Des produits avariés dans nos assiettes
Publié le 14 juil 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

« Le congolais ne meurt jamais de microbes », « le corps humain a besoin de microbes pour son bon fonctionnement » : ce ne sont pas les arguments qui manquent aux congolais pour justifier le non respect de certaines règles élémentaires d’hygiène. Dans la province du Katanga, ils sont nombreux à consommer des produits avariés qui coûtent moins cher. Les maladies que cette attitude peut engendrer, c’est le dernier souci du Lushois.
Ce comportement a ouvert une nouvelle possibilité d’affaires pour certains opérateurs économiques sans scrupules. Ces derniers vendent purement et simplement des produits (importés) avariés en changeant leurs dates de péremption. Poulet, boites de conserve, biscuits et autres marchandises y passent. Boutiques et supermarchés de Lubumbashi surpris en flagrant délit viennent d’être scellés il y a quelques jours. Cette fermeture cause la rareté et la majoration du prix de certaines denrées de consommation quotidienne sur le marché.
« J’achetai ma marchandise au magasin Psaro à un prix trop abordable, mon bénéfice était considérable et significatif. Comme on vient de le sceller, cela est un coup dur pour mon commerce. Je dois donc majorer le prix pour gagner quelque chose », explique Mme Liliane Mwika, vendeuse de viande au marché central Mzee Kabila.
Joseph Kazadi, journaliste, parle lui d’une responsabilité partagée. Les services étatiques censés contrôler la qualité des produits mis en vente sont les premiers à fermer les yeux après avoir reçu de l’argent des opérateurs économiques.
La population, elle, ne sait quelle décision prendre face à cette situation. Le choix est à faire entre la nourriture moins chère et celle de bonne qualité. Les produits avariés sont les compagnons de leur quotidien depuis la nuit des temps. « Nous serions tous morts si lesdits avariés étaient nuisibles à la santé du congolais. Les autorités le savent, c’est pourquoi les mesures de sceller les magasins ne venaient toujours pas », ai-je entendu dire un Lushois.
Et si le congolais n’était pas vraiment vulnérable aux microbes ?






