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Le militaire qui a tué un policier condamné à mort

Publié le 31 juil 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Procès d'un militaire qui a assassiné un policier de roulage

Le procès dont je parlais il y a quelques temps et qui opposait le ministère public au militaire qui avait assassiné un agent de police s’est soldé par une sentence lourde. Le caporal B est condamné à mort et révoqué des Forces Armées de la République Démocratique du Congo. Lui-même et son employeur l’Etat Congolais doivent payer une somme de 500 000 dollars américains à titre de dommages-intérêts, en faveur de la famille du défunt.

Le tribunal militaire de garnison de Bukavu en a décidé ainsi dans cette affaire qui a défrayé la chronique et qu’une bonne partie de la population a suivi de près. Certains se disent satisfaits de cette sentence. « Il l’a bien mérité ce tueur. Qui tue par l’épée, périra par l’épée. D’ailleurs, on devrait l’exécuter ici, séance tenante », ai-je entendu murmurer.

D’autres personnes ont par contre du mal à croire en l’exécution ou la mise en application de cette sentence. « Cet homme ne sera jamais exécuté, on va le mettre en prison quelques jours et il sera libéré par la suite », pensent pour leur part deux jeunes étudiants qui ont suivi l’affaire depuis le début. « Nous connaissons la maladie de notre justice, et ce n’est pas le premier à être condamné à mort. Nous en avons vécu des cas où le condamné disparaît comme par enchantement de sa cellule. On nous raconte souvent qu’il s’agit d’évasions ordinaires mais nous savons très bien que ces bandits prennent le large avec la bénédiction de certains hommes forts », rajoutent-ils.

L’audience levée, le condamné est menotté et placé dans la jeep de la Rejusco (Restauration de la Justice à l’Est du Congo) qui doit l’acheminer dans son couloir de la mort, si exécution il y aura, à la prison centrale de Bukavu.

Quelques heures seulement après ce verdict du tribunal, les ONG qui militent pour l’abolition de la peine de mort haussent le ton. Elles soulèvent le fait que la condamnation à mort de ce caporal ne l’aide en rien pour se repentir et méditer sur son mauvais agissement.

En observant bien la situation telle qu’elle se passe autour de moi, je me rends compte que la peine de mort est appliquée même sur des gens qui n’ont commis que des délits mineurs. Même si on ne leur coupe pas la tête, ces derniers sont mêlés aux tueurs, violeurs et autres dans des prisons bondées et insalubres. La finalité est la même. Les criminels ne finissent pas la tête tranchée ou sur une potence mais meurent à petit feu, de faim et de maladies que l’on contracte dans ces geôles d’un autre temps.

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Combattre la corruption, une nécessité en RDC. Mais comment faire ?

Publié le 27 juil 2009 dans Dessins par

Les magistrats congolaises introduisent un recours auprès du président de la république

Le président Joseph Kabila a signé le 15 juillet dernier une série d’ordonnances portant révocation et mise à la retraite des magistrats jugés médiocres et corrompus. La CENCO dénonçait dans le même temps une faiblesse de l’autorité de l’Etat et une confusion entre le bien public et personnel. « Des gouvernants, des gestionnaires de la chose publique et des hommes d’affaires malhonnêtes s’adonnent à un enrichissement éhonté, injustifiable par rapport à ce qu’ils gagneraient loyalement », dénonçait Mgr Nicolas Djomo, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo.

Cette action pourrait donner l’illusion d’une lutte contre la corruption mais tout congolais averti est sans ignorer que la corruption, érigée en mode de fonctionnement depuis des années, atteint des proportions inquiétantes. Les magistrats sont visés cette fois-ci, mais quel sera donc le sort des autres fonctionnaires véreux ? Verrons-nous cette épée qui tranche la gorge aux magistrats agir sur les policiers, militaires, gestionnaires d’entreprises publiques, ministres et autres qui nagent dans la corruption et qui bloquent de ce fait le développement de la RDC ?

La CENCO dénonce la corruption en RDC

Tout un système corrompu
J’ai récemment demandé à ma famille d’accueillir une amie française qui aimerait visiter le Congo. Dans son dossier de demande de visa, elle doit entre autres fournir une attestation d’accueil (prise en charge). Ne voulant pas passer par les circuits parallèles, je leur ai exigé le respect de la procédure légale. Sans trop de surprise, trois semaines après le lancement de ladite procédure, toujours pas de prise en charge et déjà 65 dollars américains dépensés ! Je ne compte même pas les kilomètres et les heures passées à circuler entre les différents bureaux pour des légalisations qui n’en finissent pas.

Le périple pour obtenir l’attestation d’accueil :

Première étape : Le bureau de commune.
Somme à payer : 20 dollars américains
Un document est établi alors, certifiant que vous résidez bien dans la commune et que vous vous engagez à recevoir un hôte venu de l’étranger.

Deuxième étape : le bureau des services d’immigration sur le boulevard du 30 juin, dans la commune de la Gombe.
Somme à payer : 25 dollars américains
Les services d’immigration apposent un sceau certifiant qu’ils sont au courant de l’entrée prochaine d’un ressortissant étranger sur le sol congolais et qu’ils savent où cette personne va habiter.

Troisième étape : Un autre bureau de l’immigration, cette fois-ci derrière les bâtiments de l’Ex Kin Mazière.
Somme à payer : 20 dollars américains
On ne sait pas vraiment pourquoi, mais il faut payer et attendre que l’on vous appelle pour retirer le document. Et là, un fonctionnaire vous propose de payer le double de la somme pour voir la procédure accélérée. En cas de refus de s’acquitter de ce bakchich, votre dossier est enterré. Il faut attendre plusieurs semaines pour le recevoir. Il est même possible qu’il disparaisse et que vous ayez dépensé tout votre argent et votre temps pour rien.

Le plus irritant dans ce genre d’affaires c’est que, plutôt que de suivre cette longue et pénible procédure, vous pouvez tout simplement vous rendre à la dernière étape, payer le total de la somme engagée à un seul fonctionnaire et recevoir votre document le jour même.

Des mesures draconiennes s’imposent pour nettoyer cette société corrompue mais la tâche est loin d’être facile. En visitant la Géorgie il y a quelques mois, j’ai découvert un pays qui était presqu’aussi corrompu que le mien et qui a lutté contre ce mal. Les choses ne sont pas parfaites, mais le président Saakashvili n’a pas hésité à virer toute la police et à la remplacer par du sang neuf. Il y autant un besoin de nettoyage de fond en RDC. Il faut beaucoup de courage pour le faire, mais c’est un passage obligé avant d’espérer un redressement de la situation.

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Un militaire assassine un policier de roulage

Publié le 23 juil 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Procès d'un militaire qui a assassiné un policier de roulage

C’est le quatrième cas enregistré à Bukavu depuis le début de cette année. Des coups de feu crépitent sur avenue Nyofu en commune d’Ibanda presque toute la nuit de dimanche 19 juillet. La population se réveille le matin suivant dans la panique en apprenant sur les chaînes de Radio locales qu’un policier de Roulage du rang d’adjudant chef venait d’être abattu à une heure du matin par un élément des FARDC faisant partie de l’opération Kimia 2 qui traque les FDLR.

L’audience s’ouvre à neuf heures le lendemain mardi 21 juillet devant le tribunal militaire de garnison de Bukavu. Une foule assez nombreuse se rassemble devant l’esplanade de la grand poste pour suivre le procès. A la barre, deux militaires de l’armée régulières bien menottés. Le président de ce tribunal ouvre l’audience publique et questionne le premier prévenu, un caporal : « As-tu tué le policier roulage ? » Et le caporal rétorque sans gêne : « Oui Mr le président, je l’ai tué parce qu’il m’a tabassé dimanche soir dans un débit de boisson. »

L’auditeur militaire de garnison à qui la parole est ensuite donnée, dit que le caporal a volé l’arme de son compagnon de chambre pour aller commettre son crime et il était dans en état d’ébriété. Les avocats désignés pour assister gratuitement les accusés n’ont pas d’autres choix que de plaider coupable et demander au tribunal de réduire la peine pour leur client.

A 20 heures le soir, l’audience n’était pas encore terminée. Après une descente sur le terrain, le tribunal décide de suspendre et de reprendre le lendemain.

Cette situation remet en scène la question du sérieux et de la discipline des ceux qui sont censés protéger la population et ses biens et veiller sur l’intégrité du territoire. Plutôt que de considérer leur arme comme un outil de travail servant à accomplir un devoir noble, ces hommes y voient un gadget leur permettant de se considérer comme les plus forts du monde. Et les conséquences sont bien connues : viols, rackets, assassinats… La liste est longue.

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Conflits fonciers et escroquerie officielle dans la capitale congolaise

Publié le 19 mai 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Mise en garde gravée sur un portail : escrocs, cette parcelle n'est pas à vendre

Il suffit de voir comment le mot escroc (scrocs, escrot…) est écrit sur certains portails de Kinshasa pour mesurer le degré d’exacerbation. L’orthographe est le cadet de leur souci, l’essentiel c’est que le message passe.

Si moi je comprends cette douleur, cette colère et ce désarroi…dans ces messages qui sont sur les portails et murs de plusieurs parcelles de Kinshasa, c’est par ce que les conflits fonciers dans la capitale sont devenus monnaie courante. Sans compter le nombre des procès à ce sujet, je vous raconte ma petite expérience :

Dans mon quartier, deux familles se regardent en chiens de faïence dans une même parcelle. Elles détiennent toutes les deux des titres de propriété en « bonne et due forme ». Une parcelle vendue par la même personne à deux acquéreurs différents. Et il ne se passe pas un mois sans que ces « voisins par contrainte » ne se lancent des pierres.

Une autre histoire c’est celle de mon frère qui a trouvé une fondation élevée dans la parcelle qu’il avait acheté 2 mois auparavant à Kutendele, un quartier de Kinshasa. Surpris, puisque ce n’était pas son ouvrage. Les voisins qui remarquent son regard interrogateur lui confirment que la fondation appartenait à un général et qu’il n’est pas la première victime du chef coutumier. C’est comme ça que ça se passe toujours ici…

Et nul n’ignore que dans les procès sur les conflits fonciers, c’est la raison du plus fort qui est la meilleure. Sachant qu’il ne pouvait récupérer son argent, ni gagner le procès contre un « général », il a été obligé de choisir une autre parcelle dans un coin plus reculé et moins attrayant.

Le plus étonnant c’est que ce sont bien les services officiels qui délivrent les titres de propriété. Les mêmes services et qui lotissent les terrains inhabités. Il faut donc beaucoup de précautions avant d’acheter. Un document des services publics n’est pas gage de sécurité. Il suffit de voir combien d’immeubles l’Etat démolit alors que c’est lui-même qui les a vendu.

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Jean-Pierre Bemba bientôt libre ?

Publié le 12 mar 2009 dans Dessins par

Jean-Pierre Bemba bientôt libre ?

Au cours d’un point de presse à Kinshasa, François Mwamba, secrétaire général du MLC soutient que les juges de la CPI n’ont jusque là aucun élément de responsabilité contre le leader de son parti. La CPI a ajourné l’audience de confirmation des charges de l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, arrêté le 24 mai 2008 à Bruxelles, en Belgique, puis remis début juillet à La Haye, aux Pays-Bas.

Le secrétaire général du MLC déplore ce qu’il a qualifié de « énième manœuvre du procureur de la CPI qui cherche à tout prix à prolonger le séjour du sénateur Jean-Pierre Bemba en prison jusqu’au 24 juin 2009 ».

Illustration : Patou Bomenga

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Goma : Etat démocratique sans justice ?

Publié le 11 mar 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Cette parcelle n'est pas à vendre...

« Cette parcelle n’est pas à vendre, celui qui l’achète donne son argent aux escrocs ». Cette inscription, je l’ai lu sur le mur de mon voisin. Pas besoin d’être un savant pour comprendre qu’il s’agit d’une mise en garde. Mais la question c’est à qui elle est adressée et pourquoi ?

« Il s’agit d’un problème familial », me répond Blaise, auteur de l’inscription et étudiant en droit à l’Université Libre des pays des grand-lacs (ULPGL). Avec la complicité de certains agents des services publics d’urbanisation, certains membres de sa famille tentent de mettre en vente la parcelle appartenant à son défunt père sans son accord.

Il me révèle en outre que les documents (titres de propriété) lui ont été ravis par ses oncles. Le jeune homme a essayé d’exprimer son désaccord au sein des réunions familiales mais personne ne semble être disposé à l’écouter. N’ayant aucun autre recours pour les dissuader, il a opté pour une mise en garde publique.

« Après l’étape d’inscription sur le mur, je compte introduire le dossier au tribunal. Même si la justice n’a jamais été efficace dans ce pays, je vais me battre jusqu’au bout ». Pour la défense de sa cause, Blaise projette même d’impliquer s’il le faut ses camarades étudiants. « C‘est sûr que je n’aurais pas assez de sous pour payer les frais administratifs du tribunal et encore moins un avocat. Je vais essayer de mobiliser la faculté et on verra ce que ça vas donner », conclut-il.

Peut-on parler d’état de droit et démocratique sans justice fonctionnelle et accessible à tout citoyen ? La réalité actuelle en république démocratique du Congo prouve que la raison du plus fort est toujours la meilleure. Impossible de tenir tête à une personne plus fortunée, capable de payer des frais administratifs et des pots de vin.

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Kisangani : Le phénomène « Enfants sorciers » fait deux victimes de plus

Publié le 6 mar 2009 dans Kisangani par Boyomais

Le pont sur la rivière Tshopo à Kisangani

Dans la nuit du samedi 28 février dernier, aux alentours de 22 heures, une fillette de 8 ans et un petit garçon de 13 ans ont été amenés par leur oncle paternel au Pont Tshopo sur la rivière qui porte le même nom. Arrivés sur le pont, l’oncle poussa, délibérément, un après l’autre, les deux enfants du haut des allées du pont vers la rivière. Les corps sans vie de ces deux enfants ont été découverts le lendemain par des pécheurs.

La raison de ce geste odieux n’est pas à chercher bien loin : une semaine plus tôt, un pasteur, venu réconforter l’oncle après la mort de son bébé suite à une courte maladie, « l’homme de Dieu » avait affirmé que le Saint-Esprit lui avait révélé que les deux enfants dont il avait la garde (lesquels sont des enfants de son jeune frère) étaient des sorciers et qu’ils étaient à la base du décès du bébé.

Après avoir commis son horrible crime, l’oncle assassin n’a pas pu garder le secret. Il est allé voir le lendemain son pasteur pour implorer le pardon pour son péché. Ironie du sort, après avoir relaté son histoire à son pasteur, ce dernier l’a dénoncé à la police. Sachant pertinemment qu’il était lui aussi lié à cette affaire, le « pasteur » a ensuite pris le large.

Du lieu où il est détenu en attente d’un procès public tel que sollicité par l’autorité urbaine, le criminel signe et persiste : « Mon pasteur m’a dit que les deux enfants ont avoué devant lui qu’ils avaient mangé le bébé. Ma nièce de 8 ans a même déclaré que la chair de mon bébé avait un goût amer ».

Encore une histoire mettant en cause ces prédicateurs qui se spécialisent dans la détection des sorciers. Ils ne mesurent pas les tensions sociales que suscitent leurs incriminations et plus grave, il y a toujours assez naïfs pour jouer le jeu.

Affaire à suivre… Nous attendons le dénouement de la procédure judiciaire.

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