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Boulevard du 30 juin dévisagé !

Publié le 31 mai 2009 dans Kisangani par Boyomais

Boulevard du 30 juin à Kisangani

Les Boyomais s’étonnent de la disparition depuis quelques jours du hangar des policiers de roulage posté au rond point du boulevard du 30 juin dans la commune de la Makiso, seul endroit pourtant où le trafic routier est intense dans la ville de Kisangani. Où est donc passée cette superstructure en acier permettant aux policiers de roulage de réglementer la circulation ? La question est sur toutes les lèvres des passants sur cette voie.

Pour les uns, comme Monsieur Alphonse, « Les Tolekistes (entendez les cyclistes transporteurs) en ont eu marre des tracasseries policières à cet endroit. Ils ont donc décidé de voler carrément ce hangar. » Faux, rétorquent les policiers de roulage. Selon ces derniers, leur hangar a été déplacé pour des raisons techniques et il sera remis incessamment au même endroit. « Avant-hier, notre hangar posté ici avait subi des jets de pierres de la part des Tolekistes en colère, après qu’un de leur ait été blessé, accidentellement, par un de nôtre » me confie un policier de roulage. Cela justifierait donc l’absence de ce « machin » ce matin.

Deux choses sont vraies : l’absence de ce fameux hangar diminue les tracasseries policières mais aussi risque d’être à la base d’éventuels accidents, étant donné que se disputent désormais sur cette voie, sans arbitre, piétons, Toleka, taxis-moto et taxis-bus.

Il y a donc lieu de faire diligence pour trouver une solution de rechange afin de reguler la circulation des engins et des personnes sur le boulevard du 30 juin de Kisangani qui, bien que pas encore réfectionné par les Chinois, risque bien de ressembler à ce que les Kinois appellent le «boulevard de la mort ».

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Échapper aux tracasseries des hommes en uniforme : à chacun sa technique

Publié le 31 mai 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

L'inscription Laissez-passer sur une voiture à Lubumbashi

Tous les moyens sont bons pour esquiver les tracasseries perpétrées par les policiers de la route (roulages) postés autour des carrefours importants des principales villes congolaises. S’ils ont officiellement pour vocation de réguler le trafic, ces agents en uniforme bleu et jaune se sont transformés en guichets où sont perçues des sommes d’argent inconnues du trésor public. Cette pratique permet aux agents d’arrondir les fins des mois et en échange, ils ferment les yeux sur certaines infractions. Cette pratique qui s’appelle corruption ailleurs a trouvé d’autres noms au Congo : Madesou ya bana, bana ba sumba… Traduction : Les haricots des enfants, de quoi envoyer les enfants

Plutôt que de lutter contre ce système, les autorités publiques ont lancé un nouveau moyen d’esquiver les tracasseries. Officiels, dirigeants des grandes entreprises et membres de familles influentes se sont fait établir des vignettes estampillés « laissez-passer » qu’ils placent sur les pare-brises de leurs véhicules pour échapper aux ennuis que causent les « agents de l’ordre » sur la route et pour se soustraire de la réglementation routière.

Ce qui est drôle c’est que ces vignettes ne sont que des vulgaires bouts de papier imprimés que tout le monde peut se procurer assez facilement. Il y en a de toutes les couleurs et à chacun sa recette pour faire le plus officiel possible. Drapeau congolais ou sceaux de différents services publics sont des éléments dissuasifs qui font la qualité d’un bon « laissez-passer ».

Comme les policiers ne s’approchent généralement pas des véhicules qui arborent un « laissez-passer » de peur de tomber sur un homme influent, les conducteurs qui ont compris s’en font imprimer dans les cybercafés de la ville et arrivent ainsi à éloigner les prédateurs.

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Ceintures de sécurité made in Kinshasa

Publié le 9 mai 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Ceinture de sécurité made in Congo

Rubans en caoutchouc, et même morceaux de pagnes… Il ne manque que le ruban de miss… L’essentiel c’est que quelque chose qui ressemble à une ceinture de sécurité traverse votre torse. Depuis un certain temps, les taximen de Kinshasa se voient obligés de recourir à des ceintures de sécurité faits maison pour tromper l’œil des policiers de roulage guettent et interpellent tous ceux qui ne respectent pas la règle.

Que risquent les contrevenants ? Ils s’exposent au paiement d’une amende forfaitaire, un bakchich s’il faut vraiment nommer explicitement la pratique. Pour les conducteurs c’est une question d’économies. La sécurité des passagers, ils s’en foutent éperdument.

Pourquoi n’y-a-t-il pas de ceintures de sécurité dans toutes les voitures me demanderez-vous. L’explication réside dans le fait que la majorité des taxis Kinois sont montés sur place, avec les moyens du bord. Un savant mélange entre des pièces originelles d’occasion et des matériaux de récupération. Ici, il n’est guère surprenant qu’une voiture de marque Mazda roule avec un moteur Renault, des amortisseurs Mercedes et des phares Toyota. L’essentiel c’est que ça roule.

Lorsque ces véhicules tropicalisés tombent en panne [ce qui arrive très souvent], les conducteurs détachent la ceinture originelle [parce que solide] et l’utilisent pour se faire remorquer. Le problème c’est qu’ils ne peuvent plus la remettre en place après usage, ce qui explique le remplacement de fortune effectué.

Il y a quelques jours, j’ai essayé de m’opposer à cette pratique dans un taxi. Le chauffeur et quelques passagers m’ont traité de tous les mots : « Tu es méchante, tu n’as qu’à acheter ta propre voiture, tu te prends pour qui ? Tu veux qu’il perde son argent… » Face à leur hostilité, j’ai opté pour descendre du taxi et en trouver un autre. Toutes ces personnes qui défendaient l’économie du taximan, oubliaient ou n’avaient juste pas conscience du risque auquel ils s’exposaient. Et dire que lorsque les accidents surviennent, ce sont les sorciers et les mauvais esprits qui sont tenus pour responsables.

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La raison du plus fort est toujours la meilleure

Publié le 30 avr 2009 dans Dessins par

20 délinquants transférés vers la prison de Buluwo dans la province du Katanga

20 jeunes délinquants que les habitants de la capitale congolaise appellent « Kuluna » ont été transférés la semaine dernière vers la prison de Buluwo dans la province du Katanga. Ils encourent des peines allant de 5 à 20 ans de servitude pénale. Le phénomène Kuluna dont nous parlions déjà il y a quelques mois a pour principaux acteurs des jeunes kinois sans emploi et sans perspectives.

Comme toujours, cette opération s’est déroulée avec les discours qui vont avec. Le ministre congolais de la justice a déclaré qu’il s’agissait d’un premier lot de bandits arrêtés et qu’il en sera de même pour les autres qui tomberont dans les filets de la justice.

Le problème c’est que ce sont toujours les petits délinquants qui sont arrêtés et envoyés derrière les barreaux. Les vrais bandits, ceux qui détournent l’argent de l’état et qui affament toute une population bénéficient d’une totale impunité.

Comme quoi il vaut mieux être un grand voyou qui détourne des milliards, plutôt qu’un petit chenapan qui se contente de petits larcins.
Transfert de 20 délinquants vers la prison de Buluwo dans la province du Katanga

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Quand la police met en danger la population qu’elle est censée protéger

Publié le 28 avr 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Bagarre entre un policier et un conducteur à Kinshasa

Après les bombes, encore une aventure dans le transport en commun, mais cette fois ci, elle se termine mal. Comme vous pouvez le voir sur la photo, un agent de police routière brutalise le conducteur. La scène, anodine aux yeux de la plupart des kinois se déroule au niveau de la station Ma campagne, dans la commune de Ngaliema.

Le feu vert s’allume, toutes les voitures s’arrêtent. Sans raison, 3 policiers se placent devant notre véhicule. L’un d’eux ouvre la portière brutalement et ordonne aux passagers de descendre. Le policier prend place à bord du véhicule. Il sort la phrase fétiche des roulages :
- « donnez moi vos documents… ».
« Je veux bien vous les donner, mais dites moi d’abord pour quelle raison », lui répond le conducteur.

Sans un mot, l’agent cherche à retirer la clé de la voiture. Le chauffeur s’y oppose et met le véhicule en marche. La course se termine dans le petit caniveau qui longe la chaussée. Nous descendons tous du véhicule, sans choc visible en tout cas.

Mais cette discussion dont l’objectif était de soustraire l’argent au chauffeur pouvait bien se terminer en un accident mortel. Tous débrouillards, policiers et conducteurs se livrent au quotidien au jeu du chat et de la souris. Si l’un veut à tout prix ramasser du pognon pour ramener à manger à ses enfants le soir, l’autre ne veut pas facilement lâcher le fruit de son travail.

Les victimes de cet état des choses sont les clients qui sont obligés d’aller se battre à nouveau pour trouver une place à bord d’un autre véhicule. Nos chers gouvernants dans tout ça ? Ils roulent tranquille au volants des grosses cylindrées achetées avec l’argent de l’état. Ne vivant pas eux-mêmes ces difficultés au quotidien, ils ne se sentent sans doute pas directement concernés. Difficile donc d’attendre quelconque intervention de leur part pour faire cesser les pratiques honteuses des agents de police.

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Tracasseries policières et militaires sur la route Buta

Publié le 25 avr 2009 dans Kisangani par Boyomais

Un commerçant sur la route Kisangani - Buta

Érigeant des barrages tous les 50 kilomètres, policiers, militaires et autres agents de sécurité font vivre un véritable enfer aux usagers qui empruntent la route reliant la ville de Kisangani à la cité de Buta. Sous prétexte de contrôles de sécurité, ces agents véreux rançonnent tous ceux qui s’aventurent sur ce tronçon routier.

La cité de Buta est située à quelques 364 km de la ville de Kisangani. De nombreux commerçants effectuent régulièrement des va-et-vient entre les deux villes. Buta constitue un marché pour les commerçants de Kisangani qui s’y rendent pour écouler certains produits comme du sucre, des vêtements, carburant ou encore de la bière.

A l’aide de son vélo, Freddy transporte des casiers de bières achetés à Kisangani et qu’il va revendre à Buta. Durée du voyage : 7 jours. Pédaler aussi longtemps n’a pas l’air de le déranger mais l’érection des barrières est une contrainte en trop pour ce jeune commerçant. « Ces agents ne se contentent pas de vérifier notre identité et notre marchandise mais exigent que nous payions avant de franchir leurs barrages » se plaint-il.

Si la présence d’agents de l’état rassure sous d’autres cieux, elle fait peur au Congo. Ça fait des lustres que policiers et militaires pratiquent impunément ce qui peut être qualifié de banditisme officiel. A défaut de salaires, ils utilisent leur uniforme et leurs armes comme permis de rançonner. La population civile dans tout ça ? Elle a le choix entre obtempérer et se débrouiller pour contourner les difficultés engendrées par le comportement incivique de ceux qui portent l’appellation d’agents de l’ordre.

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Presse en RDC : Pas de coupage, pas d’information

Publié le 16 mar 2009 dans Dessins par

Phénomène coupage dans la presse congolaise

En république démocratique du Congo, on désigne par le mot « coupage » cette pratique qui veut que les journalistes soient payés pour écrire un article. A titre d’exemple, une institution qui invite des journalistes à une conférence de presse pour faire parler de ses activités se doit de verser une certaine somme en guise de collation. En retour, les journalistes rédigent des articles qui ne peuvent qu’aller dans un sens le plus favorable pour ladite entité. Le principe est bien connu de tous : plus la somme remise aux journalistes est importante, plus les articles écrits par ceux-ci sont élogieux.

Cette pratique bien ancrée dans le moeurs fait que les journalistes sont en permanence à la recherche non de nouvelles mais de personnes qui peuvent les payer pour publier leurs articles.

Illustration : Philma

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Kisangani : Policiers corrompus et usagers de la route prêts à payer

Publié le 30 jan 2009 dans Kisangani par Boyomais

Un roulage se faisant corrompre à Kisangani

Deux nouveaux policiers de roulage œuvrent désormais près de chez moi. Ils ont bien choisi leur lieu de travail, cachés derrière un manguier. Ils surgissent par surprise à l’approche d’une voiture ou d’une moto et là ça ne rigole pas!

J’ai passé du temps à les observer à l’œuvre et j’ai bien compris comment le business marche. Dès qu’une moto ou un véhicule s’approche, ils prennent position, tel un pécheur qui voit un poisson s’approcher de sa ligne, et surgissent au moment M pour barrer la route. Un petit contrôle de papiers s’en suit, quelques billets de banque glissent ensuite et le conducteur peut repartir.

Nos policiers ont ensuite une petite pause, le temps de fumer quelques cigarettes en attendant le prochain poisson. C’est une scène plus que normale qui se répète encore et encore, au vu et au nez de tout le monde sans que cela ne choque qui que ce soit.

A la fin de la journée, ces deux hommes habillés en jaune et bleu auront bien récolté une belle somme d’argent pour le compte non pas du trésor public mais pour le compte de ce qu’ils appellent, dans leur jargon, le « sombe ya watoto » ou le « madesu ya bana » ou encore le « bana basumba » (Traduction :  »le pondu pour les enfants » ,  »les haricots pour enfants » ou encore  »de quoi envoyer les enfants aux toilettes »).

En vivant ce genre de scènes, je me rends bien compte que l’Etat congolais est un parent pauvre dont les enfants, agents de police et de l’administration se débrouillent pour manger. La mère patrie, personne ne s’en soucie et la même interrogation qui revient régulièrement : « Ngai moto nakobongisa mboka yango ? » traduisez : « Est-ce moi qui vais reconstruire ce pays en ruines ? »

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