Vous parcourez les archives de Kinshasa

Après les magistrats, au tour des fonctionnaires

Publié le 6 août 2009 dans Dessins par

Joseph Kabila révoque et envoie à la retraite des fonctionnaire de l'Etat

Et de deux ! Après les magistrats, le balai contre les corrompus vient de frapper des agents de la fonction publique. Au total, ce sont 1212 agents de l’Etat qui sont soit révoqués, soit mis en retraite. Ce coup de balai au sein de la fonction publique se fait apparemment avec l’accord du conseil de discipline du ministère de la Fonction publique. Les personnes révoquées sont accusées d’avoir commis des fautes constitutives de manquement grave ou d’avoir écopé, au moins une fois, d’une peine de servitude pénale supérieure à 3 mois.

Cette affaire me met un peu dans l’embarras. Je suis comme on dit chez moi « un peu content » de voir que le président de la république voit et s’attaque enfin à cette corruption et cette confusion qui a toujours existé au Congo entre le bien privé et le bien public. Cette gestion honteuse et catastrophique de la chose publique, on en parle enfin en de termes clairs.

D’autre part, je dois admettre que ce n’est pas la première fois que des fonctionnaires se font éjecter. En fouillant dans mes souvenirs, il me revient que lorsqu’il était au pouvoir, Mobutu avait assez souvent nettoyé autour de lui. Laurent-désiré Kabila avait lui aussi frappé peu après sa prise de pouvoir, allant jusqu’à faire coffrer Bemba Saolona, le géniteur de Jean-Pierre Bemba, leader du MLC, actuellement en séjour dans les geôles de la Cour pénale internationale. A l’époque, monsieur Saolona est ministre de l’économie. Je me souviens qu’il était question d’une affaire d’argent public déplacé. Jusqu’à sa mort – paix à son âme – il était sénateur.

Cette fois-ci, pas de procès, ni d’emprisonnement. Les fonctionnaires incriminés, s’il est vrai qu’ils ont dérobé l’argent de l’état, il est autant vrai que pendant ce break, ils ont la possibilité de dépenser l’argent qu’ils se sont amassés, en attendant une autre restructuration qui leur permettra de se recycler et de revenir aux affaires dans un autre secteur, mais toujours avec le même employé : l’état congolais. Ce n’est qu’une question de temps. Au Congo, dans ce genre d’affaires, l’histoire a plutôt tendance à se répéter.

Question : qui remplacera ceux qui se font mettre dehors aujourd’hui et quelles garanties qu’ils feront la différence ?

Corruption à tous les niveaux

Je tiens à rappeler que la corruption n’est pas la chasse gardée des fonctionnaires de l’état. Bon nombre de congolais corrompent ou se font corrompre. Involontairement ou de notre plein gré, nous y passons tous, en partant de l’élève à l’école primaire qui apprend très jeune que plutôt que de réviser ses notes, il est préférable d’apporter des cadeaux à son enseignant pour avoir de bonnes notes. On peut évoquer également les institutions d’enseignement supérieur où, plutôt que d’avoir un cerveau plein, il vaut mieux avoir un sac plein d’argent – volé ou gagné – pour ses enseignants (Les filles ont toujours la possibilité de payer en nature…). Cette boucle n’exclut pas le citoyen lambda qui préfère donner un bakchich à un agent de police, plutôt que de se doter de documents de bord en règle pour sa voiture et respecter la loi.

Comment faire pour éradiquer ce démon de la corruption qui traine dans les rues de toutes les villes de la RDC ? Une équation difficile à résoudre. Depuis des lustres, des corrompus en remplacent d’autres aux commandes. Cette-fois est la bonne ? Cette lutte contre la corruption dont on parle aujourd’hui ira-t-elle au-delà des discours et entrainera-t-elle un changement structurel des mentalités ? Autant de questions auxquelles il est difficile de répondre aujourd’hui. L’avenir nous en dira plus…

Petite leçon de Lingala

Dans la langue que je parle depuis mon enfance, on désigne un corrompu, un voleur ou toute personne peu honnête par le mot « Moyibi ». Actuellement, ce mot qui sonne mal n’est plus trop utilisé. Pour corrompu ou voleur on dit : Débrouillard, coopérant, courageux, Shekouleur, Libangiste…

Mots-clés : , , , ,
41 commentaires »

Combattre la corruption, une nécessité en RDC. Mais comment faire ?

Publié le 27 juil 2009 dans Dessins par

Les magistrats congolaises introduisent un recours auprès du président de la république

Le président Joseph Kabila a signé le 15 juillet dernier une série d’ordonnances portant révocation et mise à la retraite des magistrats jugés médiocres et corrompus. La CENCO dénonçait dans le même temps une faiblesse de l’autorité de l’Etat et une confusion entre le bien public et personnel. « Des gouvernants, des gestionnaires de la chose publique et des hommes d’affaires malhonnêtes s’adonnent à un enrichissement éhonté, injustifiable par rapport à ce qu’ils gagneraient loyalement », dénonçait Mgr Nicolas Djomo, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo.

Cette action pourrait donner l’illusion d’une lutte contre la corruption mais tout congolais averti est sans ignorer que la corruption, érigée en mode de fonctionnement depuis des années, atteint des proportions inquiétantes. Les magistrats sont visés cette fois-ci, mais quel sera donc le sort des autres fonctionnaires véreux ? Verrons-nous cette épée qui tranche la gorge aux magistrats agir sur les policiers, militaires, gestionnaires d’entreprises publiques, ministres et autres qui nagent dans la corruption et qui bloquent de ce fait le développement de la RDC ?

La CENCO dénonce la corruption en RDC

Tout un système corrompu
J’ai récemment demandé à ma famille d’accueillir une amie française qui aimerait visiter le Congo. Dans son dossier de demande de visa, elle doit entre autres fournir une attestation d’accueil (prise en charge). Ne voulant pas passer par les circuits parallèles, je leur ai exigé le respect de la procédure légale. Sans trop de surprise, trois semaines après le lancement de ladite procédure, toujours pas de prise en charge et déjà 65 dollars américains dépensés ! Je ne compte même pas les kilomètres et les heures passées à circuler entre les différents bureaux pour des légalisations qui n’en finissent pas.

Le périple pour obtenir l’attestation d’accueil :

Première étape : Le bureau de commune.
Somme à payer : 20 dollars américains
Un document est établi alors, certifiant que vous résidez bien dans la commune et que vous vous engagez à recevoir un hôte venu de l’étranger.

Deuxième étape : le bureau des services d’immigration sur le boulevard du 30 juin, dans la commune de la Gombe.
Somme à payer : 25 dollars américains
Les services d’immigration apposent un sceau certifiant qu’ils sont au courant de l’entrée prochaine d’un ressortissant étranger sur le sol congolais et qu’ils savent où cette personne va habiter.

Troisième étape : Un autre bureau de l’immigration, cette fois-ci derrière les bâtiments de l’Ex Kin Mazière.
Somme à payer : 20 dollars américains
On ne sait pas vraiment pourquoi, mais il faut payer et attendre que l’on vous appelle pour retirer le document. Et là, un fonctionnaire vous propose de payer le double de la somme pour voir la procédure accélérée. En cas de refus de s’acquitter de ce bakchich, votre dossier est enterré. Il faut attendre plusieurs semaines pour le recevoir. Il est même possible qu’il disparaisse et que vous ayez dépensé tout votre argent et votre temps pour rien.

Le plus irritant dans ce genre d’affaires c’est que, plutôt que de suivre cette longue et pénible procédure, vous pouvez tout simplement vous rendre à la dernière étape, payer le total de la somme engagée à un seul fonctionnaire et recevoir votre document le jour même.

Des mesures draconiennes s’imposent pour nettoyer cette société corrompue mais la tâche est loin d’être facile. En visitant la Géorgie il y a quelques mois, j’ai découvert un pays qui était presqu’aussi corrompu que le mien et qui a lutté contre ce mal. Les choses ne sont pas parfaites, mais le président Saakashvili n’a pas hésité à virer toute la police et à la remplacer par du sang neuf. Il y autant un besoin de nettoyage de fond en RDC. Il faut beaucoup de courage pour le faire, mais c’est un passage obligé avant d’espérer un redressement de la situation.

Mots-clés : , , , , ,
71 commentaires »

Le problème FDLR prendra-t-il fin un jour ?

Publié le 25 juil 2009 dans Dessins par

Les FDLR et le pillage de la république démocratique du Congo

La question se pose effectivement, sachant qu’en étant sur le sol congolais, les rebelles hutus exploitent sol et sous-sol et tirent profit de cette situation chaotique qui prévaut à l’est de la RDC. La question se pose également en sachant qu’au-delà du discours officiel qui appelle les FDLR à déposer les armes et à rentrer chez eux, le gouvernement rwandais n’a aucun intérêt à ouvrir les portes du pays à ceux qu’il accuse de génocide et qui, dans l’éventualité d’un retour au Rwanda, constitueraient un danger permanent pour le régime en place.

Et si le problème FDLR devait perdurer ? Et si la présence de ce mouvement sur le sol congolais constituait un fond de commerce, autant pour le Rwanda, les FDLR eux-mêmes et les multinationales qui profitent des minerais low cost, produits de ces conflits armés qui durent depuis des années ?

Quinze ans après le génocide rwandais, ça tire, ça tue et ça viole encore à l’est de la RDC. Le cycle infernal d’attaques des FDLR sur des populations civiles congolaises, l’intervention de l’armée rwandaise et les opérations conjointes MONUC/FARDC, plus efficaces les unes après les autres deviennent des choses normales. Rapports et alertes s’empilent mais rien n’y fait.

Pendant ce temps, les minerais (coltan, étain, or, uranium…) sortent tous les jours du Congo et transitent par les pays voisins et finissent dans les industries des grandes démocraties. Le fruit de ce pillage revient au Congo sous forme « d’aide au développement », de médicaments et de programmes humanitaires pilotés par des ONG provenant des mêmes pays pompiers/pyromanes, consommateurs de matières premières et fournisseurs en armes des différents mouvements armés.

Qui blâmer dans cette histoire ? Tous, en partant des congolais qui tirent leur épingle du jeu et qui profitent de cette période trouble pour amasser des richesses personnelles, en passant par les « hommes d’affaires » des grandes démocraties qui profitent de ce chaos pour faire des bénéfices et en n’oubliant pas bien sûr tous ces voisins de la RDC qui servent de lieux de transit pour les minerais pillés.

Mots-clés : , , , , , ,
6 commentaires »

Les avoirs Mobutu en Suisse reviendront finalement à sa famille

Publié le 15 juil 2009 dans Dessins par

Les avoirs Mobutu en Suisse reviennent finalement à sa famille

C’est officiel, les avoir du « roi du Zaïre » qui trainaient en Suisse seront remis à ses héritiers et non pas à la république démocratique du Congo. Ce sont 7,7 millions de francs suisses (près de 5,2 millions d’euros) qui ne bénéficieront pas à la population congolaise mais bien à la famille de celui aura été aux commandes du pays 32 ans durant et qui l’aura conduit droit au mur.

Je m’interroge aujourd’hui sur la valeur symbolique de la décision du ministère public de la confédération Suisse de ne pas remettre ces millions à l’état congolais. En essayant de me renseigner, je ne vois nulle-part mentionné le montant exact du salaire de Mobutu. Difficile donc de calculer en combien de temps il aurait pu réunir une telle somme en économisant une partie de son salaire « officiel » de dictateur.

Cet argent, n’est-il pas le fruit de détournements massifs et d’une gestion honteuse et catastrophique de l’ancien Zaïre ? N’est-ce pas là le gain provenant d’une confusion entre le bien personnel et le bien public ? Ne parlons-nous pas dans cette affaire de millions qui auraient échappé à tous ces congolais qui, sous le règne du maréchal et de son clan, n’auront pas eu droit à une vie décente, à l’éducation et à un accès à la santé ?

Les commentaires sont nombreux par rapport à cette affaire mais nulle-part je ne vois mentionné le fait que ce soit à la république démocratique du Congo qui voit échapper cet argent de payer des dettes contractées par le régime zaïrois. L’homme fort du Zaïre et son entourage auront empoché des milliards détournés ou empruntés au nom de la population congolaise. Ses héritiers profiteront de ce qu’il n’a pas pu dépenser de son vivant et ce sont les congolais des générations à venir qui devront payer les dettes de la banque mondiale.

Le Congo est loin de faire exception, même si sa situation de pays au sol et au sous-sol riches et aux habitants pauvres compte parmi les plus spectaculaires. L’histoire a plutôt tendance à se répéter sur le continent africain depuis les « indépendances ». Encore et toujours le même scenario. Les dettes contractées par les colons noirs et qui retournent dans les banques des pays dits « démocratiques » et donneurs de leçons de démocratie aux africains deviendront le fardeau des citoyens lambdas, qui devront payer de leur sueur et de leur sang pour des accords conclus entre hommes forts.

« Car celui qui a recevra encore, et il sera dans l’abondance. Mais celui qui n’a rien se fera enlever même le peu qu’il a. » Ce n’est pas moi qui le dis mais la bible, livre préféré des congolais qui le dit (Matthieu chapitre 25, 14-30).

Mots-clés : , , ,
30 commentaires »

Les points sexuellement transmissibles

Publié le 6 avr 2009 dans Dessins par

Les points sexuellement transmissibles

Comment avoir un diplôme sans trop d’efforts ? Une nouvelle pratique d’impose désormais: les points sexuellement transmissibles. La pratique est bien connue dans les milieux universitaires.

Les étudiantes qui veulent réussir investissent dans les mini-jupes, bodies moulants ou en pantalons collants et imposent désormais une nouvelle monnaie d’échange contre les points. Plutôt que de réviser leurs notes ou d’aller passer leur temps dans les bibliothèques sans livres, elles préfèrent trainailler dans les rues et faire la tournée des bureaux de leurs enseignants qui ont l’air d’apprécier ce nouveau mode de transmission de points.

Avec cette pratique bien connue mais taboue, l’adage « Eduquer une femme, c’est éduquer une nation », vit une période difficile en RDC.

Mots-clés : , , , , ,
11 commentaires »

Assemblée Nationale : la suite après Vital Kamerhe

Publié le 31 mar 2009 dans Dessins par

Tractations au sein de l'AMP pour désigner un nouveau président pour l'Assemblée Nationale

Après la démission de Vital Kamerhe, l’heure est au renouvellement du bureau de la chambre basse du Parlement congolais. Des tractations sont déjà en cours au sein de certains groupes parlementaires, pour le renouvellement du bureau de l’Assemblée.

Une chose est sûre, ceux qui prendront la tête de cette institution devront tirer des leçons du sort de l’actuel bureau.

Le nouveau président et son bureau devront la fermer et obéir aux ordres du chef, s’ils ne veulent pas finir comme leurs prédécesseurs, poussés à la démission à cause des propos du président de l’institution qui interrogeait, un peu trop, selon la majorité proche du président Kabila, sur les opérations militaires rwando-congolaises de traque aux FDLR.

Illustration : Patou Bomenga

Mots-clés : , , , , , ,
0 commentaire

Goma : Congolais débrouillards, vendeurs de beignets

Publié le 31 mar 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Vendeur ambulant de beignets dans une rue de Goma

Pas besoin de suivre des cours de marketing dans des grandes écoles, pour se lancer dans la débrouille, activité vitale de la plupart des congolais. L’imagination suffit amplement. Les Gomatraciens l’ont prouvé. Papy, vendeur ambulant de beignets appelés localement «Ndazi», que j’ai croisé dans les rues de la ville, a accepté de me parler de son quotidien.

Ce jeune homme ne connaît pas son âge. Il n’a pas connus ses parents, décédés suite à un accident de circulation, juste quelque mois après sa naissance. « Mon oncle, chez qui j’ai pratiquement grandi ne m’a jamais dit quand est-ce que je suis né » me raconte-t-il. Tous les matins il récupère sa marchandise chez «sa boss», une dame qu’il qualifie d’exceptionnelle parce qu’elle lui verse régulièrement un salaire.

Depuis un bon moment à Goma, il s’est développé une méthode marketing permettant d’aller à la rencontre des clients pour mieux écouler sa marchandise. Les commerçants recourent de plus en plus à des vendeurs ambulants sous-traitants. La patronne de Papy emploie dix jeunes. « Très tôt le matin nous trouvons les Ndanzi déjà prêts et emballés dans des sachets. Chacun récupère vingt sachets par jour. Nous sommes obligés de vider tout le stock fourni, car la paie est proportionnelle à la vente, soit 30 % des ventes », explique Papy.

En ce qui concerne l’itinéraire du jour, ça se discute chaque matin. Tous les vendeurs se retrouvent avant de descendre en ville et discutent sur les axes à prendre. Papy gagne 2 400 francs par jour. « Avec mon argent, je m’achète la bouffe d’une valeur de 1000 francs, le reste je l’économise », confie le jeune, fier de lui.

Quant aux difficultés, elles ne manquent pas. Rencontrer des policiers est la chose la plus désagréable qui puisse arriver à Papy et à ses compères. Des ambitions et des projets, Papy en caresse aussi. Il envisage se marier. Il a une fiancée réservée d’avance au village par son oncle. « Je n’ai pas besoin de l’argent pour la dotte, mon oncle le fera pour moi. L’essentiel c’est de pouvoir construire un foyer », conclut-t-il.

Mots-clés : , , , ,
2 commentaires »

Kinshasa : Taxi-bus, le transport du pauvre

Publié le 31 mar 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Un taxi-bus Kinois vu de l'intérieur

Le taxi bus, «ngombol», comme les appellent les Kinois est le moyen de transport le plus utilisé des Kinois. Le confort et la sécurité ne sont pas des obligations. Souvent, marchandises et passagers sont entassés. Il y a quelques semaines, je suis montée dans un taxi-bus et dès que j’y posais le pied, je regrettais de n’avoir pas attendu un taxi. Il y régnait une odeur de «bitoyo», ce poisson salé dont la province du Katanga a le secret. Sous le banc en bois, sur lequel trois autres personnes étaient déjà installées, des clients avaient coincé des sacs de marchandises. Conséquence, je ne savais pas où placer mes jambes.

Le taxi-bus n’étant pas très grand, il y régnait une promiscuité désagréable. Le propriétaire du véhicule, voulant sans doute transporter le plus de « têtes » possibles, a calé les bancs si près les uns des autres, que le voisin de devant est pratiquement assis sur vos genoux. Encore heureux qu’il n’y ait plus que quatre passagers par bancs au lieu de cinq, comme c’était le cas il n’y a pas si longtemps.

Après avoir parcouru de longues distances à bord de ce genre de véhicules, sur des routes aussi mauvaises que celles de Kinshasa, on a l’impression d’avoir le derrière en béton. Pour prévenir ce malheur, on se sent obligé de gigoter toutes les 5 minutes, prenant la liberté de déranger un peu le voisin. Finalement, n’y tenant plus, je suis descendue avant mon arrêt, préférant changer de véhicule plutôt que de supporter cette situation plus longtemps.

Ainsi va la vie à Kinshasa. Pendant que les gens du pouvoir se baladent en 4×4 climatisés, la population, dans la misère, continue à trimer. Chacun essayant de s’en sortir au mieux. Dans ces conditions, comment condamner celui qui récupère un véhicule de livraison, y place des bancs en bois, puis se lance dans le transport en commun pour avoir de quoi manger tous les jours ?

Mots-clés : , , , ,
11 commentaires »

Et si les femmes prenaient le contrôle au Congo ?

Publié le 30 mar 2009 dans Dessins par

Les femmes aux commandes en république démocratique du Congo

La pauvreté qui sévit en République démocratique du Congo lance une nouvelle forme de rébellion. Il ne s’agit pas de celle qui fait la une de tous les médias, avec des armes, rebelles ou encore déplacés. Ces nouvelles batailles, souvent violentes, se déroulent au sein des ménages. Le schéma classique selon lequel le père sort travailler tous les matins pour rapporter la ration du jour (madessou ya bana) se désintègre progressivement.

Exacerbées par la crise et la misère qui perdurent, les femmes congolaises prennent désormais les commandes, mettant hors-jeux les hommes. Il suffit de faire un tour dans les marchés de toutes les villes de la capitale pour se rendre compte de la prise en main des affaires par les dames. Petits commerces et toutes les autres formes de débrouille sont bons pour nourrir le foyer. Dans les rues, elles vendent du pain, des arachides, des racines aphrodisiaques, bref, tout.

Elles sont omniprésentes dans la l’agriculture et le petit commerce. Elles occupent une place prépondérante et croissante à tous les niveaux des activités de production et de commercialisation agricoles. Et pourtant, les mamans congolaises sont loin de prendre autant les mannettes en ce qui concerne les responsabilités au sein des institutions politiques. Gouvernement, parlement et autres institutions semblent encore être la chasse gardée des hommes.

Si la prise en main du bateau familial par les femmes fait ses preuves, qui sait si les choses n’iront pas mieux en RDC si les femmes prenaient carrément le contrôle ?

Ba mamans, tozali sima na bino…

Illustration : Kash

Mots-clés : , , , , , ,
55 commentaires »

Kisangani: Traditions autour du mariage coutumier

Publié le 30 mar 2009 dans Kisangani par Boyomais

Mariage coutumier à la congolaise

Le mariage à Kisangani obéit encore à des diverses normes et procédures coutumières et traditionnelles. Je m’en suis rendu compte lors du versement d’une pré-dotte à la famille de ma fiancée il y a quelques semaines.

En république démocratique du Congo, chaque tribu ou ethnie ases spécificités et des exigences. Dans tous les cas, il est recommandé au futur fiancé de se présenter à sa belle famille accompagné de sa propre famille pour s’enquérir des biens exigés pour la dotte.

« Le futur époux ne peut convenablement verser la dot que s’il a reçu en amont la liste des biens exigés pour ladite dot lors du versement de la pré-dotte qui consacre les fiançailles » m’a expliqué Papa Alphonse, mon grand-père paternel qui m’a servi de coach à toutes les étapes.

La liste des biens exigés en échange de la future mariée est bien fournie : Panier de manioc, quelques régimes de bananes, l’huile de palme, quelques casiers de bière et de boissons sucrées, des poules ou une chèvre mais aussi une somme d’argent.

« Ce n’est qu’après la validation de la liste des biens par la fiancée que sa famille peut donner la liste des biens à la famille du futur époux. Le fait que la fiancée prenne l’enveloppe contenant la somme d’argent et la donne au représentant de sa famille signifie qu’elle a donné son accord » renchérit le grand-père.

Malheureusement, les effets de la publicité et de la modernité poussent actuellement certaines familles à inscrire sur la liste des biens qui n’ont rien à voir avec leurs traditions. Les mariages deviennent une occasion de faire du profit. La somme de la dotte qui était juste symbolique devient de plus en lus exorbitante, ce qui rend la tâche difficile pour les jeunes qui veulent convoler en justes noces.

Me concernant, les choses se sont bien déroulées et je m’en suis plutôt bien sorti. Prochaine étape après le coutumier : mariage officiel et religieux.

Mots-clés : , , , , ,
6 commentaires »