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Etudiants le jour, conducteurs de taxis-moto le soir

Publié le 31 mar 2010 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Etudiants le jour, conducteurs de taxis-moto le soir

Pour faire face à tous les frais académiques, certains étudiants de l’Université de Lubumbashi font le taxi-moto en dehors des heures de cours. Cette activité affranchit les pauvres étudiants qui sont souvent contraints de payer des frais d’études largement au dessus de leurs revenus.

Conduisant une vieille moto, Nono Elamenji s’arrête au moindre signal du client, le salue et lui prie de prendre place derrière lui. Avant de démarrer, le taximan demande courtoisement, avec un français impeccable, la destination de son client. Celui-ci comprend qu’il s’agit d’un étudiant. « Êtes-vous étudiant ou déjà diplômé universitaire ? », lui demande-t-il. « Je suis encore étudiant. Je passe chaque soir récupérer le casque chez mon oncle, je m’achète quelques litres de carburant, je vérifie les pièces de ma moto, puis je me lance sur la route », révèle Nono, qui parle aussi de la canalisation de ses recette journalières. «… ces petites collectes m’aident à payer les syllabus, transport e et autres »

Sur la voie publique, ils se distinguent effectivement par leur respect du code de la route, mais également par leur courtoisie.

A choisir entre la moto et les études, je pencherais bien-sûr pour les études, la réponse est souvent la même pour tous les jeunes débrouillards « mais bien-sûr que je choisirais mes études. » Pour quels débouchés ? On verra plus tard… Ce qui compte, c’est pouvoir manger et payer les frais académiques. Le futur, on verra bien où il nous mène.

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Le lavage du cuivre redonne espoir aux paysannes de Kolwezi

Publié le 24 mar 2010 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Le lavage du cuivre redonne espoir aux paysannes de Kolwezi

Situé à près de 1 500 m sur le plateau de Manika, à l’ouest de Likasi et à 300 Km de Lubumbashi, Kolwezi est un important centre minier de cuivre, cobalt, uranium et radium. La ville est aussi un centre bancaire et d’exploitation artisanale. La région produit du maïs, du manioc et de l’arachide, mais l’état des routes empêche d’assurer un approvisionnement régulier de la ville.

Moins exigeant et un peu plus rentable que d’autres activités, le lavage du cuivre s’intensifie dans le district urbano-rural de Kolwezi. En assurant le quotidien, le lavage du cuivre redonne vie à plusieurs familles de la cité. « Lorsqu’elles ont découvert cette activité, les mamans ont constaté que les travaux sont moins coûteux et elles n’ont pas hésité de l’adopter », déclare Ruddy Mufind, creuseur artisanal de la carrière de Lwalaba. « Elles nous aident de cette manière là avant de soumettre nos produit à l’appréciation des acheteurs dans les centres de négoce », ajoute-t-il.

Pour tenir et entretenir cette activité, un tamis, un bidon, seau ou bassin et un point d’eau suffisent. Chaque matin, la rivière Dilala, dans la commune de Manika est prise d’assaut par les femmes qui lavent et trient les minerais provenant de différentes carrières environnantes. Certaines sont même accompagnées de leurs enfants. « Je peux bien laver et trier 6 bidons par jour et gagner 1500 Fc (1.5$) ou 2000 Fc (2$) par bidon. Cela me permet de faire vivre mon ménage », révèle Mme Lucie Kaj.

Cette activité autour des lieux de vente et d’achat du cuivre ou cobalt fait à nouveau circuler l’argent. Des petites boutiques et bistrots de fortune s’ouvrent, et le petit commerce repart.

A ce jour, aucune information ne circule sur les risques potentiels de cette activité. Ce qui prime encore et toujours pour ces débrouillards c’est le besoin de gagner son pain du jour. Le futur, nous le laissons entre les mains de Dieu…

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A manger dans la prison centrale de Kisangani

Publié le 28 fév 2010 dans Kisangani par Boyomais

A manger dans la prison centrale de Kisangani

J’ai fait un tour il y a quelques jours à la prison centrale de Kisangani pour rendre visite à un ami qui y est incarcéré. Grande était ma surprise de voir les prisonniers en train de cuisiner eux-mêmes. Pas à leur goût certes, mais, du moins, à leur manière.

Aussi, j’étais surpris d’apprendre que c’est comme ça chaque jour depuis un certain temps. « Moi-même, j’ai trouvé ce rythme. Chaque jour, bien que ce soit toujours presque le même repas, nous avons à manger quand même », me confie mon ami détenu.

Sur place, l’on m’apprendra aussi qu’il y a désormais une cantine unique dans laquelle la mairie, le CICR et une organisation non gouvernementale catholique viennent chacun déposer des vivres (farines de manioc, haricots et huiles) pour les détenus. « Pour éviter tout détournement, la cantine unique ne peut être ouverte qu’en présence du directeur de la prison et de notre représentant », me certifie mon ami « le prisonnier ».

Cette prise en charge de l’alimentation des personnes incarcérées fait des heureux, mai également des jaloux. J’en connais qui voudraient bien aller en prison, juste pour trouver de quoi se mettre sous la dent tous les jours. Il suffirait d’ajouter quelques lits, et il faudra doubler la sécurité des prisons, non pas par crainte que les prisonniers ne s’en échappent, mais plus par crainte que les prisons se fassent prendre d’assaut par de personnes affamées, prêtes à troquer leur liberté contre une boule de foufou.

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Quand les vivants et les morts cohabitent

Publié le 27 fév 2010 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Quand les vivants et les morts cohabitent au cimetière Tabac-Congo à Lubumbashi

Un véritable centre de négoce, un lieu de rendez-vous d’affaires, … telle est l’image que présente le cimetière du quartier Tabac-Congo dans la commune Kampemba à Lubumbashi. On crie au voleur par-ci, on négocie des vivres par là… et au dessus des sépulcres, les transporteurs par vélo discutent le prix du transport avec leurs clients.

Chez nous, les morts ne sont pas morts, ils vivent, mangent et sont quotidiennement avec les vivants. C’est ce qui explique que les habits, aliments et boissons sont souvent déposés par des proches au-dessus des tombes des membres de leurs familles. Et l’expression du respect dû aux morts est telle qu’il paraît scandaleux qu’un parking de taxi-vélo soit installé au cimetière ou qu’un vendeur d’habits usagés en expose un échantillon en le suspendant aux croix plantées sur les tombes et portant les identités des morts.

« … ils sont morts c’est fini pour eux. Nous le serons aussi un jour. Je n’ai pas de rasion d’avoir peur et m’empêcher de chercher le pain pour mes gosses à côté d’une tombe », me confie Dieudonné Ngwej, transporteur.

Pour Monsieur Debwayo, habitant du quartier, « Les morts sont nos grands parents, nos oncles et tantes… ils ne peuvent que nous bénir ; d’ailleurs ils sont ravis par notre présence dans leur camp… ».

Quand les vivants et les morts cohabitent au cimetière Tabac-Congo à Lubumbashi

Quand les vivants et les morts cohabitent au cimetière Tabac-Congo à Lubumbashi

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Bwa Assani, cordonnier sans atelier depuis 27 ans déjà

Publié le 15 fév 2010 dans Kisangani par Boyomais

Bwa Assani, cordonnier sans atelier depuis 27 ans déjà

Divorcé depuis trois ans, Bwa Assani vit seul.  Ce septuagénaire a une expérience de près de 30 ans dans la réparation des chaussures. « Je n’ai pas appris ce que je fais sur le banc de l’école. A peine âgé d’une dizaine d’années, je m’amusais déjà à réparer seul mes souliers. C’est à force de travail régulier que je suis devenu ce que je suis » confie-t-il avec un brin de fierté.

Au départ, Bwa Assani était dans les affaires mais celles-ci ne lui avaient pas trop réussi. Il a alors décidé d’exploiter son don, son talent d’enfance. « Après plusieurs hésitations, ce fut en 1983 que je pris la décision de faire ce métier en dépit de toutes les moqueries de mes copains et surtout de certains membres de ma famille. Ils me disaient que c’était un sot métier et je leur rétorquai qu’ils étaient de sottes gens. »  Aujourd’hui, Bwa Assani est convaincu qu’il n’a pas fait un mauvais choix. « Certains de ceux qui se moquaient de moi passent ici pour me demander de l’aide. Et puis, c’est vrai que je ne vis pas décemment, mais j’ai le minimum et je ne suis pas contraint à vivre comme la plupart des personnes de mon âge ».

Notre cordonnier fait, sans doute, allusion à tous ces vieilles personnes qui font la manche dans plusieurs coins de la ville. «Mon travail me permet ainsi d’être indépendant. Je viens ici tous les matins, j’installe mes affaires et attends les premiers clients. Je peux alors trouver de quoi acheter mon café le matin, mon déjeuner à midi et mon diner à la fin de la journée qui  se termine généralement à 17 heures.»

Et il a raison. Car, dans un pays où les personnes de troisième âge ne bénéficient d’aucune protection, celles d’entre elles qui s’efforcent à survivre avec la sueur de leur front ne peuvent qu’être félicitées.

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Les enfants sans droits de la république démocratique du Congo

Publié le 25 nov 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

En marge de la célébration du 20e anniversaire de la convention relative aux droits des enfants, j’ai entrepris de regarder autour de moi ce qu’il en était. Neuf années après la ratification de ce document par notre pays, il y a de plus en plus d’enfants dans les rues. Certains enfants travaillent pour compléter le budget familial et d’autres sont purement et simplement enrôlés au sein des groupes armés.

Pour fêter à ma manière cet anniversaire, je suis allé à la rencontre de quelques uns de ces enfants travailleurs qui m’ont livré les secrets de leurs business.

« Droits de l’enfant ? J’en ai entendu parler, mais je dois vous avouer que je ne sais pas grand-chose de ce que cela implique », m’a répondu le premier enfant que j’ai rencontré. Le jeune garçon m’a confirmé qu’il n’allait plus à l’école depuis des années à cause du manque des moyens. « J’ai arrêté les études en 3e année des humanités. Mes parents ne pouvaient plus me prendre en charge. Maintenant pour survivre, je vends des cakes. Avec ce commerce, je peux réunir quotidiennement jusqu’à 5000 FC. Avec cet argent, je peux offrir à manger à mes petits frères et me vêtir », m’a-t-il confié.

« Je sais que les enfants ont droits à l’éducation, à être intelligent. Ils doivent aussi respecter leurs parents et les grandes personnes », m’a laissé entendre e deuxième gamin à qui j’ai posé la question de savoir ce qu’il entendait par « droits de l’enfant ».

Au-delà des discours et des célébrations, le tableau de la situation des enfants en RDC est sombre. Les droits les plus fondamentaux des plus jeunes sont purement et simplement foulés des pieds. Une fois par an, le 21 novembre, tout le monde sursaute et commémore en attendant l’année suivante. Entre temps, cette jeunesse qui est censée prendre la relève et piloter le Congo de demain patauge dans la misère et la débrouillardise.

Je veux bien être optimiste mais la réalité que je vis au quotidien me pousse plutôt à me poser des questions sur l’avenir de mon pays avec une jeunesse de moins en moins instruite et de plus en plus tournée vers l’article 15.

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Quand le pain vient assurer le quotidien

Publié le 25 nov 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Quand le pain vient assurer le quotidien

L’implantation récente de boulangeries industrielles à Lubumbashi offre de nouvelles possibilités de business aux Lushois. Ces établissements fournissent du pain à un prix abordable laissant une marge bénéficiaire conséquente pour les revendeurs.

Tous les jours, hommes et femmes débouchent de toutes les communes et se pressent vers les grandes boulangeries. Le matin comme le soir, des véhicules, remplis de pains sillonnent les artères de la ville à la recherche de clients. D’autres se garent sur les lieux de vente publique où les Lushois aux faibles revenus prennent rendez-vous. « Je fais toujours un effort pour acheter du pain tous les soirs, surtout lorsque je quitte tard le boulot et que je n’ai pas laissé à manger chez moi », fait savoir Jeannot que j’ai rencontré à l’entrée du marché central Mzée Laurent Désiré Kabila. Pour 800 Francs congolais (0.92 dollars), il se procure assez pour le dîner avec sa famille.

Les revendeuses au détail se réjouissent de l’implantation de ces nouvelles boulangeries dans la capitale cuprifère du Katanga. « A cause du prix compétitif, ces boulangeries nous permettent de gagner un peu plus », déclare Mme Florence Lwembwe, vendeuse et cliente de la boulangerie Pain de vie.

A Lubumbashi, le pain est vendu généralement en sachets de 8 à 13 pains. Les consommateurs font souvent fi de la qualité et privilégient la quantité pour parvenir à satisfaire leurs besoins.

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Une bijouterie made in Boyoma

Publié le 18 nov 2009 dans Kisangani par Boyomais

Un bijoutier de Kisangani à l'oeuvre

J’ai récemment fait une rencontre surprenante, alors que je cherchais une solution miracle pour la chaînette brisée de ma fiancée. Je me suis rendu chez celui que les Boyomais appellent « Maître ».

Les outils de travail de ce bijoutier made in Kisangani  sont rudimentaires. Du bois de chauffage, des allumettes, une lampe à pétrole et quelques pinceaux suffisent. « Tout ce que vous voyez me sert à transformer l’or et l’argent. Par exemple, pour votre cas, je vais mettre un peu de pétrole sur cette lampe, puis je vais faire fondre un peu d’étain et enfin coller la chaînette…» Aussitôt dit, aussitôt fait. Le boulot fini, nous avons payé 1500 francs congolais (environs 2 dollars américains).

Avant de se dire au revoir, le « Maître » a tenu à préciser que c’est par faute de matériel qu’il ne fabrique pas des bijoux et qu’il se contente de les réparer. « Il m’arrive d’en fabriquer de temps en temps avec des moyens du bord », m’a-t-il rassuré.

Une bijouterie made in Boyoma

Avec près de 10 000 francs par jour, ce congolais fait partie de ceux qui ne sont pas riches et pas pauvres non plus. Il connaît un métier qu’il pratique pour gagner sa vie. Ce Boyomais n’est pas spécialement différent des autres mais il respecté des siens pour son travail. Il n’attend pas de recevoir de l’’aide et encore moins que le Congo devienne un paradis pour travailler.

Dans un Congo en paix  et géré correctement, des artisans comme celui-ci peuvent être le moteur du développement. Mais dommage, il faut toujours qu’un pseudo défenseur des intérêts de la population, prêt à troquer quelques tonnes de minerais avec des armes vienne apporter la mort et la désolation. Pas besoin de faire un dessin des conséquences : le fabricant et vendeur d’armes débarque en pompier avec médicaments et aide humanitaire et fait tourner la machine à fabriquer des dépendants aux mains tendues.

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Débrouillard ou l’art de transformer le futile en richesse

Publié le 13 août 2009 dans Kisangani par Boyomais

Les oeuvres d'un artiste aux chutes de Wagenya, à Kisangani

Les Wagenia sont réputés pour être de grands et excellents pêcheurs. Ils vivent, pour la plupart, de la pêche sur les rapides des célèbres chutes Wagenia sur le fleuve Congo. Je me suis rendu il y a quelques jours près de ces chutes et j’y ai rencontré Monsieur Oscar Lowao, qui, bien que faisant partie de la tribu Genia, ne vit pas des poissons qui sortent du fleuve mais de ceux qu’il fabrique lui-même.

Installé à l’entrée du site des chutes Wagenia, Monsieur Oscar fabrique des objets d’art se rapportant à la vie des pêcheurs Genia. Une sorte de chronique illustrée du quotidien de ces pêcheurs qui ne reculent pas devant le danger que peuvent représenter les rapides du fleuve Congo et en sortent leur pitance.

« Je tiens mon art de mon père. De son vivant, il m’envoyait toujours chercher des jolis cailloux au bord du fleuve lorsque lui allait en brousse pour chercher d’autres matériaux de travail tels que le bois, la liane… Ensuite, je restais près de lui pour apprendre le métier. La plupart de mes clients sont principalement des personnes qui visitent les Chutes Wagenia ; des étrangers surtout qui veulent garder un souvenir de leur passage en ce lieu », me confie-t-il.

Oscar n’a pas eu besoin d’aller chercher des pierres précieuses sous terre. Il transforme en richesse du matériau à sa portée et très facile à trouver (cailloux, bouts de bois et lianes). Cet artiste débrouillard parvient ainsi à gagner son pain et à subvenir aux besoins de sa famille sans rien demander à qui que ce soir. Comme il le dit lui-même : « Si l’Etat ne vous donne pas d’emploi, créez en vous-même ! »

Un artiste au chutes de Wagenya à Kisangani

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Après les magistrats, au tour des fonctionnaires

Publié le 6 août 2009 dans Dessins par

Joseph Kabila révoque et envoie à la retraite des fonctionnaire de l'Etat

Et de deux ! Après les magistrats, le balai contre les corrompus vient de frapper des agents de la fonction publique. Au total, ce sont 1212 agents de l’Etat qui sont soit révoqués, soit mis en retraite. Ce coup de balai au sein de la fonction publique se fait apparemment avec l’accord du conseil de discipline du ministère de la Fonction publique. Les personnes révoquées sont accusées d’avoir commis des fautes constitutives de manquement grave ou d’avoir écopé, au moins une fois, d’une peine de servitude pénale supérieure à 3 mois.

Cette affaire me met un peu dans l’embarras. Je suis comme on dit chez moi « un peu content » de voir que le président de la république voit et s’attaque enfin à cette corruption et cette confusion qui a toujours existé au Congo entre le bien privé et le bien public. Cette gestion honteuse et catastrophique de la chose publique, on en parle enfin en de termes clairs.

D’autre part, je dois admettre que ce n’est pas la première fois que des fonctionnaires se font éjecter. En fouillant dans mes souvenirs, il me revient que lorsqu’il était au pouvoir, Mobutu avait assez souvent nettoyé autour de lui. Laurent-désiré Kabila avait lui aussi frappé peu après sa prise de pouvoir, allant jusqu’à faire coffrer Bemba Saolona, le géniteur de Jean-Pierre Bemba, leader du MLC, actuellement en séjour dans les geôles de la Cour pénale internationale. A l’époque, monsieur Saolona est ministre de l’économie. Je me souviens qu’il était question d’une affaire d’argent public déplacé. Jusqu’à sa mort – paix à son âme – il était sénateur.

Cette fois-ci, pas de procès, ni d’emprisonnement. Les fonctionnaires incriminés, s’il est vrai qu’ils ont dérobé l’argent de l’état, il est autant vrai que pendant ce break, ils ont la possibilité de dépenser l’argent qu’ils se sont amassés, en attendant une autre restructuration qui leur permettra de se recycler et de revenir aux affaires dans un autre secteur, mais toujours avec le même employé : l’état congolais. Ce n’est qu’une question de temps. Au Congo, dans ce genre d’affaires, l’histoire a plutôt tendance à se répéter.

Question : qui remplacera ceux qui se font mettre dehors aujourd’hui et quelles garanties qu’ils feront la différence ?

Corruption à tous les niveaux

Je tiens à rappeler que la corruption n’est pas la chasse gardée des fonctionnaires de l’état. Bon nombre de congolais corrompent ou se font corrompre. Involontairement ou de notre plein gré, nous y passons tous, en partant de l’élève à l’école primaire qui apprend très jeune que plutôt que de réviser ses notes, il est préférable d’apporter des cadeaux à son enseignant pour avoir de bonnes notes. On peut évoquer également les institutions d’enseignement supérieur où, plutôt que d’avoir un cerveau plein, il vaut mieux avoir un sac plein d’argent – volé ou gagné – pour ses enseignants (Les filles ont toujours la possibilité de payer en nature…). Cette boucle n’exclut pas le citoyen lambda qui préfère donner un bakchich à un agent de police, plutôt que de se doter de documents de bord en règle pour sa voiture et respecter la loi.

Comment faire pour éradiquer ce démon de la corruption qui traine dans les rues de toutes les villes de la RDC ? Une équation difficile à résoudre. Depuis des lustres, des corrompus en remplacent d’autres aux commandes. Cette-fois est la bonne ? Cette lutte contre la corruption dont on parle aujourd’hui ira-t-elle au-delà des discours et entrainera-t-elle un changement structurel des mentalités ? Autant de questions auxquelles il est difficile de répondre aujourd’hui. L’avenir nous en dira plus…

Petite leçon de Lingala

Dans la langue que je parle depuis mon enfance, on désigne un corrompu, un voleur ou toute personne peu honnête par le mot « Moyibi ». Actuellement, ce mot qui sonne mal n’est plus trop utilisé. Pour corrompu ou voleur on dit : Débrouillard, coopérant, courageux, Shekouleur, Libangiste…

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