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La minorité, cheval de troie

Publié le 21 jan 2009 dans Dessins par Kash

Minorité, cheval de troie

L’est de la RDC demeure le ventre mou du territoire national. Depuis plus de 10 ans, les provinces du Nord et du Sud-Kivu sont le théâtre de conflits armés récurrents. A chaque fois,le scénario est (presque) le même. Des individus « non autrement identifiés » déclenchent les hostilités pour défendre la minorité tutsi qui serait menacée par les combattants Hutus Rwandais (FDLR). Après ceux-ci mutent en « libérateurs du Congo » et ne déposent les armes que lorsque leur sont ouvertes les portes du gouvernement central.

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Goma : Les débrouillards qui alimentent la ville en eau

Publié le 8 jan 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Vendeur d'eau dans une rue de Goma

Comment se faire de l’argent lorsqu’on habite la ville de Goma, qu’on est chômeur, que la compagnie chargée de la distribution d’eau potable tourne au ralenti et qu’il y a un lac à proximité ? Les jeunes Gomatraciens ont trouvé la réponse :

  • Un vélo,
  • Quelques bidons en plastique,
  • Une branche et des cordes pour attacher les bidons au vélo,
  • Une bonne dose de courage et la force d’aller puiser l’eau du lac Kivu,
  • Et enfin une bonne campagne marketing pour revendre l’eau ainsi récoltée à la population des quartiers privés d’eau.

C’est depuis l’éruption volcanique de 2002 que l’eau ne coule plus des robinets de certains quartiers. La Regideso ne dessert plus que des quartiers jugés « stratégiques ». Conséquence : le nombre de ces cyclistes vendeurs d’eau a galopé dans la ville. J’en croise partout dans les rues de mon quartier.

Le prix d’un bidon d’eau varie entre 100 et 150 francs congolais. Pour les cyclistes robustes, pouvant transporter plusieurs bidons par jour, le gain est assuré. Ils se retrouvent ainsi tous les jours avec une somme variant entre 2000 et 7500 (environ 3 et 12 dollars américains). Un budget suffisant pour nourrir une famille.

Dans le registre des difficultés rencontrées par ces jeunes débrouillards, un cycliste m’a laissé entendre que les militaires (marins) qui montent la garde sur les rives du lac Kivu font payer une taxe de 20 francs congolais par bidon d’eau puisé. Pas de quittance en échange, preuve que c’est une taxe totalement illégale.

Si on peut se réjouir des services rendus par ces vendeurs, il y a aussi lieu de s’interroger sur la qualité de l’eau provenant directement du lac et sur les risques liés aux maladies hydriques. Les vendeurs ont d’autres soucis que de désinfecter leur marchandise. Pour leur part, les consommateurs ne prennent pas toujours les précautions nécessaires pour débarrasser l’eau du lac des microbes qu’elle pourrait contenir.

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Goma : Dans les allées du marché Alanine

Publié le 20 déc 2008 dans Goma par Yves Zihindula

Essayage d'une veste

Le marché Alanine, entouré d’habitations se distingue dans Goma. Il se trouve précisément dans le quartier Katindo aux abords de la grand-route Goma-Sake dans la commune de Goma. Pommes de terre par ci, bisamunyu (bananes plantains) par là, différents parfums vous accueillent. Marchandises et services, il y en a une multitude. Couturiers, cordonniers, restaurateurs et coiffeurs se côtoient au quotidien.

En cette période de fêtes, les vendeurs d’habits usagés ont le vent en poupe. Me promenant dans les allées, je surprends un client négociant le prix d’un pantalon de seconde main. Les prix sont à la hausse.

  • « Je ne peux pas vendre ce pantalon à ce prix. je préfère plutôt le donner à l’un de mes fils » lui lance Jean-Pierre le vendeur.
  • « Je n’ai pas plus d’argent. En plus, ce pantalon n’a aucune «griffe» (entendez, une marque d’un couturier célèbre). Pire, il vient de l’Asie. Je comprendrais s’il provenait d’Europe », rétorque le client.

La sape, ce goût des grandes marques est bien au rendez-vous à Goma comme ailleurs dans le pays. « Les jeunes préfèrent les vêtements griffés. Cette saison, je n’en ai pas trouvé », se plaint Jean-Pierre. Pour contourner ce désavantage, il triche en recourant à son stock d’étiquettes Tommy Hilfiger, Caterpilar Jeans, Gianni Versace,… qu’il greffe ensuite sur sa marchandise, histoire de lui donner un peu plus de valeur.

A voir comment les choses se passent dans ce marché et ailleurs dans la ville, personne ne croirait qu’il s’agit de Goma, une ville assiégée et sous couvre-feu de 23 heures à 5 heures du matin.

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