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Fermeture des camps de déplacés

Publié le 27 oct 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Des réfugiés devant leur baraquement dans la province du Nord-Kivu

Tous les camps de déplacés autour de la ville Goma doivent être vidés de leurs habitants. Les déplacés doivent retourner dans leurs villages désormais pacifiés. Cette décision est appuyée par certains membres de la communauté humanitaire œuvrant dans la province du Nord-Kivu.

Ces tentes estampillées UNHCR (Haut Commissariat des Réfugiés) et dont les images ont fait le tour du monde se vident. Les propriétaires de ces espaces envisagent déjà, de mettre en valeur leurs concessions.

Le retour au calme dans certains territoires de la province est la raison principale évoquée par le gouvernement pour justifier cette décision. Motif qui ne tient pas débout, selon certains déplacés.

Jackson Hakizimana, ex-responsable d’un des blocs à Mugunga I, un des 5 camps autour de Goma, s’inquiète de la situation sécuritaire dans son village d’origine : « Je suis originaire de Kashebere dans le territoire de Masisi. Là-bas, selon nos informations, la situation sécuritaire reste inquiétante. Les RDLR font la loi dans cette région et des affrontements se poursuivent entre FARDC, FDLR et maï-maï. Je ne vais pas retourner dans ce coin. »

Paranoïa ou crainte justifiée ? Avec les nombreux rebondissements dans la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, difficile de se réjouir et se dire que cette fois est la bonne. Seul le temps nous en dira plus.

Un camp de déplacés dans la province du Nord-Kivu

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Le viol, seules les femmes peuvent en témoigner

Publié le 24 oct 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Le viol, seules les femmes peuvent en témoigner

Rutshuru, un territoire de la province du Nord-Kivu à plus ou moins 70 kilomètres au Nord de la ville de Goma. Ici, il y a quelques mois, bruits de bottes et crépitements de balles faisaient la loi. Les traces sont encore visibles sur différentes battisses et même sur les habitants de cette partie de la République Démocratique du Congo.

« Il m’est difficile de cohabiter avec un homme en arme. Il m’arrive facilement de changer de direction lorsque je remarque un militaire sur mon chemin », me confie Georgette Kasoki. Veuve depuis quatre ans, elle est mère de deux filles dont l’ainée a 18 ans et la cadette 14 ans. « Je ne sais pas s’il m’arrivera de pardonner ce groupe de militaire que j’ai vu violer ma fille », poursuit-elle.

Lors des affrontements en octobre dernier entre les troupes du général déchu Laurent Nkunda et l’armée loyaliste, Maman Georgette a vécu c’est qu’elle qualifie d’enfer pendant plusieurs mois.

« C’était un certain mardi vers 11 heures du matin. Je me trouvais dans mon champ, lorsque du coup, un obus a explosé dans le champ de ma voisine. Je suis partie vers le Nord, dans le parc. Il était hors des questions de retourner à la maison. À ce moment-là, mes deux filles étaient à l’école. Nous nous sommes revus deux mois plus tard à Kanyabayonga. Nous avons vécu des moments très difficiles là-bas. Nous passions les nuits à la belle étoile. Une attaque pouvait surgir n’importe quand. Nous étions obligées de veiller par peur d’être surprises. »

Malgré les efforts de la petite famille de Maman Georgette, l’une de ses filles s’est fait violer par un groupe d’hommes armés. Maman Georgette retient difficilement ses larmes lorsqu’elle en parle : « Dieu seul jugera ces criminelles mais, moi je ne leur pardonnerais jamais », soupire-t-elle, avant de fondre en larme.

Toutes ces victimes de violences sexuelles se retrouvent seules, face à leur détresse. Vu que les auteurs de ces actes ignobles bénéficient d’une totale impunité, elles ne comptent plus que sur une justice invisible, celle du ciel. L’état dans tout ça ? Impuissant ou tout simplement insensible face aux cris de ces victimes de la barbarie humaine.

Je trouve bien dommage que la restauration de la justice et l’application stricte de la loi pour les auteurs de ces actes ignoble ne figurent pas dans la liste des 5 chantiers censés améliorer le quotidien des congolais.

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La peine de mort au centre des débats

Publié le 16 oct 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

La peine de mort au centre des débats

Le septième anniversaire de la journée mondiale contre la peine de mort célébrée le 10 octobre 2009 a relancé les débats. Deux camps se dessinent clairement et ne cachent pas leurs contours. Le premier dit des abolitionnistes soutient que la peine de mort doit être effacée dans la législation congolaise. Dans l’autre camp, on estime que cette peine mérite bien sa place dans l’arsenal juridique congolais car qui tue par l’épée doit périr par l’épée.

Les partisans de la peine de mort soutiennent la condamnation à mort, c’est une leçon pour les autres criminels potentiels qui auront peur de faire du mal. Pour ceux qui ont perdu un proche dans les conflits armés qui perdurent dans cette partie de la RDC, abolition de la peine de mort rime avec impunité.

Pour cette année 2009, la journée mondiale contre la peine de mort avait pour thème « éduquer les jeunes à la nécessité d’abolir la peine de mort »

Alfred Bahati, étudiant en Droit affirme à l’issue d’une conférence débat que « la peine de mort dans une société déchirée par des conflits et l’insécurité vaut la peine d’être maintenue à la seule condition qu’elle soit effectivement exécutée. »

Son collègue Rodrigue de la faculté de sociologie pense quant à lui que même la chicotte peut corriger un criminel « dans un Etat sérieux, on n’a pas besoin de tuer les criminels .S’il y a la rigueur et le sérieux, on peut dissuader un tueur même par le fouet seulement », soutient-il.

A ce jour, la constitution de la RDC stipule que nul n’a le droit de mettre fin à la vie de son semblable et pendant ce temps, le code pénal maintient la peine de mort comme la plus grande de toutes les peines.
Dans un pays où la loi de l’homme armé est toujours la meilleure et où les conditions carcérales ne sont pas les meilleures, des questions se posent réellement quand on sait que s’il ne meurt pas en prison, le condamné sort beaucoup plus méchant qu’avant qu’il ne passe derrière les barreaux.

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Hillary Clinton en RDC : les USA promettent des pansements aux congolais

Publié le 12 août 2009 dans Dessins par

Hillary Clinton en visite en république démocratique du Congo

Hillary Clinton a quitté Kinshasa ce mardi après une visite qui l’a mené tour à tour à Kinshasa la capitale et à Goma, chef de la désormais très célèbre province du Nord-Kivu. La bonne gouvernance et la lutte contre les violences sexuelles sont les deux principaux sujets sur lesquels s’est attardée la secrétaire d’Etat américaine qui a exprimé le vœu de voir arrêtés et condamnés les militaires responsables de violences sexuelles.

Elle a en outre indiqué avoir eu une « discussion très franche » avec le président congolais et a par ailleurs annoncé un financement de 17 millions de dollars américains, somme destinée à la formation de femmes policières, et à l’aide médicale et psychologique pour quelque 10.000 victimes de violences sexuelles.

Hillary Clinton a en outre estimé que la RDC « a besoin d’une armée bien payée et entraînée, qui protègera la population, et n’éprouvera pas le besoin de se nourrir sur son dos ».

Tous ces problèmes relevés sont bien réels mais j’ai tout de même un petit pincement au cœur et j’éprouve une certaine déception quant au fond même de l’ensemble du message de la secrétaire d’Etat. En parlant des viols et autres conséquences des conflits armés à l’est de la RDC, elle oublie ou omet volontairement de mentionner les vraies causes de ces atrocités qui sont le trafic d’armes et de minerais dans cette zone au sol riche. Une attaque de plus contre les conséquences, une nouvelle promesse d’argent pour financer des pansements, mais rien de durable pour soigner définitivement la maladie.

Sans vouloir défendre les dirigeants congolais qui se distinguent plus par leur prédation et leur course effrénée pour l’enrichissement rapide que par une bonne gestion de leur pays, je pense que parler du drame Congolais sans pointer clairement du doigt toutes les multinationales tant américaines qu’européennes qui profitent du désordre qui prévaut dans les Kivu pour se procurer du minerais lowcost est une grave omission.

Pour que la paix se rétablisse en RDC, je pense qu’il est important que tous les responsables directs et indirects de cet imbroglio meurtrier soient clairement identifiés et reconnus comme tel. Je rêve du jour où la Cour pénale internationale s’attaquera aux fournisseurs d’armes et de munitions en plus des acheteurs qui les utilisent sur la population congolaise.

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Le problème FDLR prendra-t-il fin un jour ?

Publié le 25 juil 2009 dans Dessins par

Les FDLR et le pillage de la république démocratique du Congo

La question se pose effectivement, sachant qu’en étant sur le sol congolais, les rebelles hutus exploitent sol et sous-sol et tirent profit de cette situation chaotique qui prévaut à l’est de la RDC. La question se pose également en sachant qu’au-delà du discours officiel qui appelle les FDLR à déposer les armes et à rentrer chez eux, le gouvernement rwandais n’a aucun intérêt à ouvrir les portes du pays à ceux qu’il accuse de génocide et qui, dans l’éventualité d’un retour au Rwanda, constitueraient un danger permanent pour le régime en place.

Et si le problème FDLR devait perdurer ? Et si la présence de ce mouvement sur le sol congolais constituait un fond de commerce, autant pour le Rwanda, les FDLR eux-mêmes et les multinationales qui profitent des minerais low cost, produits de ces conflits armés qui durent depuis des années ?

Quinze ans après le génocide rwandais, ça tire, ça tue et ça viole encore à l’est de la RDC. Le cycle infernal d’attaques des FDLR sur des populations civiles congolaises, l’intervention de l’armée rwandaise et les opérations conjointes MONUC/FARDC, plus efficaces les unes après les autres deviennent des choses normales. Rapports et alertes s’empilent mais rien n’y fait.

Pendant ce temps, les minerais (coltan, étain, or, uranium…) sortent tous les jours du Congo et transitent par les pays voisins et finissent dans les industries des grandes démocraties. Le fruit de ce pillage revient au Congo sous forme « d’aide au développement », de médicaments et de programmes humanitaires pilotés par des ONG provenant des mêmes pays pompiers/pyromanes, consommateurs de matières premières et fournisseurs en armes des différents mouvements armés.

Qui blâmer dans cette histoire ? Tous, en partant des congolais qui tirent leur épingle du jeu et qui profitent de cette période trouble pour amasser des richesses personnelles, en passant par les « hommes d’affaires » des grandes démocraties qui profitent de ce chaos pour faire des bénéfices et en n’oubliant pas bien sûr tous ces voisins de la RDC qui servent de lieux de transit pour les minerais pillés.

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Conflit au sein de l’association des victimes de la guerre

Publié le 30 juin 2009 dans Kisangani par Boyomais

Manifestations de l’Asbl Fonds de solidarité des victimes de la guerre dans la Province Orientale

Grande colère chez les victimes des conflits armés regroupés au sein de l’Asbl Fonds de solidarité des victimes de la guerre dans la Province Orientale. Les membres de cette association qui étaient dans la rue le 29 juin en veulent à leur Président qu’ils soupçonnent de vouloir détourner un don du Président de la République à l’association.

En marge de la Conférence des gouverneurs, l’Asbl aurait obtenu du Chef de l’Etat la somme de 10 millions de Francs Congolais (environ 12 500 dollars américains).

« Le Président de la République ne nous a pas donné cette somme pour que nous nous distribuions entre nous mais plutôt pour des projets de développement que nous allons mettre sur pied afin d’assurer l’autonomie de l’association », soutient Monsieur Kalombola, Président de ladite Asbl.

Mais, un certain nombre de membres de ladite asbl ne voient pas d’un bon œil l’idée d’affecter cet argent à un projet de développement. « Comment voulez-vous que nous croyions à cette idée de projet de développement lorsqu’aujourd’hui déjà, on apprend qu’il ne reste plus que 8 millions ? La Ministre provinciale chargée des affaires sociales qui gèrerait notre argent aurait déjà distribué 2 millions de Francs Congolais à certains membres pour leur transport », proteste une des membres de l’asbl. « Ils avaient reçu chacun 4 000 Francs (environ 5 dollars américains). Pour besoin de justice, qu’on donne d’abord 4 000 Francs Congolais à tous les autres membres et le reste, on verra après », ajoute-elle.

L’autorité urbaine devant laquelle ce différend était porté pour trouver un règlement pacifique a proposé aux parties de se regrouper en assemblée générale afin de décider, conformément à leurs statuts, de la destination de leurs fonds. Seulement, les membres ont l’air de ne pas vouloir entendre parler de projet de developpement et préfèrent recevoir du cash.

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La guerre continue à faire ses victimes

Publié le 19 juin 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Enfants réfugiés du camp de Kalehe à Bukavu

La photo ci-haut montre un camp des déplacés situé au Sud Kivu dans le territoire de Kalehe, à une soixantaine de kilomètre de la ville de Bukavu. Dans ce camp et dans bien d’autres dans la région, vivent des congolais en provenance du Nord Kivu et ayant fui les conséquences de l’opération Umoja Wetu (notre union) menée conjointement par les FARDC, les Forces Armées de la RDC en collaboration avec l’armée Rwandaise contre les rebelles des FDLR (les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda).

Depuis quelques semaines, le camp de Kalehe accueille d’autres déplacés provenant des territoires de Shabunda et Mwenga, où la même opération de traque contre les FDLR est actuellement menée sous le nom de Kimya 2. Tous confinés dans ce camp, telles de sardines ne savent pas trop ce qui le attend et encore moins quand les hostilités s’arrêteront pour qu’ils puissent regagner leurs villages et leurs habitations.

Dans le camp, pas d’eau potable, pas de soins de santé et pas d’assistance humanitaire. Comme si cela ne suffisait pas, le choléra et la tuberculose se sont invité à la fête et achèvent ceux que les balles n’ont pas pu atteindre.

Le plus écœurant c’est que lorsqu’ils se tapent dessus, les faiseurs de guerre ne pensent apparemment pas aux conséquences de leurs actes. Tous ces enfants qui passent leur temps à fuir les combats ne vont bien évidemment pas à l’école. Toute une génération sacrifiée pour des intérêts égoïstes. Des têtes en moins pour essayer de sortir le Congo des ruines. Si ce sont ces jeunes qui sont l’avenir du Congo, j’ai bien peur que cet avenir ne soit pas des plus radieux.

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La guerre de 6 jours, 9 ans après…

Publié le 9 juin 2009 dans Kisangani par Boyomais

La guerre de 6 jours, 9 ans après...

C’était il y a 9 ans, le 5 juin 2000. Un jour ordinaire où les enfants étaient à l’école, les papas au bureau, les mamans au marché. C’est à 9 heures 45 minutes que les deux premiers coups de canon ont retenti, suivis de deux autres et de crépitements d’armes automatiques. Une grande panique d’ensuivit, les uns restant là où ils étaient, les autres se refugiant où ils pouvaient. C’était le début d’affrontements entre les armées ougandaises et rwandaises dans la troisième ville congolaise.

Pendant six jours de combat, presque toutes les familles se sont séparées dans leur fuite. Les morts se comptaient par centaines et les blessés par milliers. Les maisons vidées de leurs habitants ont été pillées et pire encore, sortis de leurs cachettes, la plupart des boyomais n’ont pu que pour constater que leurs maisons n’étaient plus que des tas de ruines.

Jusqu’à ce jour, on se pose encore des questions. Pourquoi le Rwanda et l’Ouganda qui sont voisins ont préféré s’affronter sur le sol congolais ? En dépit de la condamnation de l’Ouganda par la cour internationale de justice, rien. Pas d’arrestation et pas d’établissement de responsabilités. A Kisangani, la journée du 5 juin dernier s’est déroulée normalement. Une journée ordinaire comme toutes les autres. Pas de commémoration, pas de message d’hommage aux victimes. Rien !

Les seuls à se souvenir de cet épisode malheureux sont les victimes mes regroupées au sein d’une association qui tente de récolter les fonds auprès des autorités locales en vue d’organiser des manifestations commémoratives. « C’est une opportunité pour nous de rappeler au Gouvernement central que nous attendons toujours la concrétisation de la promesse d’indemnisation nous faite par le ministre des affaires sociales. Des milliers de personnes sont mortes ces jours-là, des habitations ont été détruites mais rien ne se fait dans le sens de la réparation », s’indigne Monsieur Aziza Baele Sydol, secrétaire de l’ASBL Fonds de solidarité des victimes des guerres dans la Province orientale.

Loin de moi l’idée de remuer dans le passé dans le but d’attiser la haine mais je pense seulement que nous devrions tous nous souvenir de ces atrocités et en tirer des leçons. Plus jamais ça !

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La bible, arme congolaise pour arrêter la guerre

Publié le 13 mai 2009 dans Kisangani par Boyomais

Un soldat-prêcheur dans une rue de Kisangani

Couvert de son uniforme militaire, haut-parleur sur l’épaule gauche, Bible dans la main droite, il sillonne les artères de la ville de Kisangani pour « prêcher la parole de Dieu ». Ce matin, le Pasteur Rams est passé par la rue sur laquelle je réside. Belle occasion pour pouvoir m’entretenir avec cet évangéliste un peu particulier.

45 minutes auront suffi à l’ « homme de Dieu » pour son homélie et surtout pour recueillir quelques billets en guise d’offrande pour « l’avancement de l’œuvre de Dieu. J’ai attendu que le soldat pasteur en finisse avec son show pour me rapprocher et lui poser quelques questions.

  • Moi : Comment puis-je vous considérer ? Militaire ou évangéliste ?
  • Le Pasteur : Je suis militaire au front. Ici, je fais le travail du seigneur. Je suis donc évangéliste.
  • Moi : Et la mission vous confiée par l’Etat congolais, à savoir celle de la défense de la patrie, qu’est-ce que vous en faites ?
  • Le Pasteur : C’est qui est au dessus de tout, c’est le royaume des cieux. Je suis en train de préparer les Congolais à pouvoir y entrer un jour et d’y vivre éternellement. Si tous les Congolais croient en Dieu, c’est Dieu qui combattra pour eux car il est écrit : « toute arme forgée contre toi sera nulle et sans effet. »
  • Moi : Autrement dit, seules la prière et la foi en Dieu peuvent arrêter les crimes graves qui se commentent au Kivu notamment les viols, les incendies des villages, les massacres des populations civiles, …L’armée aussi dont vous faites partie devrait-elle donc se contenter de sa seule foi en Dieu ?
  • Le Pasteur : Puisque vous semblez douter de la force de la prière et de l’espérance en Dieu, je vais vous dire ma petite histoire : 37 rebelles m’ont fait prisonnier à l’Est du pays et Dieu est intervenu pour dire à leur chef de me laisser sain et sauf car je suis son serviteur. Imaginez si tous les soldats congolais au front étaient des serviteurs de Dieu…
  • Moi : Il n’y aurait plus de guerre ?
  • Le Pasteur : Il n’y aurait plus que la paix !!

Cet entretien me fait réaliser pour une énième fois la déviation engendrée par la foi, telle que vue et appliquée par les congolais. Ils sont déjà nombreux à choisir la prière à la place du travail ou des médicaments lorsqu’ils sont malades. Et lorsqu’un soldat soutient haut et fort qu’il vaut mieux prier plutôt que défendre sa patrie, ça fait froid dans le dos…

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Guerre dans l’est de la RDC : L’heure du choix difficile entre paix et justice

Publié le 11 mai 2009 dans Dessins par

Promulgation d'une loi d’amnistie pour faits insurrectionnels et de guerre commis dans le Nord et Sud Kivu

Après son adoption le 6 mai 2009 par le parlement congolais, le président Joseph Kabila a promulgué la loi tant attendue d’amnistie pour faits insurrectionnels et de guerre concerne des forfaits commis dans le Nord et Sud Kivu depuis juin 2003. Conséquence directe des accords signés entre le gouvernement et les groupes armés actifs dans les Kivu, cette loi vise la pacification de cette région congolaise en proie à des conflits armés depuis plus d’une dizaine d’années.

Certaines voix crient à la favorisation de l’impunité. Cité par la Radio Okapi, Dolly Ibefo, directeur exécutif adjoint de la Voix de sans voix, ONG congolaise de défense des droits de l’homme a réagi en ces termes : « Cette loi d’amnistie qui ne concerne que la partie Est du pays garantie donc l’impunité. Pour nous, l’amnistie pouvait s’étendre sur l’ensemble du pays. Comme on ne pouvait pas le faire, on a choisi des gens qui sont vraiment des grands criminels de ce pays qui seront amnistiés. L’amnistie ne peut pas se dérober de tous les grands crimes qui sont commis dans le pays. Alors, si l’on doit faire l’amnistie, on doit les faire pour les faits ou des personnes qui n’ont pas commis d’atrocités dans ce pays. Mais ceux qui ont commis des atrocités, pour nous, c’est une grande déception s’ils restent impunis et surtout s’ils vont occuper de grands postes de responsabilité. C’est vraiment se moquer de la population.»

La question qui se pose dans cette affaire : La promulgation d’une telle loi n’encourage-t-elle pas le langage des armes ? L’amnistie des criminels d’hier ne poussera-t-elle pas d’autres individus à se lancer dans des aventures armées, sachant qu’elles peuvent à terme bénéficier d’une grâce ?

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