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Isangi: Pour les débrouilards, pas de retraite!

Publié le 7 mai 2009 dans Kisangani par Boyomais

Une vendeuse de pots en argile dans une rue d'Isangi, province orientale

Située à l’ouest de la ville de Kisangani, la cité d’Isangi n’est pas épargnée par la crise multiforme que connaît le Congo. Ici, le fameux « Débrouillez-vous » de l’article 15 Zaïrois s’applique à tout le monde. Hommes ou femmes, jeunes ou vieux, un même mot d’ordre pour tous : se débrouiller pour survivre.

Malgré le poids de l’âge sur ses épaules, Tata Zabibu, née probablement née autour des années 1925 ne ménage aucun effort pour nourrir sa grande famille. Fabriquer des marmites avec de l’argile est le seul héritage que sa mère lui a légué. « Ce métier est un patrimoine familial. Nous le tenons de nos aïeux », confie-t-elle, avant de jeter de la salive sur le sol en guise de gratitude envers ses ancêtres.

« Pour fabriquer mes marmites, j’ai besoin d’argile que je mélange avec du sable. Pas besoin de chercher la main d’œuvre ailleurs, mes petits-fils travaillent avec moi. » Deux fois par mois, elle parcourt environ 5 km pour aller à la recherche de sa matière première.

La concurrence des marmites importées n’arrange pas le business de la vieille femme. « A l’époque de mes parents, les marmites en argile n’avaient pas de concurrence sur le marché. Mais, aujourd’hui, ce n’est plus le cas. La modernité et les blancs bousculent nos traditions. Très peu de gens sollicitent encore nos poteries » se plaint-t-elle.

Les difficultés du quotidien et le poids de l’âge ne font pourtant pas fléchir Tata Zabibu, chevronnée de la débrouille qui transmet son savoir-faire à sa descendance. Les promesses politiques augurant des jours meilleurs, elle n’y croit pas du tout. A son âge, elle en a sans doute entendu plusieurs sans voir de concrétisation.

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Système parallèle face à l’irresponsabilité des politiques

Publié le 25 avr 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Transport en commun à Goma

Plus question que les chauffeurs des taxi-bus fixent les prix du transport à Goma. La décision est tombée, il y a quelques jours et elle émane de l’association des chauffeurs du Congo (ACCO) qui dit vouloir remettre de l’ordre dans le secteur du transport en commun.

Sachant que la tâche n’est pas du tout facile, l’ACCECO a mis sur pied un service de contrôle, « les Policiers » comme ils veulent se faire appeler. Ces jeunes gaillards qui ont envahi les principales artères de la ville ont une mission : traquer les conducteurs récalcitrants qui tracassent les passagers en leur exigeant de payer plus que le prix de la course, fixé à 200 francs congolais.

« Nous avons reçus beaucoup de plaintes de la part des passagers. Il fallait mettre de l’ordre dans la boutique. Certains conducteurs ont profité du léger réaménagement du prix des produits pétroliers, survenu il y a quelques mois, au niveau national pour malmener la population.» M’a confié un des responsables de l’ACCECO.

Face à l’inaction des autorités politiques et de la vraie police, des systèmes parallèles voient le jour. A la tête de ces structures informelles qui : la population elle-même qui a bien compris qu’elle ne pouvait rien attendre de ses gouvernant, spécialistes des beaux discours et beaucoup moins efficaces quand il s’agit de répondre aux attentes du peuple.

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