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Gagner de l’argent, tous les moyens sont bons au pays de la débrouille

Publié le 21 oct 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Gagner de l’argent, tous les moyens sont bons au pays de la débrouille

En pleine capitale congolaise, juste à l’entrée de Cité verte, un des plus beaux quartiers de Kinshasa, mon attention est attirée par ce panneau. Je pousse alors ma curiosité jusqu’à entrer dans le cabinet « solution ». Un homme, la cinquantaine, un regard interrogateur m’accueille. Curieusement, il enlève tous les papiers qui se trouvaient sur sa table pleine de poussière et les places dans un tiroir. Je me rends compte que c’est mon appareil photo qui le fait paniquer. Du coup, un climat de méfiance s’installe.

Je m’approche et lui dis que j’avais un cas de sorcellerie à la maison et que je chercher une solution auprès de lui. Il me sourit et laisse entrevoir sa mâchoire avec des dents manquantes. Il me présente un registre « vétéran ». Je devais être exactement son 3.652eme client. « Il faut payer 5 dollars avant de voir le docteur pour une maladie et 10 dollars pour un cas de sorcellerie », me lance-t-il.

Sans blague ! Vu le phénomène enfant sorcier qui bat son plein dans la capitale…ce fameux médecin-charlatan a trouvé une bonne façon de se remplir les poches. Hélas, personne pour certifier l’efficacité de ses gris-gris.

Ainsi va la vie en RDC, le pays de la débrouille. La rationalité et le formel ont laissé place à des croyances et pratiques de toutes sortes. Deux voies sont possibles : d’une part les féticheurs et de l’autre les autoproclamés « hommes de Dieu ». Dans les deux cas, il faut payer et espérer en échange une solution miracle qui se fait attendre très longtemps.

A défaut de voir les miracles promis se réaliser, ceux qui choisissent les miracles que vendent les églisettes qui poussent comme des champignons dans tous les coins de la république, peuvent au moins espérer avoir un retour sur leur investissement et gagner une place au paradis…

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Le scandale congolais surprend même au ciel

Publié le 19 août 2009 dans Dessins par

Le scandale congolais surprend même au ciel

Dieu regarda le Congo et il fut surpris : « Comment expliquer que ces gens à qui j’ai tout donné pataugent dans la pauvreté? », s’est-il demandé. « Malgré la terre fertile qu’ils ont, malgré la grande quantité d’eau et tout ce que j’ai dissimulé comme pierres précieuses sous leur sol, ils ont l’air de ne pas être capables de les exploiter pour bien vivre et arrêter de prier sans cesse pour me demander de faire d’autres miracles. Ne voient-ils pas que je suis plus occupé par les pays qui n’ont rien ? S’ils demandent des miracles, que devraient faire ceux qui voient les déserts avancer et réduire leurs chances de cultiver la terre ? »

« Dans toutes ces églises qui poussent partout et qui se disent de réveil, j’en vois plein qui crient et qui me demandent des choses. Certains du travail, d’autres les voyages et certains me prient de leur donner de quoi manger… »

Les églises de réveil poussent comme des champignons

C’est vrai. Les églises qui se disent « de réveil » se remplissent tous les jours de gens en quête de miracles. Pour les obtenir, certains sont prêts à payer, ce qui fait le bonheur de ceux qui s’érigent en consultants ou intermédiaires chargés de récolter les dîmes et les offrandes auprès des croyants pour les dépenser ensuite au nom de Dieu. Ils se font appeler pasteurs, évangélistes, apôtres, prophètes, bishops… En échange des dîmes et offrandes et autres dons qu’ils perçoivent, ils promettent des miracles à ceux qui donnent.

En faisant un calcul purement mathématique, je me rends compte d’une évidence : plus le Congo va mal, plus les églises dites de réveil se multiplient. Plus les congolais sont pauvres, plus nombreux ils sont à se tourner vers la prière pour tenter de trouver des solutions à leurs problèmes. Plus ils sont nombreux à payer, plus la fonction d’ « homme de Dieu » devient lucrative et suscite des vocations.

Le plus drôle c’est que j’observe la tendance contraire en Europe où les églises se vident. Dans les petits villages français, les prêtres sont obligés de couvrir plusieurs villages, ce qui fait que dans certains coins il n’y a des messes qu’une fois par mois. J’ai moi-même récemment participé à un baptême dans un petit village où la famille a fait venir son prêtre de Paris. Ils ont récupéré les clefs de l’église à la mairie, ouvert l’église pour célébrer le baptême. À la fin de la cérémonie, ils ont fermé la porte et rapporté les clefs de l’église.

Des miracles en vente

Je me pose souvent la question de savoir si ce phénomène de vente de miracles survivra si jamais la situation tendait à se redresser au Congo. N’étant pas prophète, je ne peux pas prédire ce qui arrivera dans les semaines, mois, années ou décennies qui viennent. Tout ce que je peux faire c’est attendre.

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