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Perdre sa vie pour quelques litres d’essence

Publié le 10 juil 2010 dans À la Une, Bukavu par Doudou KAJANGU, depuis Bukavu

Camion citerne à Sange après l'accident

Samedi 3 juillet 2010. Il est 5 heures du matin, je me lève et allume mon post-récepteur comme dans mes habitudes. A cette heure là, la radio propose un programme de dédicaces matinales provenant de différents auditeurs des 8 territoires que compte la province du Sud-Kivu. Ce matin là, ce sont les auditeurs de Sange dans la plaine de la Ruzizi qui appellent le plus. Cette fois, pas pour se faire des dédicaces, mais pour présenter des condoléances et expliquer le drame qui venait de frapper la veille leur cité, située à 80 km au sud de Bukavu. C’est en ce moment là que j’apprends qu’une marée humaine venait d’être consumée suite à l’explosion d’un camion citerne transportant de l’essence en provenance de Kamanyola, à destination d’Uvira.

A 8 heures, je me précipite dans la cohorte de journalistes qui accompagne la délégation gouvernementale provinciale qui se rend sur place pour s’imprégner de la situation.

C’est sous une fumée immonde que nous entrons à Sange. Des cris de pleurs par-ci, des gémissements par-là. La population de Sange est inconsolable.

‘’C’est ahurissant !’’, me lance un confrère journaliste, stupéfait par le nombre de personnes calcinées.

Le cramé sur le lieu du drame m’oblige à me protéger le nez. Des centaines de corps sont en train d‘être comptabilisés et rassemblés par les agents de la Croix Rouge et du CICR sous la protection des militaires FARDC et de quelques contingents de la Monusco.

‘’Le camion citerne rempli d’essence s’est renversé hier vers 17h30’ et le carburant s’est épanché sur le sol à partir de la citerne. C’est alors qu’une foule des citadins est venue, chacun avec son réservoir pour recueillir le butin, alors que l’équipe de secours s’apprêtait à relever le véhicule’’, témoigne un jeune rescapé sous les larmes.

‘’Près d’une heure après, une forte explosion s’est fait entendre et a suivi le parcours du carburant sur le sol jusque dans une salle où nous suivions le Mondial de football’’, ajoute le jeune rescapé.

Une vingtaine d’habitations de cette agglomération d’environ 50.000 habitants ont été complètement détruites par le feu dont l’origine reste encore inconnue.

‘’C’est la pauvreté qui fait que les habitants de Sange ont souvent l’habitude de se saisir des opportunités pareilles, c’est triste’’, me confie une autorité locale.

Le lendemain, le président Kabila annonce deux jours de deuil national et demande au gouvernement « d’élucider rapidement les circonstances de ce drame et de prendre toutes les mesures permettant d’éviter que cela ne se reproduise à l’avenir ».

Discours habituel dans un pays où la prévention n’a jamais été la préoccupation des dirigeants.

L’inexistence de structures efficaces et rapides de gestion des accidents et catastrophes en RDC aura été l’une des graves conséquences de cette catastrophe humanitaire qui vient d’emporter plus de 240 congolais avec une centaine de blessés.

Le bilan aurait été largement supérieur sans l’assistance logistique et médicale de la Mission de l’ONU en RDC, dont le départ est encore réclamé haut et fort par le gouvernement congolais.

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Kuluna : un mal en puissance dans la capitale congolaise

Publié le 21 juin 2010 dans Kinshasa par Cédric

Des enfants de la rue sur le boulevard du 30 juin, à Kinshasa

Il est 23 heures, je reviens d’un pot avec des amis près des galeries présidentielles et je rentre chez moi en marchant sur le boulevard du 30 juin. A la hauteur du bâtiment administratif de la poste, je croise un groupe de 8 jeunes. Ils ont entre 15 et 20 ans environ. Ils se rapprochent de moi et me demandent de l’argent. La réponse négative qui suit déclenche une avalanche de menaces. « Sautez-lui dessus », lance l’un des jeunes gens à ses amis. Mais personne n’ose s’approcher de moi. C’est sans doute mon gabarit qui calme leurs ardeurs. Nous restons là et les menaces se poursuivent « vide tes poches si tu ne veux pas que nous le fassions pour toi… » Je garde mon calme et tourne mon regard vers le grand commissariat de police qui se trouve à quelques pas. Il est désert.

Je menace à mon tour : « vous m’aurez peut-être parce que vous êtes nombreux mais il y en a au moins deux qui tomberont avec moi les gars. » Ça marche. Le groupe s’éloigne de moi. Je m’en sors indemne et j’ai gardé tous mes biens. Peut-être un coup de chance.

Depuis mon arrivée à Kinshasa, j’ai eu plusieurs mises en garde. Deux jours après mon arrivée, mon grand-père qui habite le quartier Debonhomme dans la commune de Matete me chasse pratiquement de chez lui. « Tu dois partir avant 18 heures si tu ne veux pas croiser les jeunes gens qui terrorisent tout le quartier », me disait-il. Il ne voulait pas que je subisse le même sort que ma cousine qui est tombé dans le filet de ces bandits qui ont non seulement piqué son sac à main, mais ont pris le temps de lui donner quelques coups.

C’est ainsi que les choses se passent dans les quartiers populaires de Kinshasa. Toute cette génération de jeunes non scolarisés et sans perspective professionnelle s’occupe comme elle peut. Ils orchestrent des larcins pour financer leurs clopes et pour se faire de l’argent de poche.

Il y a quelques années, ces jeunes se contentaient du « matolo », pratique bien connue des kinois qui consiste à imiter le renard qui a réussi à extorquer son fromage au corbeau. Aujourd’hui ils ont grandi et se sentent assez fort pour ravir. Armés de couteaux et de machettes pour certains, ils sillonnent les rues en quête de « clients ».

La répression violente est l’option prise par les autorités pour répondre à cette montée en puissance du phénomène Kuluna. De temps en temps, la police descend dans les quartiers jugés sensibles et rafle. Tous les jeunes un peu musclés et surtout ceux qui se font surprendre avec des altères chez eux se font embarquer, sans toute autre forme de procès. La suite c’est que les familles vont payer des amendes forfaitaires pour faire libérer leurs enfants. Loin de résoudre le problème, ces arrestations mettent en lumière la vraie teneur du problème : le marché du crime est alimenté tous les jours par des centaines de jeunes affamés, très peu instruits et sans visibilité sur l’avenir, qui expriment leur frustration par la violence.

A l’allure où vont les choses, Kinshasa rejoint d’un pas certain le rang des capitales dangereuses comme Johannesburg, Lagos ou encore Nairobi. Comme dans bien d’autres domaines, ce fléau est perçu comme une fatalité, alors qu’une gestion intelligente peut permettre de juguler très vite le problème.

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No money, no cinquantenaire : les agents de la fonction publique en grève

Publié le 20 juin 2010 dans Dessins par Cédric

Les agents de la fonction publique en grève

Les préparatifs de la commémoration du cinquantenaire de l’indépendance vont bon train. Sur les principales artères de Kinshasa, c’est la fièvre. Jour et nuit, les rues sont balayées. Les caniveaux sont curés et l’éclairage public réapparaît dans certains coins où il avait disparu depuis des lustres. Comme d’habitude lorsque nous préparons un grand évènement, les vendeurs ambulants et les débrouillards tenanciers de petites échoppes sont déguerpis des grandes artères. La vente « d’eau pire » en sachet a même été interdite, histoire de réduire la quantité de sacs plastique qui trainent dans la ville.

Les immondices des grandes rues sont ainsi déversées dans les quartiers reculés où le Roi des belges et les nombreux invités à notre fête n’iront pas fouiner. Mais il suffit de gratter un peu pour se rendre compte que ce coup de peinture superficiel cache très mal les vieux démons de la capitale congolaise.

Les fonctionnaires paient pour les cinq chantiers

Un mouvement de grève touche actuellement les ministères des Affaires foncières, Justice, Intérieur, Culture et Arts, Environnement, Recherche Scientifique, Développement rural, Agriculture,… C’est presque toute l’administration qui se retrouve ainsi bloquée.

Les fonctionnaires menacent de boycotter les festivités du 30 juin si leurs revendications ne sont pas prises en compte. Ils réclament le paiement du premier palier de Mbudi qui prévoit que le salaire minimum dans la fonction publique soit fixé à 93.600 FC (100 $ US). A ce jour, seuls les secrétaires généraux ont bénéficié de cette augmentation en touchant la somme de 936.000 FC (1000 $ US).

Ce mouvement social tombe plutôt mal en ce moment où tous les phares sont braqués sur la grande fête du cinquantenaire que nous préparons. Priorité est donnée à la réfection et l’embellissement des rues que nos invités vont emprunter. Ce n’est tout de même pas tous les jours qu’un Roi belge vient fêter avec nous. Les agents de la Fonction Publique devront prendre leur mal en patience, boire la bière gratuite qui coulera à flots le 30 juin et attendre le 1er juillet pour remettre leurs revendications sur la table. A leurs enfants qui réclament à manger, ils peuvent enseigner le patriotisme et le sens du sacrifice.

Une visite guidée du vrai Kinshasa pour le Roi des belges

Tout porte à croire que le Souverain belge viendra fêter avec nous le cinquantenaire du jour où nous avons officiellement tourné la page du belge qui exploite le congolais et où nous sommes passés à l’ère du congolais qui exploite le congolais. Notre invité pourra tourner en rond dans le centre-ville, embelli en son honneur. C’est triste de se dire qu’il ne profitera sans doute pas des vraies facettes de la vie locale que peuvent offrir un petit tour à la piscine à ciel ouvert de l’avenue de l’université ou une visite dans les communes de Kimbanseke, Selembao ou Bumbu.

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Belle ou poubelle? Après deux ans d’absence, Kinshasa n’a pas vraiment changé

Publié le 18 juin 2010 dans Kinshasa par Cédric

L'ex Rond-Point Huileries à Kinshasa

Deux ans après, rien n’a bougé. Enfin… presque. Je retrouve ma ville comme je l’ai laissé. Kinshasa reste cette ville survoltée, avec ses débrouillards, ses joies et ses prises de tête.

Bienvenue en RDC

A sa manière, l’agent de l’immigration qui vérifie mes papiers me souhaite la bienvenue « ata mwa eloko po na bana ndeko na ngai… » Traduction : « un petit billet pour les enfants, s’il te plait mon frère. »

A quelques pas de là, six agents du service d’hygiène expliquent à ma voisine durant le vol qu’elle avait commis une faute grave « vous n’avez pas votre carte de vaccination, suivez-nous au bureau. » La jeune fille est toute intimidée. Il faut dire qu’elle revient pour la première fois au pays après 11 ans passés au Canada. Son lingala est un tout petit peu rouillé. Elle n’avait que 10 ans lorsque ses parents ont décidé de partir. Son passeport canadien en poche, elle revient visiter « son pays ». Ne sachant pas comment réagir, elle m’appelle au secours. J’interviens alors, me faisant passer pour son compagnon.

La discussion se poursuit dans le bureau du service d’hygiène de l’aéroport, un box en bois d’environ 20m2. « Asseyez-vous », nous somme le chef du service, nous indiquant deux chaises en plastique blanches, face à son bureau en bois délabré, sur lequel traine une pile de papiers. « Savez-vous que c’est une infraction de voyager sans sa carte de vaccination ? Vous devez payer une amende. Ce sera 60 dollars… » Je lui réponds que je suis prêt à payer mais que j’avais besoin d’un quittance officielle. « On peut s’arranger », me rétorque-t-il. « Donnez 20 euros et on n’en parle plus… » Nous sortons du bureau après 30 minutes de négociations. J’ai dû brandir mon statut de journaliste et la menace de dénoncer l’incitation à la corruption de l’agent. Finalement, nous n’avons rien payé.

Dans le hall, en attente des bagages, décor habituel. Voyageurs, policiers et des dizaines de badauds se disputent la meilleure place pour récupérer les bagages qui arrivent au compte-goutte. Les rôles sont bien repartis. « Donnez-moi vote ticket, je peux récupérer vos bagages plus rapidement », propose un agent de police. Bien sûr, cette faveur coûte quelques dollars. Ensuite, ce sont les « porteurs » qui vous proposent leurs services. Je refuse de payer, mais la demoiselle qui attend à un mètre de moi accepte de le faire. Elle est américaine, peut-être anglaise. Vu son air paumée, elle doit être là pour la première fois. Sans doute une employée d’une ONG internationale. Elle s’en sort pour 20 dollars américains. Une vingtaine de minutes plus tard, l’agent de police lui apporte ses affaires. Le radin que je suis a attendu deux bonnes heures.

A  la sortie, les agents de la douane veulent fouiller mes valises. « D’accord à condition que vous mettiez des gants », ai-je répondu. « Je n’ai pas de gants… donne-nous quelque chose et on n’en parle plus… » Je refuse de payer. Ils comprennent qu’il n’y a pas de marge de négociation et renoncent. Après cette étape, je me retrouve à l’air libre et vais rejoindre ma mère qui m’attend dans le parking de l’aéroport. Retrouvailles émouvantes.

Mes valises dans la voiture, je remplis une dernière formalité : un non catégorique au militaire au béret rouge qui s’approche pour me demander de l’argent. « Ce n’est pas à moi de te payer et je ne suis ni ton patron, ni un porte-monnaie à quatre pattes papa ! »

Mon avion a atterri à 18 heures 10 minutes, mais c’est à 21 heures 30 que je quitte l’aéroport international de Ndjili. Bienvenue chez toi Cédric…

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Vous avez dit Kinshasa la belle?

Publié le 25 mai 2010 dans Dessins par Mira, Leki ya Kinshasa

Opération Kinshasa ville propre

Il y a quelques jours, je me suis retrouvée un peu par hasard de l’autre côté du décor de la ville de Kinshasa annoncée propre et belle pour le 30 juin. En me rendant dans la commune de Limete, il était plutôt question d’aller voir ce qu’il en était de marchandises bloquées suite à la grève des régies financières.

Arrivée au quartier Kingabwa-pêcheur, le véhicule qui m’emmène ne sait plus avancer. C’est en baissant les vitres et je découvre que nous sommes embourbés. Au même moment, la puanteur des lieux m’envahit. Un mélange d’odeur de manioc, de poisson et d’épices pourris… Le temps de descendre de la voiture, je me rends compte que j’ai de la boue jusqu’au niveau de chevilles.

Le spectacle qui s’offre à moi par la suite est ahurissant. A quelques pas de moi, un bébé avance à quatre pattes dans le mélange de boue et d’ordures qui sert de cour commune à quelques dizaines de familles. Le bambin s’arrête devant un sachet et le tire de toutes ses forces. Après m’avoir lancé un beau sourire, il porte sa trouvaille dans sa bouche. La scène passe innaperçue et je suis la seule à être choquée.

Un peu plus loin, des enfants plus âgés jouent sur le tapis d’immondices, sous l’oeil complaisant de quelques femmes cuisinent, sans se soucier apparemment de quelconque règle d’hygiène.

Drôle de rituel de bienvenue dans ce quartier où la quasi-totalité des ordures de la ville de Kinshasa sont cachées des yeux des rares touristes qui se risquent au Congo et les nombreux hôtes attendus pour la commémoration du cinquantenaire de l’indépendance. Je n’ai pas eu besoin de faire des kilomètres pour me retrouver de l’autre côté du mur, là-où Kinshasa la belle est un slogan utopique et où l’hygiène n’a pas du tout l’air d’être une priorité.

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L’électricité prépayée : le rêve des kinois s’écroule

Publié le 25 mai 2010 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Nouveaux compteurs à Pré-paiement de la SNEL à Kinshasa

Cela fait environs 5 mois que les habitants de la Cité Mama Mobutu et Cité Verte, des quartiers de Kinshasa, expérimentent le système de pré-paiement du courant électrique instauré par la Société Nationale D’Electricité (SNEL).

Comme promis par la société publique qui produit et distribue l’énergie électrique, la population attendait de ce système, la fin du système de délestage. Hélas, les jours « off SNEL » continuent.

Maman fifi, habitante de la cité verte se plaint: « Nous avons adopté ce système par ce qu’ils nous ont promis qu’il n y aura plus de coupure d’électricité systématiquement. Malheureusement, nous sommes sans courant deux jours par semaine, auxquelles il faut ajouter les coupures intempestives. C’était un gros mensonge. C’est vrai que nous payons ce que nous avons consommé. Mais le problème est que nous ne consommons pas à notre faim. Il n y a que la SNEL qui trouve son compte dans ce système. »

Une question mérite d’être posé face à cette aire du pré-paiement annoncé avec faste par la SNEL: Est-ce que l’objectif de la SNEL était de trouver une solution au problème de délestage et de raccordement frauduleux ou de remplir ses poches ?

En attendant la réponse, près de mille deux cent compteurs sont déjà implantés dans toute la ville.

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Payer le minerval en banque : les étudiants à l’abri de l’escroquerie

Publié le 25 mai 2010 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Une agence bancaire à L'université de Lubumbashi

Nouveauté à l’université de Lubumbashi, le minerval et les autres frais académiques doivent désormais être payés à la banque sur les comptes de l’université. Les étudiants peuvent espérer ne plus se faire rouler.

Ce nouveau système atténue les disputes dans les bureaux des différentes facultés entre étudiants et responsables académiques. Le versement des frais à la banque et la délivrance par cette dernière de preuves de paiement permet de résorber les problèmes de détournement ou de disparition de preuves de paiement de certains étudiants.

Moins de risque donc pour les étudiants de se retrouver exclus des salles de cours et d’examens, victimes d’un système de perception parallèle.

Cette nouvelle façon de faire vient bousculer les habitudes des Lushois, pas très à l’aise avec les transactions bancaires. Le paiement à la banque permet également aux parents et aux étudiants de s’acquitter des frais académiques en plusieurs tranches. Au moment des contrôles, certains apportent plusieurs bordereaux correspondant aux différentes tranches payées.

Etudiants et parents ont l’air d’apprécier cette nouveauté qui jugule quelque peu un mal décrié depuis des années. Cette tendance devrait s’étendre à d’autres domaines, afin de mieux contrôler les mouvements d’argent et en finir avec des pratiques comme « l’oreiller coffre-fort ».

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En phase d’invention de nouvelles normes d’urbanisme?

Publié le 20 mai 2010 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

En phase d'invention de nouvelles normes d'uranisme?

Bien qu’étant une des premières villes crées par la colonisation et jouissant donc d’un plan cadastral, Lubumbashi est devenue un ensemble de domaines privés dont les propriétaires ont pris la liberté de déterminer les normes d’urbanisme. De nouveaux lotissements élargissent la ville.

Malgré l’éclatement des services cadastraux en trois circonscriptions (Est-ouest-plateau), les particuliers ne manifestent aucune volonté de se référer aux services cadastraux compétents et à ceux de l’urbanisme et habitat pour nommer les avenues ou rond points, dresser les plans de leurs bâtisses et même pour donner des numéros à leurs adresses. C’est parfois le premier occupant qui construit sur une avenue qui lui donne soit son propre nom, celui de son épouse, de son oncle, voire même de son village natal. « Le grand père est parmi les premiers occupants de ce quartier. C’est pourquoi il a donné nom à ce rond point et y assure la propreté », me confie une des petites filles de Monsieur MULONGOY, qui donne nom au rond point Papa MULONGOY du quartier 5 dans la commune de la Ruashi.

Les plans des immeubles résidentiels ne sont soumis qu’à la souveraineté des propriétaires des parcelles : des bicoques et cabanes sont érigées à côté de somptueuses villas avec des structures bigarrées. Des numéros donnés aux adresses selon le plaisir des occupants entraîne un certain illogisme dans la suite des numéros : n° 13 à côté de 312, 9 à côté de 422. « Nous ne pouvons que superposer les numéros. Ceux qui morcellent leurs parcelles perturbent l’ordre et l’autorité urbaine ne pense pas remettre l’ordre », explique Mathieu LWAMBA, habitant du quartier Bel-air dans la commune de Kampemba.

Difficile donc de se repérer dans ce labyrinthe urbain que devient la ville de Lubumbashi. Ma ville serait-elle en train d’inventer de nouvelles normes urbanistiques ignorées jusqu’à présent?

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Boulevard du 30 juin: un cadeau ou un appât

Publié le 20 mai 2010 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Boulevard du 30 juin: un cadeau ou un appât

Sous un regard étonné de la population, les travaux d’agrandissement du boulevard du 30 juin prennent de l’allure. Ils doivent prendre fin avant la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du pays. Entreprises chinoises et main d’œuvre congolaise s’y activent.

Cette chaussée modernisée s’emmène avec quelques difficultés. La principale: la plupart de conducteurs et piétons ne maîtrisent pas les marques routières. Accidents, freins brusques, mauvais dépassement, etc. sont toujours au rendez-vous.

Il y en a qui tirent profit de cette situation. Les agents de la police spéciale de roulage évidemment! Les infractions pleuvent sur cette chaussée. Une sensibilisation des usagers s’impose.

Côté politique

« Même si ces travaux prennent fin, nous n’allons pas voter pour lui… », « En tout cas il faut laisser Kabila aller jusqu’au bout de ses projets au prochain mandat… », « Ce sont des stratégies pour nous pousser à le réélire… »
Les kinois pensent que « ces travaux rapides » sur le boulevard ne sont que la face visible de l’Iceberg. Que nous réserve la face cachée ? Les avis des kinois divergent.

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Manque d’eau potable, un casse tête pour les habitants

Publié le 20 mai 2010 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Manque d’eau potable, un casse tête pour les habitants

Preuve que le développement est loin d’être une réalité au Congo Démocratique : en plein 21è siècle, les habitants d’une grande ville comme Bukavu doivent encore se mettre à la queue leu leu pour avoir de l’eau potable.

A Bukavu, dans le quartier Funu et Cimpunda  en commune de Kadutu et dans le quartier Fariala en commune de Bagira, la réalité est telle que décrite par nos photos ci-dessus.

Les habitants doivent se réveiller à 5 heures du matin chaque jour pour accéder en premier au puits d’eau.  « Le monde appartient au plus rapide », s’exclame Papy, un jeune écolier en vacances. « Si nous arrivons après 6 heures du matin, nous devons attendre une ou deux heures pour avoir l’eau. En période de  cours, ça pose vraiment problème. »

Jeunes et vieux, tous veulent avoir de  l’eau et à n’importe quel prix. En bons spécialistes de la débrouille, certains militaires qui vivent dans ces quartiers se pointent à 4h30 et font payer Cinquante francs congolais pour un bidon d’eau puisé.

Et pourtant, ces sources ont été construites par des ONG internationales tels qu’International Rescue Commitee (IRC), GTZ ou encore Acted, pour aider tant soit peu les habitants.

Ces chers militaires justifient leur geste par la nécessité de maintenir l’ordre, avec au passage quelques rackets…

Que vive l’armée républicaine, garante de la sécurité de la population et de leurs biens…

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