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Débrouillards aux multiples « bureaux »

Publié le 20 juil 2009 dans Kisangani par Boyomais

Un vendeur ambulant de poisson à Kisangani

Il n’y a pas de sots métiers mais qu’il n’y a que de sottes gens. Zeus l’a compris et s’aligne au rang de ces nombreux congolais débrouillards qui débordent d’énergie et qui parviennent à survivre dans un environnement loin d’être facile. Etudiant à la Faculté de Droit de l’Université de Kisangani, il est aussi dans les affaires. Tous les jours, il sillonne les rues de la ville et les bureaux des entreprises publiques et privées pour vendre du poisson.

« Je vais chercher ma marchandise le matin à Kikongo ou aux Chutes Wagenia. Puis, accompagné de mon jeune frère qui m’aide à transporter notre bassin de poissons sur sa tête, je descends revendre mes poissons au centre-ville », m’a-t-il confié. Contrairement aux autres vendeurs de poissons qui attendent des clients au marché, Zeus a choisi d’aller vers ses clients. A la fin de la journée, il se retrouve souvent avec un bénéfice d’environ 8 000 francs congolais (équivalent à 10 dollars américains).

Seulement voilà, son gain journalier ne lui permet plus de supporter trop de charges qui pèsent sur ses épaules. « J’ai deux femmes et cinq enfants. Mais, la conjoncture actuelle me frappe de plein fouet. Je suis inscrit en deuxième graduat à la Faculté de Droit mais je ne suis plus en mesure de poursuivre mes études car les frais académiques coûtent cher. »

L’histoire de ce jeune homme fait ressortir deux phénomènes de société en république démocratique du Congo : un système social dégringolant et bien sûr la polygamie. S’il est vrai que les conditions de vie sont de plus en plus difficiles, il est étonnant de voir que bon nombre de mes compatriotes n’hésitent pas à épouser plusieurs femmes et à faire plusieurs enfants, alors qu’ils n’ont pas les moyens de les entretenir. Ce jeune débrouillard ne s’en sortirait-il pas mieux s’il n’avait pas autant de bouches à nourrir ? Et on rejettera encore et toujours la faute à l’Etat…

À une autre échelle, certains responsables politiques se retrouvent dans la même situation. Personne ne peut nier qu’on reconnait souvent un homme fort « mobali ya solo » par le nombre de ses femmes et concubines. Avec un peloton de « bureaux » à prendre en charge et de nombreux bambins à nourrir et scolariser, comment s’étonner que les Bakonzi aillent puiser dans les caisses de l’état pour arrondir les fins de mois ?

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Baisse de prix des denrées alimentaires sur les marchés de Kisangani

Publié le 15 juil 2009 dans Kisangani par Boyomais

Un etal de pommes de terre et ognons à Kisangani

Depuis la reprise du trafic entre Kisangani et les villes de l’Est, les marchés de la ville sont régulièrement approvisionnés de denrées alimentaires provenant de Beni, Bunia et Butembo. Pommes de terre, oignons, haricots, choux, œufs et makayabo (entendez poisson salé) remplissent de nouveau les étalages, chose inimaginable depuis plus d’une décennie à Kisangani.

Le bon côté de la chose, c’est bien l’impact de cet approvisionnement sur le prix comme m’a indiqué Jeanne Bilanga, une vendeuse de produits en provenance de Beni. « Le marché est inondé de produits, ce qui occasionne une baisse des prix. Par exemple, un gobelet de haricots coûtait pratiquement deux fois plus qu’un gobelet de riz. Actuellement, les deux denrées se vendent au même prix. »

Le gobelet d’haricot est en effet passé de 800 à 400 francs congolais. Les œufs qui se vendaient à 250 franc congolais la pièce se négocient maintenant autour de 150 franc congolais.

La population de Kisangani, habituée à consommer principalement du riz au pondu (feuilles de manioc) ou encore du fufu se réjouit de la possibilité qui lui offerte de diversifier ses repas. « Hier, après plus de 15 ans, j’ai préparé pour mon mari du choux et des pommes de terre. Aujourd’hui, je viens chercher le haricot pour toute la famille », se réjouit une dame que j’ai croisée dans les allées du marché.

S’il est vrai que les Boyomais peuvent applaudir la reprise de ce trafic avec toutes ces retombées positives pour le panier de la ménagère, il demeure aussi vrai que leur souhait le plus ardent est de voir ces routes entretenues afin qu’ils restent praticables. J’espère que ce cri de cœur sera entendu par ceux qui sont chargés de la question. En attendant, je vais moi-même profiter de la baisse des prix et savourer ces mets oubliés qui reviennent.

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Kisangani de nouveau reliée aux villes de Bunia, Beni et Butembo par la route

Publié le 7 juil 2009 dans Kisangani par Boyomais

Camions reliants la ville de Kisangani à celle de Bunia

Depuis quelques temps, la ville de Kisangani se voit de plus en plus reliée à d’autres cités et villes de la Province Orientale, voire des autres provinces de l’Est du pays. Dans les parkings de Kisangani, des voyageurs, surtout des commerçants, se bousculent pour trouver une place à bord des camions qui font désormais, comme au beau vieux temps, les navettes entre Kisangani – Bafwasende – Komanda – Niania – Mambasa, Beni – Butembo, etc.

Avec 24 000 francs congolais (environs 30 dollars américains), on peut se payer une place au bord d’un de ces gros camions et se rendre à Bunia. Durée de voyage : un jour et demi !

« On peut de nouveau voyager par route à travers les villes et territoires de l’Est du pays. Cela nous permet d’esquiver le coût élevé du transport aérien qui, longtemps, a demeuré le seul moyen de transport pour se rendre à Beni, Butembo ou encore à Bunia », se réjouit Bi Souza, commerçante de Kisangani en partance pour Beni pour chercher des marchandises.

« Coup de chapeau pour la restauration de la route nationale numéro 4. Reste que nous aimerions voir l’Etat congolais réguler les péages sur ces routes car ils sont excessifs : 48 dollars américains à l’aller comme au retour », dit pour sa part Monsieur Musafiri, camionneur.

La réhabilitation de ces routes tournées vers l’Est du pays aura sans doute des retombées positives sur les prix de certains denrées alimentaires dans les marchés de Kisangani, notamment le haricot, les pommes de terre, les choux, les ognons…

Ceux des enfants nés à Kisangani vers les années 1996 et qui n’avaient jamais vu un poireau, c’est une découverte ! Cette plante potagère réapparait dans les marchés de la place et dans le panier de la ménagère.

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Kisangani : Campagne électorale anticipée

Publié le 18 mar 2009 dans Kisangani par Boyomais

Campagne de sensibilisation pour le chagement des mentalités à Kisangani

Ça fait une semaine que des panneaux à l’effigie d’un député provincial sont installés à plusieurs endroits de la ville. Chaque panneau porte un message de l’homme politique, en termes de vision. Par-ci par-là, on peut lire :

  • Vision n°1 : Il faut lutter contre l’impunité et la corruption ;
  • Vision n° 12 : Stop au détournement des deniers publics ;
  • Vision n° 20 : Nous voulons une justice équitable…

L’affichage de ces panneaux rappelle la campagne électorale de 2006. À cette période, les politiques en lisse ont couvert la ville de panneaux et lancé des promesses qui tardent à se concrétiser jusqu’à ce jour.

« Les messages repris sur ces panneaux sont beaux mais le cadre est mal choisi. Le député est payé et a notre mandat pour contrôler l’exécutif et les services publics et non pour afficher de tels slogans : tout ça, c’est de la propagande politique », commente un étudiant que j’ai vu scruter l’un des panneaux planté sur la route qui mène vers l’Université de Kisangani.

On en voit de toutes les couleurs dans ce pays. Ceux qui sont chargés de gérer la chose publique se transforment en donneurs de leçon de patriotisme, comme si la population de Kisangani avait besoin de tous ces chapelets de bonnes intentions pour voir son quotidien amélioré. Et puis, le changement des mentalités ne doit-il pas commencer chez les dirigeants qui ont la charge de gérer la chose publique ?

Bien tenté papa député, mais au final, ces panneaux apparaissent comme de la publicité, mieux une campagne électorale anticipée !

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Kisangani: Enfants recycleurs de déchets

Publié le 13 mar 2009 dans Kisangani par Boyomais

Ramasseurs d'ordures dans une rue de Kisangani

J’en observe depuis un certain temps, ces jeunes enfants, dont l’âgé varie entre 8 et 11 ans et qui se promènent sous le soleil pour ramasser divers objets. Me rapprochant d’eux en essayant de comprendre ce qu’ils cherchaient, j’ai découvert que ces enfants, dignes d’être classés dans la catégorie des débrouillards professionnels recherchent en fait une sorte de matière première.

« Nous sommes à la recherche des Kporo, objets jetés mais pouvant servir dans la fabrication des casseroles locales », me confient Adjadja et son compagnon Chris. Le Kporo est donc un ensemble de plein de choses : flacons de parfum usagés, fils en cuivre, divers métaux et ustensiles de cuisine.

Tous les jours, nos deux amis se réveillent tôt le matin pour aller fouiller dans des grands dépotoirs comme dans des poubelles de résidences privées, avec un seul objectif : remplir leurs sacs qu’ils revendent ensuite aux fabricants locaux de casseroles.

« Chaque kilogramme de Kporo vaut 800 francs congolais (environ 1 dollar américain). Plus nous ramassons, plus nous gagnons des sous pour subvenir à nos besoins élémentaires (manger, s’acheter une culotte, …) », renseigne Chris. Et Adjadja d’ajouter : « Ce qui nous plaît dans notre business, c’est que notre marchandise est très recherchée. Généralement, le soir, nous réunissons en moyenne 5 kg qui sont tout de suite raflés par nos clients »

Abandonnant le chemin de l’école si jeunes, contraints à survivre par leurs propres efforts dans un pays où l’article 15 est la règle de vie sans exception, ces jeunes enfants n’ont pas de projets et se contentent de vivre le quotidien. Une question : Est-ce vrai que l’avenir d’un pays appartient à sa jeunesse ? Si la réponse est affirmative, quel avenir pour le Congo ?

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Kisangani : Le phénomène « Enfants sorciers » fait deux victimes de plus

Publié le 6 mar 2009 dans Kisangani par Boyomais

Le pont sur la rivière Tshopo à Kisangani

Dans la nuit du samedi 28 février dernier, aux alentours de 22 heures, une fillette de 8 ans et un petit garçon de 13 ans ont été amenés par leur oncle paternel au Pont Tshopo sur la rivière qui porte le même nom. Arrivés sur le pont, l’oncle poussa, délibérément, un après l’autre, les deux enfants du haut des allées du pont vers la rivière. Les corps sans vie de ces deux enfants ont été découverts le lendemain par des pécheurs.

La raison de ce geste odieux n’est pas à chercher bien loin : une semaine plus tôt, un pasteur, venu réconforter l’oncle après la mort de son bébé suite à une courte maladie, « l’homme de Dieu » avait affirmé que le Saint-Esprit lui avait révélé que les deux enfants dont il avait la garde (lesquels sont des enfants de son jeune frère) étaient des sorciers et qu’ils étaient à la base du décès du bébé.

Après avoir commis son horrible crime, l’oncle assassin n’a pas pu garder le secret. Il est allé voir le lendemain son pasteur pour implorer le pardon pour son péché. Ironie du sort, après avoir relaté son histoire à son pasteur, ce dernier l’a dénoncé à la police. Sachant pertinemment qu’il était lui aussi lié à cette affaire, le « pasteur » a ensuite pris le large.

Du lieu où il est détenu en attente d’un procès public tel que sollicité par l’autorité urbaine, le criminel signe et persiste : « Mon pasteur m’a dit que les deux enfants ont avoué devant lui qu’ils avaient mangé le bébé. Ma nièce de 8 ans a même déclaré que la chair de mon bébé avait un goût amer ».

Encore une histoire mettant en cause ces prédicateurs qui se spécialisent dans la détection des sorciers. Ils ne mesurent pas les tensions sociales que suscitent leurs incriminations et plus grave, il y a toujours assez naïfs pour jouer le jeu.

Affaire à suivre… Nous attendons le dénouement de la procédure judiciaire.

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Kisangani: Journée ferriée pour accueillir président de la république

Publié le 27 fév 2009 dans Kisangani par Boyomais

Joseph Kabila, président de la république démocratique du Congo

En me réveillant ce matin, j’ai vu des écoliers rentrer chez eux beaucoup plus tôt que d’habitude. Qu’est-ce qui se passe ? La réponse est aux lèvres de tous les passants : Joseph Kabila, le Président de la République, arrive aujourd’hui à Kisangani. Un mot d’ordre aurait même était lancé pour que les magasins et autres boutiques au centre-ville n’ouvrent pas !

Kisangani est pratiquement paralysée, une ville morte. Des agents de police et des services de renseignement sont déployés sur les artères de la ville, prêts à « ramener à l’ordre » tout commerçant qui oserait travailler. Sur les ondes de la Radio Télévision Nationale Congolaise-Antenne de Kisangani, des appels à la mobilisation pour réserver au Chef un accueil chaleureux se succèdent.

Des camions sont mis à disposition pour assurer le transport des sympathisants des partis politiques proches du pouvoir, entre la ville et l’aéroport. Aubaine pour certains, il y aurait comme d’habitude le « mbongo ya transport » (entendez une certaine somme d’argent en guise de rétribution et de remerciement pour le déplacement). Le marché central traîne à s’ouvrir et les discussions et rumeurs de tous genres circulent. On annonce même que le Président Joseph Kabila sera accompagné par homologue américain.

A Kisangani comme ailleurs dans le pays, la majorité de la population congolaise vit de la débrouillardise. Demander à un Boyomais de ne pas travailler un jour, c’est pratiquement le contraindre à un jeûne. Je ne peux m’empêcher de m’interroger sur l’opportunité de ce genre de démarches. Les choses se passent-elles de la même manière ailleurs dans le monde ?

Les présidents et les gouvernements se succèdent mais les pratiques restent visiblement les mêmes. Des journées chômées, il y en avait déjà à l’époque où Mobutu régnait encore sur le Zaïre.

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