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Enregistrement à l’état-civil, devoir des parents, mais pour quels droits des enfants ?

Publié le 28 fév 2010 dans Kisangani par Boyomais

Enregistrement à l’état-civil, devoir des parents, mais pour quels droits des enfants ?

Des campagnes d’enregistrement des enfants au registre de l’état-civil se multiplient au Congo et la ville de Kisangani n’a pas échappé à la règle. Devant les édifices administratifs, des affiches appellent les parents à protéger leurs enfants en les faisant enregistrer gratuitement dans les 90 jours qui suivent leur naissance.

Le comble, c’est que malgré toutes ces sensibilisations, de nombreux parents demeurent réticents et ne comprennent pas de quelle protection. Pour  Monsieur Sulombo Kabwana estime que ce devoir ne sert à rien : « Si je n’enregistre pas mon enfant, qu’est-ce que ce dernier perd ? Tous mes quatre enfants n’ont pas été enregistrés à leur naissance et je ne vois pas les droits qu’ils ont en moins par rapport aux enfants enregistrés à leur naissance », soutient-il.

Cette réaction un peu dépourvue de sens sous d’autres cieux, trouve toute sa place en République Démocratique du Congo. En effet, tout le monde le sait bien : au Congo, enregistrer à la naissance ou pas, tous les enfants ont les mêmes droits et surtout les mêmes devoirs, du moins leurs parents. A titre illustratif, ces derniers sont donc obligés, tous et sans distinction, à payer la prime aux enseignants pour la scolarité de leurs enfants.

Où est passée la gratuité de l’éducation au niveau primaire ? Est-elle réservée aux enfants enregistrés ? Même pas. Elle reste plutôt soigneusement rangée dans les articles de la Constitution de la République.

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Les enfants sans droits de la république démocratique du Congo

Publié le 25 nov 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

En marge de la célébration du 20e anniversaire de la convention relative aux droits des enfants, j’ai entrepris de regarder autour de moi ce qu’il en était. Neuf années après la ratification de ce document par notre pays, il y a de plus en plus d’enfants dans les rues. Certains enfants travaillent pour compléter le budget familial et d’autres sont purement et simplement enrôlés au sein des groupes armés.

Pour fêter à ma manière cet anniversaire, je suis allé à la rencontre de quelques uns de ces enfants travailleurs qui m’ont livré les secrets de leurs business.

« Droits de l’enfant ? J’en ai entendu parler, mais je dois vous avouer que je ne sais pas grand-chose de ce que cela implique », m’a répondu le premier enfant que j’ai rencontré. Le jeune garçon m’a confirmé qu’il n’allait plus à l’école depuis des années à cause du manque des moyens. « J’ai arrêté les études en 3e année des humanités. Mes parents ne pouvaient plus me prendre en charge. Maintenant pour survivre, je vends des cakes. Avec ce commerce, je peux réunir quotidiennement jusqu’à 5000 FC. Avec cet argent, je peux offrir à manger à mes petits frères et me vêtir », m’a-t-il confié.

« Je sais que les enfants ont droits à l’éducation, à être intelligent. Ils doivent aussi respecter leurs parents et les grandes personnes », m’a laissé entendre e deuxième gamin à qui j’ai posé la question de savoir ce qu’il entendait par « droits de l’enfant ».

Au-delà des discours et des célébrations, le tableau de la situation des enfants en RDC est sombre. Les droits les plus fondamentaux des plus jeunes sont purement et simplement foulés des pieds. Une fois par an, le 21 novembre, tout le monde sursaute et commémore en attendant l’année suivante. Entre temps, cette jeunesse qui est censée prendre la relève et piloter le Congo de demain patauge dans la misère et la débrouillardise.

Je veux bien être optimiste mais la réalité que je vis au quotidien me pousse plutôt à me poser des questions sur l’avenir de mon pays avec une jeunesse de moins en moins instruite et de plus en plus tournée vers l’article 15.

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Les enfants naissent et grandissent dans la prison centrale

Publié le 13 août 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Des enfants dans une prison de Bukavu

Sur la photo, on distingue deux petits enfants. Le premier est âgé d’à peine un an et l’autre a deux ans. Les deux vivent à la prison centrale de Bukavu. Ils y sont parce que simplement leurs mères ont été incarcérées pour injures et vol. Et comme les enfants tétaient encore, ces mères ont préféré les amener avec elles en prison.

Dans la prison centrale de Bukavu, qui a une capacité d’accueil de 300 personnes selon son directeur, il y a environ 800 personnes qui s’entassent. A Bukavu, comme ailleurs en RDC, les conventions internationales relatives aux conditions de détention pourtant ratifiées par l’Etat congolais peinent à entrer effectivement en application.

« Je suis condamnée à trois ans de prison et je ne pouvais pas laisser mon petit enfant à la maison », me confie Marie-Jeanne, l’une des détenues. Dans cette prison, les détenus survivent grâce aux aides des églises et des organisations philanthropiques. « Il nous arrive de passer deux jours sans rien mettre sous la dent. À la maison, mon mari s’arrange toujours pour me trouver de la bouillie à donner à l’enfant », renchérit-elle.

Ces deux gamins ne sont pas les seuls à vivre dans cette prison, il y a deux mois, une femme détenue avait accouché dans sa cellule. Pourtant elle y est encore restée un mois pour purger sa peine malgré son état d’après accouchement. Se retrouver en prison en RDC équivaut à prendre un couloir de la mort. On n’a plus aucun droit et on se retrouve privé de dignité en plus de sa liberté. Pendant que les ONG crient dans le désert pour susciter l’attention des dirigeants sur cet état de choses qui ternit l’image du pays, ces derniers semblent occupés à autre chose.

Je suis bien tentée de reprendre les propos d’Hillary Clinton dans une interview accordée à la radio Okapi lors de son passage il y a quelques jours à Kinshasa : « La construction de routes est un objectif de développement très important pour ce pays. Mais la bonne gouvernance l’est aussi, tout comme la protection des droits de l’Homme ou l’édification d’un système judiciaire indépendant, une presse libre, des institutions démocratiques qui tiennent longtemps… Vous pouvez être un pays doté de routes, qui prive toujours sa population des Droits de l’Homme, qui n’a toujours pas de développement économique, de sorte qu’il n’y a ni biens ni services qui circulent sur ces routes… »

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Kisangani: Enfants recycleurs de déchets

Publié le 13 mar 2009 dans Kisangani par Boyomais

Ramasseurs d'ordures dans une rue de Kisangani

J’en observe depuis un certain temps, ces jeunes enfants, dont l’âgé varie entre 8 et 11 ans et qui se promènent sous le soleil pour ramasser divers objets. Me rapprochant d’eux en essayant de comprendre ce qu’ils cherchaient, j’ai découvert que ces enfants, dignes d’être classés dans la catégorie des débrouillards professionnels recherchent en fait une sorte de matière première.

« Nous sommes à la recherche des Kporo, objets jetés mais pouvant servir dans la fabrication des casseroles locales », me confient Adjadja et son compagnon Chris. Le Kporo est donc un ensemble de plein de choses : flacons de parfum usagés, fils en cuivre, divers métaux et ustensiles de cuisine.

Tous les jours, nos deux amis se réveillent tôt le matin pour aller fouiller dans des grands dépotoirs comme dans des poubelles de résidences privées, avec un seul objectif : remplir leurs sacs qu’ils revendent ensuite aux fabricants locaux de casseroles.

« Chaque kilogramme de Kporo vaut 800 francs congolais (environ 1 dollar américain). Plus nous ramassons, plus nous gagnons des sous pour subvenir à nos besoins élémentaires (manger, s’acheter une culotte, …) », renseigne Chris. Et Adjadja d’ajouter : « Ce qui nous plaît dans notre business, c’est que notre marchandise est très recherchée. Généralement, le soir, nous réunissons en moyenne 5 kg qui sont tout de suite raflés par nos clients »

Abandonnant le chemin de l’école si jeunes, contraints à survivre par leurs propres efforts dans un pays où l’article 15 est la règle de vie sans exception, ces jeunes enfants n’ont pas de projets et se contentent de vivre le quotidien. Une question : Est-ce vrai que l’avenir d’un pays appartient à sa jeunesse ? Si la réponse est affirmative, quel avenir pour le Congo ?

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Kinshasa : Les jeunes congolais s’interrogent : étudier ou prier pour réussir ?

Publié le 23 déc 2008 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Des enfants jouant dans une rue de Kinshasa

Premier jour de formation de BA LEKI. C’est un lundi, j’ai la « lundiose ». Je me réveille un peu plus tard que mes petites nièces qui vivent avec moi chez mes parents. Elles sont dans la chambre voisine et discutent. Je n’ose pas les déranger, leur conversation m’intéresse…

Prescilia qui a 5 ans, est en première primaire, Christelle est en troisième primaire et elle a 7 ans. Elles sont en congés de Noël.

  • Prescilia: Christelle, pourquoi Mira nous demande de bien garder nos objets scolaires, on devra encore aller à l’école?
  • Christelle: bien sûr, nous avons quelques jours de vacances, nous retournerons ensuite à l’école
  • P: ah non, moi je n »irai plus à l’école…
  • C: mais pourquoi ? il faut étudier
  • P: et pourquoi on étudie?
  • C: euh, c’est pour obtenir un diplôme et puis travailler pour avoir beaucoup d’argent.
  • P: alors, tantine Nancy n’a pas étudié?
  • C: elle a étudié! Tu as oublié la fête pour son diplôme? Mémé (grand mère) a dit que tantine Nancy est devenue maître (avocate)
  • P: et pourquoi Mémé nous demande de prier pour que tantine Nancy obtienne un boulot?
  • C: moi je ne sais pas…
  • P: moi je vais directement prier pour avoir un boulot, au lieu d’aller à l’école.

Après avoir entendu cette conversation, j’ai voulu rassurer Prescilia en lui donnant mon exemple. Mais les petites connaissent plusieurs cas de chômeurs diplômés, je peux comprendre qu’elles se posent des questions.

Comme Prescilia, aujourd’hui plusieurs enfants de la RDC s’interrogent sur leur avenir dans ce pays, après les études. Les études ne sont plus une garantie de réussite en RDC. Aujourd’hui, si vous posez la question à un étudiant en médecine sur ses projets, la réponse est dans la plupart des cas : « j’irai travailler en Afrique du sud,  j’irai au Botswana, j’irai en Europe…»
C’est vrai, notre souhait est qu’ils mettent leur savoir-faire à la disposition de notre chère RDC. Mais qu’est ce que la RDC met à leur disposition? Devons nous tous recourir à la fuite des cerveaux ou espérer avoir une «chance» de réussir dans notre pays ?

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