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Guerre dans l’est de la RDC : L’heure du choix difficile entre paix et justice

Publié le 11 mai 2009 dans Dessins par

Promulgation d'une loi d’amnistie pour faits insurrectionnels et de guerre commis dans le Nord et Sud Kivu

Après son adoption le 6 mai 2009 par le parlement congolais, le président Joseph Kabila a promulgué la loi tant attendue d’amnistie pour faits insurrectionnels et de guerre concerne des forfaits commis dans le Nord et Sud Kivu depuis juin 2003. Conséquence directe des accords signés entre le gouvernement et les groupes armés actifs dans les Kivu, cette loi vise la pacification de cette région congolaise en proie à des conflits armés depuis plus d’une dizaine d’années.

Certaines voix crient à la favorisation de l’impunité. Cité par la Radio Okapi, Dolly Ibefo, directeur exécutif adjoint de la Voix de sans voix, ONG congolaise de défense des droits de l’homme a réagi en ces termes : « Cette loi d’amnistie qui ne concerne que la partie Est du pays garantie donc l’impunité. Pour nous, l’amnistie pouvait s’étendre sur l’ensemble du pays. Comme on ne pouvait pas le faire, on a choisi des gens qui sont vraiment des grands criminels de ce pays qui seront amnistiés. L’amnistie ne peut pas se dérober de tous les grands crimes qui sont commis dans le pays. Alors, si l’on doit faire l’amnistie, on doit les faire pour les faits ou des personnes qui n’ont pas commis d’atrocités dans ce pays. Mais ceux qui ont commis des atrocités, pour nous, c’est une grande déception s’ils restent impunis et surtout s’ils vont occuper de grands postes de responsabilité. C’est vraiment se moquer de la population.»

La question qui se pose dans cette affaire : La promulgation d’une telle loi n’encourage-t-elle pas le langage des armes ? L’amnistie des criminels d’hier ne poussera-t-elle pas d’autres individus à se lancer dans des aventures armées, sachant qu’elles peuvent à terme bénéficier d’une grâce ?

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A la sueur de ton front, ton pain tu gagneras

Publié le 6 mai 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Un tchukudiste dans une rue de Goma

Il y n’a pas de sot métier mais des sottes gens. A l’aide d’un «tchukudu» – trottinette rustique en bois fait de deux roues avec un guidon, un système de freinage défiant toute imagination, pesant de 50 à 70 kilogrammes et capable de transporter jusqu’à 300 kilogrammes de bagages – plusieurs jeunes de Goma parviennent à joindre les deux bouts.

Sept heures du matin. Il fait encore froid. Un léger vent matinal souffle sur Karisimbi, commune populeuse de Goma. Les rayons du soleil percent timidement le voile matinal avant sa levée quotidienne. Encore engourdi par une nuit quelque peu mouvementée du fait d’une insomnie indésirable et tenace, Gustave peine à sortir chez lui. Pourtant, et à son corps défendant, il est contraint de se retrouver sur « terrain » afin de vaquer à son occupation quotidienne : transporter des marchandises de toutes natures sur son « tchukudu » et en retour trouver la pitance quotidienne, de quoi se mettre sous la dent le soir.

A 21 ans, Gustave est un solide gaillard au teint sombre et en très bonne forme. « Je ne cesse de remercier Dieu de m’avoir accordé l’endurance et une santé de fer… » Une formation en menuiserie lui a permis de se fabriquer son outil de travail, le « tchukudu », fruit de l’ingéniosité de jeunes de Goma qui, las de tirer le diable par la queue, ont voulu se donner les moyens de gagner honnêtement, à la sueur du front, leur pain quotidien.

Quelques minutes pour implorer la bénédiction divine pour que la journée soit bonne, un petit sac jeté prestement sur le dos et voilà Gustave parti pour une nouvelle journée de dur labeur aux retombées incertaines. Direction, le marché Alanine ; le point de départ.

Un tchukudiste dans une rue de Goma

Avec sa trottinette, Gustave sillonne les coins et recoins de la ville de Goma par beau temps comme par mauvais temps. « Chaque matin, je me positionne juste à l’entrée du marché Alanine pour attendre d’éventuels clients. Des fois ça traîne, mais je finis quand même par en trouver ».

Sur place au marché, en bordure de l’axe Goma-Sake, il est neuf heures. Gustave trouve son premier client. Une jeune dame voulant déplacer un sac de braise. Commence alors pour Gustave un exercice habituel devenu à la limite un rituel incontournable : le marchandage. A sa cliente, il exige 500 francs congolais (moins de 1 dollar américain) pour un trajet avoisinant les 10 Kilomètres. S’engage alors, durant quelques minutes, une discussion sanctionnée par un compromis. La cliente paiera 300 francs congolais pour la course. Une somme jugée acceptable par Gustave. « Je me suis réveillé d’un bon pied aujourd’hui, avoue-t-il. Souvent, il est rare de débuter la journée avec une telle somme. Ceci augure d’une journée fructueuse ».

Et quand la chance est de son côté, il soutient qu’il peut lui arriver de totaliser certains jours 32 000 francs congolais, l’équivalent d’à peu près 38 dollars US. Une somme considérable dans une ville où du fait de conflits récurrents, les activités économiques tournent au ralenti avec d’énormes difficultés pour les jeunes d’avoir accès au marché de l’emploi.

Un tchukudiste dans une rue de Goma

Si Gustave gagne son pain quotidien et parvient à subvenir aux besoins de sa petite famille, cela ne se fait pas sans heurts. « Nous sommes obligés de payer certaines taxes à de multiples services dont nous ne voyons pas l’importance. Outre ceci, à chaque passage à un poste où se trouve un agent commis à la circulation routière, nous devons laisser quelques sous. Tout ceci entrave notre métier », nous confie-t-il avec beaucoup d’amertume. Autre difficulté que ne manque pas d’évoquer Gustave, le manque de courtoisie des autres usagers de la route. En particulier les automobilistes qui bien souvent les exposent à la mort en refusant de leur céder le passage ou de partager la voie avec eux.

Des entraves qui cependant sont loin de décourager Gustave qui a de l’ambition à revendre. Il projette d’initier la création d’un syndicat des conducteurs de « tchukudu » à Goma. « Jusqu’à présent le problème dans notre corporation est que nous sommes éparpillés, désorganisés. Il nous faut une sorte d’association au sein de laquelle nous pouvons revendiquer nos droits et nous faire entendre ».

Au moment où le soleil se hâte de quitter le ciel pour céder la place à la lune, nous ne pouvons prendre congé de Gustave sans lui demander ce qu’il pense du contexte sociopolitique actuel, en tant que jeune congolais. Tout patriote qu’il est, il ne peut s’empêcher d’affirmer qu’il reste optimiste en ce qui concerne l’avènement de la paix dans son pays. « Il suffit tout simplement que chacun y mette du sien », ajoute-t-il avant de lancer son « tchukudu » à vive allure pour rejoindre son domicile où l’attend sa femme et son enfant.

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La Mairie va en guerre contre les charrettes

Publié le 8 avr 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Des charrettes dans une rue de Bukavu

Cela fait deux semaines environ que les communiqués de la mairie affluent dans les radios locales de Bukavu : « Nous menons une campagne dénommée Bukavu ville propre et nous ne voulons plus voir des charrettes sur les artères principales de la ville »
Des agents de la mairie en collaboration avec quelques policiers sont plantés dès six heures du matin sur la route pour traquer les charrettes qui oseraient enfreindre la règle.

Du côté des charretiers et même d’une frange de la population c’est une surprise désagréable. « Ce n’est pas par les charrettes que les autorités doivent commencer pour rendre la ville propre. Il ya bien d’autres priorités aux quelles les autorités devaient se concentrer » se plaint mère Nadia qui loue souvent les charrettes pour le transport de ses cannes à sucre.

« Je me demande si vraiment les gouvernants de ce pays ont l’amour des habitants », s’interroge pour sa part Claude, propriétaire d’une charrette qui souligne en outre que la plupart des charretiers sont chômeurs et n’ont que cette occupation comme source de revenus leur permettant de nourrir leurs familles.

La grande question est celle de savoir si les autorités provinciales s’attaqueront en même temps au chômage qui touche la majorité des jeunes qui se lancent dans la débrouille pour pallier à leur manière au manque d’emploi et de structures formelles. La question ne semble pas à l’ordre du jour et en plus, personne ne s’attaque épaves des véhicules, des kiosques ou encore des constructions anarchiques qui ternissent, bien plus que les débrouillards, l’image de la ville de Bukavu.

Comme l’autorité a toujours raison, les charretiers capitulent et laissent tomber leur gagne-pain obéissent de peur de se retrouver entre quatre murs. Bukavu ville propre, c’est visiblement moins de débrouillards dans les rues, beaucoup plus de chômeurs.

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Bukavu : La viande, une denrée désormais réservée aux nantis

Publié le 29 mar 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Un vendeur ambulant de charcuteries dans une rue de Bukavu

La viande est devenue une denrée de plus en plus couteuse suite aux conflits armés qui rendent certains villages inaccessibles. Les fermes, ces greniers alimentaient la ville de Bukavu ont été pillées et détruites par les belligérants. La viande consommée provient désormais du Rwanda voisin et des quelques particuliers qui élèvent leurs vaches en ville.

Manger de la viande ou tous les autres produits dérivés est devenu un privilège réservé aux nantis. Le kilo bœuf qui se vendait à deux mille deux cents francs congolais (environ deux dollars) il y a une année revient désormais à cinq dollars américains.

« Avec un dollars américain, on peut acheter une tige de saucisson qui pèse environ trois cent grammes, on donne à chaque enfant un petit morceau avec du foufou et ça suffit pour passer la journée », me confie Buhendwa, grand consommateur des saucissons.

Du côté des bouchers, c’est aussi la crise. « Avant on écoulait une ou deux vaches par jour mais depuis un temps, c’est devenu difficile. Les prix sont beaucoup plus élevés. Nous avons moins de clients qu’avant et la situation ne fait qu’empirer », dit avec inquiétude Nadège, une propriétaire de boucherie très réputée à Bukavu.

C’est qu’elle n’avoue pas, c’est qu’il lui arrive de vendre de la marchandise avariée. Avec les coupures intempestives d’électricité, elle se retrouve souvent avec de la viande pourrie dans les bras, qu’elle revend tout de même. Tant pis pour les consommateurs !

Comme personne ne contrôle la qualité des produits commercialisés, ce sont des maladies qui attendent les malheureux qui se retrouvent à ingurgiter des produits pourris. Et dire qu’il y a des gens en costards, fiers de porter des appellations honorifiques du style « excellence » ou encore « honorable ».

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Bukavu : Le dos des femmes pour le transport de la viande

Publié le 25 mar 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Une transporteuse de viande à Bukavu

Elles sont tous les jours au rendez-vous et pas question d’arriver en retard. Des femmes qui ont pour activité le transport de la viande de l’abattoir de la Ruzizi II, le plus grand de la ville de Bukavu au centre-ville sont de plus en plus nombreuses. Après l’abattage des bêtes, elles transportent la viande au dos vers les marchés et boucheries de la ville. Cette occupation s’impose de plus en plus comme un métier qui fait vivre bon nombre de foyers.

Les dos de ces femmes prennent la place des véhicules qui assuraient ce service il y a plusieurs années. « Je gagne 1.500 francs Congolais (environ deux dollars américains) pour chaque cargaison transportée » confie maman Jeanne, la plus ancienne transporteuse de viande à cet abattoir. « Cet argent me permet d’avoir deux à trois mesures de farine pour mes enfants car j’ai l’avantage de trouver chaque jour un petit morceau de viande ici », renchérit-elle.

Ces femmes dont le courage se lit sur les visages ne se plaignent pas et travaillent dur. Elles effectuent trois à quatre allers-retours par jour. La distance entre l’abattoir et le marché le plus proche est cinq kilomètres environ.

Les femmes de Bukavu ne font pas exception et se plient face aux règles de la débrouille, comme les autres femmes de la république. Quand l’article 15 prend la place des structures formelles, ça fait des femmes travailleuses, qui n’attendent pas les 5 chantiers, mais qui prennent carrément les choses en main.

La place des hommes, blasés par des années de chômage et de souffrance est désormais à la maison. Les plus machos passent leurs journées à l’ombre d’un arbre en attendant que madame rapporte à manger le soir. Les autres s’occupent des enfants et du ménage à domicile.

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Le CNDP se transforme en parti politique

Publié le 25 mar 2009 dans Dessins par

Le CNDP se transforme en parti politique

Le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), mouvement rebelle opérant dans l’Est de la RDC annonce sa mutation en mouvement politique. L’accord conclu avec le gouvernement congolais prévoit entre autres la promulgation d’une loi amnistiant les ex-rebelles. La signature de ce traité intervient alors que Laurent Nkunda, le chef historique de la rébellion, arrêté en janvier, au Rwanda, est maintenu en résidence surveillée dans ce pays. Kinshasa attend toujours son extradition.

Comme quoi semer la terreur finit toujours par payer au Congo. Les rebelles d’hier, ceux-là même qui ont tué et violé changent de costume et deviennent des politiciens, « autorités » et peuvent se remplir officiellement les poches…

Illustration : Patou Bomenga

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Bukavu : Les marches suffisent-elles pour mettre fin aux violences sexuelles ?

Publié le 14 mar 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Journée internationale de la femme à Bukavu

« Sida nous te vaincrons, non aux viols et violences faites aux femmes, oui au processus de paix en RDC… » Voilà ce qu’on pouvait lire sur les banderoles et les calicots que tenaient les femmes de Bukavu le samedi 07 mars dernier.

Elles étaient des milliers, venues de toutes les catégories sociales. Travailleuses, commerçantes, policières, militaires, élèves et journalistes. Elles ont traversé les artères principales de l’avenue Patrice Emery Lumumba scandant des chansons et des slogans pour réclamer le retour de la paix et la fin des violences contre la femme.

Des pagnes, dons de certains partis politiques et associations ont été distribués aux femmes pour la circonstance.

Les Mamans de l’intérieur de la province ne se sont pas jointes à celles de Bukavu dans la marche. Elles ont préféré célébrer la journée de la femme dans la méditation et la prière.

Ont-elles eu raison ? Cette question se pose parce que les femmes manifestent depuis des années. Malgré ces multiples marches, on continue à compter par milliers des femmes victimes des atrocités des groupes armés et de certains éléments indisciplinés de nos forces armées.

« Ces femmes se fatiguent pour rien. Les politiciens veulent les exploiter tout simplement », ai-je entendu dire, d’un air moqueur, un jeune homme qui observait un défilé des femmes. En guise de réponse, de la part de son compagnon : « on ne sait jamais, peut être qu’elles seront entendues un jour »

Nos autorités comprendront-elles un jour que la femme a assez payé pour les conflits armés imposés à notre pays et qu’il était temps d’œuvrer pour sa paix et sa sécurité ?

Je me demande d’où est sorti l’argent pour l’achat des plusieurs yards des pagnes pour les femmes alors que leurs maris sont impayés depuis plus d’une décennie.

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Goma : Etat démocratique sans justice ?

Publié le 11 mar 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Cette parcelle n'est pas à vendre...

« Cette parcelle n’est pas à vendre, celui qui l’achète donne son argent aux escrocs ». Cette inscription, je l’ai lu sur le mur de mon voisin. Pas besoin d’être un savant pour comprendre qu’il s’agit d’une mise en garde. Mais la question c’est à qui elle est adressée et pourquoi ?

« Il s’agit d’un problème familial », me répond Blaise, auteur de l’inscription et étudiant en droit à l’Université Libre des pays des grand-lacs (ULPGL). Avec la complicité de certains agents des services publics d’urbanisation, certains membres de sa famille tentent de mettre en vente la parcelle appartenant à son défunt père sans son accord.

Il me révèle en outre que les documents (titres de propriété) lui ont été ravis par ses oncles. Le jeune homme a essayé d’exprimer son désaccord au sein des réunions familiales mais personne ne semble être disposé à l’écouter. N’ayant aucun autre recours pour les dissuader, il a opté pour une mise en garde publique.

« Après l’étape d’inscription sur le mur, je compte introduire le dossier au tribunal. Même si la justice n’a jamais été efficace dans ce pays, je vais me battre jusqu’au bout ». Pour la défense de sa cause, Blaise projette même d’impliquer s’il le faut ses camarades étudiants. « C‘est sûr que je n’aurais pas assez de sous pour payer les frais administratifs du tribunal et encore moins un avocat. Je vais essayer de mobiliser la faculté et on verra ce que ça vas donner », conclut-il.

Peut-on parler d’état de droit et démocratique sans justice fonctionnelle et accessible à tout citoyen ? La réalité actuelle en république démocratique du Congo prouve que la raison du plus fort est toujours la meilleure. Impossible de tenir tête à une personne plus fortunée, capable de payer des frais administratifs et des pots de vin.

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Bukavu : Diplômés dans la débrouillardise

Publié le 8 mar 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Une jeune photocopieur à Bukavu

Ils sont plantés par dizaines devant les bâtiments avec leurs machines à photocopier et ils proposent à qui le veut leurs services. Lorsqu’on vit dans un pays où trouver un emploi relève du miracle, on apprend à faire avec les moyens du bord pour lutter contre la crise et survivre.

« J’ai une licence en sciences commerciales après cinq années infructueuses dans la recherche d’un emploi, j’ai opté pour la débrouille », confie Rémy, un jeune « photocopieur ». « J’ai reçu ma photocopieuse de mon grand frère qui vit en Belgique et en échange, je dois prendre en charge mes vieux parents et ma propre famille », ajoute-t-il.

En plus de la nourriture pour sa famille, l’argent gagné dans ce petit business permet à Rémy de payer son loyer. Comme tous les autres débrouillards congolais, ce jeune homme garde espoir et croit en un lendemain meilleur. Mais en attendant, il vit au « taux du jour » comme on dit ici.

La débrouille comme récompense pour tous ces jeunes congolais qui étudient dans des conditions très difficiles. Longues distances à pied, frais académiques exorbitants, syllabus et supports de cours vendus au prix fort, tout ça pour finir dans un petit métier. Autant de cerveaux disponibles qui ne demandent qu’à travailler pour leur pays mais qui chôment. Comment espérer que le Congo s’en sorte avec des réalités de ce genre ?

Pendant ce temps, ceux qui sont censés représenter le peuple et répondre à ses attentes s‘affairent à se tirer les cheveux pour tel ou tel autre poste politique. Ces mêmes politiques congolais, incapables de remettre les choses sur les rails dans leur pays, envoient leurs enfants étudier et se réfugier en occident.

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Goma : Tchikudu, la trottinette made in Congo

Publié le 28 fév 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Un Tchikudu dans une rue de Goma

Si la trottinette est vue comme un outil de divertissement sous d’autres cieux, elle est un moyen de transport et une source de revenus des moins négligeables dans l’est de la république démocratique du Congo. Spécialité de la province du Nord-Kivu, le « Tchikudu » a ses quelques particularités qui font de lui un objet unique en son genre.

Au départ utilisé par les paysans de Kibumba, une localité située à une vingtaine de Kilomètres au Nord de Goma, afin d’acheminer les produits agricoles (pomme de terre, carotte, oignons, chou) sur la ville de Goma, le Tchikudu a séduit les Gomatraciens. Ses deux roues en bois à la circonférence large, couverte d’une couche de caoutchouc, lui donnent l’allure d’un 4×4.

Cette masse de bois fait entre 50 et 70 kilogrammes et peut transporter jusqu’à 300 kilogrammes. Dans les rues de Goma, le Tchikudu fond dans le paysage et côtoie sans complexe les motos et les camions.

Très sollicité pour le transport de marchandises et ne nécessitant que de la sueur humaine pour fonctionner, le Tchikudu a le mérite de respecter l’environnement.

En attendant le réajustement du code de la route pour prendre en compte la présence de la trottinette made in Nord-Kivu, les Tchikudistes arpentent les rues rocailleuses de Goma et s’imposent de plus en plus comme transporteurs, n’ayant rien à envier aux automobilistes et aux motocyclistes.

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