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Destruction des constructions anarchiques : acheteurs perdants et impunité pour les vendeurs

Publié le 21 déc 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Destruction des constructions anarchiques : acheteurs perdants et impunité pour les vendeurs

Pour rendre à la ville son lustre d’antan, la mairie de Lubumbashi rase toutes les maisons construites anarchiquement le long des routes et au bord des voies ferrées de la Société Nationale de Chemins de fer du Congo. Les propriétaires des maisons protestent, mais en vain.

Accompagnée des bulldozers et sécurisée par le groupe mobile d’intervention, la brigade de démolition de la mairie prend d’assaut les circonscriptions foncières qui regorgent de constructions dites hors normes pour les raser. Les propriétaires des débits de boisson, salons de coiffure, ateliers de soudure, pharmacies, cabines téléphoniques, … y assistent avec un œil impuissant et tentent de récupérer ce qu’ils peuvent ; briques, tôles, etc.

« La loi est dure mais c’est la loi. Cette opération doit continuer dans toutes les communes de la ville. Les constructions anarchiques enlaidissent la ville », estime Mr Freddy Kalenga, habitant de la commune de Kampemba. Certaines victimes de cette démolition parlent de deux poids deux mesures dans l’exécution de cette opération. Elles Soulignent que certaines bâtisses sont construites dans les mêmes circonscriptions foncières, mais elles n’ont pas été démolies, parcequ’appartenant, pour la plupart à certaines autorités et autres personnes influentes.

« J’ai construit sous l’œil vigilant et avec l’autorisation des agents de la mairie, des services du cadastre et de la commune avec en plus quelques paiements perçus sur terrain », révèle André Tshibasu, habitant du quartier Gambela, dans la commune de Lubumbashi, propriétaire d’une cabine publique.

Comment qualifier cette opération quand on sait que ceux qui construisent possèdent des titres de propriété délivrés par les services compétents ? S’il faut remettre de l’ordre dans l’urbanisme, ne faut-il pas que les agents qui vendent des terrains inappropriés soient poursuivis ? Encore une fois, la loi du plus fort s’applique. Espérons juste que cette opération tiendra sur la durée et que la ville rayonnera…

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Lubumbashi: Latrines publiques made in Espagne

Publié le 19 mar 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Latrines publiques made in Espagne à Lubumbashi

Ça fait des années que les toilettes publiques n’existent plus dans la ville de Lubumbashi. Sur des places publiques, quelques rares particuliers ont érigé des WC de fortune et font payer les usagers qui seraient pris d’une envie pressante. Hors de question d’utiliser les toilettes des bureaux officiels des services étatiques et des entreprises publiques qui ne font pas trop envie, étant donné qu’elles ne respectent aucune règle d’hygiène.

Face à cette situation, ce sont les plantes et les murs qui en prennent un coup. Voir un passant se cacher derrière un arbre ou à l’ombre d’un bâtiment, dans un endroit pas très fréquenté pour uriner n’est pas étonnant, dans la ville souvent citée comme la plus propre du Congo.

La coopération espagnole érige depuis quelques temps des urinoirs publics dans diverses communes de Lubumbashi, à côté des sièges communaux. Sur les murs de ces latrines, je pouvais facilement interpréter le message que donnent les images et dessins, comme celui de ne pas utiliser l’arbre ou les endroits peu fréquentés pour se soulager.

Je ne peux que me réjouir de voir des latrines publiques implantées dans ma ville mais une chose est sûre, il faudra du temps avant que les Boyomais, habitués à la facilité qu’offrent les arbres puissent changer leurs habitudes et utiliser les nouveaux urinoirs.

Je suis bien tenté de fustiger le fait qu’il faille attendre que l’Espagne vienne construire des toilettes chez nous mais je m’inquiète beaucoup plus pour l’entretien de cette nouvelle acquisition. J’espère que cette réalisation ne finira pas comme bon nombre d’initiatives annoncées en grande pompe et qui disparaissent peu de temps après faute d’entretien. Il faut alors attendre que d’autres bienfaiteurs étrangers viennent pour restaurer ou reconstruire.

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Kipushi: Les femmes en lutte contre la misère

Publié le 15 mar 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Une femme concasseuse dans une carrière de Kipushi

Ville frontalière située à 30 Km de Lubumbashi, Kipushi vivait, jadis, grâce aux activités de la Générale des Carrières et des Mines (Gecamines). Depuis la chute de cette dernière, la ville de Kipushi n’est à ce jour que l’ombre d’elle-même. Cette situation a contraint à la débrouillardise un peu plus de 3/4 de la population.

Pour survivre, certains, les hommes en majorité, font chaque jour 30 Km pour rejoindre la ville de Lubumbashi et essayer de trouver des petits « Jobs » (petits contrats de travail journaliers). Les autres; femmes et enfants, qui restent, se livrent au concassage manuel des graviers de la carrière du puits 5 au quartier Lumumba.

Avec leurs marteaux, pioches, bèches et brouettes, ces femmes et leurs enfants envahissent tous les matins la carrière, y travaillant sous un soleil de plomb. « Dans le devoir de faire vivre ma famille, j’accepte de passer pour concasseur », me confie Maman Claudine, une veuve de 46 ans que j’ai trouvé dans la carrière. Elle déplore le désintéressement, l’indifférence, et surtout le manque d’une politique d’encadrement pour les femmes de Kipushi de la part du gouvernement provincial. « Voila maintenant, mes biceps sont semblables à ceux d’un catcheur de la WWE, suite au soulèvement régulier et quotidien de mon marteau et pioche », rajoute-t-elle.

Mr Bonny, président des creuseurs de la carrière, dénonce pour sa part les tracasseries perpétrés les agents des services de l’Etat comme; la division des mines et la police des mines. « Les taxes imposées avant l’évacuation des produits de la carrière pour la vente, découragent nos clients et donnent ainsi un autre coup fatal à la population de Kipushi. »

Alors que la misère a même déformé la morphologie des femmes de Kipushi, faut-il maintenir les taxes jugées colossales ou laisser la population bénéficier librement des ressources naturelles? Et puis, je me demande à quoi servent ces taxes alors qu’on sait bien que la population ne reçoit rien en retour.

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Lubumbashi : Guérisseurs ambulants, salut ou danger pour la population?

Publié le 5 mar 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Un Tradi-praticien vendant ses potions dans une rue de Lubumbashi

Munis de mégaphones, sacs remplis de racines, ils sont facilement reconnaissables. Appelés « Docta » ou « Docteurs », les charlatans ambulants sont de plus en plus nombreux sur les places publiques de la ville de Lubumbashi. Certains se déplacent à vélo, d’autres à moto et ils débouchent de tous les coins et quartiers pour converger vers le centre ville. « J’ai la solution pour tous les maux… Stérilité, impuissance sexuelle, hémorroïdes,… », ces nouveaux guérisseurs disent apporter des solutions face à un système médical complètement en panne.

Consultation gratuite et thérapie avec des plantes, donc moins coûteuses, les « Docta » poussent le bouton jusqu’à présenter leur business comme une réelle alternative, salutaire face à des médecins congolais continuellement en grève parce que non payés.

Les avis sont partagés face à ce phénomène. Si certains considèrent que la croissance du nombre de ces médecins improvisés est un danger public, d’autres le voient comme un mal nécessaire. « Contrairement aux hôpitaux qui ne reçoivent que ceux qui ont beaucoup d’argent, les tradi-praticiens au moins sont accessible à tous », soutient Mme Junette, une des plus fidèles clientes des docteurs de la rue.

Un nombre assez important de gens se sont fait berner et ont réalisé bien après que les feuilles ou les racines qu’ils se sont donné la peine d’ingurgiter n’avaient aucune vertu thérapeutique. On peut se demander où sont les autorités censées légiférer sur ces pratiques. Les charlatans opèrent en toute quiétude et on ne peut même pas compter sur une justice elle-même au ralenti, pour poursuivre les responsables des dérapages qui ont des conséquences néfastes sur la santé de la population.

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Kinshasa : La découverte de nouvelles richesses fait couler les larmes

Publié le 27 fév 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Faux gisement de pétrole à Kinshasa

Il y a quelques semaines, alors que j’allais rendre visite à ma sœur qui venait d’avoir un bébé dans la commune de Ngiri-Ngiri, j’ai vu un attroupement. Curieuse, je m’en suis rapprochée pour voir ce qui se passait. Au moment même où j’arrivais, j’ai vu un homme reniflant le contenu d’une petite boite s’écrier : « c’est du vrai pétrole ». La boite contenait un liquide noir qui avait réellement l’odeur du pétrole. Il coulait d’une fosse sceptique nouvellement construite.

En quelques minutes, « le gisement » a attiré davantage de monde, et même des policiers. Une voix sortie de la foule propose alors d’inviter la presse pour couvrir l’événement. « Non pas la presse ! », rétorque une dame présente sur les lieux. D’une voix tremblante et les larmes aux yeux, elle poursuit : « Vous voulez que des assaillants viennent envahir notre quartier ou quoi ? Vous ne savez pas que s’il y a la guerre au nord Kivu, c’est à cause des richesses ? N’en parlez pas s’il vous plait, laissez ce monsieur construire sa dalle et couvrir ce pétrole qui risque de se transformer en sang… »

Tout est dit ! La découverte de nouvelles richesses fait désormais peur. J’espère qu’il viendra vite ce jour où cette guerre de minerais prendra fin dans mon pays et que les congolais pourront se réjouir de découvrir des nouvelles richesses, et surtout d’en bénéficier.

Message aux prédateurs : ce n’est pas la peine d’essayer de lancer un mouvement de « libération » de la commune de Ngiri-Ngiri ! Aux dernières nouvelles, des experts sont descendus sur les lieux pour creuser le mystère. Ils ont trouvé une barrique de pétrole volée et enterrée dans cette parcelle avant que le propriétaire actuel ne l’achète. En exécutant des travaux, les maçons ont dû trouer le fût qui a laissé échapper son contenu.

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Urbanisme à la congolaise

Publié le 23 fév 2009 dans Dessins par

Urbanisation à la congolaise

On ne compte plus les érosions et engloutissement d’habitations à Kinshasa. A chaque grande averse, compter les victimes devient un détail. Sans plan d’urbanisation digne de nom et les fonctionnaires de l’état se distinguant par leur manque d’intégrité, Kinshasa se fait engloutir lentement par les érosions.

Lien : Un nouveau chantier dans la liste !

Illustration : Luba

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Lubumbashi : la justice populaire prend la place face à la démission de la police

Publié le 15 fév 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Un voleur menotté et assis à même le sol 

« … Tuons-le, brûlons-le… apprêtez un pneu… dix litres d’essence… voleur et sorcier sont pareils… la police n’en fera rien et va le libérer, mieux vaut en finir tout de suite… ». Tels sont généralement les cris que poussent les habitants de Lubumbashi se saisissant d’un voleur surpris en flagrant délit de vol.

Pas question de faire appel à la police, perçue comme complice des malfaiteurs. Cailloux, pillons, marteau, couteau, toute arme à portée de main peut servir pour « écraser le serpent ». Un voleur est un serpent dit une citation assez célèbre par ici. « Il faut l’écraser avant qu’il ne vous morde », renchérit-on. Pas besoin de se poser des questions sur le sort réservé à ceux qui sont surpris à dérober le bien d’autrui.

Il y a quelques jours, près de chez moi, s’est fait appréhender un certain Songo Bololo, voleur professionnel et apparemment réputé. Surpris essayant de pénétrer dans une habitation par le toit à 3 heures du matin, il a eu la vie sauve grâce à l’intervention du chef de quartier. Ce dernier a empêché la population d’exécuter la sentence de mort, épargnant le filou d’être brulé vif. Ce n’est 3 heures plus tard que la police s’est pointée pour embarquer le criminel.

« Notre justice est la meilleure, parce que nous savons que lorsque la police ouvre les portes des prisons et oublie de les fermer.  Quand les inciviques y entrent le matin et en sortent paisiblement le soir même, ayant ainsi la possibilité d’accomplir tranquillement leurs forfaits », me lance un des habitants du quartier. « Nous savons très bien que nous allons revoir bientôt ce voleur à l’oeuvre…, rajoute-t-il.

Un vrai problème de société dans mon pays. Une crise de confiance est bien perceptible entre la population et ceux qui sont censés maintenir l’ordre et veiller sur elle. J’espère juste que nous ne finirons pas comme dans certains pays où on est obligé de porter une arme sur soi pour se défendre face aux agressions.

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Kinshasa : Lancement des travaux des « 5 chantiers », qu’en pensent les kinois ?

Publié le 9 fév 2009 dans Kinshasa par Walto, leki ya Kinshasa

Un buldozer chinois sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa

Kisalu me banda! Un vrai spectacle auquel assistent les habitants de la capitale congolaise sur le boulevard du 30 juin, principale artère du centre-ville. Des bulldozers qui cassent et des chinois à l’œuvre. Seulement, ces derniers ne sont pas fidèles à leur réputation de travailleurs de nuit, bâtie lors de la construction du stade des martyrs. « Ba chinois ba tongaka kaka na butu… » Traduisez : « les chinois ne construisent que la nuit », a-t-on d’ailleurs entendu dans une chanson d’un des groupes les plus connus de la capitale.

Coup de pub trompe œil ou début effectif de travaux sérieux de reconstruction de la ville ? Les avis divergent. Habitués à voir des travaux débuter et ne jamais aboutir, certains Kinois sont sceptiques, d’autant plus que les chantiers ne sont visibles que dans le centre-ville de Kinshasa. D’autres espèrent et pensent que cette fois est la bonne, que leur ville pourra peut-être retrouver comme jadis son appellation de « Kinshasa la belle ».

Un choinois sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa

Un choinois sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa (Photo Mira)

« Nous pourrons enfin rouler tranquille sur le boulevard du 30 juin, il n’y aura plus d’embouteillage et cela nous permettra de mieux faire notre travail », réagit un chauffeur de taxi. Un jeune débrouillard, cireur de chaussures hésite « J’attends de voir les tracteurs dans toute la ville et même chez moi à Kingasani (banlieue kinoise) pour me réjouir »

Annoncées lors de la campagne électorale en 2005 et 2006, les premiers travaux dans le cadre des « cinq chantiers » ne débutent que maintenant, alors que les prochaines élections générales doivent normalement se tenir en 2011.

Pas de commentaire à faire pour l’instant, j’attends la fin des travaux pour juger de leur qualité. J’espère juste que ces travaux ne vont pas pondre des routes qu’il faudra reconstruire quelques mois seulement après leur inauguration.

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Lubumbashi : Crise financière, faillite des entreprises minières et chômage au menu

Publié le 5 fév 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Une mine dans la province du Katanga

L’effondrement des prix des minerais sur le marché international n’épargne pas les entreprises minières de la province du Katanga, au sud-est de la République démocratique du Congo. Des milliers d’ouvriers et de creuseurs artisanaux se trouvent au chômage.

Une cinquantaine d’entreprises minières et des centaines de petits comptoirs d’achat ont fermé leurs portes depuis fin 2008. Selon le gouvernement provincial du Katanga, la faillite de ces entreprises a contraint au chômage un peu plus de 300.000 ouvriers dans cette province cuprifère.

Sans sécurité sociale et indemnités payées au bon vouloir des entreprises, les anciens employés de ce qu’on appelle localement les « Mining » ne baissent pas les bras et, en bons congolais débrouillards, ils trouvent des moyens alternatifs pour survivre. La plupart de ces anciens ouvriers et creuseurs artisanaux se tournent vers l’agriculture. « Avec la somme que j’ai reçu comme décompte final, j’ai acheté un lopin de terre que je compte exploiter pour cultiver des fruits et des légumes », confie Blaise Kayumba. « Ce n’est pas la première fois que ce genre de crise se déclare, les entreprises minières tomberont en faillite et décevront toujours mais avec mon petit champ, je serais autonome », complète-t-il.

Pour le président de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) au Katanga, la chute des cours des métaux au niveau mondial n’explique pas tout. L’augmentation depuis mi-2008 des taxes au niveau national n’a pas facilité les choses. La redevance annuelle des entreprises minières a quasiment été doublée, c’est-à-dire, de 60.000 à 100.000$. Les maillons faibles de la chaine sont donc écartés et les plus costauds résistent, mais pour combien de temps ?

Alors qu’on entend parler ailleurs de mesures gouvernementales et d’aide de l’état pour sauver des entreprises et en même temps des emplois, chez nous en RDC (république dresseuse de constats), rien n’est fait concrètement pour remédier à ce problème.

Question : Où va donc l’argent généré par la vente des minerais? Suivez mon regard…

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Lubumbashi : Le bien public qui devient privé

Publié le 22 jan 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Poubelles de Lubumbashi

Que choisir entre une citerne et une poubelle? Cette question se pose actuellement à Lubumbashi où, depuis un certain temps, les barils servant de poubelles et portant la mention  »don de Moïse », faisant référence au nom du gouverneur de la province du Katanga se font de plus en plus rares. Il y en avait pourtant dans pratiquement tous les coins de la ville.

« Don de Moise » est devenu la marque de poubelles et de citernes de prédilection des Lushois. Avec une capacité de 70 litres, elles constituent un moyen sûr pour stocker de l’eau, denrée très rare dans la deuxième ville congolaise.

Les utilisateurs-recycleurs des poubelles publiques proviennent de toutes les couches de la société et ne manquent pas d’imagination. Ainsi, j’ai vu une femme, patronne d’un restaurant dans la commune de Kenya, utiliser une des poubelles qu’elle a pris le soin de nettoyer pour stocker de la farine servant à cuisiner du foufou pour ses clients.

Réfléchissant à ce qui pouvait être fait pour empêcher ce trafic, j’ai pensé à l’option de mettre un agent de police devant chaque poubelle pour la surveiller mais au final ce n’est pas une bonne idée, pour la simple et bonne raison qu’un de mes voisins, agent de la police nationale congolaise en possède une chez lui. Il n’a malheureusement pas voulu me révéler comment il se l’est procuré malgré mon insistance.

Les habitants de ma ville ont visiblement choisi de faire un autre usage ce « don ». Si rien n’est fait, je crains qu’il ne reste plus rien de ces poubelles dans quelques mois. Les prochaines, il faudra sans doute les enchainer ou les enterrer pour au moins être sûrs qu’elles ne se feront pas spolier.

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