Emergence d’une nouvelle génération de cinéastes congolais
Publié le 24 juin 2009 dans Kinshasa par Walto, leki ya Kinshasa

Quand on parle du cinéma congolais, on ne fait souvent mention que des grands noms comme Dieudonné Ngangura Mweze, réalisateur du célèbre film « La vie est belle » qui a connu la participation de l’artiste musicien Papa Wemba. Le cinéma congolais donne depuis peu naissance à une nouvelle génération, peu connue du grand public mais pas moins déterminée.
Diplômée en Art dramatique de l’Ina (institut national des arts), Clarisse MUVUBA MWIMBU a une véritable passion du 7ième art, elle fera son premier contact avec le métier du cinéma, lors d’un master class organisé par le centre Wallonie Bruxelles à Kinshasa, sa formatrice Monique Phoba réalisatrice congolaise de film, l’initie à l’écriture de films documentaires. Après cette formation, Clarisse passe à la pratique avec un sujet choisi qui donnera naissance à un film « Entre la coupe et l’élection » une nostalgie de la saga des léopards du Zaïre et les élections de 2006 en République Démocratique du Congo. Assistante à la réalisation, fil conducteur, voix off, Clarisse donnera à ce film la touche d’une jeune cinéaste.
Décidée à voler de ses propres ailes, en avril 2007 Clarisse passe à la réalisation de son film « les fils de la vie et de la mort ». Elle met alors en scène les coupures intempestives du courant électrique à Kinshasa, une réalité connue de tous. Sur terrain, elle filme les câbles électriques dans les rues et les vielles installations obsolètes de la Société nationale d’électricité (SNEL). Ce film sera sélectionné au Festival Yambi en 2007 à Bruxelles et diffusé par la chaîne de télévision Arte/Belgique.
Connaissant bien l’art de la débrouille, la jeune cinéaste travaille avec les moyens du bord. De la production à la réalisation, elle prend en charge toutes les étapes et ne reçoit aucune aide. Le gouvernement congolais ne consacre aucun budget au 7ième art. « Je réalise mes films pour le marché à l’étranger, le cinéma n’a pas d’intérêt au Congo » regrette-t-elle.
Avec ses débuts prometteurs et cet esprit de débrouillardise, Clarisse fait partie de cette jeunesse congolaise décidée à s’en sortir et à redorer le blason de son pays même si ce dernier ne l’aide pas vraiment.















