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Plusieurs cas de choléra détectés dans la ville

Publié le 23 août 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Un enfant transportant de l'eau dans une rue de Goma

Ce n’est plus un secret pour personne. Plusieurs cas de choléra sont signalés dans des centres hospitaliers et hôpitaux de la ville de Goma. Au centre de santé Notre-Dame du Mont-Carmel par exemple, six cas par jour en moyenne sont transférés soit à l’Hôpital général de référence de Goma, soit au centre de santé Buhimba1, car ce sont les seuls habilités à traiter ces cas.

Une infirmière que j’ai rencontré et qui souhaite garder l’anonymat explique que cette situation est due au manque de traitement de l’eau puisée directement au lac : « La Regideso ne parvenant plus à approvisionner de l’eau potable à toute la population, elle est obligée de s’approvisionner elle-même au niveau du lac. D’où cette recrudescence de cas de choléras dans la ville ».

La baisse du niveau d’eau pendant la saison sèche, les pannes intempestives survenues au niveau des pompes sont les raisons qu’évoquent les responsables de la Regideso. Ce qui est drôle dans cette histoire, c’est qu’un calme étrange est observé dans le chef de l’autorité provinciale. Après plus de deux semaines, pas de déclaration officielle d’épidémie, ni aucune précaution n’est envisagée afin d’y palier.

Une chose est certaine, les habitants de Goma continueront à subir les conséquences de l’état lamentable de nombre d’entreprises publiques en République démocratique du Congo à l’instar de la Regideso qui peine à en finir avec la négligence, l’incompétence et la corruption dans ses couloirs.

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Hillary Clinton en RDC : les USA promettent des pansements aux congolais

Publié le 12 août 2009 dans Dessins par

Hillary Clinton en visite en république démocratique du Congo

Hillary Clinton a quitté Kinshasa ce mardi après une visite qui l’a mené tour à tour à Kinshasa la capitale et à Goma, chef de la désormais très célèbre province du Nord-Kivu. La bonne gouvernance et la lutte contre les violences sexuelles sont les deux principaux sujets sur lesquels s’est attardée la secrétaire d’Etat américaine qui a exprimé le vœu de voir arrêtés et condamnés les militaires responsables de violences sexuelles.

Elle a en outre indiqué avoir eu une « discussion très franche » avec le président congolais et a par ailleurs annoncé un financement de 17 millions de dollars américains, somme destinée à la formation de femmes policières, et à l’aide médicale et psychologique pour quelque 10.000 victimes de violences sexuelles.

Hillary Clinton a en outre estimé que la RDC « a besoin d’une armée bien payée et entraînée, qui protègera la population, et n’éprouvera pas le besoin de se nourrir sur son dos ».

Tous ces problèmes relevés sont bien réels mais j’ai tout de même un petit pincement au cœur et j’éprouve une certaine déception quant au fond même de l’ensemble du message de la secrétaire d’Etat. En parlant des viols et autres conséquences des conflits armés à l’est de la RDC, elle oublie ou omet volontairement de mentionner les vraies causes de ces atrocités qui sont le trafic d’armes et de minerais dans cette zone au sol riche. Une attaque de plus contre les conséquences, une nouvelle promesse d’argent pour financer des pansements, mais rien de durable pour soigner définitivement la maladie.

Sans vouloir défendre les dirigeants congolais qui se distinguent plus par leur prédation et leur course effrénée pour l’enrichissement rapide que par une bonne gestion de leur pays, je pense que parler du drame Congolais sans pointer clairement du doigt toutes les multinationales tant américaines qu’européennes qui profitent du désordre qui prévaut dans les Kivu pour se procurer du minerais lowcost est une grave omission.

Pour que la paix se rétablisse en RDC, je pense qu’il est important que tous les responsables directs et indirects de cet imbroglio meurtrier soient clairement identifiés et reconnus comme tel. Je rêve du jour où la Cour pénale internationale s’attaquera aux fournisseurs d’armes et de munitions en plus des acheteurs qui les utilisent sur la population congolaise.

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Incendies au quotidien dans la ville

Publié le 28 juil 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Décombres d'habitations après un incendie à Goma

Il ne se passe pas une semaine sans qu’il y n’ait un incendie à Goma. Le dernier en date, c’était celui de l’école primaire Mikeno dans la commune de Karisimbi. Le feu s’est déclaré aux environ de 9 heures du matin, dimanche 19 juillet. Au bout de quelques minutes, une grande partie de l’école était réduite en cendres. Une semaine plus tôt, c’étaient quelques 30 maisons dans le quartier Mabanga et 750 autres dans le quartier Birere qui se faisaient engloutir par les flammes.

L’origine des flammes ? Personne ne sait répondre exactement à la question. En cause, sûrement l’usage des planches pour la construction, le vent en cette saison sèche et surtout l’inexistante d’un service anti-incendie dans cette ville dont on estime à 700 000 le nombre d’habitants.

« Personne n’a fourni jusqu’à présent des explications quant aux causes réelles de ces incendies. Je me trouvais au boulot lorsque mon épouse m’a appelé en m’informant que notre maison avait brûlé », explique George Kambale, sinistré et père de six enfants. Il habitait le quartier Birere avant le drame. Actuellement il profite des vacances pour squatter une des salles de l’école primaire Keshoro.

Une victime d'un incendie à Goma

Dans sa nouvelle « maison », il fait sombre. Les fenêtres sont voilées par des pagnes. Des pupitres sont rangés au fond de la salle. Des traces à la craie sur le pavement délimitent « les chambres ». « Je vis ici avec mon petit foyer. J’ai tout perdu. Je remercie Dieu parce que la vie de mes enfants est pour le moment sans danger. Les autorités nous ont promis de l’aide mais rien n’est fait jusque-là », se plaint-il.

De leur côté, les autorités locales disent travailler sur un comité de crise mis en place par le gouvernement provincial du Nord-Kivu avec ses partenaires pour évaluer l’ampleur des dégâts et identifier les besoins. Comme d’habitude, on attend les drames pour chercher des solutions d’urgence. À croire qu’on ignore ici l’existence du mot prévention.

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Le problème FDLR prendra-t-il fin un jour ?

Publié le 25 juil 2009 dans Dessins par

Les FDLR et le pillage de la république démocratique du Congo

La question se pose effectivement, sachant qu’en étant sur le sol congolais, les rebelles hutus exploitent sol et sous-sol et tirent profit de cette situation chaotique qui prévaut à l’est de la RDC. La question se pose également en sachant qu’au-delà du discours officiel qui appelle les FDLR à déposer les armes et à rentrer chez eux, le gouvernement rwandais n’a aucun intérêt à ouvrir les portes du pays à ceux qu’il accuse de génocide et qui, dans l’éventualité d’un retour au Rwanda, constitueraient un danger permanent pour le régime en place.

Et si le problème FDLR devait perdurer ? Et si la présence de ce mouvement sur le sol congolais constituait un fond de commerce, autant pour le Rwanda, les FDLR eux-mêmes et les multinationales qui profitent des minerais low cost, produits de ces conflits armés qui durent depuis des années ?

Quinze ans après le génocide rwandais, ça tire, ça tue et ça viole encore à l’est de la RDC. Le cycle infernal d’attaques des FDLR sur des populations civiles congolaises, l’intervention de l’armée rwandaise et les opérations conjointes MONUC/FARDC, plus efficaces les unes après les autres deviennent des choses normales. Rapports et alertes s’empilent mais rien n’y fait.

Pendant ce temps, les minerais (coltan, étain, or, uranium…) sortent tous les jours du Congo et transitent par les pays voisins et finissent dans les industries des grandes démocraties. Le fruit de ce pillage revient au Congo sous forme « d’aide au développement », de médicaments et de programmes humanitaires pilotés par des ONG provenant des mêmes pays pompiers/pyromanes, consommateurs de matières premières et fournisseurs en armes des différents mouvements armés.

Qui blâmer dans cette histoire ? Tous, en partant des congolais qui tirent leur épingle du jeu et qui profitent de cette période trouble pour amasser des richesses personnelles, en passant par les « hommes d’affaires » des grandes démocraties qui profitent de ce chaos pour faire des bénéfices et en n’oubliant pas bien sûr tous ces voisins de la RDC qui servent de lieux de transit pour les minerais pillés.

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Internet fait ses premiers pas dans le commerce en RDC

Publié le 23 juil 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Argentine, une jeune couturière handicapée de Goma

Qui aurait cru que le E-commerce pourrait se pratiquer à Goma, ville dont le monde entier entend parler à cause des conflits armés qui durent depuis des années dans la région ? Pionnières du commerce électronique dans le coin, Argentine et Mapendo sont deux jeunes filles couturières. Toutes deux handicapées, elles sont colocataires et tiennent un atelier de couture avec d’autres amis.

Mapendo (entendez, Amour en swahili) a 18 ans. Sa famille vit à Bulengo, un camp de déplacés parmi ceux qui environnent la ville de Goma. Suite à un accident, elle a eu la jambe droite fracturée à l’âge de 12 ans. Après trois ans de rééducation, elle parvient à retrouver la marche avec des béquilles.

Si Mapendo est la cadette de sa famille, Argentine, elle, est l’aînée de la sienne. Elle a 22 ans. Elle attrape la polio à quatre ans. Difficile pour elle de fréquenter l’école. De Kitchanga (une cité dans le Masisi), elle débarque à Goma à l’âge de 15 ans. Ici, elle rencontre Mapendo au Centre pour Handicapés, où elles apprennent à coudre.

Plus tard, elles trouvent l’idée de mettre en place un atelier de couture. Encadrées par une expatriée, leur atelier sort du commun à Goma. Leurs produits sont vendus via Internet, la majorité de leurs clients résident à l’étranger. « La plupart de nos produits sont destinés à l’étranger. Nous avons une forte visibilité aux Etats-Unis où la clientèle ne cesse de croître d’un jour à l’autre », explique Dawn Hurley, leur encadreur.

Un seul souci pour ses deux jeunes couturières, les conditions dans lesquelles vivent leurs familles, qu’elles sont obligées de soutenir financièrement. Mapendo compte bientôt sortir sa famille du camp de Bulengo. Elle vient de finir la construction d’une maison pour les accueillir. « J’ai beaucoup bossé afin d’offrir ma famille un toit. Je ne supportais plus les voir sous des bâches », dit-elle. En ce qui concerne Argentine, elle supporte tous les frais scolaires de ses frères et sœurs.

Sans le savoir, ces deux jeunes mettent les pieds dans une forme de commerce déjà avancée sous d’autres cieux. Même si elles ont une mobilité réduite, elles parviennent à franchir les frontières traditionnelles pour commercialiser le fruit de leur travail. Une initiative à encourager et un exemple à suivre.

Les liens à suivre :

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30 juin 2009 : Goma s’apprête à mettre sa plus belle robe

Publié le 29 juin 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Boullevard Kaynamuhanga à Goma

Après Kisangani, la ville de Goma s’apprête à accueillir le chef de l’Etat, pas pour une conférence des gouverneurs mais, bien pour les festivités du 30 juin, fête de l’indépendance. La République Démocratique du Congo soufflera ses 49 bougies ici. En prévision de cet évènement, des travaux sont exécutés à plusieurs endroits dans la ville. Les principales artères sont refectionnées, l’éclairage public réhabilité et il se construit même un site qui abritera une foire internationale agricole… Toutes les dispositions sont prises afin que la ville rayonne comme jamais auparavant.

« Je n’ai jamais vécu une telle situation à Goma, qui donne l’impression de se trouver dans une cité industrielle » s’exclame Mzee Paul, un sexagénaire, rencontré le long du boulevard Kanyamuhanga. Ce tronçon, sur lequel s’effectuera le défilé, revêt une nouvelle couche de bitume. C’est depuis la dernière éruption survenue en 2002 qu’il était dénué.

Nombreux sont le badauds qui passent leurs temps admirer les pylônes qui poussent depuis peu sur les routes de la capitale touristique. Au total, 600 réverbères éclaireront Goma d’ici le 30 juin, à en croire un des superviseurs des travaux: « La ville de Goma sera la ville la plus éclairée, après la ville de Kinshasa qui compte seulement 300 pylônes en bon état » a-t-il ajouté.

S’ils se réjouissent e voyant ces travaux, les habitants de Goma ne se font pas d’illusion. Il faut attendre de voir s’il s’agit bien d’un élan de reconstruction ou si ce n’est qu’un embelissement temporaire, le temps de la fête.

Réhabilitation de l'éclairage public à Goma

Réhabilitation de l'éclairage public à Goma

Un des stands de la foire agricole de Goma

Un des stands de la foire agricole de Goma

Un tronçon en-pleine réhabilitation à Goma

Un tronçon en-pleine réhabilitation à Goma

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Inventer, travailler et gagner sa vie

Publié le 19 juin 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Fabricants de malles à Goma

Près du Lycée Amani de Goma, se réunissent tous les jours des jeunes Gomatraciens qui ont bien compris qu’il ne fallait pas attendre le salut ou le redressement de la situation politique pour travailler et gagner leur pain. Le lieu suscite la curiosité des passants. Une vraie pépinière d’inventivité et de débrouillardise. Ils sont là tous les jours, tôt le matin et leur principale activité consiste à transformer des boîtes de conserve en malles. Ces coffres sont ensuite vendus aux habitants de Goma qui s’en servent pour ranger des aliments, vêtements et autres biens.

Comme l’explique Joseph, un jeune que j’ai croisé l’idée date de l’époque de l’opération turquoise. « Nous ramassions des boîtes que nous revendions par la suite. Un peu plus tard, un cousin a lancé l’idée de transformer les boîtes et les utiliser pour fabriquer des casseroles. Avec le temps, nous nous sommes tournés vers la fabrication des malles »

L’idée suit son cours et prend de l’ampleur. Joseph emploie actuellement une dizaine de personnes et les clients ne manquent pas « Les mois les moins rentables, je touche 50 dollars US, somme qui me permet de subvenir aux besoins de ma famille », confie Déogratias, employé de cette entreprise informelle.

Fonctionnaires corrompus, taxes et impôts virtuels, ces entrepreneurs en herbe doivent y faire face au quotidien. Loin de baisser les bras, ils cherchent et trouvent toujours le moyen d’esquiver les obstacles. Les fabricants de malles de Goma l’ignorent peut-être mais sans vraiment le vouloir, ils sont à la page, avec le débat actuel autour l’écologie. Charité bien ordonnée commence par soi-même dit-on, ce n’est pas la planète qu’ils veulent sauver mais bien leurs vies et celles de leurs familles. La planète on verra plus tard…

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Le recyclage s’impose en mode de survie

Publié le 30 mai 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Un électronicien dans son atelier à Goma

Offrir une seconde vie aux appareils électroniques, Charles Musambya s’y connait. Sa spécialité : la réparation des appareils photo et des caméras. Pour ce père de famille, il n’est pas question de recycler pour sauver la planète mais pour se sauver lui-même. Un bref passage à l’Institut Supérieur de Audio visuel à Bukavu (ISA) a suffi pour lui donner les bases nécessaires pour faire de l’électronique son gagne-pain.

« Je n’ai pas été à l’université. Ce métier me passionne depuis mon plus jeune âge. Mon père était électronicien. Enfant, je passais des heures à le regarder travailler. C’est ainsi que j’ai appris et retenu l’essentiel qui me sert et qui me fait vivre à ce jour », confie-t-il.

« Le technicien », comme ses clients l’appellent, a implanté sa petite entreprise dans le quartier Birere à Goma depuis l’année 2000. Un choix stratégique parce que son atelier donne sur une rue populeuse. « Avant d’arriver à Goma, je travaillais à Bukavu. Ayant constaté que nous étions devenus très nombreux, j’ai choisi de bouger et chercher ailleurs. Heureusement que la ville de Goma n’avait aucun réparateur crédible. Je suis venu m’installer ici et je me suis imposé sans trop de difficultés. »

Où trouves-t-il les pièces de rechange ? Dans les pays limitrophes, tels le Burundi, le Rwanda et même la Tanzanie.

Parmi la liste des difficultés rencontrées dans l’exercice de son métier, le technicien déplore le lot de taxes qu’il doit payer aux différents services de l’Etat. Mairie, Division de Culture et des Arts… Difficile de distinguer les vraies taxes et celles inventées par les agents qui récoltent les fonds. « Tous les ans, je dépense plus de 150 dollars américains en taxes, alors que je ne reçois aucune aide ou subvention de l’Etat en retour. »

Charles Musambya est loin d’être le seul à se plaindre. Nombreux sont ceux qui se démerdent tant bien que mal pour leur survie mais qui rencontrent sur leur chemin des fonctionnaires qui exigent des taxes, ou plutôt des redevances forfaitaires qui vont tout droit dans leurs poches, et non pas dans le trésor public. Raison pour laquelle certains choisissent le mode ambulatoire pour éviter de partager leurs gains avec « les agents de l’état ».

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Le Nyiragongo employeur des jeunes

Publié le 25 mai 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Casseurs de blocs de larve à Goma

Un marteau, quelques bouts de ferraille faisant office de burins et un bon physique suffisent pour gagner son pain à Goma. Parmi les nombreux « petits boulots » vers lesquels se tournent de plus en plus les jeunes de Goma pour assurer leur survie, figure le « Bula matari », casseur de pierre, en langue Kikongo.

La lave volcanique solidifiée qui couvre le sol de Goma constitue à la fois un obstacle pour ceux qui veulent entreprendre des travaux de construction et un gagne-pain pour ceux qui se professionnalisent dans la taille de cette roche noire sortie du Nyiragongo lors de l’éruption de 2002. Les services des Bula matari sont sollicités tantôt creuser une fausse septique, tantôt briser la lave afin de dégager un passage.

J’en ai croisé deux près de chez moi. A l’invitation d’un de mes voisins, ces gaillards avaient pour mission d’affronter la roche et creuser un fossé de trois mètres de profondeur. Impossible de leur faire dire combien gagneront-ils après la tâche. « Secret professionnel » m’a tout simplement rétorqué Jérôme, 35 ans, père de trois enfants. « Je vis de ce métier depuis six ans. Plutôt que d’aller mendier ou voler, je préfère travailler. Ce n’est pas facile mais au moins je peux subvenir aux besoins primaires de ma famille s». A-t-il renchéri.

En attendant les bulldozers des 5 chantiers pour déblayer les rues de la ville et la partie de la piste d’atterrissage de l’aéroport de Goma couverte de larve, la population se contente pour l’instant des services des Bula matari. Durant le sommeil du Nyiragongo, ses employés œuvrent sans relâche et tirent profit de l’absence d’une intervention des autorités compétentes pour couvrir les traces de la dernière éruption, 7 ans après la tragédie.

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Guerre dans l’est de la RDC : L’heure du choix difficile entre paix et justice

Publié le 11 mai 2009 dans Dessins par

Promulgation d'une loi d’amnistie pour faits insurrectionnels et de guerre commis dans le Nord et Sud Kivu

Après son adoption le 6 mai 2009 par le parlement congolais, le président Joseph Kabila a promulgué la loi tant attendue d’amnistie pour faits insurrectionnels et de guerre concerne des forfaits commis dans le Nord et Sud Kivu depuis juin 2003. Conséquence directe des accords signés entre le gouvernement et les groupes armés actifs dans les Kivu, cette loi vise la pacification de cette région congolaise en proie à des conflits armés depuis plus d’une dizaine d’années.

Certaines voix crient à la favorisation de l’impunité. Cité par la Radio Okapi, Dolly Ibefo, directeur exécutif adjoint de la Voix de sans voix, ONG congolaise de défense des droits de l’homme a réagi en ces termes : « Cette loi d’amnistie qui ne concerne que la partie Est du pays garantie donc l’impunité. Pour nous, l’amnistie pouvait s’étendre sur l’ensemble du pays. Comme on ne pouvait pas le faire, on a choisi des gens qui sont vraiment des grands criminels de ce pays qui seront amnistiés. L’amnistie ne peut pas se dérober de tous les grands crimes qui sont commis dans le pays. Alors, si l’on doit faire l’amnistie, on doit les faire pour les faits ou des personnes qui n’ont pas commis d’atrocités dans ce pays. Mais ceux qui ont commis des atrocités, pour nous, c’est une grande déception s’ils restent impunis et surtout s’ils vont occuper de grands postes de responsabilité. C’est vraiment se moquer de la population.»

La question qui se pose dans cette affaire : La promulgation d’une telle loi n’encourage-t-elle pas le langage des armes ? L’amnistie des criminels d’hier ne poussera-t-elle pas d’autres individus à se lancer dans des aventures armées, sachant qu’elles peuvent à terme bénéficier d’une grâce ?

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