Le paradoxe des maquis

Publié le 26 avr 2010 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Des élèves à Lubumbashi

Tous les ans pendant 3 mois (de fin-mars à fin juin), les élèves en dernière année du secondaire de plusieurs écoles de Lubumbashi se réunissent dans le but de réviser leurs leçons, en prévision des épreuves des examens d’État. « Nous cachons le lieu de maquis pour ne pas être dérrangés par des visites intempestives », raconte Daniel KALALA, élève finaliste, option Math-Physique.

Plus qu’une nécessité pour préparer les épreuves des examens d’État, le maquis est une sorte de rite, un apprentissage de la vie, en dehors du cocon familial. C’est le moment d’apprendre à s’organiser seul pour la cuisine, le puisage de l’eau, la lessive… C’est aussi le moment propice aux premières expériences amoureuses et sexuelles, loin des regards des parents.

La pratique essuie de plus en plus de critiques  de la part des autorités scolaires et des parents qui estiment que les résultats obtenus à l’issue de ce retrait ne sont pas toujours ceux escomptés. La dimension financière entre également en compte. Si les maquisards se débrouillent pour cuisiner et pour exécuter les autres tâches ménagères, le financement du séjour dans le maquis coûte cher aux parents qui se plaignent parfois d’escroquerie de la part de leurs propres enfants : « Ils ne tiennent pas compte de nos moyens. Nous nous sacrifions pour payer tous les frais, mais ils gonflent toujours les chiffres et ne tiennent pas compte des revenus modestes de la famille », se plaint Monsieur MBAYO ILUNGA, père de deux élèves finalistes.

Dans bon nombre de cas, les maquisards regagnent le toit familial avec tout autre chose qu’un diplôme. Le premier contact avec la liberté se solde de temps en temps par des grossesses et d’autres expériences sans aucun rapport avec l’objectif premier des maquis qui reste la préparation des examens d’État dans la sérénité.

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