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Kisangani: Un bureau administratif pas comme les autres !

Publié le 16 jan 2009 dans Kisangani par Boyomais

Bureau sous un manguier du quartier du stade à Kisangani

A quelques cinquante mètres du stade Lumumba dans la ville de Kisangani, s’est implanté, sous l’ombre d’un manguier, le bureau administratif du quartier du stade de la commune Tshopo. Ce bureau sans porte ni fenêtre, bref sans bâtiment, est bel et bien celui de l’Etat et le lieu de travail d’une autorité : le chef de quartier qui sert de pont entre les habitants de son quartier et le Bourgmestre de la commune. Retour aux pratiques ancestrales, les conflits de voisinage et autres dossiers sont traités à l’ancienne, sous un arbre.

Une pancarte placée sous le manguier indique qu’il s’agit bien d’un bureau administratif. En cherchant à m’entretenir avec les agents trouvés sur place sur l’état et le fonctionnement de ce bureau, c’est une fin de non recevoir qui m’accueille. « Allez poser des questions au bourgmestre. Notre installation en ce lieu est une mesure salutaire. Fallait-il que nous restions chez nous parce que le bureau n’a plus de bâtiment ? Qui allait nous payer ?», me lancent-ils.

Bien que j’entende souvent parler de la restauration de l’autorité de l’état dans les discours, je suis surpris de voir que dans la troisième ville de la République Démocratique du Congo, pays souvent qualifié de  scandale géologique, l’Etat n’est pas capable de bien installer ses agents.

A l’heure où nous cheminons vers la décentralisation, j’espère que des mesures seront prises pour éviter que certaines des entités décentralisées se retrouvent sans infrastructures, à l’image de ce bureau administratif à Kisangani.

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Lubumbashi : Le triste sort de l’hôpital Jason Sendwe

Publié le 15 jan 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

L'hôpital Jason Sendwe de Lubumbashi

Renommé jadis pour la qualité des services rendus aux populations de toute l’Afrique centrale, l’hôpital Jason Sendwe de Lubumbashi ne reste plus que l’ombre de lui-même et si on n’y prend garde, il va bientôt rendre l’âme. Les différentes parties de cet établissement hospitalier succombent les unes après les autres. L’ascenseur est mort depuis un peu plus de six mois. Difficile donc pour le personnel d’assurer la liaison entre différents services repartis dans les 4 étages du bâtiment.

Le transport des malades en état d’incapacité de marche d’un pavillon à un autre ou d’un étage à un autre, s’effectue avec les moyens du bord. Pas surprenant donc de croiser dans les couloirs ou dans les escaliers, un malade sur le dos d’un infirmier avec tous les risques qui peuvent en résulter (retard en intervention pour les cas les plus urgents, contamination pour les transporteurs,…).

Les deux ambulances « don de moïse » agonisent et sont passées sur briques, en attendant leur démantèlement et peut-être la vente des pièces sur le marché noir. La pharmacie elle aussi a poussé son dernier souffle. Les malades sont donc obligés d’aller s’approvisionner en médicaments dans les petites officines de la ville.

A tout ceci s’ajoute le problème de coupures intempestives d’électricité qui cause des dégâts énormes, notamment avec les nouveaux nés prématurés dont les couveuses fonctionnent au courant électrique, une denrée de plus en plus rare au Congo.

Je crains beaucoup pour la vie de l’hôpital Jason Sendwe. Ceux qui peuvent le sauver sont trop occupés à exploiter le cuivre et d’autres minerais. Lorsqu’ils tombent malades, ils ont les moyens d’aller se faire soigner en Afrique du sud. Ceux qui ne peuvent pas s’offrir ce luxe peuvent toujours crever.

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Kinshasa : Des gris-gris dans les poches, comme dans les champs

Publié le 6 jan 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Des fétiches dans un champ de maïs à Kinshasa

A proximité du tunnel que j’emprunte tous les jours pour me rendre à l’arrêt de bus, il y a quelques plants de maïs. Je n’avais jamais vraiment fait attention à ce petit champ, jusqu’au jour où j’ai remarqué de petits paquets de tissus rouges attachés à certaines plantes. me renseignant sur leur utilité, j’ai appris qu’il s’agissait de gris-gris destinés à décourager d’éventuels voleurs. Cette drôle de découverte me pousse à me poser une question : les oiseaux auraient-ils peur de ces fétiches au point d’éviter de picorer les grains de mais ?

Fiction ou réalité, je me rends compte que le Congolais, qu’il soit de Kinshasa ou de l’intérieur du pays, reste attaché à des croyances ancestrales même quand elles ne sont pas rationelles. Il y a quelques jours, alors que j’étais à bord d’un taxi collectif (qu’on partage à 4 et parfois à 5, sans compter le chauffeur),  j’ai participé à une discussion fort intéréssante. Les autres passagers qui voyageaient avec moi discutaient à propos de la dextérité des pickpockets de Kinshasa. Le premier qui se disait chef coutumier pretendait que nul ne pouvait lui dérober son bien et rester impuni. Et le deuxième d’évoquer la vie du village : « les habitants de mon village ne fermaient pas leurs portes, même lorsqu’ils allaient aux champs, parce que justement personne n’oserait voler, de peur d’en devenir fou, ou pire, d’en mourir », affirmait-il.

Au marché, les commerçantes truffent leurs produits de piments rouges, censés les protéger contre les personnes mal intentionnées. Je m’interroge aujourd’hui sur l’impact de ces croyances dans l’épanouissement du Congolais. Et parfois, dans une vision peut-être un peu exagérée, ces croyances m’apparaissent comme des racines qui nous empêchent d’avoir des ailes.

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Kinshasa : Un Noël morose

Publié le 26 déc 2008 dans Kinshasa par

Père Noël sous les tropiques

Pour la première fois, j’ai vécu un Noël tranquille à Kinshasa. Pas de guirlandes dans les rues, aucune décoration, pas de musique, bref rien. Les habitants de ma ville natale semblent fatigués et rompent avec l’habitude de se dépasser pour célébrer avec faste la nativité. Dans mon quartier, la SNEL a eu la magnifique idée de nous priver d’électricité. Décidés à faire la fête malgré tout chez moi, nous avons donc renoué avec notre bonne vielle méthode de cuisson des aliments au feu de bois. Pour la musique, mon voisin a utilisé la radio de sa voiture.

Je me souviens des années de mon enfance où les parents étaient obligés d’acheter des vêtements neufs à leurs enfants et de leur offrir des cadeaux pour Noël. En ce qui concerne la bouffe, le 25 décembre, c’était l’occasion de changer les habitudes culinaires et d’offrir des plats spéciaux à la famille. Les choses se passent différemment aujourd’hui. La pauvreté qui touche la majorité des foyers congolais change les habitudes. Ce qui me surprend c’est que les congolais, ne se plaignent toujours pas.

Tendant l’oreille autour de moi, je n’ai entendu que quelques murmures : « c’est la crise, pas d’ambiance festive cette fois-ci mais Dieu aidant, ça ira peut-être mieux l’an prochain… »

Je ne vais pas faire la mauvaise langue pour prédire ce qui va se passer dans une année mais j’espère juste que la date du 25 décembre restera chômée.

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Bukavu : Pêche interdite sur le lac Kivu

Publié le 10 déc 2008 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Pirogues de pêcheurs sur le lac Kivu

Le lac Kivu sera fermé pour trois mois à partir du 30 décembre prochain. Cette décision des autorités locales inquiète les nombreux pêcheurs qui alimentent en poisson la ville de Bukavu et qui n’ont pas d’autre moyen de subsistance. « C’est une décision illégale et inhumaine. Nous allons crever de faim avec nos familles » déclarent-ils.

Pour l’inspecteur chef du bureau chargé de la pêche à la division provinciale de l’environnement et conservation de la nature, cette décision est prise pour faire face à la baisse de la production de poisson sur le lac Kivu. « Les pêcheurs ne respectent pas les normes de pêche et se rendent parfois dans les baies où il y a seulement des œufs pour pêcher. On est obligé de fermer momentanément le lac pour permettre à ces œufs d’éclore et de grandir » affirme Mr Tabino Mutingano.

Les militaires des forces navales sont instruits de faire respecter cette décision en arrêtant les pêcheurs qui vont désobéir.

Le poisson du lac Kivu est l’un des aliments de base pour les Bukaviens. Avec la somme de deux cents francs Congolais, il est possible de se procurer des fretins pour un repas de midi, et ce pour une famille de quatre personnes. Du très bon et bien gros tilapia, on peut en avoir 4 pour mille francs Congolais (un peu moins de 2 dollars américains). Cette mesure n’occasionnera-t-elle pas la rareté et en même temps la montée des prix du poisson ?

On verra bien sûr lorsque la mesure entrera en application.

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Kisangani : Toleka, une source de revenus pour les jeunes de Kisangani

Publié le 8 déc 2008 dans Kisangani par Boyomais

Un Tolekiste dans une rue de Kisangani

Comme ailleurs dans le pays, le chômage touche bon nombre de jeunes Boyomais (habitants de Kisangani). Certains se tournent vers le Toleka (taxi-vélo) comme activité génératrice de revenus. Depuis plus d’une décennie, le « Toleka » (entendez « Passons », en lingala) s’est imposé comme le principal moyen de transport à Kisangani. Il y en a environ 2000 dans toute la ville.

Il ne faut pas grand chose pour transformer des vélos ordinaires en taxis-vélos. Des lanières, une petite mousse tapissée et bien serrée servant de siège pour les passagers sur le porte-bagage et le tour est joué. Le mot d’ordre est clair : avoir le plus beau vélo et attirer le plus grand nombre de clients. Des slogans, on peut en lire de tous les types sur ces vélos « Dieu voit tout, vélo 4×4 tout terrain, l’Eternel garde mon vélo, Yes we can,…».

Âgé de 17 ans, Junior Kenge est en 4ème année des humanités pédagogiques. Depuis près de trois années, il exerce comme Tolekiste les après-midis après ses cours. « Après la mort de mon père, mes oncles sont venus prendre tout ce qui revenait à leur frère. Ma mère s’est ainsi retrouvée dans l’incapacité de scolariser mes deux jeunes sœurs et moi. Pour ne pas rester à la maison, j’ai décidé de faire le Toleka », confie-t-il. Ne possédant pas de vélo, Junior a conclu un arrangement avec un voisin. Les clauses de leur contrat sont claires : Junior s’engage à verser chaque soir la somme de 1200 francs congolais (2 dollars américains) au propriétaire. Tous les jours, il se lance dans une course contre la montre, dans le but de faire plus que le minimum exigé et garder le surplus.

Généralement, Junior parvient à réunir entre 4500 et 5000 francs congolais (8 dollars américains) par jour. Il parvient ainsi à contribuer aux charges familiales. « Une partie de mes revenus journaliers sert à acheter la nourriture et l’autre est toujours mise de côté pour couvrir mes frais d’études » révèle-t-il.

Les tracasseries policières et les guet-apens de la brigade spéciale des recettes viennent comme pour gâcher l’enthousiasme de ce jeune homme. Pour protéger ses recettes contre les extorsions policières, Junior a trouvé une astuce. « En temps de soleil comme en temps de pluie, je porte toujours mon képi car, en dessous, je glisse mes recettes. Si les policiers m’arrêtent pour une quelconque raison, leurs mains vont immédiatement dans mes poches. Désormais, ils ne trouvent plus rien, sinon une modique somme. »

Malgré les obstacles, Junior reste confiant et garde espoir. Son plus grand souhait est de devenir autonome. « Comme tout tolekiste, je voudrais acquérir mon propre vélo. Je gagnerais alors assez pour payer les études pour mes deux sœurs qui chôment encore aujourd’hui ».

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Kinshasa : Chinois, investisseurs ou envahisseurs ?

Publié le 8 déc 2008 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Chinoises vendeuses de beignets à Kinshasa

Incroyable mais vrai. Aujourd’hui à Kinshasa, les chinois exercent des activités même aux coins de nos avenues. Je me réveille un samedi matin. C’est le jour du mariage d’une copine. Comme toute congolaise qui se respecte et aime « la sape », je choisis une belle robe à mettre pour l’occasion.

Malheureusement, je me rends compte que je n’ai pas des boucles d’oreilles assorties à la robe. Pas assez de sous pour me rendre au centre ville et payer « mes bijoux ».

Sans trop peser le sens de ses propos, mon frère me dit : « ne t’inquiète pas, les chinois ne sont pas venus juste pour les grands projets des 5 chantiers. Ils ont ouvert une boutique dans le petit marché du quartier. Tu peux y trouver tes bijoux »

Etonnée, déçue…besoin oblige ! J’arrive au petit marché du quartier. Pas besoin de chercher longtemps, vous connaissez l’engouement des kinoises devant des bijoux fantaisies. Femmes et filles attroupées devant une boutique : « Ets shingon». Comme les autres j’achète ce que je cherchais, jolie et à vil prix, à la coutume des chinois.

La soirée : « Mira, elles sont jolies tes boucles ! ». Je ne me retiens pas. Je parle de ma découverte. C’est en ce moment que je me rends compte que ca n’en était pas une.

« Ça t’étonne ? Ils vendent même des arachides au rond point Ngaba… Les habitants du Quartier 1 à Masina ont empêché à un chinois d’installer une cabine téléphonique… Rien ne les arrête, les chinois ont même des Nganda Masanga ! »

Je vous épargne des autres commentaires de la soirée. Mais, dans l’entre temps, les routes pour lesquelles ils sont arrivés à Kinshasa attendent toujours ! Mais que fait l’autorité urbaine face à ces étrangers qui venus pour investissement, excellent en envahissement ? Et plus encore, la loi congolaise n’interdit-elle pas le petit commerce aux étrangers ?

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Kinshasa dit niet aux contingents indiens

Publié le 8 déc 2008 dans Dessins par Cédric


Dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations Unies par le ministre congolais des Affaires Etrangères, la RDC note « qu’au regard des nombreuses exactions fort malheureuses commises par certaines troupes au sein de la Monuc, la population comprendrait mal que des contingents de même origine viennent renforcer les effectifs de la Monuc ».

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Liberté de la presse En RDC

Publié le 1 déc 2008 dans Dessins par Cédric

Liberté de la presse en RDC

Le journalisme est une profession à haut risque en République démocratique du Congo. Six professionnels des médias ont été tués dans le pays au cours des trois dernières années presque dans les mêmes circonstances. Il s’agit de Didace Namujimbo, journaliste de la radio Okapi Assassiné dans la nuit du 21 au 22 novembre 2008, Serge Maheshe tué à Bukavu en juin 2007, du technicien Kayilu Mutombo (à Lubumbashi), du photographe-reporter Patrick Kikuku (à Goma), et du journaliste Bapuwa Mwamba (à Kinshasa), tous tués en 2006, et de Franck Ngyke et son épouse tués en novembre 2005 dans sa résidence.

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Un nouveau gouvernement en RDC

Publié le 1 déc 2008 dans Dessins par Cédric

La RDC placée sous la présidence de Joseph Kabila depuis l’élection de 2006, vient d’avoir un nouveau premier ministre, Adolphe Muzito. Il fut ministre du budget dans la précédente équipe démissionnaire conduite par le « Patriarche du Palu », Antoine Gizenga. Resté 20 mois à la tête du gouvernement, le patriarche devait céder sa place le 25 septembre 2008. Comme lui, Adolphe Muzito fait aussi partie du Palu, le Parti Lumumbiste unifié (PALU).

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