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Lutte contre le VIH-SIDA, à chacun sa thérapie.

Publié le 4 mai 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Panneau de campagne de prévention contre le Sida

Parmi les solutions proposées à ce jour face au Sida en République démocratique du Congo : la prière. Nombreux pasteurs proposent une guérison miracle à qui le veut, souvent en échange de quelques billets de banque ou autres biens en nature. De nombreux séropositifs abandonnent carrément le traitement médical et certains clament haut et fort leur « guérison » par la prière.

Les agents des services spécialisés dans la lutte contre le SIDA se plaignent de cet état des choses. Le nombre de ceux qui laissent tomber les traitements antirétroviraux pour attendre un hypothétique miracle s’accroit à une vitesse vertigineuse. Le Docteur Joe Kabongo, coordonnateur technique du centre d’excellence UNILU en soin du VIH affirme que 80% de ceux qui abandonnent le traitement antirétroviral le font pour se tourner vers la prière. Les autres sont butés à des problèmes de transport et à de difficultés d’accès aux centres spécialisés.

Problème : les discours des pasteurs ont visiblement plus d’écho que les campagnes de sensibilisation et de prévention contre le VIH. La population congolaise ayant perdu foi en ses gouvernants se tourne vers Dieu et la prière. L’utilisation du préservatif étant considérée comme un péché par les églises et le miracle comme solution pour les malades, le sida a encore de beaux jours chez nous.

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Accroissement étonnant du nombre des mendiants

Publié le 26 avr 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Un mendiant dans une rue de Lubumbashi

Pas besoin de les chercher dans les rues de Lubumbashi, ils vous retrouvent et gare à vous si vous ne mettez pas la main dans la poche pour lâcher quelques francs. Les avis sont partagés par à l’explosion du nombre des quémandeurs dans la deuxième ville congolaise. Victimes de la crise omniprésente pour certains, ils sont perçus par d’autres comme des paresseux qui considèrent en plus l’aumône comme un dû.

De bon matin, en même temps que ceux qui vont travailler, ils investissent le centre ville. Commerces,, bureaux officiels des services étatiques et privés, sont leurs principales cibles. Certains choisissent les lieux publics où ils reçoivent quelques sous de la part des passants.

« Ils sont passé à trois reprises aujourd’hui. Face à mon refus de leur donner de l’argent, ils ont décidé de ne pas quitter ma boutique. Ils ont même proféré des injures contre moi », témoigne Mr Vladimir Kanda, responsable d’une cabine téléphonique.

La plupart de ces mendiants sont des personnes du troisième âge, orphelins ou encore handicapés (aveugles, estropiés…) Si on peut condamner cette tendance accrue de tendre la main, une autre évidence s’impose : la pauvreté et la précarité vont grandissant dans ce pays qui est pourtant parmi les plus riches du monde avec son sol rempli de minerais de toutes sortes. La prédation des gouvernants et la mauvaise gestion de la chose publique creusent de plus en plus le fossé entre les riches et les pauvres et fait disparaître la classe moyenne.

Ainsi va la vie en république des débrouillards et des corrompus (RDC) où de plus en plus de gens qui bradent leur fierté et leur dignité pour un morceau de pain.

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Lubumbashi: Latrines publiques made in Espagne

Publié le 19 mar 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Latrines publiques made in Espagne à Lubumbashi

Ça fait des années que les toilettes publiques n’existent plus dans la ville de Lubumbashi. Sur des places publiques, quelques rares particuliers ont érigé des WC de fortune et font payer les usagers qui seraient pris d’une envie pressante. Hors de question d’utiliser les toilettes des bureaux officiels des services étatiques et des entreprises publiques qui ne font pas trop envie, étant donné qu’elles ne respectent aucune règle d’hygiène.

Face à cette situation, ce sont les plantes et les murs qui en prennent un coup. Voir un passant se cacher derrière un arbre ou à l’ombre d’un bâtiment, dans un endroit pas très fréquenté pour uriner n’est pas étonnant, dans la ville souvent citée comme la plus propre du Congo.

La coopération espagnole érige depuis quelques temps des urinoirs publics dans diverses communes de Lubumbashi, à côté des sièges communaux. Sur les murs de ces latrines, je pouvais facilement interpréter le message que donnent les images et dessins, comme celui de ne pas utiliser l’arbre ou les endroits peu fréquentés pour se soulager.

Je ne peux que me réjouir de voir des latrines publiques implantées dans ma ville mais une chose est sûre, il faudra du temps avant que les Boyomais, habitués à la facilité qu’offrent les arbres puissent changer leurs habitudes et utiliser les nouveaux urinoirs.

Je suis bien tenté de fustiger le fait qu’il faille attendre que l’Espagne vienne construire des toilettes chez nous mais je m’inquiète beaucoup plus pour l’entretien de cette nouvelle acquisition. J’espère que cette réalisation ne finira pas comme bon nombre d’initiatives annoncées en grande pompe et qui disparaissent peu de temps après faute d’entretien. Il faut alors attendre que d’autres bienfaiteurs étrangers viennent pour restaurer ou reconstruire.

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Kipushi: Les femmes en lutte contre la misère

Publié le 15 mar 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Une femme concasseuse dans une carrière de Kipushi

Ville frontalière située à 30 Km de Lubumbashi, Kipushi vivait, jadis, grâce aux activités de la Générale des Carrières et des Mines (Gecamines). Depuis la chute de cette dernière, la ville de Kipushi n’est à ce jour que l’ombre d’elle-même. Cette situation a contraint à la débrouillardise un peu plus de 3/4 de la population.

Pour survivre, certains, les hommes en majorité, font chaque jour 30 Km pour rejoindre la ville de Lubumbashi et essayer de trouver des petits « Jobs » (petits contrats de travail journaliers). Les autres; femmes et enfants, qui restent, se livrent au concassage manuel des graviers de la carrière du puits 5 au quartier Lumumba.

Avec leurs marteaux, pioches, bèches et brouettes, ces femmes et leurs enfants envahissent tous les matins la carrière, y travaillant sous un soleil de plomb. « Dans le devoir de faire vivre ma famille, j’accepte de passer pour concasseur », me confie Maman Claudine, une veuve de 46 ans que j’ai trouvé dans la carrière. Elle déplore le désintéressement, l’indifférence, et surtout le manque d’une politique d’encadrement pour les femmes de Kipushi de la part du gouvernement provincial. « Voila maintenant, mes biceps sont semblables à ceux d’un catcheur de la WWE, suite au soulèvement régulier et quotidien de mon marteau et pioche », rajoute-t-elle.

Mr Bonny, président des creuseurs de la carrière, dénonce pour sa part les tracasseries perpétrés les agents des services de l’Etat comme; la division des mines et la police des mines. « Les taxes imposées avant l’évacuation des produits de la carrière pour la vente, découragent nos clients et donnent ainsi un autre coup fatal à la population de Kipushi. »

Alors que la misère a même déformé la morphologie des femmes de Kipushi, faut-il maintenir les taxes jugées colossales ou laisser la population bénéficier librement des ressources naturelles? Et puis, je me demande à quoi servent ces taxes alors qu’on sait bien que la population ne reçoit rien en retour.

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Lubumbashi : Guérisseurs ambulants, salut ou danger pour la population?

Publié le 5 mar 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Un Tradi-praticien vendant ses potions dans une rue de Lubumbashi

Munis de mégaphones, sacs remplis de racines, ils sont facilement reconnaissables. Appelés « Docta » ou « Docteurs », les charlatans ambulants sont de plus en plus nombreux sur les places publiques de la ville de Lubumbashi. Certains se déplacent à vélo, d’autres à moto et ils débouchent de tous les coins et quartiers pour converger vers le centre ville. « J’ai la solution pour tous les maux… Stérilité, impuissance sexuelle, hémorroïdes,… », ces nouveaux guérisseurs disent apporter des solutions face à un système médical complètement en panne.

Consultation gratuite et thérapie avec des plantes, donc moins coûteuses, les « Docta » poussent le bouton jusqu’à présenter leur business comme une réelle alternative, salutaire face à des médecins congolais continuellement en grève parce que non payés.

Les avis sont partagés face à ce phénomène. Si certains considèrent que la croissance du nombre de ces médecins improvisés est un danger public, d’autres le voient comme un mal nécessaire. « Contrairement aux hôpitaux qui ne reçoivent que ceux qui ont beaucoup d’argent, les tradi-praticiens au moins sont accessible à tous », soutient Mme Junette, une des plus fidèles clientes des docteurs de la rue.

Un nombre assez important de gens se sont fait berner et ont réalisé bien après que les feuilles ou les racines qu’ils se sont donné la peine d’ingurgiter n’avaient aucune vertu thérapeutique. On peut se demander où sont les autorités censées légiférer sur ces pratiques. Les charlatans opèrent en toute quiétude et on ne peut même pas compter sur une justice elle-même au ralenti, pour poursuivre les responsables des dérapages qui ont des conséquences néfastes sur la santé de la population.

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Lubumbashi : Que choisir entre la survie de la population et l’ordre public ?

Publié le 26 fév 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Commerces de rue à Lubumbashi

La fermeture d’entreprises, les congés techniques, la crise économique ainsi que la nécessité de survie journalière des Lushois ont déversé un nombre important de personnes sur les rues. Mêlés dans les rues de la deuxième ville congolaise, badauds mais aussi et surtout des responsables de familles à la recherche du pain quotidien.

L’imagination et le courage ne manquent pas à ces gens qui ont compris que se plaindre ne leur apportera rien et que le seul moyen de s’en sortir c’est de recourir au fameux « Article 15 ». Courtage, escroquerie ou vol à l’arrachée, chacun choisit sa voie.

Parmi tous ces métiers de la débrouille, le commerce ambulant est le plus répandu. Cette manœuvre qualifiée de « pirate » est combattue depuis un certain temps par les autorités urbaines, au nom du désengorgement des avenues et du maintien de la propreté dans la ville. La police nationale profite de cette situation pour se lancer dans une chasse aux vendeurs. Rackets, arrestations et bastons sont fréquents.

Pas la peine de s’interroger sur la destination des marchandises confisquées lors des « Chasse aux marchés pirates ». Biscuits, maniocs, arachides grillés et autres vivres finissent dans les ventres des enfants des flics qui sont eux-mêmes obligés de se débrouiller, leur salaire de misère n’étant même pas versé régulièrement.

Que choisir entre la survie des Lushois et l’ordre public ? L’attitude des autorités locales est meurtrière à mes yeux dans ce pays dépourvu d’une politique sociale adéquate. Au lieu de mettre la charrue devant le bœuf, les autorités ne devraient-elles pas principalement se soucier du bien être de la population ?

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Lubumbashi : la justice populaire prend la place face à la démission de la police

Publié le 15 fév 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Un voleur menotté et assis à même le sol 

« … Tuons-le, brûlons-le… apprêtez un pneu… dix litres d’essence… voleur et sorcier sont pareils… la police n’en fera rien et va le libérer, mieux vaut en finir tout de suite… ». Tels sont généralement les cris que poussent les habitants de Lubumbashi se saisissant d’un voleur surpris en flagrant délit de vol.

Pas question de faire appel à la police, perçue comme complice des malfaiteurs. Cailloux, pillons, marteau, couteau, toute arme à portée de main peut servir pour « écraser le serpent ». Un voleur est un serpent dit une citation assez célèbre par ici. « Il faut l’écraser avant qu’il ne vous morde », renchérit-on. Pas besoin de se poser des questions sur le sort réservé à ceux qui sont surpris à dérober le bien d’autrui.

Il y a quelques jours, près de chez moi, s’est fait appréhender un certain Songo Bololo, voleur professionnel et apparemment réputé. Surpris essayant de pénétrer dans une habitation par le toit à 3 heures du matin, il a eu la vie sauve grâce à l’intervention du chef de quartier. Ce dernier a empêché la population d’exécuter la sentence de mort, épargnant le filou d’être brulé vif. Ce n’est 3 heures plus tard que la police s’est pointée pour embarquer le criminel.

« Notre justice est la meilleure, parce que nous savons que lorsque la police ouvre les portes des prisons et oublie de les fermer.  Quand les inciviques y entrent le matin et en sortent paisiblement le soir même, ayant ainsi la possibilité d’accomplir tranquillement leurs forfaits », me lance un des habitants du quartier. « Nous savons très bien que nous allons revoir bientôt ce voleur à l’oeuvre…, rajoute-t-il.

Un vrai problème de société dans mon pays. Une crise de confiance est bien perceptible entre la population et ceux qui sont censés maintenir l’ordre et veiller sur elle. J’espère juste que nous ne finirons pas comme dans certains pays où on est obligé de porter une arme sur soi pour se défendre face aux agressions.

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Lubumbashi : Crise financière, faillite des entreprises minières et chômage au menu

Publié le 5 fév 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Une mine dans la province du Katanga

L’effondrement des prix des minerais sur le marché international n’épargne pas les entreprises minières de la province du Katanga, au sud-est de la République démocratique du Congo. Des milliers d’ouvriers et de creuseurs artisanaux se trouvent au chômage.

Une cinquantaine d’entreprises minières et des centaines de petits comptoirs d’achat ont fermé leurs portes depuis fin 2008. Selon le gouvernement provincial du Katanga, la faillite de ces entreprises a contraint au chômage un peu plus de 300.000 ouvriers dans cette province cuprifère.

Sans sécurité sociale et indemnités payées au bon vouloir des entreprises, les anciens employés de ce qu’on appelle localement les « Mining » ne baissent pas les bras et, en bons congolais débrouillards, ils trouvent des moyens alternatifs pour survivre. La plupart de ces anciens ouvriers et creuseurs artisanaux se tournent vers l’agriculture. « Avec la somme que j’ai reçu comme décompte final, j’ai acheté un lopin de terre que je compte exploiter pour cultiver des fruits et des légumes », confie Blaise Kayumba. « Ce n’est pas la première fois que ce genre de crise se déclare, les entreprises minières tomberont en faillite et décevront toujours mais avec mon petit champ, je serais autonome », complète-t-il.

Pour le président de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) au Katanga, la chute des cours des métaux au niveau mondial n’explique pas tout. L’augmentation depuis mi-2008 des taxes au niveau national n’a pas facilité les choses. La redevance annuelle des entreprises minières a quasiment été doublée, c’est-à-dire, de 60.000 à 100.000$. Les maillons faibles de la chaine sont donc écartés et les plus costauds résistent, mais pour combien de temps ?

Alors qu’on entend parler ailleurs de mesures gouvernementales et d’aide de l’état pour sauver des entreprises et en même temps des emplois, chez nous en RDC (république dresseuse de constats), rien n’est fait concrètement pour remédier à ce problème.

Question : Où va donc l’argent généré par la vente des minerais? Suivez mon regard…

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Lubumbashi : Le bien public qui devient privé

Publié le 22 jan 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Poubelles de Lubumbashi

Que choisir entre une citerne et une poubelle? Cette question se pose actuellement à Lubumbashi où, depuis un certain temps, les barils servant de poubelles et portant la mention  »don de Moïse », faisant référence au nom du gouverneur de la province du Katanga se font de plus en plus rares. Il y en avait pourtant dans pratiquement tous les coins de la ville.

« Don de Moise » est devenu la marque de poubelles et de citernes de prédilection des Lushois. Avec une capacité de 70 litres, elles constituent un moyen sûr pour stocker de l’eau, denrée très rare dans la deuxième ville congolaise.

Les utilisateurs-recycleurs des poubelles publiques proviennent de toutes les couches de la société et ne manquent pas d’imagination. Ainsi, j’ai vu une femme, patronne d’un restaurant dans la commune de Kenya, utiliser une des poubelles qu’elle a pris le soin de nettoyer pour stocker de la farine servant à cuisiner du foufou pour ses clients.

Réfléchissant à ce qui pouvait être fait pour empêcher ce trafic, j’ai pensé à l’option de mettre un agent de police devant chaque poubelle pour la surveiller mais au final ce n’est pas une bonne idée, pour la simple et bonne raison qu’un de mes voisins, agent de la police nationale congolaise en possède une chez lui. Il n’a malheureusement pas voulu me révéler comment il se l’est procuré malgré mon insistance.

Les habitants de ma ville ont visiblement choisi de faire un autre usage ce « don ». Si rien n’est fait, je crains qu’il ne reste plus rien de ces poubelles dans quelques mois. Les prochaines, il faudra sans doute les enchainer ou les enterrer pour au moins être sûrs qu’elles ne se feront pas spolier.

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Lubumbashi : Le triste sort de l’hôpital Jason Sendwe

Publié le 15 jan 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

L'hôpital Jason Sendwe de Lubumbashi

Renommé jadis pour la qualité des services rendus aux populations de toute l’Afrique centrale, l’hôpital Jason Sendwe de Lubumbashi ne reste plus que l’ombre de lui-même et si on n’y prend garde, il va bientôt rendre l’âme. Les différentes parties de cet établissement hospitalier succombent les unes après les autres. L’ascenseur est mort depuis un peu plus de six mois. Difficile donc pour le personnel d’assurer la liaison entre différents services repartis dans les 4 étages du bâtiment.

Le transport des malades en état d’incapacité de marche d’un pavillon à un autre ou d’un étage à un autre, s’effectue avec les moyens du bord. Pas surprenant donc de croiser dans les couloirs ou dans les escaliers, un malade sur le dos d’un infirmier avec tous les risques qui peuvent en résulter (retard en intervention pour les cas les plus urgents, contamination pour les transporteurs,…).

Les deux ambulances « don de moïse » agonisent et sont passées sur briques, en attendant leur démantèlement et peut-être la vente des pièces sur le marché noir. La pharmacie elle aussi a poussé son dernier souffle. Les malades sont donc obligés d’aller s’approvisionner en médicaments dans les petites officines de la ville.

A tout ceci s’ajoute le problème de coupures intempestives d’électricité qui cause des dégâts énormes, notamment avec les nouveaux nés prématurés dont les couveuses fonctionnent au courant électrique, une denrée de plus en plus rare au Congo.

Je crains beaucoup pour la vie de l’hôpital Jason Sendwe. Ceux qui peuvent le sauver sont trop occupés à exploiter le cuivre et d’autres minerais. Lorsqu’ils tombent malades, ils ont les moyens d’aller se faire soigner en Afrique du sud. Ceux qui ne peuvent pas s’offrir ce luxe peuvent toujours crever.

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