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Kinshasa : Les bombes roulantes du transport en commun

Publié le 29 mar 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Le réservoir d'une voiture tropicalisée à Kinshasa

N’allez pas croire que j’exagère. Toutes ces voitures tropicalisées servant de taxi et qui sillonnent la capitale congolaise réservent plein de surprises. En plus du fait qu’elles embarquent, telles des sardines dans une boite des passagers, ces derniers voyagent souvent avec des bagages parfois dangereux.

Les modifications personnalisées de ces véhicules en font de vraies bombes roulantes. Comme vous le voyez sur la photo, le réservoir de ce bus que j’ai pris il y a quelques jours se trouve aux pieds des passagers, à l’intérieur. Un petit tuyau bien visible amène le carburant au moteur. Sans être un oiseau de mauvaise augure, il suffisait d’un petit accident pour que ce bidon-réservoir prenne feu et nous les passagers avec évidemment.

Le plus désolant dans l’affaire c’est que les conducteurs de ce genre des véhicules (bombe roulante) passent devant la police de roulage sans être interpellés. Un petit bakchich, 200 ou un 300 francs suffisent pour détourner l’attention des policiers qui ferment les yeux et ignorent le danger. La vie des hommes, policiers et conducteurs de ces cercueils roulants s’en foutent. Remplir leurs poches est leur seul souci.

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Les leçons du professeur Sarkozy aux congolais

Publié le 29 mar 2009 dans Dessins par Cédric

Nicolas Sarkozy en république démocratique du Congo

Cinq heures de séjour à Kinshasa ont suffi au président français pour aborder ce qu’il appelle lui-même le « resserrement des relations de coopération entre Kinshasa et Paris ».

Même s’il a affirmé ne pas avoir de leçon à donner, Nicolas Sarkozy ne s’est empêché de faire des recommandations aux politiciens congolais.

La première est une leçon de bon voisinage :

« S’ils organisent leur bon voisinage, les peuples de la région vivront riches et en paix. Mais si c’est la loi du plus fort, alors ils resteront pauvres et malheureux… »

Le chef de l’Etat français a ensuite salué le rapprochement de la République démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda qu’il a qualifié de « véritable signe de refondation de la région des Grands Lacs ».

Vanté par Sarkozy, le rapprochement avec Kigali a entraîné une crise
Pourtant, il n’a pas abordé le fait que les opérations militaires rwando-congolaises, qu’il présente comme salutaires, ont été à la base d’une crise institutionnelle.

Vital Kamerhe, le président du parlement congolais, a dû déposer sa démission à la veille de l’arrivée de Nicolas Sarkozy à Kinshasa. Il avait subi des pressions de la famille politique de Joseph Kabila, le président congolais, qui lui reprochait d’avoir posé trop de questions sur la traque des rebelles hutus (FDLR). Vital Kamerhe dénonçait le fait qui ces opérations se soient déroulées sans que l’institution qu’il dirigeait n’en ait été informée.

Autre leçon donnée aux politiques congolais : la bonne gouvernance. « Nous sommes des élus du peuple, c’est notre devoir de rendre des comptes à ceux qui nous ont élus », a-t-il rappelé lors de son allocution devant les parlementaires congolais.

Il valait la peine de rappeler cette règle démocratique élémentaire à des dirigeants réputés pour leur mépris de leurs électeurs et leur attachement aux avantages liés à la profession de politicien africain : grosses voitures, villas luxueuses et comptes bancaires domiciliés dans des banques occidentales et remplis d’argent détourné provenant de leurs pays.

Le contrat décroché par Areva a-t-il joué un rôle ?
« Quand les éléphants se battent, c’est l’herbe qui souffre », dit-on. La population congolaise, subit les conséquences des affrontements entre géants qui se disputent les ressources naturelles de ce pays au sol immensément riche, mais compté parmi les plus pauvres de la planète.

La visite éclair du président français à Kinshasa soulève des interrogations sur le rôle de la France dans le retournement spectaculaire de la situation à l’est de la RDC.

Qu’est ce qui explique le rapprochement entre Kinshasa et Kigali, et surtout la disparition du jour au lendemain du rebelle Laurent Nkunda qui a pris des vacances au Rwanda, et dont le mouvement, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), s’est transformé en parti politique ?

La réponse se cache peut-être derrière le contrat que Nicolas Sarkozy a arraché au bénéfice d’Areva. Cette entreprise française a obtenu le permis de puiser de l’uranium où elle souhaitait, sur toute l’étendue de la RDC.

Les « cinq chantiers » lancés par Kabila peuvent toujours attendre
L’annulation de la dette africaine, le président français a promis d’en parler au prochain sommet du G20, à condition que les pays du continent noir ne se tournent pas vers d’autres créanciers.

C’est sans doute la Chine qui doit rougir en voyant Kinshasa se détourner progressivement des fameux accords « Mines contre infrastructures », et se rallier aux traditionnels partenaires européens pour des raisons de consolidation de son pouvoir.

Les cinq chantiers (infrastructures, santé et éducation, eau et électricité, logement et création d’emplois) promis au peuple congolais peuvent toujours attendre. En se ralliant à la France, Kabila a au moins une chance de vieillir au pouvoir, comme ses aînés Omar Bongo et Sassou N’guesso.

Quoiqu’il en soit, le jeune président congolais a tout intérêt à se tenir tranquille et surtout à respecter ses engagements.

Il doit garder en tête qu’à tout moment, Nkunda, ou un autre chef rebelle monté de toutes pièces peut toujours resurgir, armé jusqu’aux dents et bénéficiant d’une couverture médiatique de certains médias occidentaux faisant de lui un héros.

Les deux gouvernants vivent avec un canon sur la tempe
De l’autre côté de la frontière, Paul Kagame ne peut dormir sur ses deux oreilles. Le rapprochement avec Kinshasa, salué par la communauté internationale, a l’air de calmer ses bailleurs de fonds qui menaçaient de lui tourner le dos à cause de son soutien à la rébellion congolaise.

Cependant, le problème des FDLR reste entier. Les récentes opérations militaires rwando-congolaises auraient permis de rapatrier quelque 1 300 combattants et leurs familles sur un effectif qui a toujours été estimé à 6 000 hommes.

L’ONG catholique Caritas-Développement Congo a récemment tiré la sonnette d’alarme sur le nombre croissant de déplacés qui fuient l’insécurité causée par les opérations contre les rebelles hutu rwandais. Selon Caritas, près de 20 000 ménages déjà recensés sont concernés par ces déplacements massifs et sont sans assistance.

Les deux gouvernants vivent donc un canon sur la tempe, subissant des pressions de la part des grandes démocraties occidentales, leurs amis et bienfaiteurs, prêts à tout pour garder la main mise sur l’exploitation des richesses naturelles de la région, primordiales pour le fonctionnement de leurs industries.

Illustration :  Nicolas Sarkozy en RDC (Luba)
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Bukavu : La viande, une denrée désormais réservée aux nantis

Publié le 29 mar 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Un vendeur ambulant de charcuteries dans une rue de Bukavu

La viande est devenue une denrée de plus en plus couteuse suite aux conflits armés qui rendent certains villages inaccessibles. Les fermes, ces greniers alimentaient la ville de Bukavu ont été pillées et détruites par les belligérants. La viande consommée provient désormais du Rwanda voisin et des quelques particuliers qui élèvent leurs vaches en ville.

Manger de la viande ou tous les autres produits dérivés est devenu un privilège réservé aux nantis. Le kilo bœuf qui se vendait à deux mille deux cents francs congolais (environ deux dollars) il y a une année revient désormais à cinq dollars américains.

« Avec un dollars américain, on peut acheter une tige de saucisson qui pèse environ trois cent grammes, on donne à chaque enfant un petit morceau avec du foufou et ça suffit pour passer la journée », me confie Buhendwa, grand consommateur des saucissons.

Du côté des bouchers, c’est aussi la crise. « Avant on écoulait une ou deux vaches par jour mais depuis un temps, c’est devenu difficile. Les prix sont beaucoup plus élevés. Nous avons moins de clients qu’avant et la situation ne fait qu’empirer », dit avec inquiétude Nadège, une propriétaire de boucherie très réputée à Bukavu.

C’est qu’elle n’avoue pas, c’est qu’il lui arrive de vendre de la marchandise avariée. Avec les coupures intempestives d’électricité, elle se retrouve souvent avec de la viande pourrie dans les bras, qu’elle revend tout de même. Tant pis pour les consommateurs !

Comme personne ne contrôle la qualité des produits commercialisés, ce sont des maladies qui attendent les malheureux qui se retrouvent à ingurgiter des produits pourris. Et dire qu’il y a des gens en costards, fiers de porter des appellations honorifiques du style « excellence » ou encore « honorable ».

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Kinshasa, la poubelle urbaine

Publié le 28 mar 2009 dans Dessins par

Kinshasa, poubelle urbaine

L’insalubrité ne dérange plus les Kinois qui sont habitués à leurs décharges publiques improvisées. Il n’est pas étonnant de retrouver restaurants et marchés sur des immondices dans la ville jadis appelée « Kinshasa la belle ». N’allez surtout pas leur demander de nettoyer, la réponse est connue : « l’état aya kotalela biso likambo oyo », Traduisez : « que l’état vienne résoudre ce problème », comme s’ils ne s’étaient pas encore rendus compte que les dirigeants sont beaucoup trop occupés à construire leurs villas, acheter des 4×4 et renflouer leurs comptes bancaires en occident.

« Le nègre est invulnérable aux microbes », cette phrase revient souvent sur les lèvres des Kinois. Ebola et les autres maladies ne font donc pas peur. De toute façon, les sorciers prennent à leur compte les décès des victimes.

Ilustration : Patou Bomenga

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Le CNDP se transforme en parti politique

Publié le 25 mar 2009 dans Dessins par

Le CNDP se transforme en parti politique

Le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), mouvement rebelle opérant dans l’Est de la RDC annonce sa mutation en mouvement politique. L’accord conclu avec le gouvernement congolais prévoit entre autres la promulgation d’une loi amnistiant les ex-rebelles. La signature de ce traité intervient alors que Laurent Nkunda, le chef historique de la rébellion, arrêté en janvier, au Rwanda, est maintenu en résidence surveillée dans ce pays. Kinshasa attend toujours son extradition.

Comme quoi semer la terreur finit toujours par payer au Congo. Les rebelles d’hier, ceux-là même qui ont tué et violé changent de costume et deviennent des politiciens, « autorités » et peuvent se remplir officiellement les poches…

Illustration : Patou Bomenga

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Alliance AMP-PALU-UDEMO: la maison brûle !

Publié le 23 mar 2009 dans Dessins par

 Alliance AMP-PALU-UDEMO: la maison brûle !

Crise au sein de l’Alliance de la majorité présidentielle, AMP. Pomme de discorde : la démission du Bureau de l’Assemblée nationale. Alors que la direction de la plate-forme confirme sa décision de procéder au remplacement du Bureau actuel de l’Assemblée nationale, l’UDEMO propose une concertation sur cette question « dans l’intérêt de notre jeune démocratie qui doit bien fonctionner ».

Illustration : Kash

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Education, domaine à l’abandon en RDC

Publié le 21 mar 2009 dans Dessins par

La pluie, ennemie de l'éducation au Congo

Lorsqu’on parle de la guerre, la faim, le manque d’électricité et de tous les autres maux qui minent la société congolaise, on oublie souvent d’évoquer le fait que le niveau d’éducation est en régression. L’accès à l’éducation demeure un luxe pour une bonne partie de la population scolarisable et la qualité même des formations laisse à désirer.

Ecoles aux murs branlants, souvent sans toit et sans pupitres, manque crucial de matériel didactique, les enseignants impayés depuis des années font avec les moyens du bord. Ainsi, il n’est pas étonnant de retrouver certaines écoles avec des salles de classe en chaume avec des élèves suivant leurs enseignements assis à même le sol. Dans ces circonstances, dame la pluie devient l’ennemie des enseignants obligés d’interrompre les cours lorsque le ciel se couvre.

Et l’avenir du grand Congo avec une jeunesse mal formée ?

Illustration : Philma

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Lubumbashi: Latrines publiques made in Espagne

Publié le 19 mar 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Latrines publiques made in Espagne à Lubumbashi

Ça fait des années que les toilettes publiques n’existent plus dans la ville de Lubumbashi. Sur des places publiques, quelques rares particuliers ont érigé des WC de fortune et font payer les usagers qui seraient pris d’une envie pressante. Hors de question d’utiliser les toilettes des bureaux officiels des services étatiques et des entreprises publiques qui ne font pas trop envie, étant donné qu’elles ne respectent aucune règle d’hygiène.

Face à cette situation, ce sont les plantes et les murs qui en prennent un coup. Voir un passant se cacher derrière un arbre ou à l’ombre d’un bâtiment, dans un endroit pas très fréquenté pour uriner n’est pas étonnant, dans la ville souvent citée comme la plus propre du Congo.

La coopération espagnole érige depuis quelques temps des urinoirs publics dans diverses communes de Lubumbashi, à côté des sièges communaux. Sur les murs de ces latrines, je pouvais facilement interpréter le message que donnent les images et dessins, comme celui de ne pas utiliser l’arbre ou les endroits peu fréquentés pour se soulager.

Je ne peux que me réjouir de voir des latrines publiques implantées dans ma ville mais une chose est sûre, il faudra du temps avant que les Boyomais, habitués à la facilité qu’offrent les arbres puissent changer leurs habitudes et utiliser les nouveaux urinoirs.

Je suis bien tenté de fustiger le fait qu’il faille attendre que l’Espagne vienne construire des toilettes chez nous mais je m’inquiète beaucoup plus pour l’entretien de cette nouvelle acquisition. J’espère que cette réalisation ne finira pas comme bon nombre d’initiatives annoncées en grande pompe et qui disparaissent peu de temps après faute d’entretien. Il faut alors attendre que d’autres bienfaiteurs étrangers viennent pour restaurer ou reconstruire.

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6ème chantier de la république, un 4×4 pour chaque joueur congolais

Publié le 17 mar 2009 dans Dessins par

Les léopards du Congo vainqueurs du championnat d'Afrique des nations (CHAN)

Un véhicule 4X4 pour chaque joueur de la sélection nationale congolaise, c’est un cadeau du président Joseph Kabila et de son gouvernement après la victoire des léopards qui ont battu le Ghana sur le score de 2 à 0 en finale de la CHAN-2009. Les léopards recevront en outre une somme d’argent non dévoilée. Le gouvernement de la RDC a baptisé la coupe remportée par les Léopards à la 1ère CHAN de « Coupe de la paix ».

C’est en 1974 au Caire, en Egypte, que les Léopards ont remporté le dernier championnat d’Afrique des Nations (CAN), après 1968 en Ethiopie.

Les joueurs de l’équipe nationale congolaise rompent donc le casse tête congolais de la lutte quotidienne du transport en commun et profitent d’un sixième chantier taillé sur mesure.

Illustration : Luba

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Kinshasa : Une ville sans service anti-incendie

Publié le 17 mar 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Un véhicule incendié dans une rue de Kinshasa

Il y a quelques jours, en rentrant le soir chez moi après le travail, le véhicule qui me transportait s’est retrouvé coincé dans un embouteillage. Surgissant de nulle part, un homme visiblement paniqué est venu demander un extincteur au conducteur qui me ramenait. Naturellement, ce dernier n’en avait pas.

« Mon Dieu, la Mercedes va brûler », s’écria l’infortuné. C’est à ce moment que j’ai vu une Mercedes blanche en feu devant un marché, à quelques mètres de moi. Il y avait plusieurs personnes autour de la voiture mais personne ne cherchait à faire quoi que ce soit. Plusieurs minutes plus tard, un homme est arrivé avec du sable, à peine une poignée, qu’il a jeté sur le feu, sans succès.

Entre-temps, le conducteur de la voiture dans laquelle je me trouvais a réussi à s’extirper de l’embouteillage et à s’élancer sur la route. Le lendemain, en repassant par la même route, et j’ai aperçu la voiture de la veille, complètement calcinée. Pire, pendant la nuit, les portières et autres pièces avaient disparu. Sans doute une œuvre des récupérateurs de métaux.

Ainsi va la vie à Kinshasa. Les pompiers sont une race à part et le matériel anti-incendie un luxe. Dans une ville dont la population est estimée à 8 millions d’habitants, on compte moins d’une dizaine de véhicules anti-incendie qui n’opèrent que dans le centre-ville, où habitent les nantis. Les citoyens lambda peuvent toujours brûler.

Connaissant bien cette réalité, les Kinois ne se donnent même plus la peine d’appeler les pompiers, beaucoup plus réputés pour leur capacité à arroser les décombres et compter victimes plutôt qu’à éteindre les flammes. En cas d’incendie, la solution est bien connue : sauver l’essentiel et se tirer vite fait.

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