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Cinq chantiers : courte durée de vie des infrastructures tant attendues

Publié le 18 nov 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Cinq chantiers : courte durée de vie des infrastructures tant attendues

Trois mois seulement après la fin des travaux sur le tronçon place de l’indépendance Bwindi en direction de l’aéroport de Kavumu, le caniveau qui devait conduire les eaux de pluie vers le lac est bouché. Une belle végétation verdoyante s’invite sur le tas de déchets qui s’y amasse.

A la base de cette détérioration, la proximité d’un marché spécialement dédié à la vente de chèvres. Tous les déchets de cet abattoir improvisé sont déversés dans la canalisation.

L’entretien de cette infrastructure routière nouvellement acquise en réponse aux promesses électorales est loin d’être le souci des principaux bénéficiaires. Il y a quelques semaines, une autorité urbaine a parlé de fermer du ce marché. Une manifestation violente s’en est suivie et des menaces de mort étaient même proférées contre cette autorité par les vendeurs du marché.

« Qui nourrira nos enfants si tu fermes ce marché ? Et l’argent qu’on paie pour avoir des autorisations d’y œuvrer qui le remboursera ? » Autant de questions que les manifestants brandissaient pour contrecarrer cette décision de fermeture dudit marché.

Après ce bref épisode, plus rien. Le marché a repris ses activités et les déchets sont toujours déversés sur ce qui reste du caniveau. Quant à elle, la route disparaît lentement mais sûrement.

Ce chantier parmi ceux promis aux congolais lors des dernières élections s’effrite progressivement. Une solution temporaire sera sans doute trouvée pendant la campagne électorale pour les prochaines élections.

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Insécurité à Bukavu, la société civile dénonce

Publié le 9 nov 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Un calicot de revendication de la société civile de Bukavu

On ne le dira jamais assez. Les assassinats, les vols, les viols et la vengeance populaire deviennent au fil des jours la devise quotidienne des habitants de Bukavu.

Qui commettent ces exactions ? Aucune réponse sûre dans cette province où se déroule en même temps l’opération Kimya 2 visant la traque des hutus rwandais et l’opération arme contre cent dollars.

Chaque habitant attribue la situation à ce que son imagination lui dicte : prolifération et circulation désordonnée des armes de guerre, règlements de comptes ou encore balkanisation du Congo, les thèses sont nombreuses.

Des marches pacifiques orchestrées par la société civile se sont déroulées ces dernières semaines dans ville de Bukavu. Objectif : dénoncer à haute voix la banalisation de la vie humaine et interpeller le chef de l’Etat pour l’application du principe de la tolérance zéro pour tout acte tendant à nuire aux droits humains.

Sur le calicot principal que transportaient les manifestants on pouvait lire : « la société civile du Sud Kivu demande au chef de l’Etat une sécurité permanente à la population. »

Dans la foule j’ai pu entendre quand même des gens qui manifestaient mais qui ne croyaient pas à un quelconque résultat positif « ça c’est la comédie qu’on fait, on aura beau marcher mais tant que ces tueries sont commandités par les gros poissons, il n’y aura pas de solution », ai-je entendu murmurer une des manifestantes.

Un mémorandum est remis à l’autorité provinciale qui promet de le transmettre à qui de droit : « soyez tranquilles, vos revendications parviendront au chef de l’Etat et nous nous mobilisons aussi pour que l’ordre et la tranquillité reviennent dans cette partie du pays », a-t-elle promis. Cette promesse sera-t-elle suivie d’actes ? Wait and see…

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Fermeture des camps de déplacés

Publié le 27 oct 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Des réfugiés devant leur baraquement dans la province du Nord-Kivu

Tous les camps de déplacés autour de la ville Goma doivent être vidés de leurs habitants. Les déplacés doivent retourner dans leurs villages désormais pacifiés. Cette décision est appuyée par certains membres de la communauté humanitaire œuvrant dans la province du Nord-Kivu.

Ces tentes estampillées UNHCR (Haut Commissariat des Réfugiés) et dont les images ont fait le tour du monde se vident. Les propriétaires de ces espaces envisagent déjà, de mettre en valeur leurs concessions.

Le retour au calme dans certains territoires de la province est la raison principale évoquée par le gouvernement pour justifier cette décision. Motif qui ne tient pas débout, selon certains déplacés.

Jackson Hakizimana, ex-responsable d’un des blocs à Mugunga I, un des 5 camps autour de Goma, s’inquiète de la situation sécuritaire dans son village d’origine : « Je suis originaire de Kashebere dans le territoire de Masisi. Là-bas, selon nos informations, la situation sécuritaire reste inquiétante. Les RDLR font la loi dans cette région et des affrontements se poursuivent entre FARDC, FDLR et maï-maï. Je ne vais pas retourner dans ce coin. »

Paranoïa ou crainte justifiée ? Avec les nombreux rebondissements dans la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, difficile de se réjouir et se dire que cette fois est la bonne. Seul le temps nous en dira plus.

Un camp de déplacés dans la province du Nord-Kivu

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Le viol, seules les femmes peuvent en témoigner

Publié le 24 oct 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Le viol, seules les femmes peuvent en témoigner

Rutshuru, un territoire de la province du Nord-Kivu à plus ou moins 70 kilomètres au Nord de la ville de Goma. Ici, il y a quelques mois, bruits de bottes et crépitements de balles faisaient la loi. Les traces sont encore visibles sur différentes battisses et même sur les habitants de cette partie de la République Démocratique du Congo.

« Il m’est difficile de cohabiter avec un homme en arme. Il m’arrive facilement de changer de direction lorsque je remarque un militaire sur mon chemin », me confie Georgette Kasoki. Veuve depuis quatre ans, elle est mère de deux filles dont l’ainée a 18 ans et la cadette 14 ans. « Je ne sais pas s’il m’arrivera de pardonner ce groupe de militaire que j’ai vu violer ma fille », poursuit-elle.

Lors des affrontements en octobre dernier entre les troupes du général déchu Laurent Nkunda et l’armée loyaliste, Maman Georgette a vécu c’est qu’elle qualifie d’enfer pendant plusieurs mois.

« C’était un certain mardi vers 11 heures du matin. Je me trouvais dans mon champ, lorsque du coup, un obus a explosé dans le champ de ma voisine. Je suis partie vers le Nord, dans le parc. Il était hors des questions de retourner à la maison. À ce moment-là, mes deux filles étaient à l’école. Nous nous sommes revus deux mois plus tard à Kanyabayonga. Nous avons vécu des moments très difficiles là-bas. Nous passions les nuits à la belle étoile. Une attaque pouvait surgir n’importe quand. Nous étions obligées de veiller par peur d’être surprises. »

Malgré les efforts de la petite famille de Maman Georgette, l’une de ses filles s’est fait violer par un groupe d’hommes armés. Maman Georgette retient difficilement ses larmes lorsqu’elle en parle : « Dieu seul jugera ces criminelles mais, moi je ne leur pardonnerais jamais », soupire-t-elle, avant de fondre en larme.

Toutes ces victimes de violences sexuelles se retrouvent seules, face à leur détresse. Vu que les auteurs de ces actes ignobles bénéficient d’une totale impunité, elles ne comptent plus que sur une justice invisible, celle du ciel. L’état dans tout ça ? Impuissant ou tout simplement insensible face aux cris de ces victimes de la barbarie humaine.

Je trouve bien dommage que la restauration de la justice et l’application stricte de la loi pour les auteurs de ces actes ignoble ne figurent pas dans la liste des 5 chantiers censés améliorer le quotidien des congolais.

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La peine de mort au centre des débats

Publié le 16 oct 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

La peine de mort au centre des débats

Le septième anniversaire de la journée mondiale contre la peine de mort célébrée le 10 octobre 2009 a relancé les débats. Deux camps se dessinent clairement et ne cachent pas leurs contours. Le premier dit des abolitionnistes soutient que la peine de mort doit être effacée dans la législation congolaise. Dans l’autre camp, on estime que cette peine mérite bien sa place dans l’arsenal juridique congolais car qui tue par l’épée doit périr par l’épée.

Les partisans de la peine de mort soutiennent la condamnation à mort, c’est une leçon pour les autres criminels potentiels qui auront peur de faire du mal. Pour ceux qui ont perdu un proche dans les conflits armés qui perdurent dans cette partie de la RDC, abolition de la peine de mort rime avec impunité.

Pour cette année 2009, la journée mondiale contre la peine de mort avait pour thème « éduquer les jeunes à la nécessité d’abolir la peine de mort »

Alfred Bahati, étudiant en Droit affirme à l’issue d’une conférence débat que « la peine de mort dans une société déchirée par des conflits et l’insécurité vaut la peine d’être maintenue à la seule condition qu’elle soit effectivement exécutée. »

Son collègue Rodrigue de la faculté de sociologie pense quant à lui que même la chicotte peut corriger un criminel « dans un Etat sérieux, on n’a pas besoin de tuer les criminels .S’il y a la rigueur et le sérieux, on peut dissuader un tueur même par le fouet seulement », soutient-il.

A ce jour, la constitution de la RDC stipule que nul n’a le droit de mettre fin à la vie de son semblable et pendant ce temps, le code pénal maintient la peine de mort comme la plus grande de toutes les peines.
Dans un pays où la loi de l’homme armé est toujours la meilleure et où les conditions carcérales ne sont pas les meilleures, des questions se posent réellement quand on sait que s’il ne meurt pas en prison, le condamné sort beaucoup plus méchant qu’avant qu’il ne passe derrière les barreaux.

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Bukavu, zone rouge et cimetière pour journalistes

Publié le 9 oct 2009 dans Dessins par Joy, Leki ya Bukavu

Bukavu, zone rouge et cimetière pour journalistes

La ville de Bukavu s’est réveillée jeudi 8 octobre matin au rythme des communiqués de presse dans toutes les radios locales, annonçant la marche pacifique des journalistes. A dix heures locales, ils sont tous sur la route. Les journalistes de la presse écrite, ceux de l’audiovisuel ont répondu présents au mot d’ordre lancé il y a quelques jours par la présidente de l’Union Nationale de la presse du Congo, UNPC.

Objectif : dire non aux assassinats ciblés et aux menaces de mort dont sont victimes les chevaliers de la plume dans cette partie du pays en proie déjà à des violences depuis des années.

Dans leur mémorandum remis au président de l’assemblée provinciale du Sud Kivu, les journalistes condamnent notamment, les assassinats en trois ans successifs de trois journalistes dont deux de Radio Okapi et un de la Radio Star.

Ils interpellent le pouvoir public afin que des enquêtes sérieuses et transparentes soient menées pour trouver les auteurs des menaces de mort proférés au mois de septembre dernier contre trois femmes journalistes de Bukavu.

« Nous ne sommes pas des animaux pour ne pas écouter votre cri d’alarme » a lancé le président de l’organe délibérant du Sud Kivu à la réception de ce mémorandum des journalistes.

En février dernier, la même assemblée provinciale a rejeté en bloc un édit sur la protection des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme en province. Attendons voir si cette marche bougera les choses dans le sens d’une meilleure protection et reconnaissance des journalistes.

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Le passeport biométrique est arrivé dans l’est de la république

Publié le 5 oct 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Le passeport biométrique est arrivé dans l’est de la république

Après Kinshasa et Lubumbashi, Bukavu est doté d’un centre pour faciliter l’obtention du passeport biométrique congolais. Ce centre est situé dans les installations de la grand poste de Bukavu en commune d’Ibanda. Depuis le début du mois de septembre, plusieurs habitants de la ville sont allés remplir les formalités d’obtention de ce document de voyage.

Comme l’a annoncé le secrétaire général au ministère national des affaires étrangères lors de son passage dans la ville, le formulaire coute 20 dollars et le prix du passeport lui-même est évalué à 150 dollars américains. Il faut en plus de cela fournir un extrait du casier judiciaire et une attestation de nationalité qui ne sont pas délivrés gratuitement.

Après toutes ces démarches, la somme déboursée avoisine les 250 dollars américains, soit 83,3 jours de travail pour un travailleur congolais qui touche le SMIG (chiffre obtenu en divisant 250 par 3, se basant sur le SMIG congolais qui devrait passer de 1 à 3 dollars américains cette année).

Certaines personnes parmi ceux qui ont la possibilité de s’octroyer ce document se réjouissent de cette nouveauté, ce qui est normal quand on sait qu’il fallait jusque-là se déplacer physiquement jusque dans la capitale pour obtenir un passeport.

La crainte reste encore et toujours la même : voir les agents commis à la tâche de saisie des données des solliciteurs commencer à exiger des pourboires pour accélérer les formalités qu’ils feraient trainer eux-mêmes.

Ce que je trouve bizarre dans l’affaire c’est que très peu de congolais se plaignent du prix exorbitant exigé pour l’obtention du passeport et autres documents officiels. A en croire qu’on raconte des histoires lorsqu’on affirme que le congolais compte parmi les plus pauvres de la planète.

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Plusieurs cas de choléra détectés dans la ville

Publié le 23 août 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Un enfant transportant de l'eau dans une rue de Goma

Ce n’est plus un secret pour personne. Plusieurs cas de choléra sont signalés dans des centres hospitaliers et hôpitaux de la ville de Goma. Au centre de santé Notre-Dame du Mont-Carmel par exemple, six cas par jour en moyenne sont transférés soit à l’Hôpital général de référence de Goma, soit au centre de santé Buhimba1, car ce sont les seuls habilités à traiter ces cas.

Une infirmière que j’ai rencontré et qui souhaite garder l’anonymat explique que cette situation est due au manque de traitement de l’eau puisée directement au lac : « La Regideso ne parvenant plus à approvisionner de l’eau potable à toute la population, elle est obligée de s’approvisionner elle-même au niveau du lac. D’où cette recrudescence de cas de choléras dans la ville ».

La baisse du niveau d’eau pendant la saison sèche, les pannes intempestives survenues au niveau des pompes sont les raisons qu’évoquent les responsables de la Regideso. Ce qui est drôle dans cette histoire, c’est qu’un calme étrange est observé dans le chef de l’autorité provinciale. Après plus de deux semaines, pas de déclaration officielle d’épidémie, ni aucune précaution n’est envisagée afin d’y palier.

Une chose est certaine, les habitants de Goma continueront à subir les conséquences de l’état lamentable de nombre d’entreprises publiques en République démocratique du Congo à l’instar de la Regideso qui peine à en finir avec la négligence, l’incompétence et la corruption dans ses couloirs.

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Les enfants naissent et grandissent dans la prison centrale

Publié le 13 août 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Des enfants dans une prison de Bukavu

Sur la photo, on distingue deux petits enfants. Le premier est âgé d’à peine un an et l’autre a deux ans. Les deux vivent à la prison centrale de Bukavu. Ils y sont parce que simplement leurs mères ont été incarcérées pour injures et vol. Et comme les enfants tétaient encore, ces mères ont préféré les amener avec elles en prison.

Dans la prison centrale de Bukavu, qui a une capacité d’accueil de 300 personnes selon son directeur, il y a environ 800 personnes qui s’entassent. A Bukavu, comme ailleurs en RDC, les conventions internationales relatives aux conditions de détention pourtant ratifiées par l’Etat congolais peinent à entrer effectivement en application.

« Je suis condamnée à trois ans de prison et je ne pouvais pas laisser mon petit enfant à la maison », me confie Marie-Jeanne, l’une des détenues. Dans cette prison, les détenus survivent grâce aux aides des églises et des organisations philanthropiques. « Il nous arrive de passer deux jours sans rien mettre sous la dent. À la maison, mon mari s’arrange toujours pour me trouver de la bouillie à donner à l’enfant », renchérit-elle.

Ces deux gamins ne sont pas les seuls à vivre dans cette prison, il y a deux mois, une femme détenue avait accouché dans sa cellule. Pourtant elle y est encore restée un mois pour purger sa peine malgré son état d’après accouchement. Se retrouver en prison en RDC équivaut à prendre un couloir de la mort. On n’a plus aucun droit et on se retrouve privé de dignité en plus de sa liberté. Pendant que les ONG crient dans le désert pour susciter l’attention des dirigeants sur cet état de choses qui ternit l’image du pays, ces derniers semblent occupés à autre chose.

Je suis bien tentée de reprendre les propos d’Hillary Clinton dans une interview accordée à la radio Okapi lors de son passage il y a quelques jours à Kinshasa : « La construction de routes est un objectif de développement très important pour ce pays. Mais la bonne gouvernance l’est aussi, tout comme la protection des droits de l’Homme ou l’édification d’un système judiciaire indépendant, une presse libre, des institutions démocratiques qui tiennent longtemps… Vous pouvez être un pays doté de routes, qui prive toujours sa population des Droits de l’Homme, qui n’a toujours pas de développement économique, de sorte qu’il n’y a ni biens ni services qui circulent sur ces routes… »

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Hillary Clinton en RDC : les USA promettent des pansements aux congolais

Publié le 12 août 2009 dans Dessins par

Hillary Clinton en visite en république démocratique du Congo

Hillary Clinton a quitté Kinshasa ce mardi après une visite qui l’a mené tour à tour à Kinshasa la capitale et à Goma, chef de la désormais très célèbre province du Nord-Kivu. La bonne gouvernance et la lutte contre les violences sexuelles sont les deux principaux sujets sur lesquels s’est attardée la secrétaire d’Etat américaine qui a exprimé le vœu de voir arrêtés et condamnés les militaires responsables de violences sexuelles.

Elle a en outre indiqué avoir eu une « discussion très franche » avec le président congolais et a par ailleurs annoncé un financement de 17 millions de dollars américains, somme destinée à la formation de femmes policières, et à l’aide médicale et psychologique pour quelque 10.000 victimes de violences sexuelles.

Hillary Clinton a en outre estimé que la RDC « a besoin d’une armée bien payée et entraînée, qui protègera la population, et n’éprouvera pas le besoin de se nourrir sur son dos ».

Tous ces problèmes relevés sont bien réels mais j’ai tout de même un petit pincement au cœur et j’éprouve une certaine déception quant au fond même de l’ensemble du message de la secrétaire d’Etat. En parlant des viols et autres conséquences des conflits armés à l’est de la RDC, elle oublie ou omet volontairement de mentionner les vraies causes de ces atrocités qui sont le trafic d’armes et de minerais dans cette zone au sol riche. Une attaque de plus contre les conséquences, une nouvelle promesse d’argent pour financer des pansements, mais rien de durable pour soigner définitivement la maladie.

Sans vouloir défendre les dirigeants congolais qui se distinguent plus par leur prédation et leur course effrénée pour l’enrichissement rapide que par une bonne gestion de leur pays, je pense que parler du drame Congolais sans pointer clairement du doigt toutes les multinationales tant américaines qu’européennes qui profitent du désordre qui prévaut dans les Kivu pour se procurer du minerais lowcost est une grave omission.

Pour que la paix se rétablisse en RDC, je pense qu’il est important que tous les responsables directs et indirects de cet imbroglio meurtrier soient clairement identifiés et reconnus comme tel. Je rêve du jour où la Cour pénale internationale s’attaquera aux fournisseurs d’armes et de munitions en plus des acheteurs qui les utilisent sur la population congolaise.

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