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Kinshasa : Une vie de fou, oubliés par l’Etat!

Publié le 4 mar 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Un fou couché dans une fosse à Kinshasa

Pas loin de chez moi il y a quelques jours, j’ai vu un jeune homme lorgner, l’air inquiet, dans un grand trou au bord du chemin, avant de poursuivre sa route. Curieuse, je me suis approchée pour voir ce qui pouvait bien se passer. Quelle ne fut ma surprise de voir un fou, endormi paisiblement au fond de la fosse d’une profondeur de près de 3 mètres, creusé par les jeunes du quartier pour retenir les eaux de pluie responsables des érosions.

N’eut été le fait qu’il ait bougé précisément au moment où j’arrivais, je l’aurais cru mort. Cette scène ne devrait normalement pas me surprendre. A Kinshasa, les fous ont la liberté de trainer où ils veulent. Comme l’Etat les ignore délibérément, chacun essaie de s’en sortir comme il peut. Certains s’installent aux abords des décharges publiques, qu’ils considèrent comme leur garde-manger, d’autres encore en plein centre-ville, sous l’œil indifférent des administratifs.

Au meilleur des cas, ces malades mentaux amusent les passants par leurs drôleries, au pire, ils les agressent, constituant ainsi un danger public permanent. Dans certains quartiers, on évite d’emprunter certaines artères de peur de tomber sur le fou du coin. Et il n’est pas rare de retrouver le corps d’un fou, mort pendant la nuit, et on ne saura jamais de quoi.

En santé publique, comme dans beaucoup d’autres domaines, l’Etat congolais est démissionnaire. Il n’y a qu’à visiter le CNPP, Centre neuropsychopathologie du Mont-Amba, autrefois réputé pour ses éminents médecins et son matériel de pointe, pour se rendre compte que réellement, en matière de santé publique, la RDC n’est pas encore sortie de l’auberge. Et ce n’est pas pour demain la veille !

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Delestage alimentaire dans les menages Kinois

Publié le 27 fév 2009 dans Dessins par

Delestage alimentaire dans les menages Kinois

Crise oblige, le délestage alimentaire s’applique désormais dans les ménages Kinois. Lundi les parents mangent, mardi c’est au tour des enfants âgés de plus de 10 ans et mercredi ce sont les moins de âgés qui ont droit à un repas.

Illustration : Philma

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Kinshasa : Petits boulots et débrouille au quotidien pour survivre

Publié le 27 fév 2009 dans Kinshasa par Walto, leki ya Kinshasa

Un cireur de chaussures dans une rue de Kinshasa

Une phrase assez pessimiste revient souvent à Kinshasa : « Congo ekobonga te » traduisez : « Le Congo ne sortira jamais de ce trou dans lequel il se trouve ». J’avoue que ce pessimisme je l’ai parfois. Il m’arrive de perdre espoir quant à une issue de sortie de crise pour mon pays. Une lueur d’espoir revient tout de même lorsque je vois tous ces congolais débrouillards, las de se plaindre, mais qui travaillent dur pour gagner leur pain quotidien.

Pas loin de chez moi, à la place Kintambo Magasin, je croise souvent ceux que les Kinois appellent « cireurs » ou abusivement « cirageurs ». Ils sont jeunes, souvent très peu ou pas du tout instruits. Tous les jours, ils sillonnent les artères de la ville, les yeux sur les chaussures des passants et leur proposent de les nettoyer. Une boite de cirage, une brosse à chaussures et une petite boite en bois suffisent pour se lancer dans ce business.

Je me suis rapproché de l’un de ces jeunes. Âgé de 15 ans, il exerce ce métier depuis 2007. «J’exige entre 100 et 200 francs congolais par prestation et je réunis environ 2000 francs congolais (environ 3 dollars américains) tous les jours. Ce n’est pas beaucoup mais ça me permet de me payer à manger et de me vêtir», m’a-t-il confié. «Je n’attends rien des politiciens qui ont toujours de bons discours. Je n’ai pas l’intention d’attendre que les 5 chantiers débutent effectivement pour manger. Mon travail me permet d’être indépendant et de ne pas plonger dans le vol ou la mendicité comme le font d’autres jeunes de mon âge», ajoute le jeune homme.

Les difficultés ne manquent pas au quotidien. Les clients insolvables ou encore les rencontres indésirables sont les principaux ennemis.

Si la témérité de ce jeune congolais est louable, la question du long se pose. Quel sera l’avenir du Congo avec de plus en plus de jeunes obligés de se débrouiller et de recourir aux petites tâches pour survivre ?

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Kinshasa : La découverte de nouvelles richesses fait couler les larmes

Publié le 27 fév 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Faux gisement de pétrole à Kinshasa

Il y a quelques semaines, alors que j’allais rendre visite à ma sœur qui venait d’avoir un bébé dans la commune de Ngiri-Ngiri, j’ai vu un attroupement. Curieuse, je m’en suis rapprochée pour voir ce qui se passait. Au moment même où j’arrivais, j’ai vu un homme reniflant le contenu d’une petite boite s’écrier : « c’est du vrai pétrole ». La boite contenait un liquide noir qui avait réellement l’odeur du pétrole. Il coulait d’une fosse sceptique nouvellement construite.

En quelques minutes, « le gisement » a attiré davantage de monde, et même des policiers. Une voix sortie de la foule propose alors d’inviter la presse pour couvrir l’événement. « Non pas la presse ! », rétorque une dame présente sur les lieux. D’une voix tremblante et les larmes aux yeux, elle poursuit : « Vous voulez que des assaillants viennent envahir notre quartier ou quoi ? Vous ne savez pas que s’il y a la guerre au nord Kivu, c’est à cause des richesses ? N’en parlez pas s’il vous plait, laissez ce monsieur construire sa dalle et couvrir ce pétrole qui risque de se transformer en sang… »

Tout est dit ! La découverte de nouvelles richesses fait désormais peur. J’espère qu’il viendra vite ce jour où cette guerre de minerais prendra fin dans mon pays et que les congolais pourront se réjouir de découvrir des nouvelles richesses, et surtout d’en bénéficier.

Message aux prédateurs : ce n’est pas la peine d’essayer de lancer un mouvement de « libération » de la commune de Ngiri-Ngiri ! Aux dernières nouvelles, des experts sont descendus sur les lieux pour creuser le mystère. Ils ont trouvé une barrique de pétrole volée et enterrée dans cette parcelle avant que le propriétaire actuel ne l’achète. En exécutant des travaux, les maçons ont dû trouer le fût qui a laissé échapper son contenu.

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Lubumbashi : Que choisir entre la survie de la population et l’ordre public ?

Publié le 26 fév 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Commerces de rue à Lubumbashi

La fermeture d’entreprises, les congés techniques, la crise économique ainsi que la nécessité de survie journalière des Lushois ont déversé un nombre important de personnes sur les rues. Mêlés dans les rues de la deuxième ville congolaise, badauds mais aussi et surtout des responsables de familles à la recherche du pain quotidien.

L’imagination et le courage ne manquent pas à ces gens qui ont compris que se plaindre ne leur apportera rien et que le seul moyen de s’en sortir c’est de recourir au fameux « Article 15 ». Courtage, escroquerie ou vol à l’arrachée, chacun choisit sa voie.

Parmi tous ces métiers de la débrouille, le commerce ambulant est le plus répandu. Cette manœuvre qualifiée de « pirate » est combattue depuis un certain temps par les autorités urbaines, au nom du désengorgement des avenues et du maintien de la propreté dans la ville. La police nationale profite de cette situation pour se lancer dans une chasse aux vendeurs. Rackets, arrestations et bastons sont fréquents.

Pas la peine de s’interroger sur la destination des marchandises confisquées lors des « Chasse aux marchés pirates ». Biscuits, maniocs, arachides grillés et autres vivres finissent dans les ventres des enfants des flics qui sont eux-mêmes obligés de se débrouiller, leur salaire de misère n’étant même pas versé régulièrement.

Que choisir entre la survie des Lushois et l’ordre public ? L’attitude des autorités locales est meurtrière à mes yeux dans ce pays dépourvu d’une politique sociale adéquate. Au lieu de mettre la charrue devant le bœuf, les autorités ne devraient-elles pas principalement se soucier du bien être de la population ?

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Kinshasa : En attendant les Chinois, les jeunes se transforment en « ingénieurs maisons »

Publié le 24 fév 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Jeunes gens réparant une ligne électrique à Kinshasa

Scène normale et même banale près de chez moi. Sous un soleil de plomb, un groupe de jeunes gens s’activent autour de la cabine électrique du quartier. Pelles et sac de sables en mains, ils tentent d’aplanir le terrain, afin de permettre le passage des véhicules. Pourtant, à ce niveau, plusieurs câbles électriques sortent dangereusement de terre.

Ruphin, un jeune du quartier, et ses amis travaillent à enterrer ces câbles. Ils poseront ensuite des sacs remplis de sable dessus pour permettre aux véhiculer de passer. L’entreprise peut se révéler dangereuse. Heureusement, affirme Ruphin, ils ont demandé à la SNEL (Société nationale d’électricité) d’interrompre momentanément la distribution d’électricité pendant qu’ils travaillent. Un agent de la société d’électricité est d’ailleurs présent sur les lieux, en observateur !

Les jeunes comptent aussi en profiter pour rafistoler un câble électrique usé. Ces jeunes s’y connaissent-ils seulement en électricité ? « Oui », rassure Ruphin. « Certains d’entre nous sont de l’ISTA (Institut Supérieur des Techniques Appliqués), d’autres ont appris sur le tas ». Selon une jeune femme qui passe par là, les Chinois sont venus prospecter sur cette avenue il y a plusieurs mois. « Ils sont repartis. Et depuis, plus rien. Heureusement que les jeunes sont aussi débrouillards », se réjouit-elle.

Sans trop poser de questions, je les laisse alors à leur travail, un peu déçue de devoir manquer d’électricité chez moi mais me disant en même temps que c’est pour la bonne cause. L’avenue réhabilitée, les véhicules pourront se rendre plus facilement dans mon quartier.

Plus tard dans la soirée, alors que les travaux étaient achevés et l’électricité rétablie, Ruphin a fait du Porte-à-porte pour vérifier qu’il n’y avait aucun problème d’électricité.

Ainsi va la vie au Congo, où cohabitent politiciens très peu soucieux du bien être du peuple et population n’attendant plus rien de ses dirigeants mais se débrouillant toute seule pour résoudre ses problèmes.

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Bukavu : La police meilleure amie du trésor public

Publié le 24 fév 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Police, championne dans la récolte de fonds dans la province du Sud-Kivu

« Nous sommes engagés à maximiser les recettes du trésor public pour que la reconstruction de notre pays soit effective » C’est en ces termes que s’exprime l’Inspecteur Principal Provincial de la Police Nationale Congolaise au Sud Kivu sur les ondes de la Radio nationale Congolaise RTNC/Bukavu.

La Direction Générale des Recettes Administratives et Domaniales (DGRAD) venait de publier quelques jours plus tôt un communiqué félicitant le travail des services sous son contrôle en matière de recettes. La Police est félicitée particulièrement pour avoir réalisé 51 millions des francs Congolais (environs 72.857 dollars américains) pour l’année 2008.

Selon le numéro un de la police au Sud Kivu, ces recettes proviennent des amendes transactionnelles, des taxes de gardiennage ainsi que des taxes de délivrance des documents attestant la perte des pièces de bord.

Alors que tueries, pilages, viols et assassinats sont devenus des détails, dont on parle presque avec le sourire dans la province du Sud-Kivu, je suis bien tenté de me poser la question de savoir quel est le vrai rôle de la police. Générer des revenus pour les caisses de l’état ou protéger les personnes et de leurs biens ?

Je crains que cette officialisation du business du policier qui rançonne la population ne vienne aggraver la situation qui est déjà assez difficile comme ça…

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Urbanisme à la congolaise

Publié le 23 fév 2009 dans Dessins par

Urbanisation à la congolaise

On ne compte plus les érosions et engloutissement d’habitations à Kinshasa. A chaque grande averse, compter les victimes devient un détail. Sans plan d’urbanisation digne de nom et les fonctionnaires de l’état se distinguant par leur manque d’intégrité, Kinshasa se fait engloutir lentement par les érosions.

Lien : Un nouveau chantier dans la liste !

Illustration : Luba

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Kinshasa : Indépendance cha cha, la population se débrouille sans la SNEL

Publié le 23 fév 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Un jeune patron d'une cabine téléphonique de rue avec son dispositif de chargement de téléphones portables

Nombreux sont les métiers engendrés par la descente aux enfers de la société nationale d’électricité (SNEL). Parmi ces techniques plus ou moins révolutionnaires, le fameux et de plus en plus sollicité dispositif « multi prises » pour charger les batteries des téléphones portable. Inventé par les jeunes kinois patrons de cabines téléphoniques ambulantes, ce système fonctionne de manière autonome, utilisant exclusivement l’énergie générée par des groupes électrogènes.

« C’est une affaire qui marche Mira, plus que les simples appels téléphoniques », me confie l’air fier de lui, Lolo, un jeune débrouillard. Du carburant, ½ litre par jour et cent francs congolais par téléphone chargé, c’est vrai qu’avec le fonctionnement au ralenti de la SNEL, ça doit faire de la marge.

« Du domestique au ministre,  celui qui a un téléphone portable est obligé de recourir à mes services s’il veut utiliser son téléphone », ajoute le jeune, affichant désormais clairement sa préférence pour le manque d’électricité, moteur de son business. Ce qu’il oublie de mentionner c’est que nos ministres, particulièrement celui de l’énergie, ne manquent pas de moyens pour s’acheter les générateurs les plus puissants et du carburant pour les faire tourner. La population peut toujours aller crever.

Si une solution semble être trouvée pour les téléphones, il n’y en a pas encore pour les autres appareils électroménagers. Lorsqu’ils tombent en panne suite aux nombreuses coupures de courant, on ne peut même pas se plaindre. La SNEL a toujours raison ! Le pire c’est que le lendemain, des agents de la société passent déposer des factures, pour une fourniture qui n’est même pas assurée.

La SNEL a tout d’un mari qui entretient bien ses maîtresses en oubliant sa propre femme. Si l’obscurité est désormais l’amie des congolais, certains pays voisins qui dépendent de l’énergie provenant de la RDC n’en manquent pas.

Le pire c’est qu’il n’y a pas d’issue de sortie visible. Nous avançons lentement et sûrement vers un pays sans électricité.

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Kinshasa : Quand le bénéfice prime sur l’hygiène…

Publié le 20 fév 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Livraison de pain à Kinshasa

Par un total hasard, je me retrouve un matin au parking de l’UPN pour prendre un taxi. Le décor habituel est bien planté : cris des « chargeurs », invitant les clients à prendre place à bord des taxis, commerçants ambulants et pickpockets attendant patiemment leur bonne affaire de la journée.

Sortant du décor, une voiture grise, vient se garer à quelques mètres de moi. Un homme en descend et commence à étaler des bâches par terre, derrière le véhicule. Une fois cette tâche achevée, il ouvre le coffre et commence à décharger du pain sur les bâches étendues dans la poussière.

Après quelques minutes, c’était une petite montagne de pain que j’avais devant moi. Regardant autour de moi, je me rends compte que je suis la seule à être impressionnée par ce spectacle.

Après une enquête rapide avec les habitués de ce lieu, j’apprends qu’il s’agit là d’une livraison normale. Une des grandes boulangeries de la capitale balance ainsi des quantités importantes de pain. Finissant sa livraison, le livreur referma le coffre de sa voiture, discuta quelques minutes avec ses clientes, quelques dames qui attendaient avec leurs bassines et s’en alla. A partir de ce moment, ces femmes débrouillardes prennent la relève et vont se charger de la distribution du pain dans les foyers du quartier.

Entre la livraison et la vente, l’hygiène n’a visiblement pas d’importance. C’est visiblement le bénéfice qui compte. Combien de microbes et de maladies circulent ainsi dans ces miches savoureuses ? Les sorciers étant considérés responsables de tous les malheurs, ceux qui ingurgiteront ces pains et qui se retrouveront avec une fièvre typhoïde n’iront pas voir un médecin mais plutôt un « pasteur » pour se faire exorciser…

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