Au Congo belge, au Zaïre et en RDC, le chef a toujours raison
Publié le 14 août 2009 dans Dessins par

« Après moi le déluge », aimait bien dire l’homme fort du Zaïre. Aujourd’hui, 12 années après sa chute, le Congo navigue encore en eaux troubles. Mobutu avait-il raison ? Avait-il pressenti ce qui allait arriver ou s’était-il juste arrangé pour que ce soit le chaos après sa chute ?
La question mérite d’être posée mais les avis sont très partagés. Si certains congolais pensent que la situation que connaît actuellement leur pays est la suite logique d’une mauvaise gestion des affaires sous le régime mobutiste, d’autres vous affirmeront que la situation était bien meilleure sous le règne du maréchal et qu’elle ne serait pas aussi chaotique si Mobutu était encore vivant et au pouvoir.
Je garde pour moi ce que je pense mais en observant comment les choses se passent dans mon pays, je me rends compte qu’il y a toujours eu des hommes forts et des institutions frivoles. Tout au long de son histoire – qui commence lorsque les tontons belges débarquent – le Congo a changé plusieurs fois de propriétaires et les Congolais avec lui.
Au départ, ce pays n’appartient à personne. Il devient ensuite la propriété personnelle du roi Belge Léopold II. La suite est bien connue : Léopold passe la gestion de sa parcelle le Congo et par la même occasion les congolais qui y vivaient et qui lui appartenaient à la Belgique. Après la période trouble qui a suivi l’indépendance en 1960, un nouvel homme fort se fait hisser à la tête du pays qu’il dirigera comme un bien privé jusqu’en 1997. L’armée, la garde civile (actuelle police), le trésor public, la justice, l’aide internationale et tout le reste lui appartiennent et il en dispose comme il veut. A cette belle époque, les enfants du maréchal avaient tous les droits. Ils se déplaçaient volontiers escortés par des chars de l’armée.
Cette histoire tumultueuse du Congo explique en partie pourquoi les institutions tiennent difficilement. Tout tourne autour d’un homme et la notion du chef intouchable et incritiquable s’impose à tous les niveaux, autant dans la gestion des entreprises que dans celle de l’armée, en passant par les partis politiques. En politique : PALU = Gizenga ; UDPS = Tshisekedi ; PPRD = Kabila. En musique : Franco meurt, le Tout puissant Ok Jazz disparaît en même temps ; Kabasele Yampanya trépasse, son groupe se disloque après lui.
En plus, le chef a besoin de se faire applaudir même quand il n’y a pas lieu. Celui qui ne se prosterne pas ou qui pose trop de questions se fait évincer (Vital Kamerhe en sait quelque chose).
Comment espérer avoir une république forte avec des politiciens qui ne considèrent pas leur travail comme un engagement pour le bien-être de leurs compatriotes mais qui y voient au contraire un moyen de s’enrichir rapidement ?



