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Nouveau coup de balai au sein de la fonction publique : fin de l’impunité ou manoeuvres pré-électorales?

Publié le 8 jan 2010 dans Dessins par Cédric

Nouveau coup de balai au sein de la fonction publique : fin de l'impunité ou manoeuvres post-électorales?

Une nouvelle vague a balayé des fonctionnaires de différents services publics congolais. Le président de la république a encore frappé en procédant à des réaménagements qui envoient certains fonctionnaires au chômage et d’autres à la retraite. Les plus chanceux ont été promus. Le président Kabila a signé 17 ordonnances touchant les ministères des Finances et du Budget, ainsi que les services sous-tutelle.

Le tableau des réaménagements se présente de la manière suivante :

Révocations : 107 chefs de division, 246 chefs de bureau à la direction générale l’Office des douanes et accises (Ofida).

Mises en retraite : 250 chefs de bureau du ministère des Finances, 470 agents et 18 chefs de division de la Direction générale des impôts (DGI), 102 chefs de division, 294 chefs de bureau du secrétariat du ministère des Finances et 100 directeurs à l’OFIDA.

Nominations :

  • Quelques directeurs de l’OFIDA s’en sortent avec des promotions.
  • Ministère de Budget : 1 directeur, 47 chefs de division, 94 chefs de bureau ont été promus
  • Direction générale des impôts, 41 directeurs, 65 chefs de division et 160 chefs de bureau;
  • Secrétariat général des Finances, 12 chefs de division et 48 chefs de bureau;
  • Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participation (DGRAD), 13 directeurs.

Joseph Kabila publie de nouvelles ordonnances avec des réaménagements au sein de la fonction publique

Ce coup de balai fait suite à celui déjà du mois de juillet 2009. Comme il n’y a pas de fumée sans feu. Autant je n’ai aucun doute sur la nécessité d’assainir au sein de la fonction publique, autant je m’interroge sur la vraie motivation derrière ces chamboulements. Réelle volonté de changer les choses ou manoeuvre post-électorale (2011 est proche) pour placer des personnes plus proches et plus obéissantes au pouvoir dans les postes clés? L’avenir nous en dira plus…

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Un calendrier spécial pour les fonctionnaires de l’Etat congolais

Publié le 27 nov 2009 dans Kisangani par Boyomais

Un calendrier spécial pour les fonctionnaires de l’Etat congolais

Qui a dit que le mois d’octobre ne comptait que 31 jours ? La situation de paie des agents et fonctionnaires de l’Etat démontre le contraire. Ces derniers continuent d’attendre, jusqu’à ce 24 novembre 2009, leur salaire du mois d’octobre.

« Nous sommes déjà le 55 et toujours rien. Et pourtant, dans les discours politiciens, on nous laissait attendre que la paie interviendrait désormais le 20 de chaque mois », s’indigne Vieux Paul Kakimbo, septuagénaire, agent de l’Etat.

En plus de leur modicité, les salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat sont payés au lance-pierre, à tel point que d’aucuns n’hésitent plus à préconiser la publication d’un calendrier spécial pour la fonction publique congolaise.

« Au lieu de nous faire longuement attendre ce fameux salaire, nos autorités doivent simplement nous dire que pour les fonctionnaires de l’Etat, un mois comprend 60 jours. Ce faisant, nous serions fixés et nous n’attendrons notre paie mensuelle qu’après 60 jours », propose Madame Fatuma Nyamala Elysée, veuve d’un agent de l’Etat.

Dans l’entretemps, ce sont des milliers de familles qui en pâtissent. Je peux citer l’exemple des enfants chassés de l’école car les parents n’ont pas payé la prime des enseignants.

Qu’est-ce qui est apparu en premier : l’œuf ou la poule ?

Ça râle depuis des lustres mais la situation reste la même avec des fonctionnaires impayés et une fonction publique qui tourne au ralenti. Dans certains services de l’Etat, les agents ne se souviennent même plus de la date à laquelle ils ont touché leur dernier salaire. Pour survivre c’est la démerde. Cette débrouille au sein de l’administration publique congolaise a donné naissance à des pratiques plus qu’encrées dans les mœurs. On parle alors de madesu ya bana pour Kinshasa et toute la partie ouest du pays, de matabishi, Kidogo ou encore Kata nyama à l’est. Un synonyme à toutes ces formules : la corruption.

Pour leur défense, les fonctionnaires vous diront que c’est parce que le système est pourri qu’ils se font corrompre. D’autres vous diront que ce sont les fonctionnaires qui pourrissent le système. Un paradoxe qui ressemble à celui de l’œuf et de la poule.

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Après les magistrats, au tour des fonctionnaires

Publié le 6 août 2009 dans Dessins par

Joseph Kabila révoque et envoie à la retraite des fonctionnaire de l'Etat

Et de deux ! Après les magistrats, le balai contre les corrompus vient de frapper des agents de la fonction publique. Au total, ce sont 1212 agents de l’Etat qui sont soit révoqués, soit mis en retraite. Ce coup de balai au sein de la fonction publique se fait apparemment avec l’accord du conseil de discipline du ministère de la Fonction publique. Les personnes révoquées sont accusées d’avoir commis des fautes constitutives de manquement grave ou d’avoir écopé, au moins une fois, d’une peine de servitude pénale supérieure à 3 mois.

Cette affaire me met un peu dans l’embarras. Je suis comme on dit chez moi « un peu content » de voir que le président de la république voit et s’attaque enfin à cette corruption et cette confusion qui a toujours existé au Congo entre le bien privé et le bien public. Cette gestion honteuse et catastrophique de la chose publique, on en parle enfin en de termes clairs.

D’autre part, je dois admettre que ce n’est pas la première fois que des fonctionnaires se font éjecter. En fouillant dans mes souvenirs, il me revient que lorsqu’il était au pouvoir, Mobutu avait assez souvent nettoyé autour de lui. Laurent-désiré Kabila avait lui aussi frappé peu après sa prise de pouvoir, allant jusqu’à faire coffrer Bemba Saolona, le géniteur de Jean-Pierre Bemba, leader du MLC, actuellement en séjour dans les geôles de la Cour pénale internationale. A l’époque, monsieur Saolona est ministre de l’économie. Je me souviens qu’il était question d’une affaire d’argent public déplacé. Jusqu’à sa mort – paix à son âme – il était sénateur.

Cette fois-ci, pas de procès, ni d’emprisonnement. Les fonctionnaires incriminés, s’il est vrai qu’ils ont dérobé l’argent de l’état, il est autant vrai que pendant ce break, ils ont la possibilité de dépenser l’argent qu’ils se sont amassés, en attendant une autre restructuration qui leur permettra de se recycler et de revenir aux affaires dans un autre secteur, mais toujours avec le même employé : l’état congolais. Ce n’est qu’une question de temps. Au Congo, dans ce genre d’affaires, l’histoire a plutôt tendance à se répéter.

Question : qui remplacera ceux qui se font mettre dehors aujourd’hui et quelles garanties qu’ils feront la différence ?

Corruption à tous les niveaux

Je tiens à rappeler que la corruption n’est pas la chasse gardée des fonctionnaires de l’état. Bon nombre de congolais corrompent ou se font corrompre. Involontairement ou de notre plein gré, nous y passons tous, en partant de l’élève à l’école primaire qui apprend très jeune que plutôt que de réviser ses notes, il est préférable d’apporter des cadeaux à son enseignant pour avoir de bonnes notes. On peut évoquer également les institutions d’enseignement supérieur où, plutôt que d’avoir un cerveau plein, il vaut mieux avoir un sac plein d’argent – volé ou gagné – pour ses enseignants (Les filles ont toujours la possibilité de payer en nature…). Cette boucle n’exclut pas le citoyen lambda qui préfère donner un bakchich à un agent de police, plutôt que de se doter de documents de bord en règle pour sa voiture et respecter la loi.

Comment faire pour éradiquer ce démon de la corruption qui traine dans les rues de toutes les villes de la RDC ? Une équation difficile à résoudre. Depuis des lustres, des corrompus en remplacent d’autres aux commandes. Cette-fois est la bonne ? Cette lutte contre la corruption dont on parle aujourd’hui ira-t-elle au-delà des discours et entrainera-t-elle un changement structurel des mentalités ? Autant de questions auxquelles il est difficile de répondre aujourd’hui. L’avenir nous en dira plus…

Petite leçon de Lingala

Dans la langue que je parle depuis mon enfance, on désigne un corrompu, un voleur ou toute personne peu honnête par le mot « Moyibi ». Actuellement, ce mot qui sonne mal n’est plus trop utilisé. Pour corrompu ou voleur on dit : Débrouillard, coopérant, courageux, Shekouleur, Libangiste…

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