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Goma et sa Superstar

Publié le 3 mai 2010 dans Goma par Yves Zihindula

Innocent Balume, Vodacom Superstar

« Il devait y arriver. C’est pour nous une satisfaction qu’Akon reconnaisse le talent d’innocent », ce jeune homme assis à même le sol, visiblement imbibé, peine à faire entendre sa voix dans ce concert de klaxons et cris de liesse. Il est environs 22 heures ce dimanche 25 avril. Je suis au rond-point BDGL, Innocent Balume vient d’être sacré Vodacom Superstar. Ici, les fans venus de tous les coins de la ville, se sont rassemblés pour suivre la retransmission en direct de la finale du concours sur écran géant.

En peu de temps, les rues sont bondées. Les femmes défont les pagnes, les jeunes filles portent foulards à la main, les jeunes hommes eux, sont torse-nus. Dans les débits de boissons la bière coule à flot. C’est la fête. « Ce n’est pas une surprise. Depuis le début de la compétition nous avons soutenu Innocent. Cette fois-ci ce ne sont pas les crépitements des balles ou  une éruption volcanique qui font parler de la ville de Goma. Pour l’instant je descends en ville offrir des cadeaux à mes enfants pour fêter la victoire d’Innocent », déclare cet autre fan au volant de sa voiture, bloqué par les embouteillages.

Jamais un événement n’a rassemblé autant les habitants de Goma. Même l’équipe nationale de football, lors des ses rare prestations glorieuses, n’a pas attiré autant la sympathie de toutes les obédiences. Des fans clubs, des comités de soutien… tout le monde s’est engagé pour offrir à « l’enfant » la chance de vivre son rêve : la carrière internationale.

Innocent Balume a 13 ans, encore à l’école secondaire (troisième année), il est le sixième d’une fratrie (tous musiciens). Au début de la compétions ils étaient 16 challengers, dont 3 représentaient la ville de Goma. Le public, au moyen de sms votait pour la meilleure prestation. L’heure est maintenant aux préparatifs du retour au bled de la star. Déjà, les états-majors se mettent en place et tout Goma est mobilisé pour un accueil chaleureux à sa nouvelle star.

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Maisha Soul, un autre style musical

Publié le 15 fév 2010 dans Goma par Yves Zihindula

Maisha Soul, un autre style musical

C’est l’ensemble musical actuellement en vogue à Goma. Cette fratrie de quatre jeunes bourrés de talent ne cesse de gravir les échelons. On les a vus récemment, aux cotés de Jean Goubald sur une même scène. L’un d’eux, le leader et aîné de la famille a accepté de lever le voile sur son groupe en s’entretenant avec moi.

Le rendez-vous a lieu dans un restaurant (DOGA pour ceux qui maitrise Goma) en plein centre-ville. Il est environ 12 heures ce premier dimanche de février, lorsque j’aperçois une silhouette d’un jeune homme au style afro à beaucoup de ressemblance au chanteur rwandais Corneille Nyungura. Légèrement coiffé, chargé d’un sac au dos, Blue-jean (collant, patte d’éléphant), T-shirt gris (juste-au-corps), sur ses pieds, je lis facilement « All Star Converse ». Prince AGHAKAM est en retard de quelques minutes au rendez-vous. « Je m’excuse pour ce petit retard. J’ai eu de contretemps », dit-il. Et vite on passe l’entretien…

Apres un quart d’heure d’échanges sur fond d’une douce mélodie diffusée par des baffles cachées,  j’apprends que leur aventure date d’il y a huit ans. Ils se sont lancés sérieusement dans la musique au lendemain de l’éruption du volcan Nyiragongo, en janvier 2002.  « Nous basculons entre le Soul, la world, le Jazz et le Country. Certain qualifient notre musique de recherche », explique-t-il avant d’ajouter que la vie au quotidien constitue leur principale source d’inspiration.

Dans leur petite vie d’artiste, il y a eu des concerts (pars encore d’album sur le marché) et des rencontres. Parmi ces dernières, celle avec Lokua Kanza, lors de son dernier passage à Goma. « C’était pour nous un honneur de rencontrer et parler avec ce grand de  la musique. Son attitude nous a beaucoup inspirée. Ses encouragements nous ont donnés un grain d’espoir. J’ai appris de cette rencontre que vouloir, c’est pouvoir. Il suffit de désirer quelque chose et de s’y consacrer pour l’obtenir, se souvient-il. Nous gardons toujours contact avec Lokua Kanza et échangeons des mails ».

Des projets, ils en ont beaucoup. Mais, un seul leur tient a cœur : lancer sur le marché un album. Ce rêve, ils l’ont caressé depuis longtemps mais, les moyens ont toujours fait défaut : « Nous évoluons dans un environnement qui ne nous permet pas d’émerger. Pas de producteur ni des sponsors… »

Deux extraits du travail du groupe Maïsha :

  1. La vie est là parce que nous sommes là (Compositeur Prince Aghakan Balume, avec le Groupe Maisha Soul) 

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  2. Another way

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Quand musique et sexe se mêlent

Publié le 21 oct 2009 dans Dessins par

Quand musique et sexe se mêlent

Dernière sortie musicale, le nouvel album de l’artiste Werrason et son Wenge Musica maison mère. Lors de mon dernier séjour à Kinshasa, toute la ville bougeait au rythme de « techno Malewa ». Même si j’avoue que je n’ai pas pu résister à la tentation de danser au rythme de cette musique enivrante, les paroles m’ont quelque peu choqué, et c’est sans compter la chorégraphie, digne d’un film pornographique. Le plus grave c’est que j’étais apparemment le seul à être choqué.

Des paroles quelque peu osées et des danses « sexy », on en trouve de plus en plus dans les morceaux congolais. Je me demande même si ces dernières ne représentent pas une condition de succès pour les nouvelles sorties musicales.

La commission dite de censure ? Visiblement incapable de censurer. La plupart des artistes congolais ont compris qu’il suffisait de « jeter des mabanga » aux dirigeants de cette instance publique censée veiller sur la conformité des œuvres culturelles et sanctionner si jamais les œuvres contiennent des éléments obscènes.

A la volée, deux titres sortis des derniers albums de Werrason et de Fally Ipupa:

Werrason: Techno Malewa: « Mwana natikaki moke, sima ekoli… »
Fally Ipupa : Nykalésé : « Tango okoya chérie, kobosana fimbo te, na menottes… »

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Phénomène « Mabanga » ou débrouille dans la musique congolaise

Publié le 4 mai 2009 dans Dessins par

Phénomène « Mabanga » ou débrouille dans la musique congolaise

S’offrir le CD du dernier album sur le marché est un luxe que ne peuvent s’offrir la majorité des congolais, occupés à se débrouiller pour trouver de quoi se remplir le ventre au quotidien.

L’art et la musique ne sont pas épargnés par la crise multiforme qui sévit en RDC. Comme tous les congolais, les musiciens sont obligés de se débrouiller pour survivre. Parmi les astuces bien congolaises trouvées par les artistes pour survivre à la crise, les « Mabanga », traduction en lingala de cailloux qui sont en fait des dédicaces.

Le phénomène n’est pas récent mais prend de l’ampleur au fil des années. Dans les traditions africaines, il est d’usage de citer, entre les vers et es strophes, les noms de ses intimes, ou encore des femmes, sources d’inspiration pour l’artiste.

Au fil des années, les dédicaces se sont étendus aux mécènes, ces hommes riches hommes qui soutiennent les artistes en échange de publicité dans les chansons. A ce jour les « Mabanga » se sont démocratisés se sont ouverts à qui veut payer. Quelques billets de banque et en échange, son nom se retrouve dans une chanson à succès. Cerise sur le gâteau, une petite mention élogieuse est prévue pour ceux qui mettent le plus gros paquet. « Homme fort, Bill Gates congolais, patron des patrons… » L’imagination est à la taille même de ces artistes reconnus comme ambassadeurs de la culture congolaise au delà des frontières nationales.

A ce jour, il n’est pas surprenant de retrouver une centaine de noms cités dans une seule et même chanson. L’usage des dédicaces dans la musique ne semble déranger personne et même les politiciens congolais se prêtent au jeu. Ministres, parlementaires et autres personnalités politiques qui ont besoin d’un peu de publicité se tournent vers les musiciens et voient ainsi leurs noms, mêlés à ceux des nombreux messieurs tout le monde prêts à payer pour bénéficier de publicité.

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