Vous parcourez les archives de Congo

Kinshasa, la poubelle urbaine

Publié le 28 mar 2009 dans Dessins par

Kinshasa, poubelle urbaine

L’insalubrité ne dérange plus les Kinois qui sont habitués à leurs décharges publiques improvisées. Il n’est pas étonnant de retrouver restaurants et marchés sur des immondices dans la ville jadis appelée « Kinshasa la belle ». N’allez surtout pas leur demander de nettoyer, la réponse est connue : « l’état aya kotalela biso likambo oyo », Traduisez : « que l’état vienne résoudre ce problème », comme s’ils ne s’étaient pas encore rendus compte que les dirigeants sont beaucoup trop occupés à construire leurs villas, acheter des 4×4 et renflouer leurs comptes bancaires en occident.

« Le nègre est invulnérable aux microbes », cette phrase revient souvent sur les lèvres des Kinois. Ebola et les autres maladies ne font donc pas peur. De toute façon, les sorciers prennent à leur compte les décès des victimes.

Ilustration : Patou Bomenga

Mots-clés : , , , , ,
2 commentaires »

Likasi: Que sauver entre l’environnement et sa vie ?

Publié le 26 mar 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Un vendeur de charbon de bois dans une rue de Likasi

Située à 120 Km de Lubumbashi, Likasi, ex Jadotville se trouve au cœur de la région minière de la province du Katanga, à proximité des montagnes de Mitumba et de Kundelungu. Appelée «ville des lumières », Likasi figurait parmi les villes les plus prospères du Congo et faisait rougir d’autres villes du pays. La vie de plus de la moitié de la population de Likasi dépendait exclusivement des activités dans des mines.

Depuis la dégringolade sans précédent des compagnies minières étatiques comme les GECAMINES, Likasi n’est plus que l’ombre d’elle-même. L’arrivée de dame la crise financière n’arrange pas les choses. Quelques rares entreprises ayant résisté s’enfoncent à leur tour.

Débrouillards nés comme tous les autres congolais, les habitants de cette ville trouvent des activités alternatives leur permettant de survivre. Mr Donatien Monga, ancien employé dans une mine a choisi la fabrication de charbon de bois. Ce sont les arbres qui entourent la ville qui en souffrent. « Étant père de famille, je n’ai aucune raison de croiser les bras et suivre la conduite de la fameuse crise », me lance-t-il.

Le déboisement occasionné par la prolifération de fabricants de charbon de bois est très mal vu par le ministère provincial de l’environnement, qui redoute des perturbations climatiques.

L’environnement est le dernier des soucis de ces ventres affamés qui n’ont pas d’autre source de revenus. Parler de préservation à ces gens est presque perçu comme une injure. Faut-il vraiment parler de problèmes environnementaux dont les conséquences se manifesteront plusieurs années plus tard à des gens qui ne sont même pas certains de trouver leur pain du lendemain ?

Mots-clés : , , , , ,
1 commentaire »

Bukavu : Le dos des femmes pour le transport de la viande

Publié le 25 mar 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Une transporteuse de viande à Bukavu

Elles sont tous les jours au rendez-vous et pas question d’arriver en retard. Des femmes qui ont pour activité le transport de la viande de l’abattoir de la Ruzizi II, le plus grand de la ville de Bukavu au centre-ville sont de plus en plus nombreuses. Après l’abattage des bêtes, elles transportent la viande au dos vers les marchés et boucheries de la ville. Cette occupation s’impose de plus en plus comme un métier qui fait vivre bon nombre de foyers.

Les dos de ces femmes prennent la place des véhicules qui assuraient ce service il y a plusieurs années. « Je gagne 1.500 francs Congolais (environ deux dollars américains) pour chaque cargaison transportée » confie maman Jeanne, la plus ancienne transporteuse de viande à cet abattoir. « Cet argent me permet d’avoir deux à trois mesures de farine pour mes enfants car j’ai l’avantage de trouver chaque jour un petit morceau de viande ici », renchérit-elle.

Ces femmes dont le courage se lit sur les visages ne se plaignent pas et travaillent dur. Elles effectuent trois à quatre allers-retours par jour. La distance entre l’abattoir et le marché le plus proche est cinq kilomètres environ.

Les femmes de Bukavu ne font pas exception et se plient face aux règles de la débrouille, comme les autres femmes de la république. Quand l’article 15 prend la place des structures formelles, ça fait des femmes travailleuses, qui n’attendent pas les 5 chantiers, mais qui prennent carrément les choses en main.

La place des hommes, blasés par des années de chômage et de souffrance est désormais à la maison. Les plus machos passent leurs journées à l’ombre d’un arbre en attendant que madame rapporte à manger le soir. Les autres s’occupent des enfants et du ménage à domicile.

Mots-clés : , , , , , ,
5 commentaires »

Le CNDP se transforme en parti politique

Publié le 25 mar 2009 dans Dessins par

Le CNDP se transforme en parti politique

Le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), mouvement rebelle opérant dans l’Est de la RDC annonce sa mutation en mouvement politique. L’accord conclu avec le gouvernement congolais prévoit entre autres la promulgation d’une loi amnistiant les ex-rebelles. La signature de ce traité intervient alors que Laurent Nkunda, le chef historique de la rébellion, arrêté en janvier, au Rwanda, est maintenu en résidence surveillée dans ce pays. Kinshasa attend toujours son extradition.

Comme quoi semer la terreur finit toujours par payer au Congo. Les rebelles d’hier, ceux-là même qui ont tué et violé changent de costume et deviennent des politiciens, « autorités » et peuvent se remplir officiellement les poches…

Illustration : Patou Bomenga

Mots-clés : , , , , , , , ,
9 commentaires »

Alliance AMP-PALU-UDEMO: la maison brûle !

Publié le 23 mar 2009 dans Dessins par

 Alliance AMP-PALU-UDEMO: la maison brûle !

Crise au sein de l’Alliance de la majorité présidentielle, AMP. Pomme de discorde : la démission du Bureau de l’Assemblée nationale. Alors que la direction de la plate-forme confirme sa décision de procéder au remplacement du Bureau actuel de l’Assemblée nationale, l’UDEMO propose une concertation sur cette question « dans l’intérêt de notre jeune démocratie qui doit bien fonctionner ».

Illustration : Kash

Mots-clés : , , , , ,
5 commentaires »

Education, domaine à l’abandon en RDC

Publié le 21 mar 2009 dans Dessins par

La pluie, ennemie de l'éducation au Congo

Lorsqu’on parle de la guerre, la faim, le manque d’électricité et de tous les autres maux qui minent la société congolaise, on oublie souvent d’évoquer le fait que le niveau d’éducation est en régression. L’accès à l’éducation demeure un luxe pour une bonne partie de la population scolarisable et la qualité même des formations laisse à désirer.

Ecoles aux murs branlants, souvent sans toit et sans pupitres, manque crucial de matériel didactique, les enseignants impayés depuis des années font avec les moyens du bord. Ainsi, il n’est pas étonnant de retrouver certaines écoles avec des salles de classe en chaume avec des élèves suivant leurs enseignements assis à même le sol. Dans ces circonstances, dame la pluie devient l’ennemie des enseignants obligés d’interrompre les cours lorsque le ciel se couvre.

Et l’avenir du grand Congo avec une jeunesse mal formée ?

Illustration : Philma

Mots-clés : , , , ,
0 commentaire

6ème chantier de la république, un 4×4 pour chaque joueur congolais

Publié le 17 mar 2009 dans Dessins par

Les léopards du Congo vainqueurs du championnat d'Afrique des nations (CHAN)

Un véhicule 4X4 pour chaque joueur de la sélection nationale congolaise, c’est un cadeau du président Joseph Kabila et de son gouvernement après la victoire des léopards qui ont battu le Ghana sur le score de 2 à 0 en finale de la CHAN-2009. Les léopards recevront en outre une somme d’argent non dévoilée. Le gouvernement de la RDC a baptisé la coupe remportée par les Léopards à la 1ère CHAN de « Coupe de la paix ».

C’est en 1974 au Caire, en Egypte, que les Léopards ont remporté le dernier championnat d’Afrique des Nations (CAN), après 1968 en Ethiopie.

Les joueurs de l’équipe nationale congolaise rompent donc le casse tête congolais de la lutte quotidienne du transport en commun et profitent d’un sixième chantier taillé sur mesure.

Illustration : Luba

Mots-clés : , , , , , ,
5 commentaires »

Kinshasa : Une ville sans service anti-incendie

Publié le 17 mar 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Un véhicule incendié dans une rue de Kinshasa

Il y a quelques jours, en rentrant le soir chez moi après le travail, le véhicule qui me transportait s’est retrouvé coincé dans un embouteillage. Surgissant de nulle part, un homme visiblement paniqué est venu demander un extincteur au conducteur qui me ramenait. Naturellement, ce dernier n’en avait pas.

« Mon Dieu, la Mercedes va brûler », s’écria l’infortuné. C’est à ce moment que j’ai vu une Mercedes blanche en feu devant un marché, à quelques mètres de moi. Il y avait plusieurs personnes autour de la voiture mais personne ne cherchait à faire quoi que ce soit. Plusieurs minutes plus tard, un homme est arrivé avec du sable, à peine une poignée, qu’il a jeté sur le feu, sans succès.

Entre-temps, le conducteur de la voiture dans laquelle je me trouvais a réussi à s’extirper de l’embouteillage et à s’élancer sur la route. Le lendemain, en repassant par la même route, et j’ai aperçu la voiture de la veille, complètement calcinée. Pire, pendant la nuit, les portières et autres pièces avaient disparu. Sans doute une œuvre des récupérateurs de métaux.

Ainsi va la vie à Kinshasa. Les pompiers sont une race à part et le matériel anti-incendie un luxe. Dans une ville dont la population est estimée à 8 millions d’habitants, on compte moins d’une dizaine de véhicules anti-incendie qui n’opèrent que dans le centre-ville, où habitent les nantis. Les citoyens lambda peuvent toujours brûler.

Connaissant bien cette réalité, les Kinois ne se donnent même plus la peine d’appeler les pompiers, beaucoup plus réputés pour leur capacité à arroser les décombres et compter victimes plutôt qu’à éteindre les flammes. En cas d’incendie, la solution est bien connue : sauver l’essentiel et se tirer vite fait.

Mots-clés : , , , ,
3 commentaires »

Presse en RDC : Pas de coupage, pas d’information

Publié le 16 mar 2009 dans Dessins par

Phénomène coupage dans la presse congolaise

En république démocratique du Congo, on désigne par le mot « coupage » cette pratique qui veut que les journalistes soient payés pour écrire un article. A titre d’exemple, une institution qui invite des journalistes à une conférence de presse pour faire parler de ses activités se doit de verser une certaine somme en guise de collation. En retour, les journalistes rédigent des articles qui ne peuvent qu’aller dans un sens le plus favorable pour ladite entité. Le principe est bien connu de tous : plus la somme remise aux journalistes est importante, plus les articles écrits par ceux-ci sont élogieux.

Cette pratique bien ancrée dans le moeurs fait que les journalistes sont en permanence à la recherche non de nouvelles mais de personnes qui peuvent les payer pour publier leurs articles.

Illustration : Philma

Mots-clés : , , , , , , ,
1 commentaire »

Kipushi: Les femmes en lutte contre la misère

Publié le 15 mar 2009 dans Lubumbashi par Le lushois, mdogo wa Katanga

Une femme concasseuse dans une carrière de Kipushi

Ville frontalière située à 30 Km de Lubumbashi, Kipushi vivait, jadis, grâce aux activités de la Générale des Carrières et des Mines (Gecamines). Depuis la chute de cette dernière, la ville de Kipushi n’est à ce jour que l’ombre d’elle-même. Cette situation a contraint à la débrouillardise un peu plus de 3/4 de la population.

Pour survivre, certains, les hommes en majorité, font chaque jour 30 Km pour rejoindre la ville de Lubumbashi et essayer de trouver des petits « Jobs » (petits contrats de travail journaliers). Les autres; femmes et enfants, qui restent, se livrent au concassage manuel des graviers de la carrière du puits 5 au quartier Lumumba.

Avec leurs marteaux, pioches, bèches et brouettes, ces femmes et leurs enfants envahissent tous les matins la carrière, y travaillant sous un soleil de plomb. « Dans le devoir de faire vivre ma famille, j’accepte de passer pour concasseur », me confie Maman Claudine, une veuve de 46 ans que j’ai trouvé dans la carrière. Elle déplore le désintéressement, l’indifférence, et surtout le manque d’une politique d’encadrement pour les femmes de Kipushi de la part du gouvernement provincial. « Voila maintenant, mes biceps sont semblables à ceux d’un catcheur de la WWE, suite au soulèvement régulier et quotidien de mon marteau et pioche », rajoute-t-elle.

Mr Bonny, président des creuseurs de la carrière, dénonce pour sa part les tracasseries perpétrés les agents des services de l’Etat comme; la division des mines et la police des mines. « Les taxes imposées avant l’évacuation des produits de la carrière pour la vente, découragent nos clients et donnent ainsi un autre coup fatal à la population de Kipushi. »

Alors que la misère a même déformé la morphologie des femmes de Kipushi, faut-il maintenir les taxes jugées colossales ou laisser la population bénéficier librement des ressources naturelles? Et puis, je me demande à quoi servent ces taxes alors qu’on sait bien que la population ne reçoit rien en retour.

Mots-clés : , , , , , , ,
2 commentaires »