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No money, no cinquantenaire : les agents de la fonction publique en grève

Publié le 20 juin 2010 dans Dessins par Cédric

Les agents de la fonction publique en grève

Les préparatifs de la commémoration du cinquantenaire de l’indépendance vont bon train. Sur les principales artères de Kinshasa, c’est la fièvre. Jour et nuit, les rues sont balayées. Les caniveaux sont curés et l’éclairage public réapparaît dans certains coins où il avait disparu depuis des lustres. Comme d’habitude lorsque nous préparons un grand évènement, les vendeurs ambulants et les débrouillards tenanciers de petites échoppes sont déguerpis des grandes artères. La vente « d’eau pire » en sachet a même été interdite, histoire de réduire la quantité de sacs plastique qui trainent dans la ville.

Les immondices des grandes rues sont ainsi déversées dans les quartiers reculés où le Roi des belges et les nombreux invités à notre fête n’iront pas fouiner. Mais il suffit de gratter un peu pour se rendre compte que ce coup de peinture superficiel cache très mal les vieux démons de la capitale congolaise.

Les fonctionnaires paient pour les cinq chantiers

Un mouvement de grève touche actuellement les ministères des Affaires foncières, Justice, Intérieur, Culture et Arts, Environnement, Recherche Scientifique, Développement rural, Agriculture,… C’est presque toute l’administration qui se retrouve ainsi bloquée.

Les fonctionnaires menacent de boycotter les festivités du 30 juin si leurs revendications ne sont pas prises en compte. Ils réclament le paiement du premier palier de Mbudi qui prévoit que le salaire minimum dans la fonction publique soit fixé à 93.600 FC (100 $ US). A ce jour, seuls les secrétaires généraux ont bénéficié de cette augmentation en touchant la somme de 936.000 FC (1000 $ US).

Ce mouvement social tombe plutôt mal en ce moment où tous les phares sont braqués sur la grande fête du cinquantenaire que nous préparons. Priorité est donnée à la réfection et l’embellissement des rues que nos invités vont emprunter. Ce n’est tout de même pas tous les jours qu’un Roi belge vient fêter avec nous. Les agents de la Fonction Publique devront prendre leur mal en patience, boire la bière gratuite qui coulera à flots le 30 juin et attendre le 1er juillet pour remettre leurs revendications sur la table. A leurs enfants qui réclament à manger, ils peuvent enseigner le patriotisme et le sens du sacrifice.

Une visite guidée du vrai Kinshasa pour le Roi des belges

Tout porte à croire que le Souverain belge viendra fêter avec nous le cinquantenaire du jour où nous avons officiellement tourné la page du belge qui exploite le congolais et où nous sommes passés à l’ère du congolais qui exploite le congolais. Notre invité pourra tourner en rond dans le centre-ville, embelli en son honneur. C’est triste de se dire qu’il ne profitera sans doute pas des vraies facettes de la vie locale que peuvent offrir un petit tour à la piscine à ciel ouvert de l’avenue de l’université ou une visite dans les communes de Kimbanseke, Selembao ou Bumbu.

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Vous avez dit Kinshasa la belle?

Publié le 25 mai 2010 dans Dessins par Mira, Leki ya Kinshasa

Opération Kinshasa ville propre

Il y a quelques jours, je me suis retrouvée un peu par hasard de l’autre côté du décor de la ville de Kinshasa annoncée propre et belle pour le 30 juin. En me rendant dans la commune de Limete, il était plutôt question d’aller voir ce qu’il en était de marchandises bloquées suite à la grève des régies financières.

Arrivée au quartier Kingabwa-pêcheur, le véhicule qui m’emmène ne sait plus avancer. C’est en baissant les vitres et je découvre que nous sommes embourbés. Au même moment, la puanteur des lieux m’envahit. Un mélange d’odeur de manioc, de poisson et d’épices pourris… Le temps de descendre de la voiture, je me rends compte que j’ai de la boue jusqu’au niveau de chevilles.

Le spectacle qui s’offre à moi par la suite est ahurissant. A quelques pas de moi, un bébé avance à quatre pattes dans le mélange de boue et d’ordures qui sert de cour commune à quelques dizaines de familles. Le bambin s’arrête devant un sachet et le tire de toutes ses forces. Après m’avoir lancé un beau sourire, il porte sa trouvaille dans sa bouche. La scène passe innaperçue et je suis la seule à être choquée.

Un peu plus loin, des enfants plus âgés jouent sur le tapis d’immondices, sous l’oeil complaisant de quelques femmes cuisinent, sans se soucier apparemment de quelconque règle d’hygiène.

Drôle de rituel de bienvenue dans ce quartier où la quasi-totalité des ordures de la ville de Kinshasa sont cachées des yeux des rares touristes qui se risquent au Congo et les nombreux hôtes attendus pour la commémoration du cinquantenaire de l’indépendance. Je n’ai pas eu besoin de faire des kilomètres pour me retrouver de l’autre côté du mur, là-où Kinshasa la belle est un slogan utopique et où l’hygiène n’a pas du tout l’air d’être une priorité.

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Indépendance cha-cha : le roi des Belges à Kinshasa en juin

Publié le 15 mar 2010 dans Dessins par Cédric

Indépendance cha-cha : le roi des Belges à Kinshasa en juin

C’est confirmé, le roi Albert II de Belgique assistera aux cérémonies du 50e anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo. Après le roi Baudouin en 1985, le chef de tous les nokos va donc se rendre à Kinshasa pour participer à cette fête dont l’ambiance s’annonce très festive.

La confirmation du gouvernement d’Yves Leterme apporte la pièce manquante pour que la fête soit totale, et ce en dépit du fait que de plus en plus de voix qui s’élèvent pour réclamer que le cinquantenaire de l’indépendance soit célébré dans le recueillement, pour honorer la mémoire de tous ces congolais qui ont perdu leurs vies dans les conflits armés de ces dernières années.

Nous allons fêter, et le roi sera avec nous. Mais qu’allons-nous vraiment fêter ? La question revient encore et encore.

Le Congo est-il en position de faire la fête ? Est-ce par pur je m’en-foutisme ou par fatalisme que nous nous sentons de faire la fête alors que le Congo tombe en miettes tous les jours qui passent ?

Connaissant mon pays et l’humeur festive de ses habitants, je sais que les brasseries offriront de la bière. Les musiciens congolais griots et autres griots du pouvoir seront payés aux frais du contribuable pour livrer des concerts un peu partout dans le pays. Les organisateurs en profiteront également pour se faire du beurre. Un petit zéro de plus dans les frais, ça fait également partie de la fête.

C’est le même cycle encore et encore. Le jour d’après, le 1er juillet, ce sera le retour à la réalité. Les miliciens bourrés de la veille vont violer et tuer et ça passera comme des faits divers comme des autres. Ceux qui auront fait la fête la veille vont retourner sans broncher dans leur débrouille, en attendant la prochaine occasion…

A toutes et à tous, bonne fête du cinquantenaire…

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Cinquantenaire de l’indépendance : vaut-il la peine de fêter ?

Publié le 9 mar 2010 dans Dessins par Cédric

Cinquantenaire de l’indépendance : vaut-il la peine de fêter ?

Plus la date du 30 juin se rapproche, plus on parle des festivités pour le cinquantenaire de l’indépendance. Le comité d’organisation spécialement mis en place annonce une possible participation du roi belge et d’autres invités de marque. L’ambiance s’annonce donc festive. Mais depuis qu’on parle de cette commémoration, je réfléchis sans cesse et j’essaie de trouver, moi, une bonne raison pour fêter.

Indépendance cha-cha, 50 ans après, quel bilan ?

D’après ce qui se raconte, en 1960, le Congo était un pays fonctionnel. Il parait qu’il y avait des routes et des trains. Il se raconte également qu’à l’époque, manger, étudier ou se soigner, ce n’était pas du luxe. 50 ans plus tard, ce géant qui comptait parmi les puissances sur le continent africain est à bout de souffle. Il agonise. Pire, avec les années qui passent, la situation ne cesse de se dégrader. Le temps passe et le nombre de ceux qui ont connus un Congo fonctionnel se réduit.

Moi, je ne l’ai pas connu ce Congo qui marche, mais les histoires de mon grand-père me font rêver. Quand il me parle de son Congo à lui, je suis jaloux et je me demande s’il est possible d’inverser la tendance actuelle afin de retrouver ce paradis perdu. Mais la frontière entre le rêve et la réalité est souvent infranchissable. Verrais-je arriver ce Congo qui me fait rêver du temps qui me reste à vitre ? Je n’y crois pas trop mais qui sait ?

Deux regards différentes

J’ai trois heures d’attente dans un aéroport et j’écoute en boucle l’hymne de l’indépendance. Pas celle de Joseph Kabaselle dit le Grand Kallé avec son African Jazz, mais une version qui se rapproche plus de mon regard. Baloji, presque le même âge que moi et mêmes interrogations.

Première version : Grand Kalle, salue l’avènement d’un Congo indépendant. Accompagnant Patrice Lumumba à Bruxelles en janvier 1960, lors de la table ronde à l’issue de laquelle la date de l’indépendance du Congo sera fixée au 30 juin, Grand Kallé avait écrit cette chanson, devenue en Afrique un hymne de la libération.

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Deuxième version : 50 ans plus tard, Baloji, jeune congolais résidant en Belgique et visiblement en quête d’identité s’interroge interroge : 50 ans après, mais qu’est-ce qui a changé ?

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Karel de Gucht indésirable en RDC

Publié le 22 jan 2010 dans Dessins par Cédric

Karel de Gucht indésirable en RDC

Le commissaire européen pour le Développement et l’aide humanitaire a commis la plus gave des fautes, celle de critiquer nos irréprochables dirigeants. Mais pour qui se prend-il ce Karel de Gucht ?

Comme à chaque fois qu’il s’agit d’un Belge, la traditionnelle parade anticolonialiste réapparait. « Le Congo est un pays indépendant et n’a de leçons à recevoir de personne », ai-je entendu murmurer certains, par un sursaut de patriotisme qui ne reste en fait que dans les discours et dans les discussions de bars ou de forums sur le Web.

Indépendant ? La question se pose lorsqu’on sait que notre pays est géré comme une ONG, à coup de microprojets de courte durée, financés pour la plupart par l’argent provenant de l’aide internationale.

Sachant que main qui donne, main qui dirige, n’est-il pas normal que l’européen qui donne son argent demande des comptes à ceux qui le reçoivent ?

J’entends déjà des patriotes virtuels me traiter de vendu à la cause des méchants colons, mais j’assume totalement mon opinion. Je pense que cette indépendance, la vraie, nous ne l’obtiendrons réellement que lorsque nous apprendrons à gérer correctement l’entreprise Congo. Nous ne serons capables de revendiquer la tête haute cette indépendants que lorsque nous serons réellement autonomes.

Nous n’aurons des arguments face aux traditionnels donneurs de leçons que lorsque nous rangerons dans la poche cette main en permanence tendue, comme celle d’un mendiant qui préfère quémander, plutôt que travailler et gagner son pain dignement.

Ce mendiant qu’est devenu le Congo ne peut que baisser la tête face à cette dame qu’on appelle Europe. Dame Europe lance de temps en temps une pièce au Congo, juste assez pour qu’il puisse s’acheter un bout de pain et quelques comprimés d’aspirine pour calmer sa fièvre.

Pour se faire respecter, une seule solution : le mendiant doit se remettre au travail, gagner dignement son pain et refuser la pièce du passant.


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Indépendance Tchatcha, 49 ans après

Publié le 7 juil 2009 dans Dessins par

Indépendance Tchatcha, 49 ans après

Les congolais ont commémoré les 49 ans de l’indépendance de leur pays le 30 juin dernier. Dans les principales villes, diverses manifestations ont été organisées avec différentes ambiances. Quel bilan tirer 49 ans après le retrait du colon blanc et l’entrée en scène des colons noirs en république démocratique du Congo ?

Les résultats sont bien visibles et pas besoin d’être particulièrement doué pour voir que le Congo est à ce jour l’ombre de lui-même. Si le colon blanc était connu pour la chicote, les colons noirs se distinguent par leur capacité à se remplir les poches et le ventre pendant que leurs administrés crèvent de faim.

Indépendance Tchatcha, 49 ans après

Les congolaise ont su s’adapter aux nouvelles règles du jeu et assimilent parfaitement la notion du fameux et très célèbre « débrouillez-vous ». Après la fête, la vie reprend son cours avec nos problèmes habituels : Débrouille, FDLR, corruption, manque d’eau et d’électricité avec lesquels nous allons vivre jusqu’à la prochaine fête. Rendez-vous dans un an…

Indépendance Tcha Tcha, un incident chez Congo Blog
A Bukavu, c’est notre consœur et correspondante dans la ville qui a perdu son appareil photo alors qu’elle couvrait un match de football au stade de la concorde en commune de Kadutu.

Récit de l’incident :

Les choses ont tourné au vinaigre dans les heures d’après midi. Un match de foot bal entre l’omnisport club Bukavu Dawa et Muungano, deux grandes équipes du Sud Kivu organisé pour commémorer l’anniversaire de l’indépendance n’est pas arrivé à sa fin.

Les fanatiques de Muungano qui menait déjà par un but à zéro, n’ont pas digéré l’égalisation de ce but par Bukavu Dawa à la 10ème minute du jeu. Jet de projectiles au moment où la délégation du gouvernement provincial faisait son entrée au stade pour remettre les prix aux deux équipes. La police a été obligée de tirer en l’air et d’utiliser le gaz lacrymogène pour frayer un passage dans la foule afin d’extraire les officiels et les journalistes du stade. Bilan humain : dix personnes grièvement blessées.

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