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Incendies au quotidien dans la ville

Publié le 28 juil 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Décombres d'habitations après un incendie à Goma

Il ne se passe pas une semaine sans qu’il y n’ait un incendie à Goma. Le dernier en date, c’était celui de l’école primaire Mikeno dans la commune de Karisimbi. Le feu s’est déclaré aux environ de 9 heures du matin, dimanche 19 juillet. Au bout de quelques minutes, une grande partie de l’école était réduite en cendres. Une semaine plus tôt, c’étaient quelques 30 maisons dans le quartier Mabanga et 750 autres dans le quartier Birere qui se faisaient engloutir par les flammes.

L’origine des flammes ? Personne ne sait répondre exactement à la question. En cause, sûrement l’usage des planches pour la construction, le vent en cette saison sèche et surtout l’inexistante d’un service anti-incendie dans cette ville dont on estime à 700 000 le nombre d’habitants.

« Personne n’a fourni jusqu’à présent des explications quant aux causes réelles de ces incendies. Je me trouvais au boulot lorsque mon épouse m’a appelé en m’informant que notre maison avait brûlé », explique George Kambale, sinistré et père de six enfants. Il habitait le quartier Birere avant le drame. Actuellement il profite des vacances pour squatter une des salles de l’école primaire Keshoro.

Une victime d'un incendie à Goma

Dans sa nouvelle « maison », il fait sombre. Les fenêtres sont voilées par des pagnes. Des pupitres sont rangés au fond de la salle. Des traces à la craie sur le pavement délimitent « les chambres ». « Je vis ici avec mon petit foyer. J’ai tout perdu. Je remercie Dieu parce que la vie de mes enfants est pour le moment sans danger. Les autorités nous ont promis de l’aide mais rien n’est fait jusque-là », se plaint-il.

De leur côté, les autorités locales disent travailler sur un comité de crise mis en place par le gouvernement provincial du Nord-Kivu avec ses partenaires pour évaluer l’ampleur des dégâts et identifier les besoins. Comme d’habitude, on attend les drames pour chercher des solutions d’urgence. À croire qu’on ignore ici l’existence du mot prévention.

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Kinshasa : Une ville sans service anti-incendie

Publié le 17 mar 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Un véhicule incendié dans une rue de Kinshasa

Il y a quelques jours, en rentrant le soir chez moi après le travail, le véhicule qui me transportait s’est retrouvé coincé dans un embouteillage. Surgissant de nulle part, un homme visiblement paniqué est venu demander un extincteur au conducteur qui me ramenait. Naturellement, ce dernier n’en avait pas.

« Mon Dieu, la Mercedes va brûler », s’écria l’infortuné. C’est à ce moment que j’ai vu une Mercedes blanche en feu devant un marché, à quelques mètres de moi. Il y avait plusieurs personnes autour de la voiture mais personne ne cherchait à faire quoi que ce soit. Plusieurs minutes plus tard, un homme est arrivé avec du sable, à peine une poignée, qu’il a jeté sur le feu, sans succès.

Entre-temps, le conducteur de la voiture dans laquelle je me trouvais a réussi à s’extirper de l’embouteillage et à s’élancer sur la route. Le lendemain, en repassant par la même route, et j’ai aperçu la voiture de la veille, complètement calcinée. Pire, pendant la nuit, les portières et autres pièces avaient disparu. Sans doute une œuvre des récupérateurs de métaux.

Ainsi va la vie à Kinshasa. Les pompiers sont une race à part et le matériel anti-incendie un luxe. Dans une ville dont la population est estimée à 8 millions d’habitants, on compte moins d’une dizaine de véhicules anti-incendie qui n’opèrent que dans le centre-ville, où habitent les nantis. Les citoyens lambda peuvent toujours brûler.

Connaissant bien cette réalité, les Kinois ne se donnent même plus la peine d’appeler les pompiers, beaucoup plus réputés pour leur capacité à arroser les décombres et compter victimes plutôt qu’à éteindre les flammes. En cas d’incendie, la solution est bien connue : sauver l’essentiel et se tirer vite fait.

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