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Journée de la femme : la parité prend les dessus sur la sécurité

Publié le 13 mar 2010 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Célébration de la journée de la femme à Bukavu

La journée du 8 mars dernier a été célébrée comme d’habitude avec faste dans la province du Sud Kivu. Les femmes ont répondu massivement au rendez vous de la marche pacifique organisée pour la circonstance. Pour cette année, le thème choisi était « Le progrès pour tous par la parité homme femme dans un Congo cinquantenaire ».

Particularité cette année, la parité semblait être la priorité par rapport aux dernières années où les femmes réclamaient prioritairement la sécurité. Les viols et autres violences sexuelles font moins parler d’eux. Désespoir ou amélioration de la situation ? Une chose est sûre, sur la moitié des calicots que tenaient les manifestantes, on pouvait clairement lire : « Nous réclamons le respect de l’article 14 de la constitution. Plus de place pour les femmes dans la gestion de la chose publique. »

Cet article 14 stipule que les femmes devraient occuper à 30% des places dans les institutions du pays. Mais la réalité sur le terrain est toute autre. Sur 36 députés dans la province du Sud-Kivu, il n’y a que deux femmes et sur les dix membres que compte le gouvernement provincial, il n’y a qu’une seule.

Célébration de la journée de la femme à Bukavu

Cette fête de la femme s’est clôturée comme toutes les années avec son lot de promesses. Réponse du Gouverneur intérimaire de la province du Sud-Kivu aux femmes : « Nous allons tout faire pour que les femmes soient valablement représentées dans les institutions tel que le prévoit la constitution. »

Cette énième promesse se transformera-t-elle en réalité ? Rendez-vous l’année prochaine.

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Les femmes à mille bras

Publié le 8 juil 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Une femme travailleuse « à mille bras » à Bukavu

Dans la province du Sud Kivu comme dans plusieurs coins de la RDC la femme porte sur elle tout le poids de sa famille. La situation sociopolitique difficile a plongé  les fonctionnaires et agents de l’Etat dans une misère terrible. Face aux difficultés du quotidien et à la démission manifeste de l’Etat, la femme congolaise prend la relève et fait vivre le foyer. Elle cumule désormais son rôle de procréatrice, ménagère et débrouillarde.

Femme à mille bras ou à mille rôles c’est le nom qui convient. Le portrait de Safi Nabintu reflète cette triste réalité. Elle a 35 ans. Mère de sept enfants, Safi se réveille chaque jour à cinq heures du matin pour aller acheter sa marchandise à cinq kilomètres de la ville de Bukavu. Bananes, carottes, et feuilles de manioc dits sombé en kiswahili sont ses spécialités.

La tâche ne lui est pas facile d’autant plus qu’elle a un bébé ? « C’est trop pénible quand le nourrisson ne se nourrit que du lait maternel. Je ne peux pas le laisser à la maison. Je dois la trainer partout », explique-t-elle. En plus de sa marchandise déjà pesante, elle porte son bébé qui la suivra toute la journée.

Le mari de Safi est un agent de la division de l’intérieur qui ne touche pas son salaire depuis une décennie.  Il reçoit de temps en temps une prime de 21.650 francs congolais (environ 25 dollars américains). Bien que ne suffisant déjà pas à subvenir aux besoins de sa famille, cet argent ne tombe que de manière sporadique.

Ici, les hommes sont appelés « Zuk’olye », ce qui veut dire en langue locale Shi : « réveille toi et viens manger ». « Ils sont devenus des bons à rien qui dépendent totalement de leurs femmes quel que soit le moyen par lequel ces dernières trouvent de l’argent. »

Quant à l’avenir, Safi espère que les choses s’amélioreront un jour. « J’espère qu’un jour ce pays marchera. Mais tout dépend de la volonté des autorités et de tous les congolais. Si nous abandonnons la corruption et l’égoïsme, les choses peuvent aller mieux. »

Trêve de bavardage ! Le temps est précieux pour cette travailleuse acharnée, qui, après m’avoir accordé quelques minutes, rattache son bébé au coup. Je l’aide à remettre son sac au dos et la voilà qui se presse au marché.

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Et si les femmes prenaient le contrôle au Congo ?

Publié le 30 mar 2009 dans Dessins par

Les femmes aux commandes en république démocratique du Congo

La pauvreté qui sévit en République démocratique du Congo lance une nouvelle forme de rébellion. Il ne s’agit pas de celle qui fait la une de tous les médias, avec des armes, rebelles ou encore déplacés. Ces nouvelles batailles, souvent violentes, se déroulent au sein des ménages. Le schéma classique selon lequel le père sort travailler tous les matins pour rapporter la ration du jour (madessou ya bana) se désintègre progressivement.

Exacerbées par la crise et la misère qui perdurent, les femmes congolaises prennent désormais les commandes, mettant hors-jeux les hommes. Il suffit de faire un tour dans les marchés de toutes les villes de la capitale pour se rendre compte de la prise en main des affaires par les dames. Petits commerces et toutes les autres formes de débrouille sont bons pour nourrir le foyer. Dans les rues, elles vendent du pain, des arachides, des racines aphrodisiaques, bref, tout.

Elles sont omniprésentes dans la l’agriculture et le petit commerce. Elles occupent une place prépondérante et croissante à tous les niveaux des activités de production et de commercialisation agricoles. Et pourtant, les mamans congolaises sont loin de prendre autant les mannettes en ce qui concerne les responsabilités au sein des institutions politiques. Gouvernement, parlement et autres institutions semblent encore être la chasse gardée des hommes.

Si la prise en main du bateau familial par les femmes fait ses preuves, qui sait si les choses n’iront pas mieux en RDC si les femmes prenaient carrément le contrôle ?

Ba mamans, tozali sima na bino…

Illustration : Kash

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Bukavu : Le dos des femmes pour le transport de la viande

Publié le 25 mar 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Une transporteuse de viande à Bukavu

Elles sont tous les jours au rendez-vous et pas question d’arriver en retard. Des femmes qui ont pour activité le transport de la viande de l’abattoir de la Ruzizi II, le plus grand de la ville de Bukavu au centre-ville sont de plus en plus nombreuses. Après l’abattage des bêtes, elles transportent la viande au dos vers les marchés et boucheries de la ville. Cette occupation s’impose de plus en plus comme un métier qui fait vivre bon nombre de foyers.

Les dos de ces femmes prennent la place des véhicules qui assuraient ce service il y a plusieurs années. « Je gagne 1.500 francs Congolais (environ deux dollars américains) pour chaque cargaison transportée » confie maman Jeanne, la plus ancienne transporteuse de viande à cet abattoir. « Cet argent me permet d’avoir deux à trois mesures de farine pour mes enfants car j’ai l’avantage de trouver chaque jour un petit morceau de viande ici », renchérit-elle.

Ces femmes dont le courage se lit sur les visages ne se plaignent pas et travaillent dur. Elles effectuent trois à quatre allers-retours par jour. La distance entre l’abattoir et le marché le plus proche est cinq kilomètres environ.

Les femmes de Bukavu ne font pas exception et se plient face aux règles de la débrouille, comme les autres femmes de la république. Quand l’article 15 prend la place des structures formelles, ça fait des femmes travailleuses, qui n’attendent pas les 5 chantiers, mais qui prennent carrément les choses en main.

La place des hommes, blasés par des années de chômage et de souffrance est désormais à la maison. Les plus machos passent leurs journées à l’ombre d’un arbre en attendant que madame rapporte à manger le soir. Les autres s’occupent des enfants et du ménage à domicile.

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Bukavu : Les marches suffisent-elles pour mettre fin aux violences sexuelles ?

Publié le 14 mar 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Journée internationale de la femme à Bukavu

« Sida nous te vaincrons, non aux viols et violences faites aux femmes, oui au processus de paix en RDC… » Voilà ce qu’on pouvait lire sur les banderoles et les calicots que tenaient les femmes de Bukavu le samedi 07 mars dernier.

Elles étaient des milliers, venues de toutes les catégories sociales. Travailleuses, commerçantes, policières, militaires, élèves et journalistes. Elles ont traversé les artères principales de l’avenue Patrice Emery Lumumba scandant des chansons et des slogans pour réclamer le retour de la paix et la fin des violences contre la femme.

Des pagnes, dons de certains partis politiques et associations ont été distribués aux femmes pour la circonstance.

Les Mamans de l’intérieur de la province ne se sont pas jointes à celles de Bukavu dans la marche. Elles ont préféré célébrer la journée de la femme dans la méditation et la prière.

Ont-elles eu raison ? Cette question se pose parce que les femmes manifestent depuis des années. Malgré ces multiples marches, on continue à compter par milliers des femmes victimes des atrocités des groupes armés et de certains éléments indisciplinés de nos forces armées.

« Ces femmes se fatiguent pour rien. Les politiciens veulent les exploiter tout simplement », ai-je entendu dire, d’un air moqueur, un jeune homme qui observait un défilé des femmes. En guise de réponse, de la part de son compagnon : « on ne sait jamais, peut être qu’elles seront entendues un jour »

Nos autorités comprendront-elles un jour que la femme a assez payé pour les conflits armés imposés à notre pays et qu’il était temps d’œuvrer pour sa paix et sa sécurité ?

Je me demande d’où est sorti l’argent pour l’achat des plusieurs yards des pagnes pour les femmes alors que leurs maris sont impayés depuis plus d’une décennie.

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Mois de la femme en RDC

Publié le 11 mar 2009 dans Dessins par

Mois de la femme en RDC

Pagnes imprimés avec des slogans dénonçant les violences faites aux femmes et plusieurs manifestations à travers le pays. La femme est à l’honneur en ce mois de Mars et on ne peut que s’en réjouir. Qu’en est-il cependant des violences infligées aux hommes ?

Illustration : Patou Bomenga

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