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Bukavu : Congolais débrouillards, vendeuses des bananes

Publié le 26 fév 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Vendeuses de banane à Bukavu

Elles sont nombreuses, femmes et jeunes filles paysannes des territoires proche de la ville de Bukavu qui ont pour métier la vente de « Bitika » ou bananes, très consommées à Bukavu parce qu’elles coûtent moins chères que les autres fruits.

Maman Bénite âgée d’une trentaine d’années pratique cette activité depuis plusieurs années. Elle parcoure une vingtaine de kilomètres tous les matins pour rejoindre la ville de Bukavu où se trouvent ses clients. « J’achète un bassin de bananes à 1800 francs congolais (environ trois dollars américains). A la fin de la journée, je réunis le double et parfois le triple de ce que j’ai investi », confie-t-elle. « Mon bénéfice me permet de nourrir et de scolariser mes deux enfants. Je suis veuve, j’ai perdu mon mari pendant la guerre de 1998 » ajoute-t-elle.

A côté de cette femme, des jeunes filles qui n’ont pas pu être scolarisées font la même chose et supportent le poids de leurs familles.

Tous les matins, maman Bénite, sillonne les écoles à la recherche de clients. Quand elle en a assez de marcher, elle étale ses bananes sur un carton au bord de la route. Le soir, après avoir vidé son bassin, elle achète à manger pour ses enfants et prends le chemin de retour.

Sans se plaindre et sans rien demander à qui que ce soit, cette femme travaille dur pour subvenir aux besoins de sa famille. Son plus grand souhait, voir ses enfants grandir et bénéficier d’une instruction qui leur évitera de finir dans la débrouille.

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Bukavu : La police meilleure amie du trésor public

Publié le 24 fév 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Police, championne dans la récolte de fonds dans la province du Sud-Kivu

« Nous sommes engagés à maximiser les recettes du trésor public pour que la reconstruction de notre pays soit effective » C’est en ces termes que s’exprime l’Inspecteur Principal Provincial de la Police Nationale Congolaise au Sud Kivu sur les ondes de la Radio nationale Congolaise RTNC/Bukavu.

La Direction Générale des Recettes Administratives et Domaniales (DGRAD) venait de publier quelques jours plus tôt un communiqué félicitant le travail des services sous son contrôle en matière de recettes. La Police est félicitée particulièrement pour avoir réalisé 51 millions des francs Congolais (environs 72.857 dollars américains) pour l’année 2008.

Selon le numéro un de la police au Sud Kivu, ces recettes proviennent des amendes transactionnelles, des taxes de gardiennage ainsi que des taxes de délivrance des documents attestant la perte des pièces de bord.

Alors que tueries, pilages, viols et assassinats sont devenus des détails, dont on parle presque avec le sourire dans la province du Sud-Kivu, je suis bien tenté de me poser la question de savoir quel est le vrai rôle de la police. Générer des revenus pour les caisses de l’état ou protéger les personnes et de leurs biens ?

Je crains que cette officialisation du business du policier qui rançonne la population ne vienne aggraver la situation qui est déjà assez difficile comme ça…

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Goma : Au-delà de la guerre et de l’insécurité, les volcans

Publié le 6 fév 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Le Nyiragongo à Goma

Violences, viols, guerres et misère. C’est l’image qui colle à la ville de Goma et la province du Nord-Kivu depuis plus d’une décennie. En dehors de cette image, classée dans les oubliettes, la chaîne volcanique de Virunga est située à juste quelques kilomètres au Nord de la ville. Parmi ces volcans, certains sont en activité. Je fais allusion à Nyamulagira et Nyiragongo. On les appelle ici : « les voisins de toujours ».

Depuis un certain moment, selon un communiqué diffusé sur les ondes de la radio nationale, l’observatoire volcanologique de Goma, fait savoir que le volcan Nyamulagira était en « intense activité « . C’est à dire, une éruption est imminente.

Bien que la ville de Goma ne soit pas directement menacée, tout le monde s’y prépare. Face aux éruptions volcaniques et aux dégâts qu’elles entraînent, chacun a sa théorie. La plus folle, c’est celle d’un de mes voisins, un vieillard qui a vécu plusieurs éruptions. « Les ancêtres sont mécontents, il faut trouver un moyen de les calmer », affirme-t-il. Le vieux va jusqu’à qualifier de maudit le quartier Office, le plus touché lors de l’éruption du Nyarangongo du 17 janvier 2002. « Ce quartier a été totalement rasé et englouti par la lave à cause de la prostitution, des vols, escroqueries, et autres dépravations de mœurs qui y avaient élu domicile. Cela ne plaisait plus aux ancêtres,  d’où la décision de le nettoyer », soutient-il.

Suivant le raisonnement de ce vieux voisin, je me pose une question : Si ces ancêtres existent réellement et s’ils peuvent punir ceux qui se comportent mal , pourquoi n’interviennent-il pas afin d’alléger un tant soit peu la souffrance de cette population ?

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Bukavu : Chasse aux Albinos en Tanzanie et au Burundi, ceux de Bukavu réagissent

Publié le 29 jan 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Juvénal Lushule, président de l’Association pour la Promotion des Albinos au Sud Kivu

« Ce n’est pas vrai, nos organes ne portent pas chance… », C’est le cri d’alarme des albinos de la ville de Bukavu, réagissant aux nouvelles provenant du Burundi et de la Tanzanie et faisant état d’une chasse généralisée aux albinos. Au mois de novembre dernier, l’ONU dénonçait cette pratique qui avait entrainé notamment le meurtre d’une petite fille de six ans, tuée d’une balle dans la tête pour récupérer ses membres censés apporter la richesse.

Débordant d’imagination et certainement fous, des charlatans ont lancé la rumeur selon laquelle le sang des albinos pouvait être utilisé pour rechercher de l’or et leurs membres pouvaient servir à améliorer la pêche de poissons.

Réagissant face au sujet, Juvénal Lushule, président de l’Association pour la Promotion des Albinos au Sud Kivu a du mal à comprendre : « Pourquoi s’acharne-t-on contre les albinos ? Les membres de mon association qui ont de la famille ou qui font des transactions commerciales au Burundi, ne savent plus s’y rendre et vivent dans la peur. Ils craignent surtout que ces pratiques ne traversent la frontière lorsque les stocks d’organes s’épuiseront dans les deux pays voisins. »

L’association s’est adressée aux autorités locales, réclamant des mesures préventives pour la protection des albinos mais n’a reçu aucune réponse. Pas étonnant quand on sait que les politiciens congolaises, incapables de prévenir, attendent que les tragédies aient lieu pour dépêcher des commissions parlementaires ou encore faire des « dons » aux familles des victimes.

Je comprends parfaitement que les albinos n’aient pas trop envie de se faire charcuter mais j’ai par contre du mal à comprendre qu’en plein 21ème siècle, des croyances de ce genre soient encore répandues et surtout suivies…

Liens : La chasse aux albinos au Burundi (RFI)

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Goma: Quand l’espoir de paix renaît…

Publié le 21 jan 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Goma : La société civile salut la signature d'un accord de paix entre le gouvernement et le CNDP

Buvons et dansons car la paix revient, c’est l’intention que j’ai prêté à ces motocyclistes roulant à vive allure dans les artères principales de la ville de Goma. Pourquoi se réjouissent-ils? Une aile du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) a signé une déclaration de fin de la guerre avec le gouvernement, dans la soirée du 16 janvier dernier. Cette nouvelle a réjoui les habitants de la ville de Goma et de la province toute entière.

Parmi les fêtards que j’ai pu croiser, il y a Jean-Marie, cultivateur en temps normal et actuellement vendeur de chaussures usagées à Goma. La guerre a tout bouleversé dans la vie de cet homme. Fuyant les exactions et les mauvais traitements infligés par les hommes armés engagés dans les conflits, il a abandonné sa famille dans le Masisi, regagnant Goma pour s’y réfugier. Ceux qui sont restés sont contraints de partager leurs récoltes avec différents groupes armés.

Jean-Marie a toujours rêvé de regagner son village pour retrouver les siens et reprendre le travail sur ses terres. La signature de cet acte de paix est une bonne nouvelle pour lui mais il reste sceptique. « Les politiciens congolais nous roulent souvent dans la farine. Nous en avons vu des accords qui ont avorté et qui n’ont jamais été appliqués. J’espère que cette fois-ci sera la bonne », m’a-t-il lancé.

Ils sont nombreux à caresser le rêve d’un retour de la paix dans les Kivu. J’espère que les démons à qui la guerre profite tairont enfin leur égoïsme et leurs intérêts personnels pour laisser vivre en paix cette population meurtrie.

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La minorité, cheval de troie

Publié le 21 jan 2009 dans Dessins par Kash

Minorité, cheval de troie

L’est de la RDC demeure le ventre mou du territoire national. Depuis plus de 10 ans, les provinces du Nord et du Sud-Kivu sont le théâtre de conflits armés récurrents. A chaque fois,le scénario est (presque) le même. Des individus « non autrement identifiés » déclenchent les hostilités pour défendre la minorité tutsi qui serait menacée par les combattants Hutus Rwandais (FDLR). Après ceux-ci mutent en « libérateurs du Congo » et ne déposent les armes que lorsque leur sont ouvertes les portes du gouvernement central.

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Bukavu : Exode rural au Sud Kivu, qui cultivera les champs ?

Publié le 13 jan 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Une boutique à Bukavu

L’insécurité et la pauvreté dans les zones rurales de la province du Sud-Kivu poussent bon nombre de jeunes à se déplacer vers le centre urbain. Ils vendent ainsi leurs terres et à leur arrivée dans l’agglomération, certains s’affairent à des taches ménagères dans des familles contre une petite rémunération, et d’autres se lancent dans des petits commerces.

« Pendant la guerre, des hommes armés sont passés dans mon village et ont enrôlé de force tous les jeunes. J’y ai échappé parce que j’étais aux champs au moment de leur passage. J’ai suis venu m’installer à Bukavu et je survis grâce à mon petit commerce », raconte Mushagalusa, un jeune homme qui tient une petite échoppe où il vend bonbons, biscuits, cigarettes et d’autres articles. Sa boutique lui sert en même temps de lieu de travail, de cuisine et de chambre à coucher, une fois la nuit tombée.

Ils sont nombreux à vivre dans les mêmes conditions que Mushagalusa. Cela fait donc moins de mains pour accomplir les travaux champêtres. Les habitants de ces villages qui fournissaient jadis les villes en légumes, fruits et autres denrées abandonnent leurs terres pour venir chercher refuge en ville.

Et dire que tous les mouvements armés qui sévissent dans la région prétendent œuvrer pour le bien être de la population et défendre ses intérêts…

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Goma : Les débrouillards qui alimentent la ville en eau

Publié le 8 jan 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Vendeur d'eau dans une rue de Goma

Comment se faire de l’argent lorsqu’on habite la ville de Goma, qu’on est chômeur, que la compagnie chargée de la distribution d’eau potable tourne au ralenti et qu’il y a un lac à proximité ? Les jeunes Gomatraciens ont trouvé la réponse :

  • Un vélo,
  • Quelques bidons en plastique,
  • Une branche et des cordes pour attacher les bidons au vélo,
  • Une bonne dose de courage et la force d’aller puiser l’eau du lac Kivu,
  • Et enfin une bonne campagne marketing pour revendre l’eau ainsi récoltée à la population des quartiers privés d’eau.

C’est depuis l’éruption volcanique de 2002 que l’eau ne coule plus des robinets de certains quartiers. La Regideso ne dessert plus que des quartiers jugés « stratégiques ». Conséquence : le nombre de ces cyclistes vendeurs d’eau a galopé dans la ville. J’en croise partout dans les rues de mon quartier.

Le prix d’un bidon d’eau varie entre 100 et 150 francs congolais. Pour les cyclistes robustes, pouvant transporter plusieurs bidons par jour, le gain est assuré. Ils se retrouvent ainsi tous les jours avec une somme variant entre 2000 et 7500 (environ 3 et 12 dollars américains). Un budget suffisant pour nourrir une famille.

Dans le registre des difficultés rencontrées par ces jeunes débrouillards, un cycliste m’a laissé entendre que les militaires (marins) qui montent la garde sur les rives du lac Kivu font payer une taxe de 20 francs congolais par bidon d’eau puisé. Pas de quittance en échange, preuve que c’est une taxe totalement illégale.

Si on peut se réjouir des services rendus par ces vendeurs, il y a aussi lieu de s’interroger sur la qualité de l’eau provenant directement du lac et sur les risques liés aux maladies hydriques. Les vendeurs ont d’autres soucis que de désinfecter leur marchandise. Pour leur part, les consommateurs ne prennent pas toujours les précautions nécessaires pour débarrasser l’eau du lac des microbes qu’elle pourrait contenir.

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Kinshasa : Un match de foot pour aider les victimes de la guerre à l’Est de la RDC

Publié le 26 déc 2008 dans Kinshasa par Joy, Leki ya Bukavu

Le stade des martyrs de la pentecôte à Kinshasa

Cinquième journée à Kinshasa. En suivant la radio nationale Congolaise (RTNC) ce matin, je sursaute lorsque j’entends le journaliste annoncer à la fin de son journal que la Fondation Shabani Nonda en collaboration avec l’association des footballeurs congolais organisent un match de gala ce samedi 27 décembre 2008, au stade des martyrs de la pentecôte à Kinshasa. Ce match opposera l’équipe nationale locale et les joueurs congolais évoluant à l’étranger.

« Ce match est placé sous le signe de la paix et de l’unité nationale. Les recettes obtenues au cours de cette rencontre serviront à l’achat de vivres et non vivres à envoyer aux déplacés et autres victimes de la guerre au Nord et au Sud Kivu », disait le journaliste.

Je trouve que cette initiative est louable mais je me demande combien de temps nous, habitants des Kivu allons nous contenter de dons. Ce que nous voulons vraiment c’est la paix. Cultiver nos terres, vendre nos produits et arriver ainsi à subvenir aux besoins de nos familles.

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Bukavu : Pêche interdite sur le lac Kivu

Publié le 10 déc 2008 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Pirogues de pêcheurs sur le lac Kivu

Le lac Kivu sera fermé pour trois mois à partir du 30 décembre prochain. Cette décision des autorités locales inquiète les nombreux pêcheurs qui alimentent en poisson la ville de Bukavu et qui n’ont pas d’autre moyen de subsistance. « C’est une décision illégale et inhumaine. Nous allons crever de faim avec nos familles » déclarent-ils.

Pour l’inspecteur chef du bureau chargé de la pêche à la division provinciale de l’environnement et conservation de la nature, cette décision est prise pour faire face à la baisse de la production de poisson sur le lac Kivu. « Les pêcheurs ne respectent pas les normes de pêche et se rendent parfois dans les baies où il y a seulement des œufs pour pêcher. On est obligé de fermer momentanément le lac pour permettre à ces œufs d’éclore et de grandir » affirme Mr Tabino Mutingano.

Les militaires des forces navales sont instruits de faire respecter cette décision en arrêtant les pêcheurs qui vont désobéir.

Le poisson du lac Kivu est l’un des aliments de base pour les Bukaviens. Avec la somme de deux cents francs Congolais, il est possible de se procurer des fretins pour un repas de midi, et ce pour une famille de quatre personnes. Du très bon et bien gros tilapia, on peut en avoir 4 pour mille francs Congolais (un peu moins de 2 dollars américains). Cette mesure n’occasionnera-t-elle pas la rareté et en même temps la montée des prix du poisson ?

On verra bien sûr lorsque la mesure entrera en application.

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