Un avion de la compagnie CAA a raté le freinage et fini sa course dans l’amas de lave qui couvre une partie de l’aéroport de Goma. Bilan : une vingtaine de blessés. A bord, 116 passagers ordinaires et un passager de marque, le gouverneur de la ville, Julien Paluku qui revenait de Kinshasa.

Le personnel de l’aviation de la Monuc a dépêché sur place des camions anti-incendie et des ambulances. Les blessés ont tout de suite été pris en charge par la structure sanitaire du contingent indien de la MONUC. Merci en passant à cette mission de l’ONU qu’on accuse souvent de ne rien foutre mais qui s’occupe souvent de taches qui reviennent normalement aux services publics. S’il fallait compter sur des urgences made in Congo, les blessés auraient attendu une éternité.

La piste de L’aéroport de Goma est en partie couverte de lave depuis la dernière éruption du Nyiragongo, le 17 janvier 2002. Sur les 3000 mètres de la piste initiale, il ne reste plus que 1900 mètres utilisables.

L’accident le plus meurtrier en date dans la même ville a eu lieu le 15 avril 2008. Un DC9 de la compagnie privée congolaise Hewa Bora s’était écrasé près de l’aéroport, faisant une cinquantaine de morts et plus d’une centaine de blessés. Le gouverneur avait alors parlé de réparation urgente de la piste. Quelques coups de bêche avaient été donnés depuis mais cela na été que de courte durée. A ce jour, les travaux sont au point mort. J’ai envie de demander où sont passés les 15 millions d’euros de l’ONG allemande, Agro action allemande (AAA) mais je ne vais pas le faire.

En passant, si je ne me trompe pas, cet avion, c’est le même que j’ai pris pour faire le trajet Kinshasa – Kindu – Goma en juin 2008.

Souhaitons que le fait que le gouverneur ait été parmi les victimes/rescapés lui fera réaliser que la réhabilitation et la sécurisation de la piste de Goma ne peut plus attendre. La mise en place d’un service d’urgence (ambulances, véhicules anti-incendie et personnel compétent et régulièrement rémunéré) ne serait pas de refus. Il faudrait bien qu’un jour nous arrêtions de nous faire torcher le cul réapprenions à vivre sans la MONUC…

Dessin : Michaël Maloji

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Recyclage à la congolaise, une question de survie

Publié le 18 nov 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Un recycleur de Kinshasa en train de fouiller dans les ordures

Nous sommes en pleine capitale congolaise et l’homme sur la photo n’est pas fou. Il s’agit d’un père de famille à la recherche d’un trésor. Son terrain de recherche, les poubelles publiques à ciel ouvert comme on en trouve un peu partout à Kinshasa.

Ce qu’il cherche, ce sont des bouteilles en plastique, des boites de lait vides et autres objets

jetés par les nantis « batu ya mbongo ». Après ramassage, ces objets sont lavés rapidement puis remis sur le marché. Ils sont très appréciés par bon nombre de Kinois parce que très peu coûteux. Les bouteilles plastiques servent d’emballage aux vendeurs de jus ou de Tangawisi. Les autres trouvailles trouvent toujours un usage qui leur assure une seconde vie.

Ce recyclage à la congolaise est à la fois un métier et un gagne-pain pour de nombreuses personnes. Les conséquences en terme de santé publique ne semblent inquiéter personne pour l’instant. Tant qu’il n’y aura pas d’épidémie grave, c’est sûr que personne ne lèvera le petit doigt.

Les élus qui ont promis monts et merveilles aux congolais sont sans doute occupés à préparer les discours pour les prochaines élections qui doivent se tenir dans un peu moins de deux ans. « Mais quelles promesses allons-nous brandir cette fois-ci à ces électeurs », doivent-ils se demander.

Entre temps, les électeurs, experts du très célèbre article 15 congolais trouvent toujours des combines pour survivre. A défaut de sauver la planète comme le prônent les écologistes ailleurs dans le monde, les recycleurs congolais sauvent avant tout leur peau. La planète est le dernier de leurs soucis. Ne dit-on pas d’ailleurs que la charité bien ordonnée commence par soi-même?

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Cinq chantiers : courte durée de vie des infrastructures tant attendues

Publié le 18 nov 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Cinq chantiers : courte durée de vie des infrastructures tant attendues

Trois mois seulement après la fin des travaux sur le tronçon place de l’indépendance Bwindi en direction de l’aéroport de Kavumu, le caniveau qui devait conduire les eaux de pluie vers le lac est bouché. Une belle végétation verdoyante s’invite sur le tas de déchets qui s’y amasse.

A la base de cette détérioration, la proximité d’un marché spécialement dédié à la vente de chèvres. Tous les déchets de cet abattoir improvisé sont déversés dans la canalisation.

L’entretien de cette infrastructure routière nouvellement acquise en réponse aux promesses électorales est loin d’être le souci des principaux bénéficiaires. Il y a quelques semaines, une autorité urbaine a parlé de fermer du ce marché. Une manifestation violente s’en est suivie et des menaces de mort étaient même proférées contre cette autorité par les vendeurs du marché.

« Qui nourrira nos enfants si tu fermes ce marché ? Et l’argent qu’on paie pour avoir des autorisations d’y œuvrer qui le remboursera ? » Autant de questions que les manifestants brandissaient pour contrecarrer cette décision de fermeture dudit marché.

Après ce bref épisode, plus rien. Le marché a repris ses activités et les déchets sont toujours déversés sur ce qui reste du caniveau. Quant à elle, la route disparaît lentement mais sûrement.

Ce chantier parmi ceux promis aux congolais lors des dernières élections s’effrite progressivement. Une solution temporaire sera sans doute trouvée pendant la campagne électorale pour les prochaines élections.

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