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Salubrité publique made in Kinshasa

Publié le 23 déc 2009 dans Dessins par Cédric

Salubrité publique made in Kinshasa

La confusion est totale entre les kinois habitués aux montagnes d’ordures et les autorités urbaines complètement débordées par la gestion d’ordures dans une ville dont la population est évaluée à 8 millions d’habitants.

Des poubelles à chaque coin de rue me direz-vous ? Eh bien que répondrez-vous si je vous disais que même en présence d’une poubelle, bon nombre de kinois viseraient à côté en mettant leurs détritus par terre, plutôt qu’à l’intérieur de la poubelle ?

Depuis quelques mois, les bourgmestres de certaines communes s’affairent à doter les populations de leurs juridictions de poubelles mais les habitudes sont tellement bien ancrées qu’elles ne servent pas à grand-chose.

Il faudra sans doute beaucoup de patience et surtout une longue campagne pour espérer voir renaitre et fonctionner correctement un système de récolte et de traitement des ordures dans la capitale congolaise.

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Recyclage à la congolaise, une question de survie

Publié le 18 nov 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Un recycleur de Kinshasa en train de fouiller dans les ordures

Nous sommes en pleine capitale congolaise et l’homme sur la photo n’est pas fou. Il s’agit d’un père de famille à la recherche d’un trésor. Son terrain de recherche, les poubelles publiques à ciel ouvert comme on en trouve un peu partout à Kinshasa.

Ce qu’il cherche, ce sont des bouteilles en plastique, des boites de lait vides et autres objets

jetés par les nantis « batu ya mbongo ». Après ramassage, ces objets sont lavés rapidement puis remis sur le marché. Ils sont très appréciés par bon nombre de Kinois parce que très peu coûteux. Les bouteilles plastiques servent d’emballage aux vendeurs de jus ou de Tangawisi. Les autres trouvailles trouvent toujours un usage qui leur assure une seconde vie.

Ce recyclage à la congolaise est à la fois un métier et un gagne-pain pour de nombreuses personnes. Les conséquences en terme de santé publique ne semblent inquiéter personne pour l’instant. Tant qu’il n’y aura pas d’épidémie grave, c’est sûr que personne ne lèvera le petit doigt.

Les élus qui ont promis monts et merveilles aux congolais sont sans doute occupés à préparer les discours pour les prochaines élections qui doivent se tenir dans un peu moins de deux ans. « Mais quelles promesses allons-nous brandir cette fois-ci à ces électeurs », doivent-ils se demander.

Entre temps, les électeurs, experts du très célèbre article 15 congolais trouvent toujours des combines pour survivre. A défaut de sauver la planète comme le prônent les écologistes ailleurs dans le monde, les recycleurs congolais sauvent avant tout leur peau. La planète est le dernier de leurs soucis. Ne dit-on pas d’ailleurs que la charité bien ordonnée commence par soi-même?

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Kinshasa : Le business des ordures

Publié le 7 mar 2009 dans Kinshasa par Walto, leki ya Kinshasa

Un ramasseur d'ordures dans une rue de Kinshasa

Kobeta libanga, travailler dur pour gagner son pain, est une réalité, un mode de vie à Kinshasa. Le mot retraite n’existe pas dans le vocabulaire des Kinois. Etre vieux n’exempte pas de l’article 15, bien connu des kinois et qui stipule clairement : débrouillez-vous !
J’ai rencontré dans mon quartier un vieux qui correspondrait bien au vieillard du célèbre poème « le laboureur et ses enfants ». Son métier : récolter des ordures dans chaque parcelle en échange de quelques billets de banque.

« C’est depuis 1961 que je suis dans ce métier. A cette époque, je travaillais pour une société belge, mais le soir, je faisais du ramassage d’ordures pour arrondir les fins de mois», raconte le grand-père.

Le business du vieux débrouillard est bien organisé. Il s’est arrangé avec ses clients et fixé les jours de son passage. Le jour de la récolte, pas besoin de parlementer, tout le monde sait bien comment ça fonctionne.

Une fois son chariot plein et son argent dans les poches, il se débrouille pour aller déverser son contenu dans une des décharges publiques à ciel ouvert et en pleine agglomération dont regorge la ville de Kinshasa. « J’ai touché 3000 francs congolais [environ 5 dollars américains] pour ce chariot plein d’ordures », me lance-t-il lorsque je lui pose la question de savoir si son affaire était rentable. Ce n’est pas une fortune mais la somme ainsi récoltée lui permet de subvenir aux besoins des siens.

Quant aux risques relatifs aux maladies, ils n’ont pas l’air de décourager papy. C’est dans ces moments que ressort la fameuse phrase « moto moyindo akufaka na microbes te ! » traduisez : « l’homme noir est invulnérable aux microbes ! »

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