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Business autour de la prochaine éclipse solaire

Publié le 23 déc 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Un panneau d'annonce d'une éclipse solaire à Kinshasa

Des panneaux d’annonce de l’éclipse lunaire qui devrait se produire le 15 janvier 2010 sont visibles dans différents coins de la capitale congolaise. C’est le cas de celle-ci que j’ai pu prendre en photo et qui est placé entre les communes de Lemba et Matete.

Sur les panneaux, des détails sont donnés sur l’heure à laquelle devrait avoir lieu l’éclipse dans chaque ville du pays. Il y figure aussi un conseil : « Ne regardez pas l’éclipse sans lunettes appropriées. Cela peut entraîner des lésions des yeux ».

Curieux, j’ai appelé le numéro affiché sur le panneau. « Oui monsieur, nous vendons les lunettes ici. Une paire revient à 2800 FC et si tu paies plusieurs paires, on te fera une réduction », m’a-t-on répondu à l’agence qui s’occupe de la commercialisation des lunettes de protection.

Ce que je trouve surprenant c’est de voir la campagne de sensibilisation menée par une agence privée qui en profite en même temps pour se faire du chiffre par la vente des lunettes de protection dont on ne peut même pas vérifier l’efficacité. Aucune campagne officielle de sensibilisation jusque-là et les médias ne semblent pas non plus s’intéresser à la question.

Encore une fois, il faudra compter sur la débrouillardise des congolais pour se protéger. Je me souviens de la ruée vers les vieux clichés de radiologie lors de la dernière éclipse. Avec du fil de fer, ces plaques en plastique servaient à fabriquer des lunettes de protection anti-éclipse made in Congo.

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Transporteurs de nuit ou comment échapper aux tracasseries policières

Publié le 16 déc 2009 dans Dessins par Cédric

Transporteurs de nuit ou comment échapper aux tracasseries policières

Pour échapper aux tracasseries de la police, de plus en plus de conducteurs de la capitale congolaise ne sortent que la nuit. Ils profitent alors de l’absence des roulages pour travailler en toute sérénité et en sans aucun contrôle. Les véhicules de nuit sont souvent pourris et pire, certains des conducteurs ne savent pas vraiment conduire mais profitent de la nuit pour s’essayer au volant.

C’est un système parallèle, bien plus lucratif que le transport de jour. « Je ne sors qu’à partir de 19heures. A cette heure là, les policiers sont rentrés chez eux. Il n’y a donc pas à partager avec eux mes recettes. Il y a aussi le fait que le trafic est moins dense, ce qui permet d’être plus rapide », confie Poro Samy. « Je dors le jour et toute la nuit, je sillonne les rues de la capitale à la recherche de client, sans crainte de faire des mauvaises rencontres comme on peut en faire le jour », ajoute-t-il.

Dans une ville qui vit 24h/24, cette méthode s’avère payante. La question est de savoir combien de temps ce créneau tiendra avant que les roulages ne s’organisent pour récolter leurs taxes fantômes la nuit. Connaissant la débrouillardise de mes compatriotes, ils n’auront pas trop de mal à trouver une nouvelle parade.

Comme le dit Poro Samy : « Soki bayei na butu, toko timola mabulu po na kotambola ne se ya mabele… ». Traduisez : « s’ils viennent nous traquer de nuit, nous nous échapperons en creusant des tunnels sous terre… »

Qui sait si cette affirmation augure la création de lignes de métro made in Kinshasa ?

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Un cadeau de Noël pour les conducteurs de la capitale

Publié le 16 déc 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Un cadeau de Noël pour les conducteurs de la capitale

Depuis la fin de la semaine dernière, le contrôle des documents de bord est stoppé  sur toute l’étendue de la ville de Kinshasa. Cette période dite de « courtoisie routière » s’étendra jusqu’au début de l’année prochaine. Selon l’esprit de la décision, il s’agit de permettre aux conducteurs d’avoir assez de moyens pour s’acquitter de leurs obligations vis-à-vis de l’état. Il s’agit aussi de leur offrir l’opportunité de bien passer les festivités de fin d’année.

C’est le moment de voir toutes sortes de véhicules en circulation. Même ceux qui étaient déjà déclassés reviennent sur la route. « C’est une très bonne chose. Nous allons quand même respirer. On en avait marre des tracasseries policières et des différents agents de l’Etat. On pourra maintenant faire des économies », se réjouissait un des conducteurs que j’ai rencontré.

Ce n’est pas la première fois, des opérations du genre reviennent assez régulièrement. Toute l’année, les policiers de la route jouent à cache-cache avec les conducteurs. La majorité des chauffeurs ne sont pas en règle et préfèrent lâcher quelques billets aux agents à chaque contrôle, plutôt que de se mettre en règle.

Les roulages sont les perdants dans l’histoire. Pendant près d’un mois, ils n’auront pas le droit de rançonner les conducteurs. Cette mesure constitue pour eux un manque à gagner de taille. Le malaise est d’ailleurs perceptible sur les routes. Les policiers censés réguler la circulation travaillent moins, ce qui occasionne des embouteillages monstres.

J’en connais qui attendent au tournant les conducteurs lorsque la mesure de courtoisie sera levée.

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Mwema Ndungo : « Je suis convaincu qu’un jour les choses vont changer au Congo »

Publié le 6 déc 2009 dans Diaspora par Yves Zihindula

Mwema Ndungo, un jeune écrivain congolais residant au Kenya

Originaire de la République démocratique du Congo, Mwema Ndungo vit à Nairobi au Kenya depuis trois ans. Il vient de publier Healing the Wounds (traduction : Guérir les blessures), un bouquin de 25 pages, édité par Daystar university où il poursuit des études en communication.

« Je parle de l’un des maux dont souffre l’Afrique : le tribalisme. En se basant sur l’expérience vécue en RD Congo et sur des recherches, j’essaie d’expliquer la genèse du tribalisme, comment il prend forme, comment il peut être contourné ou évité », révèle-t-il concernant le contenu de son ouvrage.

Né à Goma en 1986, Mwema Ndungo débarque à Nairobi fin 2006, après avoir interrompu des études en médecine. Il est soutenu alors, par son cousin qui l’installe et l’aide à trouver une école où il apprend l’anglais en premier, avant de s’inscrire à l’école de communication de Daystar university. « J’ai découvert ma passion. Je suis fait pour communiquer, raconter les histoires, transmettre la connaissance et il fallait bouger pour m’en rendre compte », dit-il.

Derrière les vitres de sa monture, Mwema Ndungo reconnait qu’il ne saurait écrire son livre au Congo. « J’ai tenté plusieurs fois de présenter mes manuscrits au gens et au retour il m’ont découragé. Ici, j’ai été encouragé et aidé par des éminents professeurs, voilà un peu la différence avec le Kenya. »

Des difficultés, ce jeune homme en a rencontré. Il se souvient qu’au début de son séjour à Nairobi, la langue et le mode de vie ont constituées des barrières. Il l’a fallu six mois pour intégrer la société kenyane. « Les congolais n’ont pas une très bonne réputation ici. Pour les gens qui nous entourent, nous sommes juste bons à chanter, danser et à s’habiller comme des clowns. »

Mwema Ndungo compte rentrer au pays après ses études et créer sa propre structure. « Je n’ai jamais été pessimiste sur l’évolution des choses dans mon pays. Je suis convaincu qu’un jour les choses vont changer. Seulement les congolais doivent apprendre à compter sur eux-mêmes. Il ne faut que nous arrêtions d’attendre l’aide provenant de l’étranger pour bouger les choses nous-mêmes », insiste-t-il.

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Le beau temps après la pluie ? Pas à Kinshasa

Publié le 5 déc 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Le beau temps après la pluie ? Pas à Kinshasa

Après la pluie c’est le beau temps, dit-on. Dans la capitale congolaise, ce n’est pas le cas. Kin la belle devenue Kin poubelle, offre une image propre à elle après les averses.

Il y a quelques jours, alors que je rendais visite à une amie dans la commune de Kimbaseke, je me suis fait surprendre par la pluie. Le retour vers chez moi s’est transformé en cauchemar. Les rues cabossées se sont transformées en marres. Dans ces moments, les caniveaux remplis d’ordures ne servent à rien.

Plus qu’habitués à leurs lacs en pleine ville ont développé des capacités hors du commun. Il faut les voir sauter d’une rive à l’autre.
Cette situation a donné naissance à de nouveaux métiers. A certains endroits, des chariots servent à faire traverser ceux qui ne sont pas assez courageux pour patauger dans la boue. Certains jeunes proposent leurs dos pour faire traverser qui veut, en échange de quelques francs congolais. Gare cependant aux câbles dénudés qui trainent un peu partout.

On serait presque tenté de se plaindre et de demander au ciel de ne plus déverser sur nous toute cette eau mais savoir qu’il y a des gens sur terre qui prient pour avoir quelques gouttes calme.

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Les méfaits de la guerre pèsent aussi sur l’avenir des enfants

Publié le 4 déc 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Une école en plein air à Mwenga, dans le Sud-Kivu

Là où deux éléphants se battent, c’est l’herbe qui en pâtit, disent les anciens. Derrière les femmes victimes des viols et violences sexuelles, ce sont les enfants qui paient les frais de la guerre que connaît la partie est de la république démocratique du Congo.

Ecoles détruites, enseignants impayés depuis des décennies, voilà ce à quoi les enfants, avenir du pays font face dans le territoire de Mwenga, situé à près de deux cents kilomètres de la ville de Bukavu. Ici et dans d’autres villages environnants, des enseignants pour la plupart bénévoles assurent le minimum.

Quelques poutres en bois, un toit en paille, quelques bancs en bambou et un tableau noir suffisent pour improviser une salle de classe. Les moins chanceux suivent les enseignements à même le sol. La moindre intempérie sonne la fin des cours. Ici, l’uniforme n’est pas une exigence. Chacun vient comme il veut pourvu que la science soit transmise.

En guise de motivation pour les enseignants, les parents renouent avec le troc. « Nous donnons aux enseignants des produits de nos champs ou du bétail comme prime. Moi je donne chaque mois pour mes deux enfants, quatre mesures de haricots et un régime de banane », confie Musombwa, un cultivateur qui a deux enfants à l’école primaire.

Pour financer les études de ses enfants, Mukambilwa qui est creuseur artisanal d’or dans la cité de Kamituga paie en Mushale (un petit bout d’or de la taille d’une tige d’allumette). Le Mushale d’or se vend à cinq ou dix dollars américains.

Les autorités de la région visitent régulièrement ce territoire mais elles ne semblent pas se préoccuper de la situation difficile. Ils sont sans doute trop occupés à veiller sur les carrés miniers privés qu’ils possèdent dans le coin. A chaque passage, la population est arrosée de nouvelles promesses qui attendront dans doute longtemps avant de se concrétiser.

En quittant la région, les radios locales annonçaient que l’ONG néerlandaise Cordaid allait reconstruire les écoles. Un autre exemple qui illustre l’inexistence d’un Etat, dont le rôle est récupéré par des ONG étrangères. Un paradoxe dans une zone riche en minerais.

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La vie chère, les Kinois s’en plaignent

Publié le 3 déc 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Un tableau d'affichage du taux d'échange dans une rue de Kinshasa

Le dollar américain se négocie à ce jour autour de 900 francs congolais. Mais la tendance est déjà à la hausse. Dans certains coins, les tableaux affichent 910 ou 920 FC pour 1 dollar. Cette situation alimente toutes les conversations à Kinshasa étant donné que cette dépréciation du franc congolais face à la monnaie américaine a un impact direct sur les prix des biens et services.

Le prix du carburant connaît une hausse d’environ 20% à la pompe. Le coût du transport en commun déjà très difficile a pris l’escalier. Les produits de première nécessité ne sont pas en reste. Une maman que j’ai rencontré ce matin, visiblement dépassée par la situation n’a eu que ces mots « Nous, nous n’avons pas à dire. Nous sommes devenus des spectateurs. C’est la jeunesse qui dirige, nous l’observons. »

Un gobelet de riz qui se négociait à 500 Francs Congolais revient actuellement à 800 FC. Celui de haricot revient aujourd’hui 900 FC alors qu’il ya peu il se vendait à 700 FC. La mesure de farine de maïs se vend actuellement à 600 FC alors qu’elle coutait 400FC.

Cette tendance à la dépréciation n’est pas nouvelle mais ce que qui est drôle c’est que du côté des officiels, on se cache désormais derrière la crise économique mondiale.

Personne n’a l’air de reconnaître que cette hausse des prix des denrées de première nécessité est en grande partie due au fait que des produits agricoles pourrissent dans les zones rurales faute de routes pour les acheminer dans les centres urbains.

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Prolifération des pharmacies de fortune

Publié le 3 déc 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Une pharmacie de fortune à Lubumbashi

La ville de Lubumbashi compte un bon nombre tenanciers des pharmacies qui n’ont pas qualité et compétence pour exercer la profession de pharmacien. Certains vendeurs des produits pharmaceutiques ne sont même pas capables de lire une ordonnance prescrite par un médecin.

Ceux qui ont reçu une formation appropriée tirent la sonnette d’alarme, mais en vain. « Les pharmaciens improvisés doivent arrêter car ils mettent des vies humaines en danger », déclare Mr. Nico Mwabilayi, pharmacien de formation. « Il faudrait qu’ils soient formés pour acquérir les compétences nécessaires », ajoute-t-il.

Implantées dans plusieurs coins de la ville, ces pharmacies de fortune ouvrent leurs portes tôt le matin les ferment tard dans la nuit. On y retrouve généralement des produits d’appoint comme l’Aspirine ou encore le Paracétamol. Pour quelques billets de plus, on peut même se procurer des produits normalement soumis au strict accord d’un médecin, sans avoir besoin d’exhiber quelconque ordonnance.

A Lubumbashi comme ailleurs en république démocratique du Congo, il n’y a pas besoins d’autorisations pour ouvrir une pharmacie. Tout le monde peut se lancer dans la vente de médicaments. Il suffit d’avoir de quoi acheter des produits pharmaceutiques chez les grossistes et ensuite les revendre au détail aux gagnepetits. Ainsi, des changements de carrière spectaculaires s’opèrent régulièrement. Aucune surprise donc lorsqu’un maçon ou encore un mécanicien se reconvertit en pharmacien.

« Ce n’est pas si compliqué que ça comme métier. Il suffit de lire ce qui est écrit sur l’ordonnance et de donner le produit correspondant au client », se défend Mme Jacqueline TSHALA, tenancière d’une petite pharmacie.

Certains parmi ces pharmaciens autodidactes poussent le bouton jusqu’à pratiquer des pansements, des injections et même des perfusions.

Au pays de la débrouille, tout est possible, même dans le domaine de la santé.

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Quelques photos du dernier crash de Goma

Publié le 25 nov 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Crash d'un avion de la compagnie CAA à Goma 1

Nous vous parlions il y a quelques jours du crash de l’avion de la CAA à Goma. Comme on le voit bien, l’accident était assez violent. La carlingue traine encore sur l’amas de lave qui couvre une bonne partie de la piste d’atterrissage. Pas de souci à se faire si les propriétaires de l’avion ne se dépêchent pas de déplacer les restes. On peut faire confiance à tous les débrouillards des environs qui vont se charger de désosser méticuleusement l’épave.

Crash d'un avion de la compagnie CAA à Goma 1

Crash d'un avion de la compagnie CAA à Goma 1

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Transport lacustre : l’argent d’abord, les vies humaines après

Publié le 25 nov 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Transport Lacustre : l’argent d’abord, les vies humaines après

Dans les pirogues qui effectuent des navettes entre Bukavu et l’île d’Idjwi ou entre Bukavu et la presqu’île de Birava, la priorité est accordée d’abord aux marchandises, plus intéressantes que les passagers aux yeux des transporteurs.

Alors que la traversée coûte 1 dollar pour chaque passager, il faut payer 2500 francs congolais (un peu moins de trois dollars) pour un sac de farine et 1500 francs pour une caisse de bière. Après le chargement des marchandises, les gens peuvent alors embarquer à leur tour se trouver chacun une place en ordre dispersé au dessus de sacs et des caisses. Le voyage dure une heure environ.

Pour Louise qui accompagne sa mère pour la première fois, c’est un vrai calvaire : « ce n’est pas possible, je plains ma mère qui effectue très régulièrement des traversées. A l’accostage, j’étais épuisée. »

La peur de voir la pirogue chavirer a hanté Paul durant toute la traversée. Le soulagement pouvait se lire sans difficultés sur le visage de cet étudiant originaire du Bandundu qui allait à Idjwi pour des recherches : « j’avais l’impression que la pirogue allait se renverser à cause de la surcharge. J’ai même vu quelques régimes des bananes tomber dans le lac quand la pirogue bougeait. »

Des accidents surviennent assez régulièrement sur ce tronçon. A l’association des armateurs le lac Kivu et à la Régie des voies fluviales, le danger que court la population  ne semble inquiéter personne. Des manifestes sont remplis et des pirogues surchargées sont autorisées moyennant dix dollars de taxe sur chaque pirogue. Comme d’habitude, personne ne voit venir le danger. C’est le jour où un accident surviendra que des mesures dites urgentes seront prises.

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