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Constructions anarchiques ou les démolitions anarchiques ?

Publié le 19 mai 2010 dans Kisangani par Boyomais

Constructions anarchiques ou les démolitions anarchiques ?

L’autorité provinciale frappe encore une fois en mettant en application des mesures visant la démolition de constructions dites anarchiques dans la ville de Kisangani.

« Nous avons des autorisations de services compétents de l’Etat pour ériger nos maisons ici et voilà, maintenant, on vient nous démolir », s’indigne un occupant d’une baraque construite juste à côté du fleuve, à l’approche des agents commis aux opérations de démolition. « Et personne ne parle d’indemnisation ! » s’exclame un autre, désespéré et ne sachant plus à quel saint se vouer.

La plupart de propriétaires de ces habitations à démolir affirment détenir des titres de propriété et autres documents les autorisant à ériger leurs constructions à cet endroit. A ceux-là, les autorités politico-administratives recommandent de la patience, avec la promesse qu’un autre site leur sera indiqué.

Dans l’entretemps, les responsables des services publics qui les avaient installés aux abords du fleuve Congo ne sont pas inquiétés. S’il est vrai que l’endroit n’est pas approprié pour des habitations, il n’en demeure pas moins normal que ceux qui y ont autorisé les constructions soient interpellés devant les instances judiciaires. Sinon, où serait passée alors la fameuse « Tolérance zéro » ?

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La vache congolaise, une espèce à part

Publié le 3 mai 2010 dans Dessins par Cédric

La vache congolaise, une espèce à part

Au premier regard, on pourrait croire qu’elle ressemble aux autres vaches. La vache congolaise a pourtant des traits qui font sa particularité. Elle est toujours propre même le ventre vide. Pour elle, paraître est plus qu’une nécessité. Même si l’étable dans laquelle elle est censée dormir est crasseuse, son pelage est toujours impeccable. Autre particularité, cette vache est très sélective. Son lait, elle ne le partage qu’avec les fermier armés et les étrangers de passage, laissant pour compte ses propres enfants qui apprennent à se débrouiller et à bouffer de l’herbe très tôt.

L’avenir, la vache congolaise s’en contre fiche, le fermier aussi. L’herbe qui sèche dans les pâturages, ils n’ont pas l’air de la voir.
Qu’arrivera-t-il lorsque la vache congolaise ne voudra plus produire du lait? je préfère ne pas savoir…

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Projets d’avenir d’un élève congolais…

Publié le 26 avr 2010 dans Dessins par Cédric

Projets d'avenir d'un élève congolais...

A Kinshasa, selon les statistiques rendues publiques par la présidente du comité provincial de l’examen d’État 2010, il y aurait 98 226 devraient passer ces épreuves en vue d’obtenir un diplôme d’État (BAC). Mais l’ironie de ce chiffre c’est que l’avenir est souvent sombre pour ces nombreux candidats qui, une fois le diplôme en poche, vont découvrir ce que c’est que l’article 15 à temps plein.

A la question de savoir quels sont leurs projets d’avenir, les plus croyants vous répondront : « Dieu féra des miracles ». Les autres entreront à l’université, histoire de passer le temps, sachant qu’il n’y aura pas plus de chance de travailler à l’issue de ces études prolongées.

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Le paradoxe des maquis

Publié le 26 avr 2010 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Des élèves à Lubumbashi

Tous les ans pendant 3 mois (de fin-mars à fin juin), les élèves en dernière année du secondaire de plusieurs écoles de Lubumbashi se réunissent dans le but de réviser leurs leçons, en prévision des épreuves des examens d’État. « Nous cachons le lieu de maquis pour ne pas être dérrangés par des visites intempestives », raconte Daniel KALALA, élève finaliste, option Math-Physique.

Plus qu’une nécessité pour préparer les épreuves des examens d’État, le maquis est une sorte de rite, un apprentissage de la vie, en dehors du cocon familial. C’est le moment d’apprendre à s’organiser seul pour la cuisine, le puisage de l’eau, la lessive… C’est aussi le moment propice aux premières expériences amoureuses et sexuelles, loin des regards des parents.

La pratique essuie de plus en plus de critiques  de la part des autorités scolaires et des parents qui estiment que les résultats obtenus à l’issue de ce retrait ne sont pas toujours ceux escomptés. La dimension financière entre également en compte. Si les maquisards se débrouillent pour cuisiner et pour exécuter les autres tâches ménagères, le financement du séjour dans le maquis coûte cher aux parents qui se plaignent parfois d’escroquerie de la part de leurs propres enfants : « Ils ne tiennent pas compte de nos moyens. Nous nous sacrifions pour payer tous les frais, mais ils gonflent toujours les chiffres et ne tiennent pas compte des revenus modestes de la famille », se plaint Monsieur MBAYO ILUNGA, père de deux élèves finalistes.

Dans bon nombre de cas, les maquisards regagnent le toit familial avec tout autre chose qu’un diplôme. Le premier contact avec la liberté se solde de temps en temps par des grossesses et d’autres expériences sans aucun rapport avec l’objectif premier des maquis qui reste la préparation des examens d’État dans la sérénité.

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Le triste sort des étudiants logés au Complexe Elungu

Publié le 31 mar 2010 dans Kisangani par Boyomais

Les images valent mieux que de longs exposés. Je vous propose un petit album photo du Complexe Elungu-Bâtiment : Situé juste à côté du Batam (bâtiment administratif de l’Université de Kisangani).

1. Le home pour étudiants dénommé "Complexe Elungu" présente un visage de désolation : bâtiment dans un état de délabrement avancé, l'insalubrité, ...

2. Complexe Elungu-Chambre : Inialement prévue pour loger trois pensionnaires, une chambre héberge aujourd'hui jusqu'à six étudiants. Conséquence : la promuiscuité, facteur favorable à la propagation rapide des épidémies ! Les appartements ambigus : juste la place nécessaire pour installer son lit.

3. Complexe Elungu-Cuisine : Ce réseau monté localement se retrouve dans presque toutes les chambres de ce home. Relié vaille que vaille à l'électricité, il aide les étudiants à préparer vite leurs repas, lorsqu'il n'y a pas délestage.

4. Complexe Elungu-Installations électriques : C'est ici la boîte centrale à partir de laquelle le courant électrique est distribué dans les chambres. L'état dans lequel il se trouve est alarmant. Mais, ici comme ailleurs au Congo, on attend gentiment les conséquences pour penser à arranger les choses.

5. Complexe Elungu Toillettes : Les toilettes de ce home ne sont pas épargnées par ce délabrement. Les étudiants logés au Complexe Elungu sont obligés de prendre bain dans une insalubrité indescriptible. Le service du patrimoine de l'Unikis est pointé du doigt accusateur.

6. Complexe Elungu-Petit commerce : Pour pouvoir couvrir les deux bouts du mois ainsi que les frais académiques et connexes, certains étudiants tiennent de petits commerces au home. Ici et là, l'on vend des produits de première nécessité, des habits, ...

Complexe Elungu-Plantation

7. Complexe Elungu-Plantation : Certains étudiants cultivent de petits champs de manioc à la fois pour l'autoconsommation et la vente.

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Sourd ou muet, pas de barrière pour apprendre

Publié le 31 mar 2010 dans Goma par Yves Zihindula

Un élève du complexe scolaire Ephata

Le complexe scolaire Ephata est le seul établissement qui encadre les sourds-muets dans la province du Nord-Kivu. Depuis sa création en 1985, les élèves et écoliers y apprennent à lire, à écrire et à s’exprimer à travers le langage des signes. Certains retrouvent même l’usage de la parole.

« La majorité d’enfants parviennent à s’exprimer grâce aux exercices auxquels nous leur soumettons, affirme John Gakuru, un de responsable de l’école, Au départ, nous avions commencés avec 9 élèves. Maintenant nous avons un effectif de 196 apprenants. Beaucoup viennent de plusieurs Kilomètres de la ville de Goma », continue t-il.

Cette école n’a seulement de particulier le fait qu’elle offre aux sourds-muets l’instruction mais, aussi et surtout par le fait qu’elle est quasi gratuite. « Etant une initiative de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) et appuyée par organisations humanitaire, nous demandons aux parents de contribuer avec un minimum de 40 dollars américains par an », déclare un des enseignants.

La fierté de cette école c’est Eric Kambale. Ce jeune homme de 24 ans, sourd-muet, a passé l’année dernière les examens d’état et a décroché son diplôme. Une première depuis la création de cette école. Il est actuellement inscrit à l’Université et s’en sort pas mal : « N’ayant pas accès à des explications des enseignants je m’arrange pour avoir les notes chez des amis. Je les copie et les lis et je m’en sors tant bien que mal », explique t-il en signe et interprété par des ses encadreurs.

Un élève du complexe scolaire Ephata

Des élèves du complexe scolaire Ephata

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Le journal en lingala facile a été suspendu pour une durée de trois mois

Publié le 25 mar 2010 dans Dessins par Cédric

Le journal en lingala facile a été suspendu pour une durée de trois mois

Décision prise par la Haute autorité des médias, HAM. L’instance de régulation des médias congolais reproche à ce journal atypique de s’écarter des normes éthiques et de déontologie du journalisme.

Ce que je trouve surprenant c’est que ce programme existe et qui est diffusé depuis 2008. Il aura donc fallu deux ans pour que la HAM réalise qu’il ne respecte pas la déontologie.

La HAM qui n’a jamais été dérangée par tous ces programmes très peu étiques, diffusés à longueur de journées sur les chaines congolaises se réveille subitement pour en censurer un.

Quel est le vrai problème derrière cette suspension?
Bien qu’atypique, ce journal en lingala facile expose le quotidien des kinois et les difficultés du quotidien. Est-ce à cause de ce côté dénonciateur que la HAM décide de suspendre cette émission ? Je peux aller plus loin en m’interrogeant sur la vraie intention qui se cache derrière ce musèlement. Et si cette émission ne réapparaissait pas au bout des trois mois ?

Tout observateur averti peut se rendre compte que les vois discordantes sont très peu supportées au Congo. Dans l’état actuel des choses, il faut faire le choix entre le silence et le métier de griot pour les « honorables » et « excellents » politiques congolais.

Je fais bien-sûr allusion à la suspension de la Radio France internationale, dont le traitement de l’information congolaise ne caressait pas l’homme politique congolais dans le sens du poil. Mesure du gouvernement : suspendre purement et simplement les programmes de cette radio, privant à tout un pays l’accès à l’actualité internationale.

Chassez le naturel et il revient au galop… Parti unique et hymnes aux chefs font peu à peu leur retour.


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Casse-tête kinois ou le calvaire des étudiants de la capitale congolaise

Publié le 25 mar 2010 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Le casse-tête kinois des étudiants de la capitale congolaise

Il est 4heures 30 minutes. Le réveil sonne. Malgré elle, elle quitte son lit. Carline Tshilanda a 24 ans. Elle est étudiante en première année de doctorat en médecine à l’université de Kinshasa.

  • Cette demoiselle est obligée de se lever aussi tôt pour plusieurs raisons :
  • Elle habite Binza ozone, un quartier à x km de l’université
  • Elle n’a pas pu obtenir une chambre au home cette année (bien qu’elle soit un ayant droit)
  • Trouvez un taxi pour le campus âpres 6h du matin est un parcourt de combattant
  • En tant que femme, elle doit aussi avoir un peu de temps pour se faire belle…

Mira : alors carline, une fois prête pour le campus, dit nous comment ca se passe

Carline : tu sais Mira, souvent je n’aime pas parler de mes journées

M : Pourquoi ?

C : Elles sont tellement lourdes que j’aimerais les oublier

M : raconte-nous quand même…

C : Je vais quand même te résumer mon calvaire : 5heures 40…6 heures je prends mon bus. 2 heures plus tard je suis sur le campus. Je ne suis pas la première arrivée. Des centaines de camarades sont déjà dans l’auditoire. Les places assises font objets de bagarres dans l’auditoire. Nous sommes à 2000 pour un auditoire construit à l’origine pour accueillir 500 personnes. Imaginez…

Ce parcours du combattant,  c’est celui e tous les étudiants de la capitale. J’ai proposé à carline de l’accompagner prochainement dans son auditoire pour que vous et moi puissions palper du doigt la réalité. Il faudra juste attendre la fin de la grève… Affaire à suivre.

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Congolaise, enseignante et amoureuse de son travail…

Publié le 25 mar 2010 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Congolaise, enseignante et amoureuse de son travail…

Un mètre 70, teint plus ou moins clair, silhouette fine, toujours avec son mouchoir de tête, Mireille Makila est enseignante au Complexe scolaire Sabwene, une petite école privée de la périphérie de Kinshasa.

Mariée et mère de deux enfants, cette jeune femme de 30 ans aime son métier, bien qu’elle s’y retrouve par la force des choses. « Je n’avais jamais pensé devenir un jour enseignante. Je voulais plutôt être infirmière », révèle-t-elle. « C’est un peu faute de mieux que je me suis retrouvé dans l’enseignement. »

Diplômée d’Etat en Pédagogie générale du Lycée  Ntolu Tondo dans le Bandundu, en 2003, Mireille a alors gagné Kinshasa avec son mari pour chercher de l’emploi. « Quand je suis arrivée ici, j’ai déposé une demande dans cette école et on m’a recruté. Cela fait 3 ans que j’enseigne en 3è année primaire. »

Congolaise, enseignante et amoureuse de son travail…

Mme Makila encadre 40 élèves, filles et garçons. Des enfants issus de familles modestes qui habitent le quartier. Son salaire ? Environ 50 dollars américains. Une somme insignifiante pour une mère de famille. Comment fait-elle pour joindre les deux bouts ? « Nous faisons le ristourne avec les collègues. C’est comme ça que nous parvenons à nous en sortir », répond-elle.

Pensez-vous arrêter d’enseigner et redevenir infirmière ? « Non, c’est déjà passé. Je me sens bien en étant enseignante. »

Comme cette dame, ils sont nombreux, sous-payés, très peu considérés dans la société, mais autant volontaires pour assurer la formation de la jeunesse congolaise.

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Les professeurs de l’université de Kinshasa en grève depuis plus d’un mois

Publié le 24 mar 2010 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Les professeurs de l'université de Kinshasa en grève depuis plus d'un mois

Voilà plus d’un mois que les professeurs de l’Université de Kinshasa sont entrés en grève. Un mouvement de protestation qui se radicalise, les enseignants jugeant que leurs revendications ne sont pas prises en compte par le gouvernement. Pour en savoir plus sur cette grève, nous nous sommes entretenus avec le professeur Anthoine Kitombole, président de l’Association des professeurs de l’université de Kinshasa (APUKIN).

Professeur dites-nous pourquoi vous avez déclenché la grève ?

Nous revendiquons deux points : d’abord un statut particulier aux professeurs en suite un barème salarial qui avait été d’abord adopté à l’assemblée en première lecture, puis rejeté en deuxième lecture. Nous pensons que ce barème même rejeté par le parlement, le gouvernement peut nous l’appliquer.

Qu’entendez vous par un statut particulier ?

Un statut particulier c’est-à-dire traiter un professeur suivant son rang. Donc  nous situer dans la société c’est à dire qu’il y ait  de la considération pour les formateur des formateurs, parce que les professeurs forment les hauts cadre de la république et nous pensons qu’ils méritent une position social du à leur  rang.

Et le nouveau barème que vous réclamez, c’est quoi ? A combien vous voulez être traité ?

C’est un barème que nous réclamons depuis des années. C’est depuis 2004 que nous a promis qu’en 2006, le professeur ordinaire aura 2100 dollars, et jusqu’à ce jour, 2100 dollars nous ne les avons jamais eu. Mais cette fois ils ont été adoptés, mais en deuxième lecture ça était rejeté. Nous pensons qu’il est grand temps que le professeur ordinaire ait quand même ces 2000 dollars. Ce n’est pas trop demander à la république. Cela va améliorer les conditions de travail et de vie des professeurs.

Mais comment faites vous aujourd’hui pour survivre ?

Nous donnons des coups de mains par ci par là, dans d’autres institutions. Nous sommes presque dispersés et nous perdons de l’efficacité en essayant de donner cours à gauche à droite. Nous voulons que le professeur se consacre aux vrais problèmes du pays plutôt que de s’éparpiller.

Est-ce que vous pensez qu’il y a assez d’argent pour répondre à votre demande ?

Oui, la première chose c’est que le budget a été préparé par les experts du ministère du budget. Le même budget déposé au parlement, les parlementaires ont trouvé des recettes additionnelles. C’est montré aux experts que vous n’avez assez travaillé et si vous travaillez encore un peu vous aurez plus que ce nous avons trouvé.  Les parlementaires ont prouvé à suffisance qu’il y a de l’argent pour payer tout le monde.

En initiant cette grève, vous pensez que la situation sera décantée ?

Nous espérons que notre action va réactiver les choses. Les choses sont entrain peut être de se dérouler à une vitesse  plus lente, et nous pensons qu’avec ce que nous faisons, on pourra trouver une solution rapide.

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