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Le beau temps après la pluie ? Pas à Kinshasa

Publié le 5 déc 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Le beau temps après la pluie ? Pas à Kinshasa

Après la pluie c’est le beau temps, dit-on. Dans la capitale congolaise, ce n’est pas le cas. Kin la belle devenue Kin poubelle, offre une image propre à elle après les averses.

Il y a quelques jours, alors que je rendais visite à une amie dans la commune de Kimbaseke, je me suis fait surprendre par la pluie. Le retour vers chez moi s’est transformé en cauchemar. Les rues cabossées se sont transformées en marres. Dans ces moments, les caniveaux remplis d’ordures ne servent à rien.

Plus qu’habitués à leurs lacs en pleine ville ont développé des capacités hors du commun. Il faut les voir sauter d’une rive à l’autre.
Cette situation a donné naissance à de nouveaux métiers. A certains endroits, des chariots servent à faire traverser ceux qui ne sont pas assez courageux pour patauger dans la boue. Certains jeunes proposent leurs dos pour faire traverser qui veut, en échange de quelques francs congolais. Gare cependant aux câbles dénudés qui trainent un peu partout.

On serait presque tenté de se plaindre et de demander au ciel de ne plus déverser sur nous toute cette eau mais savoir qu’il y a des gens sur terre qui prient pour avoir quelques gouttes calme.

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Les méfaits de la guerre pèsent aussi sur l’avenir des enfants

Publié le 4 déc 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Une école en plein air à Mwenga, dans le Sud-Kivu

Là où deux éléphants se battent, c’est l’herbe qui en pâtit, disent les anciens. Derrière les femmes victimes des viols et violences sexuelles, ce sont les enfants qui paient les frais de la guerre que connaît la partie est de la république démocratique du Congo.

Ecoles détruites, enseignants impayés depuis des décennies, voilà ce à quoi les enfants, avenir du pays font face dans le territoire de Mwenga, situé à près de deux cents kilomètres de la ville de Bukavu. Ici et dans d’autres villages environnants, des enseignants pour la plupart bénévoles assurent le minimum.

Quelques poutres en bois, un toit en paille, quelques bancs en bambou et un tableau noir suffisent pour improviser une salle de classe. Les moins chanceux suivent les enseignements à même le sol. La moindre intempérie sonne la fin des cours. Ici, l’uniforme n’est pas une exigence. Chacun vient comme il veut pourvu que la science soit transmise.

En guise de motivation pour les enseignants, les parents renouent avec le troc. « Nous donnons aux enseignants des produits de nos champs ou du bétail comme prime. Moi je donne chaque mois pour mes deux enfants, quatre mesures de haricots et un régime de banane », confie Musombwa, un cultivateur qui a deux enfants à l’école primaire.

Pour financer les études de ses enfants, Mukambilwa qui est creuseur artisanal d’or dans la cité de Kamituga paie en Mushale (un petit bout d’or de la taille d’une tige d’allumette). Le Mushale d’or se vend à cinq ou dix dollars américains.

Les autorités de la région visitent régulièrement ce territoire mais elles ne semblent pas se préoccuper de la situation difficile. Ils sont sans doute trop occupés à veiller sur les carrés miniers privés qu’ils possèdent dans le coin. A chaque passage, la population est arrosée de nouvelles promesses qui attendront dans doute longtemps avant de se concrétiser.

En quittant la région, les radios locales annonçaient que l’ONG néerlandaise Cordaid allait reconstruire les écoles. Un autre exemple qui illustre l’inexistence d’un Etat, dont le rôle est récupéré par des ONG étrangères. Un paradoxe dans une zone riche en minerais.

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Quelques photos du dernier crash de Goma

Publié le 25 nov 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Crash d'un avion de la compagnie CAA à Goma 1

Nous vous parlions il y a quelques jours du crash de l’avion de la CAA à Goma. Comme on le voit bien, l’accident était assez violent. La carlingue traine encore sur l’amas de lave qui couvre une bonne partie de la piste d’atterrissage. Pas de souci à se faire si les propriétaires de l’avion ne se dépêchent pas de déplacer les restes. On peut faire confiance à tous les débrouillards des environs qui vont se charger de désosser méticuleusement l’épave.

Crash d'un avion de la compagnie CAA à Goma 1

Crash d'un avion de la compagnie CAA à Goma 1

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Transport lacustre : l’argent d’abord, les vies humaines après

Publié le 25 nov 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Transport Lacustre : l’argent d’abord, les vies humaines après

Dans les pirogues qui effectuent des navettes entre Bukavu et l’île d’Idjwi ou entre Bukavu et la presqu’île de Birava, la priorité est accordée d’abord aux marchandises, plus intéressantes que les passagers aux yeux des transporteurs.

Alors que la traversée coûte 1 dollar pour chaque passager, il faut payer 2500 francs congolais (un peu moins de trois dollars) pour un sac de farine et 1500 francs pour une caisse de bière. Après le chargement des marchandises, les gens peuvent alors embarquer à leur tour se trouver chacun une place en ordre dispersé au dessus de sacs et des caisses. Le voyage dure une heure environ.

Pour Louise qui accompagne sa mère pour la première fois, c’est un vrai calvaire : « ce n’est pas possible, je plains ma mère qui effectue très régulièrement des traversées. A l’accostage, j’étais épuisée. »

La peur de voir la pirogue chavirer a hanté Paul durant toute la traversée. Le soulagement pouvait se lire sans difficultés sur le visage de cet étudiant originaire du Bandundu qui allait à Idjwi pour des recherches : « j’avais l’impression que la pirogue allait se renverser à cause de la surcharge. J’ai même vu quelques régimes des bananes tomber dans le lac quand la pirogue bougeait. »

Des accidents surviennent assez régulièrement sur ce tronçon. A l’association des armateurs le lac Kivu et à la Régie des voies fluviales, le danger que court la population  ne semble inquiéter personne. Des manifestes sont remplis et des pirogues surchargées sont autorisées moyennant dix dollars de taxe sur chaque pirogue. Comme d’habitude, personne ne voit venir le danger. C’est le jour où un accident surviendra que des mesures dites urgentes seront prises.

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Transport en commun à Kinshasa, retour aux bonnes vieilles habitudes

Publié le 25 nov 2009 dans Dessins par Cédric

Transport en commun à Kinshasa, retour aux bonnes vieilles habitudes

C’est un grand retour dans la capitale congolaise. Ces engins appelés « Moto Guzzi » et qui étaient encore visibles à Kinshasa jusqu’en 1987 reviennent. Après les taxi-motos, c’est au tour des Rickshaw de venir à la rescousse des kinois qui doivent se battre tous les jours avec le casse-tête des transports en commun.

Les modèles en circulation actuellement dans la capitale sont importés d’Asie mais connaissant les kinois, je suis prêt à parier qu’il y aura des modèles made in Congo d’ici quelques mois.

Pour les enfants, c’est une nouveauté mais pour les bons vieux kinois, c’est le retour d’un vieil ami. Comme on dit chez nous : « Nzungu ya kala, ba buakaka yango te ! » Traduction imparfaite : « un vieux chaudron peut toujours s’avérer utile ».

Dessin : Michaël Maloji

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Un peuple sans histoire est un peuple sans avenir

Publié le 23 nov 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

une dalle de l'office de drainage de Léopoldville

Nous sommes sur l’avenue Tombalbaye dans la commune de la Gombe, en plein centre de la capitale congolaise. Lors de mon passage sur cette avenue, mon attention a été attirée par cet objet de l’époque coloniale. Cette dalle en acier a été posée là par le service urbain et de drainage de Léopoldville. Elle n’a pas bougé depuis plus de 60 ans. Les kinois qui passent par ce coin la foulent des pieds sans trop se rendre compte de sa valeur historique.

L’histoire, pendant que j’en parle, n’a pas l’air d’emballer les Kinois et plus généralement les congolais. Après l’indépendance en 1960, la plupart des monuments de l’époque coloniale ont tout simplement été démolis. Les autres traces historiques sont progressivement effacées. Difficile dans ce contexte pour les jeunes générations de suivre l’évolution de l’histoire de leur pays.

Même si la phrase « Histoire ba changeaka yango te » traduction : «  l’histoire ne se réécrit pas » revient souvent dans la chanson congolaise, chaque régime politique la réécrit à sa sauce. Les noms des avenues et autres places publiques changent régulièrement au point qu’on s’y perd.

Quelqu’un a dit un jour qu’un peuple sans histoire est un peuple sans avenir. Comment préparer l’avenir sans savoir d’où nous venons ?

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Un nouveau crash à Goma. Et si on déblayait enfin la piste ?

Publié le 19 nov 2009 dans Dessins par

Un nouveau crash à Goma. Et si on déblayait enfin la piste ?

Un avion de la compagnie CAA a raté le freinage et fini sa course dans l’amas de lave qui couvre une partie de l’aéroport de Goma. Bilan : une vingtaine de blessés. A bord, 116 passagers ordinaires et un passager de marque, le gouverneur de la ville, Julien Paluku qui revenait de Kinshasa.

Le personnel de l’aviation de la Monuc a dépêché sur place des camions anti-incendie et des ambulances. Les blessés ont tout de suite été pris en charge par la structure sanitaire du contingent indien de la MONUC. Merci en passant à cette mission de l’ONU qu’on accuse souvent de ne rien foutre mais qui s’occupe souvent de taches qui reviennent normalement aux services publics. S’il fallait compter sur des urgences made in Congo, les blessés auraient attendu une éternité.

La piste de L’aéroport de Goma est en partie couverte de lave depuis la dernière éruption du Nyiragongo, le 17 janvier 2002. Sur les 3000 mètres de la piste initiale, il ne reste plus que 1900 mètres utilisables.

L’accident le plus meurtrier en date dans la même ville a eu lieu le 15 avril 2008. Un DC9 de la compagnie privée congolaise Hewa Bora s’était écrasé près de l’aéroport, faisant une cinquantaine de morts et plus d’une centaine de blessés. Le gouverneur avait alors parlé de réparation urgente de la piste. Quelques coups de bêche avaient été donnés depuis mais cela na été que de courte durée. A ce jour, les travaux sont au point mort. J’ai envie de demander où sont passés les 15 millions d’euros de l’ONG allemande, Agro action allemande (AAA) mais je ne vais pas le faire.

En passant, si je ne me trompe pas, cet avion, c’est le même que j’ai pris pour faire le trajet Kinshasa – Kindu – Goma en juin 2008.

Souhaitons que le fait que le gouverneur ait été parmi les victimes/rescapés lui fera réaliser que la réhabilitation et la sécurisation de la piste de Goma ne peut plus attendre. La mise en place d’un service d’urgence (ambulances, véhicules anti-incendie et personnel compétent et régulièrement rémunéré) ne serait pas de refus. Il faudrait bien qu’un jour nous arrêtions de nous faire torcher le cul réapprenions à vivre sans la MONUC…

Dessin : Michaël Maloji

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Recyclage à la congolaise, une question de survie

Publié le 18 nov 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Un recycleur de Kinshasa en train de fouiller dans les ordures

Nous sommes en pleine capitale congolaise et l’homme sur la photo n’est pas fou. Il s’agit d’un père de famille à la recherche d’un trésor. Son terrain de recherche, les poubelles publiques à ciel ouvert comme on en trouve un peu partout à Kinshasa.

Ce qu’il cherche, ce sont des bouteilles en plastique, des boites de lait vides et autres objets

jetés par les nantis « batu ya mbongo ». Après ramassage, ces objets sont lavés rapidement puis remis sur le marché. Ils sont très appréciés par bon nombre de Kinois parce que très peu coûteux. Les bouteilles plastiques servent d’emballage aux vendeurs de jus ou de Tangawisi. Les autres trouvailles trouvent toujours un usage qui leur assure une seconde vie.

Ce recyclage à la congolaise est à la fois un métier et un gagne-pain pour de nombreuses personnes. Les conséquences en terme de santé publique ne semblent inquiéter personne pour l’instant. Tant qu’il n’y aura pas d’épidémie grave, c’est sûr que personne ne lèvera le petit doigt.

Les élus qui ont promis monts et merveilles aux congolais sont sans doute occupés à préparer les discours pour les prochaines élections qui doivent se tenir dans un peu moins de deux ans. « Mais quelles promesses allons-nous brandir cette fois-ci à ces électeurs », doivent-ils se demander.

Entre temps, les électeurs, experts du très célèbre article 15 congolais trouvent toujours des combines pour survivre. A défaut de sauver la planète comme le prônent les écologistes ailleurs dans le monde, les recycleurs congolais sauvent avant tout leur peau. La planète est le dernier de leurs soucis. Ne dit-on pas d’ailleurs que la charité bien ordonnée commence par soi-même?

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Cinq chantiers : courte durée de vie des infrastructures tant attendues

Publié le 18 nov 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Cinq chantiers : courte durée de vie des infrastructures tant attendues

Trois mois seulement après la fin des travaux sur le tronçon place de l’indépendance Bwindi en direction de l’aéroport de Kavumu, le caniveau qui devait conduire les eaux de pluie vers le lac est bouché. Une belle végétation verdoyante s’invite sur le tas de déchets qui s’y amasse.

A la base de cette détérioration, la proximité d’un marché spécialement dédié à la vente de chèvres. Tous les déchets de cet abattoir improvisé sont déversés dans la canalisation.

L’entretien de cette infrastructure routière nouvellement acquise en réponse aux promesses électorales est loin d’être le souci des principaux bénéficiaires. Il y a quelques semaines, une autorité urbaine a parlé de fermer du ce marché. Une manifestation violente s’en est suivie et des menaces de mort étaient même proférées contre cette autorité par les vendeurs du marché.

« Qui nourrira nos enfants si tu fermes ce marché ? Et l’argent qu’on paie pour avoir des autorisations d’y œuvrer qui le remboursera ? » Autant de questions que les manifestants brandissaient pour contrecarrer cette décision de fermeture dudit marché.

Après ce bref épisode, plus rien. Le marché a repris ses activités et les déchets sont toujours déversés sur ce qui reste du caniveau. Quant à elle, la route disparaît lentement mais sûrement.

Ce chantier parmi ceux promis aux congolais lors des dernières élections s’effrite progressivement. Une solution temporaire sera sans doute trouvée pendant la campagne électorale pour les prochaines élections.

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Kinshasa, capitale mondiale du sachet !

Publié le 12 nov 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Kinshasa, capitale mondiale du sachet !

Pas besoin de les chercher, ils sont partout ! Les sachets et autres matières plastiques utilisés pour emballer les marchandises couvrent le sol de la capitale congolaise. Alors que plusieurs pays de la sous-région interdisent l’usage de ces types d’emballages, à Kinshasa, ils sont champions. En essayant de regarder dans le passé, je me souviens qu’il y a une dizaine d’années, les sachets étaient plus rares.

A l’époque, les marchands se servaient d’emballages en papier. Les vieux journaux ou les vieilles archives de la fonction publique servaient à tout emballer. Farine de manioc ou cacahouètes grillées étaient alors emballés soigneusement emballages qu’on dirait aujourd’hui propres. Pour les fonctionnaires, la vente de papier représentait même une source sûre de revenus.

Pourquoi cette montée en puissance du sachet ?
Les avis divergent. Selon certaines personnes que j’ai pu interroger, le sachet est plus sécurisant que le papier. Il emballerait mieux les marchandises que son prédécesseur. Monsieur papier laissait passer les microbes alors que son successeur est étanche. Ce que les partisans du sachet ont l’air d’ignorer c’est qu’il est l’un des grands ennemis de l’écosystème et qu’il empêche que l’eau de pluie pénètre dans la terre.

Des voix s’élèvent et des initiatives voient de temps en temps le jour pour essayer de résoudre le problème des emballages plastiques mais rien n’y fait ! Dernière initiative en date, un politicien qui se revendique écologiste avait initié une activité de collecte des sachets dans la capitale congolaise. Il remettait alors 1 dollar américain à chaque personne qui ramenait un kilogramme de sachets. Malheureusement, cette initiative n’a duré que l’espace de quelques semaines. Le problème est resté entier aujourd’hui. Kinshasa la belle est devenue Kinshasa poubelle.

Pendant ce temps, des autorisations sont accordées à des usines de fabrication des sachets et d’autres matières plastiques dans la capitale.

Alors que l’écologie et le respect de la nature sont au centre de débats un peu partout dans le monde, les kinois ne semblent pas préoccupés par ces questions, sans doute trop occupés à se débrouiller.

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