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Conflits autour du financement de l’exode

Publié le 5 jan 2010 dans Dessins par Cédric

Conflits autour du financement de l’exode

En ces temps de crise, l’ultime recours de la majorité des jeunes congolais optent pour l’exil. Il y a quelques jours, j’en discutais avec un ami qui a posé ses bagages en Afrique du sud, où il travaille comme gardien. « Au moins j’ai un salaire et une visibilité sur l’avenir », me disait-il.

Parmi les « bonnes nouvelles » que mon ami m’annonçait, il y avait la liste des amis qui ont réussi à « se tirer du pays » et qui se retrouvent dans les 4 coins du monde. « Nancy est à Washington, Julien est parti il y a quelques mois au Danemark et ici en Afrique du Sud, j’ai rencontré tout plein de mes anciens collègues de classe qui se cherchent… »

Cet exode qui est loin d’être à ses débuts est à la base d’un vrai problème de société. Tous les moyens sont bons pour financer le départ. Si certains parents bradent leurs lopins de terre pour payer une sortie du pays à leurs enfants, ceux qui refusent se font souvent surprendre.

Aucun congolais se sera surpris d’apprendre d’un gamin a dérobé les titres de propriété de la parcelle familiale qu’il va ensuite revendre à plusieurs clients. Et c’est aux parents de gérer ensuite les bagarres qui s’ensuivent…

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Le Congo cessera-t-il un jour d’être le grand petit dernier ?

Publié le 16 oct 2009 dans Dessins par

Le Congo cessera-t-il un jour d’être le grand petit dernier ?

Dans le restaurant des « Bana ya Congo », la disette n’a de secret pour personne. La débrouille non plus. Ici, on vit au « taux du jour » comme aiment bien dire les congolais. Quelqu’un m’a dit un jour : « propose 500 dollars tout de suite à un congolais et 10 000 dollars dans un an, il sautera sur les 500. » Pourquoi attendre un an alors qu’on n’est même pas sûr d’être vivant à l’échéance ?

La précarité perdure. La situation va de plus en plus mal. Des promesses, les congolais en ont entendu et en entendent encore de toutes les couleurs. Des faits qui changeraient leurs conditions de vie se font toujours attendre.

Les élus, les gars en costard au volant de gros 4×4, ceux-là même qui ont gavé de promesses leurs électeurs pendant des mois, sollicitant leurs votes pour faire du Congo un pays démocratique et prospère préparent déjà les armes pour les prochaines élections qui devraient se tenir dans deux ans. Quel sera leur discours cette fois-ci ? J’ai hâte de l’entendre. Viendront-ils encore promettre monts et merveilles à cette population paupérisée et à bout de souffle ? Tout est possible au Congo.

Qui viendra donc au secours de la population congolaise ? La communauté internationale ? Elle est là depuis des lustres et rien ne change. Elle se contente de nous envoyer de temps en temps un peu d’oxygène, juste assez pour ne pas sombrer mais survivre et mourir à petits feux.

Viendra-t-il ce jour où le Congo cessera d’être le grand petit dernier à la main tendue ? J’espère vivement que oui, même si j’avoue qu’il m’arrive de perdre espoir…

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Et si les femmes prenaient le contrôle au Congo ?

Publié le 30 mar 2009 dans Dessins par

Les femmes aux commandes en république démocratique du Congo

La pauvreté qui sévit en République démocratique du Congo lance une nouvelle forme de rébellion. Il ne s’agit pas de celle qui fait la une de tous les médias, avec des armes, rebelles ou encore déplacés. Ces nouvelles batailles, souvent violentes, se déroulent au sein des ménages. Le schéma classique selon lequel le père sort travailler tous les matins pour rapporter la ration du jour (madessou ya bana) se désintègre progressivement.

Exacerbées par la crise et la misère qui perdurent, les femmes congolaises prennent désormais les commandes, mettant hors-jeux les hommes. Il suffit de faire un tour dans les marchés de toutes les villes de la capitale pour se rendre compte de la prise en main des affaires par les dames. Petits commerces et toutes les autres formes de débrouille sont bons pour nourrir le foyer. Dans les rues, elles vendent du pain, des arachides, des racines aphrodisiaques, bref, tout.

Elles sont omniprésentes dans la l’agriculture et le petit commerce. Elles occupent une place prépondérante et croissante à tous les niveaux des activités de production et de commercialisation agricoles. Et pourtant, les mamans congolaises sont loin de prendre autant les mannettes en ce qui concerne les responsabilités au sein des institutions politiques. Gouvernement, parlement et autres institutions semblent encore être la chasse gardée des hommes.

Si la prise en main du bateau familial par les femmes fait ses preuves, qui sait si les choses n’iront pas mieux en RDC si les femmes prenaient carrément le contrôle ?

Ba mamans, tozali sima na bino…

Illustration : Kash

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Bukavu : La viande, une denrée désormais réservée aux nantis

Publié le 29 mar 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Un vendeur ambulant de charcuteries dans une rue de Bukavu

La viande est devenue une denrée de plus en plus couteuse suite aux conflits armés qui rendent certains villages inaccessibles. Les fermes, ces greniers alimentaient la ville de Bukavu ont été pillées et détruites par les belligérants. La viande consommée provient désormais du Rwanda voisin et des quelques particuliers qui élèvent leurs vaches en ville.

Manger de la viande ou tous les autres produits dérivés est devenu un privilège réservé aux nantis. Le kilo bœuf qui se vendait à deux mille deux cents francs congolais (environ deux dollars) il y a une année revient désormais à cinq dollars américains.

« Avec un dollars américain, on peut acheter une tige de saucisson qui pèse environ trois cent grammes, on donne à chaque enfant un petit morceau avec du foufou et ça suffit pour passer la journée », me confie Buhendwa, grand consommateur des saucissons.

Du côté des bouchers, c’est aussi la crise. « Avant on écoulait une ou deux vaches par jour mais depuis un temps, c’est devenu difficile. Les prix sont beaucoup plus élevés. Nous avons moins de clients qu’avant et la situation ne fait qu’empirer », dit avec inquiétude Nadège, une propriétaire de boucherie très réputée à Bukavu.

C’est qu’elle n’avoue pas, c’est qu’il lui arrive de vendre de la marchandise avariée. Avec les coupures intempestives d’électricité, elle se retrouve souvent avec de la viande pourrie dans les bras, qu’elle revend tout de même. Tant pis pour les consommateurs !

Comme personne ne contrôle la qualité des produits commercialisés, ce sont des maladies qui attendent les malheureux qui se retrouvent à ingurgiter des produits pourris. Et dire qu’il y a des gens en costards, fiers de porter des appellations honorifiques du style « excellence » ou encore « honorable ».

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Lubumbashi : Crise financière, faillite des entreprises minières et chômage au menu

Publié le 5 fév 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Une mine dans la province du Katanga

L’effondrement des prix des minerais sur le marché international n’épargne pas les entreprises minières de la province du Katanga, au sud-est de la République démocratique du Congo. Des milliers d’ouvriers et de creuseurs artisanaux se trouvent au chômage.

Une cinquantaine d’entreprises minières et des centaines de petits comptoirs d’achat ont fermé leurs portes depuis fin 2008. Selon le gouvernement provincial du Katanga, la faillite de ces entreprises a contraint au chômage un peu plus de 300.000 ouvriers dans cette province cuprifère.

Sans sécurité sociale et indemnités payées au bon vouloir des entreprises, les anciens employés de ce qu’on appelle localement les « Mining » ne baissent pas les bras et, en bons congolais débrouillards, ils trouvent des moyens alternatifs pour survivre. La plupart de ces anciens ouvriers et creuseurs artisanaux se tournent vers l’agriculture. « Avec la somme que j’ai reçu comme décompte final, j’ai acheté un lopin de terre que je compte exploiter pour cultiver des fruits et des légumes », confie Blaise Kayumba. « Ce n’est pas la première fois que ce genre de crise se déclare, les entreprises minières tomberont en faillite et décevront toujours mais avec mon petit champ, je serais autonome », complète-t-il.

Pour le président de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) au Katanga, la chute des cours des métaux au niveau mondial n’explique pas tout. L’augmentation depuis mi-2008 des taxes au niveau national n’a pas facilité les choses. La redevance annuelle des entreprises minières a quasiment été doublée, c’est-à-dire, de 60.000 à 100.000$. Les maillons faibles de la chaine sont donc écartés et les plus costauds résistent, mais pour combien de temps ?

Alors qu’on entend parler ailleurs de mesures gouvernementales et d’aide de l’état pour sauver des entreprises et en même temps des emplois, chez nous en RDC (république dresseuse de constats), rien n’est fait concrètement pour remédier à ce problème.

Question : Où va donc l’argent généré par la vente des minerais? Suivez mon regard…

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