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Maisha Soul, un autre style musical

Publié le 15 fév 2010 dans Goma par Yves Zihindula

Maisha Soul, un autre style musical

C’est l’ensemble musical actuellement en vogue à Goma. Cette fratrie de quatre jeunes bourrés de talent ne cesse de gravir les échelons. On les a vus récemment, aux cotés de Jean Goubald sur une même scène. L’un d’eux, le leader et aîné de la famille a accepté de lever le voile sur son groupe en s’entretenant avec moi.

Le rendez-vous a lieu dans un restaurant (DOGA pour ceux qui maitrise Goma) en plein centre-ville. Il est environ 12 heures ce premier dimanche de février, lorsque j’aperçois une silhouette d’un jeune homme au style afro à beaucoup de ressemblance au chanteur rwandais Corneille Nyungura. Légèrement coiffé, chargé d’un sac au dos, Blue-jean (collant, patte d’éléphant), T-shirt gris (juste-au-corps), sur ses pieds, je lis facilement « All Star Converse ». Prince AGHAKAM est en retard de quelques minutes au rendez-vous. « Je m’excuse pour ce petit retard. J’ai eu de contretemps », dit-il. Et vite on passe l’entretien…

Apres un quart d’heure d’échanges sur fond d’une douce mélodie diffusée par des baffles cachées,  j’apprends que leur aventure date d’il y a huit ans. Ils se sont lancés sérieusement dans la musique au lendemain de l’éruption du volcan Nyiragongo, en janvier 2002.  « Nous basculons entre le Soul, la world, le Jazz et le Country. Certain qualifient notre musique de recherche », explique-t-il avant d’ajouter que la vie au quotidien constitue leur principale source d’inspiration.

Dans leur petite vie d’artiste, il y a eu des concerts (pars encore d’album sur le marché) et des rencontres. Parmi ces dernières, celle avec Lokua Kanza, lors de son dernier passage à Goma. « C’était pour nous un honneur de rencontrer et parler avec ce grand de  la musique. Son attitude nous a beaucoup inspirée. Ses encouragements nous ont donnés un grain d’espoir. J’ai appris de cette rencontre que vouloir, c’est pouvoir. Il suffit de désirer quelque chose et de s’y consacrer pour l’obtenir, se souvient-il. Nous gardons toujours contact avec Lokua Kanza et échangeons des mails ».

Des projets, ils en ont beaucoup. Mais, un seul leur tient a cœur : lancer sur le marché un album. Ce rêve, ils l’ont caressé depuis longtemps mais, les moyens ont toujours fait défaut : « Nous évoluons dans un environnement qui ne nous permet pas d’émerger. Pas de producteur ni des sponsors… »

Deux extraits du travail du groupe Maïsha :

  1. La vie est là parce que nous sommes là (Compositeur Prince Aghakan Balume, avec le Groupe Maisha Soul) 

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  2. Another way

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Les congolais de l’est s’interrogent : et si nous allions tous vivre à Haïti ?

Publié le 15 fév 2010 dans Dessins par Cédric

Les congolais de l'est s'interrogent : et nous allions tous vivre à Haïti ?

Les rebelles hutus rwandais des FDLR sont toujours actifs, et ce en dépit de toutes les opérations lancées ces derniers mois pour démanteler ce mouvement. Les attaques se poursuivent contre les habitants. Dernière attaque en date, celle dont ont été victimes des commerçants qui descendaient la montagne en provenance de Masango est tombé dans une embuscade tendue par les FDLR. [Détails de cette attaque].

Habitués aux attaques, vols, viols et aux déplacements, les habitants de ces contrées de l’est congolais devraient peut-être aller poser leurs sacs à Haïti. C’est en tous cas la réflexion de bon nombre d’entre eux, lorsqu’ils ont appris que le gouvernement avant offert 2 millions et demi de dollars à Haïti.

« Et nous alors, quand est-ce qu’on pense à nous ? » La question mérite d’être posée quand on sait que les FDLR ont face à eux une armée très peu disciplinée, avec des éléments qui ne reçoivent pas régulièrement salaires et rations, obligés de braconner ou encore de se servir sans permission dans les champs pour bouffer.

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Bwa Assani, cordonnier sans atelier depuis 27 ans déjà

Publié le 15 fév 2010 dans Kisangani par Boyomais

Bwa Assani, cordonnier sans atelier depuis 27 ans déjà

Divorcé depuis trois ans, Bwa Assani vit seul.  Ce septuagénaire a une expérience de près de 30 ans dans la réparation des chaussures. « Je n’ai pas appris ce que je fais sur le banc de l’école. A peine âgé d’une dizaine d’années, je m’amusais déjà à réparer seul mes souliers. C’est à force de travail régulier que je suis devenu ce que je suis » confie-t-il avec un brin de fierté.

Au départ, Bwa Assani était dans les affaires mais celles-ci ne lui avaient pas trop réussi. Il a alors décidé d’exploiter son don, son talent d’enfance. « Après plusieurs hésitations, ce fut en 1983 que je pris la décision de faire ce métier en dépit de toutes les moqueries de mes copains et surtout de certains membres de ma famille. Ils me disaient que c’était un sot métier et je leur rétorquai qu’ils étaient de sottes gens. »  Aujourd’hui, Bwa Assani est convaincu qu’il n’a pas fait un mauvais choix. « Certains de ceux qui se moquaient de moi passent ici pour me demander de l’aide. Et puis, c’est vrai que je ne vis pas décemment, mais j’ai le minimum et je ne suis pas contraint à vivre comme la plupart des personnes de mon âge ».

Notre cordonnier fait, sans doute, allusion à tous ces vieilles personnes qui font la manche dans plusieurs coins de la ville. «Mon travail me permet ainsi d’être indépendant. Je viens ici tous les matins, j’installe mes affaires et attends les premiers clients. Je peux alors trouver de quoi acheter mon café le matin, mon déjeuner à midi et mon diner à la fin de la journée qui  se termine généralement à 17 heures.»

Et il a raison. Car, dans un pays où les personnes de troisième âge ne bénéficient d’aucune protection, celles d’entre elles qui s’efforcent à survivre avec la sueur de leur front ne peuvent qu’être félicitées.

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Le maire de la ville s’attaque aux constructions anarchiques

Publié le 12 fév 2010 dans Goma par Yves Zihindula

Le maire de la ville s’attaque aux constructions anarchiques

Je me disais que c’était du bluff (comme nous en avons l’habitude avec les autorités en RDcongo) quand, il y a quelques semaines, le maire de la ville annonçait la démolition des constructions anarchiques le long des principales artères dans sa juridiction. Pourtant, il vient de passer à l’acte. Les petits kiosques, les boutiques en bois et même les bâtisses en dur, mal positionnées sont la cible de l’autorité urbaine. Et rien ne l’échappe, car lui-même est souvent sur les lieux de démolition.

« Cette fois-ci, il a tenu à ses paroles. L’essentielle c’est d’arriver au bout. Ces prédécesseurs ont commencés mais n’ont pas réussis.  Ainsi la ville sera propre et bien lotie », un des badauds qui observe la démolition. Mama Deborah, elle, n’est pas de cet avis. Elle tient une cabine publiphone sur la route Goma-Sake. Sa seule source de revenus n’a pas épargnée par le buldozer jaune vif de la mairie. «  Comment voulez-vous que j’applaudisse cette décisions ?  Avec ma cabine je parvenais à nouer les deux bouts et maintenant qu’il l’a détruit, va-t-il me donner du boulot ? », Soupire-t-elle en maitrisant à peine ses larmes.

Du coté de la mairie, le ton est serré : « Pas question d’indemnisation. On aurait parlé de dédommagements si les propriétaires étaient en règle. En plus, nous les avions prévenus. La loi est dure mais c’est la loi, ça servira de leçon pour les générations futures », soutient pour sa part un fonctionnaire de la mairie, impliqué dans l’opération.

Pour ma part je n’applaudis pas cette décision. La question qui se pose dans cette affaire est celle de savoir comment ce gens sont arrivés à construire là ou il ne fallait pas le faire ?  Ou était cette mairie à cette époque ? La plupart des infortunés ont des documents de propriété délivrés par des fonctionnaires de l’Etat mais encore une fois, c’est la population qui paie, et non les fonctionnaires véreux qui opèrent avec un permis d’escroquer officiel, labélisé par l’Etat.

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Changement des noms des rues : le Maire se rétracte

Publié le 31 jan 2010 dans Kisangani par Boyomais

Changement des noms des rues : le Maire se rétracte

Des  inconnus se sont attaqués il y a quelques jours aux panneaux indicateurs des rues nouvellement placés dans les principales artères de la ville de Kisangani, en marge de la décision du maire de rebaptiser certaines rues de la place.

« C’est une façon pour la population de dire non à cette mesure », soutient un député provincial. Certaines personnes sont allées jusqu’à demander carrément la démission de l’autorité urbaine. « Il doit rendre le tablier. S’il ne le fait pas, son parti doit le contraindre à le faire » a déclaré Monsieur Abibi Sakapela, ancien vice-gouverneur de la Province orientale sur les ondes d’une radio locale.

Devant cette effervescence,  le maire de la ville a décidé de suspendre l’exécution de son qui changeait le nom de certaines artères. « Je n’ai pas été compris. Mon souci n’est nullement d’effacer l’histoire de Kisangani ; je suis trop petit pour le faire. Je voulais juste remettre de l’ordre dans ce domaine, car des dénominations actuelles de nos rues n’ont aucun soubassement juridique et d’autres ne reflètent pas la réalité de l’histoire de cette ville. Qu’à cela ne tienne, je viens d’instituer une commission de consultation composée de notabilités de Kisangani pour me faire des propositions concrètes dans ce sens. En attendant, l’exécution de l’arrêté est suspendu et tous les panneaux indicateurs doivent être retirés pour calmer les esprits », a expliqué Docteur Guy Shilton Baendo, maire de la ville, à l’issue de la rencontre qu’il a initié avec les notables.

Dans la foulée, le maire de la ville a présenté ses excuses à la population boyomaise avant de l’appeler à ne pas être manipulée par les politiciens : « Je comprendrais qu’on efface les panneaux indicateurs des rues portant les noms actuels mais comment comprendre qu’on efface aussi sur les panneaux les noms anciens comme celui de Boulevard Lumumba, avenue des chutes ou Boulevard Mobutu qui n’ont été débaptisés ? »

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Karel de Gucht indésirable en RDC

Publié le 22 jan 2010 dans Dessins par Cédric

Karel de Gucht indésirable en RDC

Le commissaire européen pour le Développement et l’aide humanitaire a commis la plus gave des fautes, celle de critiquer nos irréprochables dirigeants. Mais pour qui se prend-il ce Karel de Gucht ?

Comme à chaque fois qu’il s’agit d’un Belge, la traditionnelle parade anticolonialiste réapparait. « Le Congo est un pays indépendant et n’a de leçons à recevoir de personne », ai-je entendu murmurer certains, par un sursaut de patriotisme qui ne reste en fait que dans les discours et dans les discussions de bars ou de forums sur le Web.

Indépendant ? La question se pose lorsqu’on sait que notre pays est géré comme une ONG, à coup de microprojets de courte durée, financés pour la plupart par l’argent provenant de l’aide internationale.

Sachant que main qui donne, main qui dirige, n’est-il pas normal que l’européen qui donne son argent demande des comptes à ceux qui le reçoivent ?

J’entends déjà des patriotes virtuels me traiter de vendu à la cause des méchants colons, mais j’assume totalement mon opinion. Je pense que cette indépendance, la vraie, nous ne l’obtiendrons réellement que lorsque nous apprendrons à gérer correctement l’entreprise Congo. Nous ne serons capables de revendiquer la tête haute cette indépendants que lorsque nous serons réellement autonomes.

Nous n’aurons des arguments face aux traditionnels donneurs de leçons que lorsque nous rangerons dans la poche cette main en permanence tendue, comme celle d’un mendiant qui préfère quémander, plutôt que travailler et gagner son pain dignement.

Ce mendiant qu’est devenu le Congo ne peut que baisser la tête face à cette dame qu’on appelle Europe. Dame Europe lance de temps en temps une pièce au Congo, juste assez pour qu’il puisse s’acheter un bout de pain et quelques comprimés d’aspirine pour calmer sa fièvre.

Pour se faire respecter, une seule solution : le mendiant doit se remettre au travail, gagner dignement son pain et refuser la pièce du passant.


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La république démocratique du Congo vole au secours d’Haïti

Publié le 21 jan 2010 dans Dessins par Cédric

La république démocratique du Congo vole au secours d’Haïti

Qui a dit que charité bien ordonnée commençait par soi-même ? Au début j’ai cru qu’il s’agissait d’une blague. La RDC débourse bien 2.500.000 dollars US d’aide à Haïti, suite au séisme qui a frappé ce pays.

En faisant ce geste, le gouvernement de la République démocratique du Congo dit vouloir exprimer sa compassion aux Haïtiens, au nom du peuple congolais.

Quand j’y réfléchis bien, je me dis qu’au fond, les congolais sont des gens bien. Nous aurions bien pu envoyer des secouristes ou des médecins mais le problème c’est qu’ils sont impayés depuis des années. Envoyer des avions pleins de bouffe et de médicaments comme certains pays aurait pu faire l’affaire mais le problème c’est que nous n’avons qu’un seul avion en bon état : le jet personnel du président (déjà faut-il vérifier qu’il n’est pas privé).

Pas sûr non plus que les vieux avions de notre grande armée soient encore capables de voler jusqu’en Haïti et aussi, vu les problèmes que nous avons déjà avec les avions de ligne chez nous, ça n’aurait franchement servi à rien d’en affréter un qui risquait de s’écraser en chemin. Et puis, avec quoi aurions-nous rempli ces avions puisque nous dépendons déjà nous-mêmes en grande partie de l’aide internationale ?

La république démocratique du Congo vole au secours d’Haïti

Un appel à contributions auprès de la population n’aurait de toutes façons pas donné grand-chose parce que la majorité des congolais peinent déjà à se nourrir eux-mêmes.

Au regard de tout ce qui précède, nous avons donc opté pour donner à nos frères Haïtiens de l’argent cash, puisé dans le trésor public.

Ce geste courageux de ce peuple croyant va sans doute ouvrir les portes du paradis aux congolais qui ont cessé de croire en l’homme et qui n’attendent plus que la mort et leur entrée au paradis pour enfin manger à leur faim…

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L’homme politique congolais et le spectre de 2011

Publié le 18 jan 2010 dans Dessins par Cédric

L’homme politique congolais et le cauchemar de 2011

Que répondrez-vous si je vous posais la question de savoir ce qui primait selon vous entre les intérêts de la classe politique et ceux de la nation ? Je sais, la question ne se poserait pas dans un monde parfait. Mais comme le Congo est loin d’être un oasis de paix, une certaine tension est perceptible à l’approche de 2011, année au cours de laquelle il devrait normalement se tenir des élections générales.

Qui dit élections dit électeurs et qui dit électeurs dit arguments pour se voir confier le mandat de figurer dans la liste de ceux que l’on dit de l’élite.

C’est une évidence. La majorité des promesses électorales à la veille du scrutin de 2006 ne sont pas sortis de la boite à discours pour se matérialiser. La population se rend progressivement compte qu’elle a été roulée. Loin d’être dupes, honorables et excellences pensent déjà à la suite. Tous les moyens sont bons pour conserver une place au chaud, à l’abri de tous les tracas auxquels les congolais ordinaires font face au quotidien.

La société civile mise hors-jeu à la veille des élections de 2011

Les joutes sont désormais ouvertes entres les différents acteurs politiques et la population est progressivement invitée à y prendre part. Il y a d’une part ceux qui se rendent soudainement compte qu’il faut bouger les choses ou du moins faire semblant de remettre de l’ordre. D’autre part, ceux qui se disent leaders de telle ou telle autre région aiguisent leurs armes et se tiennent prêt à user des arguments tribalistes.

La lutte s’annonce serrée. J’espère juste qu’elle ne sera pas aussi violente et meurtrière comme en 2006. Affaire à suivre…

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Et si les congolais étaient responsables de leur propre misère?

Publié le 13 jan 2010 dans Dessins par Cédric

Le mendiant congolais

Malgré la fertilité de son sol, la richesse de son sous-sol et les nombreuses possibilités naturelles qu’il possède, le géant faible qu’on appelle Congo peine à relever la tête et à s’imposer comme nation respectable. Et pourtant, il a potentiellement tout ce qu’il faut pour ne pas mourir de faim.

Depuis son indépendance, le Congo s’est graduellement courbé, jusqu’à se retrouver aujourd’hui à genoux, ruiné, surendetté et la main en permanence tendue. Les acteurs qui se sont succédés aux commandes de ce bateau à la dérive se distinguent par leur incapacité à assurer un minimum de justice sociale.

Comment en est-on arrivé là?
J’essaie tous les jours d’identifier et nommer les facteurs qui ont poussé le Congo dans le fossé. A chaque fois, mes réflexions me mènent vers les mêmes mots : corruption, détournements, mauvaise gestion…

Les hommes politiques congolais supportent mal qu’on en parle, mais la réalité est bien évidente : le Congo est mal, très mal géré. Même en se cachant derrière la théorie du complot ou du méchant étranger qui tire les ficelles, il apparait clairement que dans chaque scène de ce film d’horreur congolais, ce sont les enfants du pays qui tiennent les rôles les plus importants.

Et si nous étions responsables…
En fouillant dans mes souvenirs, aussi loin que je puisse remonter dans ma mémoire, il me revient des évidences.

Le mendiant congolais

Je ne suis pas expert comptable mais avec des calculs élémentaires, je pense pouvoir établir que notre voisin, le père d’un de mes meilleurs amis d’enfance, ce colonel de l’armée zaïroise qui avait 60 enfants et près d’une vingtaine de « bureaux » ne pouvait pas entretenir ce village, même avec le salaire de Barack Obama. Ces pratiques qui ne cadrent pas avec la gestion d’un Etat dans le monde moderne sont pourtant bien ancrées dans les mœurs.

Une petite enquête au sein de la classe politique congolaise établirait sans trop de difficultés le gâchis que représente le financement des excès de la classe dirigeante. Entre les villas des nombreuses concubines, les études dans les écoles occidentales de la multitude d’enfants et la chasse aux nouvelles conquêtes, il est normal qu’il ne reste plus grand chose pour le fonctionnement de l’appareil étatique.

Et dire que les politiciens congolais se vexent lorsque Karel de Gucht parle de la nécessité d’approfondir la bonne gouvernance…

Lien :
Débat au Parlement européen 16 décembre 2009, Strasbourg – Karel De Gucht Commissaire pour le Développement et l’aide humanitaire

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Élections 2011 : La guerre des dons officiellement lancée

Publié le 11 jan 2010 dans Dessins par Cédric

Élections 2011 : La guerre des dons officiellement lancée

Comme toutes les années pendant la période des fêtes, nos chers politiciens ont pensé au « petite peuple ». Ils étaient nombreux, fiers de défiler à la télé, remettant des biens en nature aux hospices, orphelinats ou aux prisons.

« C’est pour que ces personnes aient la possibilité de fêter correctement », ai-je entendu dire un de nos nombreux honorables qui remettait quelques sacs de riz et de haricots à des prisonniers. Pour remercier leur bienfaiteur, les prisonniers on entonné un chant de joie et ont promis d’être sages… Je ne peux que comprendre leur joie, sachant que celui qui les a enfermés n’est pas capable de les nourrir. Ils attendent donc que les gentils donateurs pensent à eux. Les plus tenaces survivront jusqu’au prochain don, et les plus faibles peuvent toujours crever.

Ce type de scénarios mettant en scène des responsables politiques qui font des « dons » est plus qu’habituel en RDC. Il n’est par exemple surprenant pour personne de voir le journal télévisé de la chaine de télévision nationale ouvrir avec un clin d’œil pour tel ou tel autre honorable ou excellence (quelques fois leurs épouses) qui a donné gentiment un sac de foufou et un bidon d’huile de palme aux femmes des anciens combattants ou à qui sais-je encore.

Pour les journalistes qui dépendant du coupage, c’est l’occasion de renflouer les caisses, étant donné que les donateurs sont souvent prêts à payer très cher pour entretenir leur image de bienfaiteurs.

Au fil des années, l’homme politique congolais a réussi à détourner les droits les plus élémentaires des citoyens qu’il a transformé en présents qu’il peut offrir quand il veut, au plus méritant selon ses propres critères. Ainsi, la réfection d’une route ou le paiement des salaires des fonctionnaires sont présentés comme des oeuvres personnelles, des cadeaux que les gentils hommes politiques offrent à la population.

A l’approche des élections générales qui devraient se tenir en 2011, c’est une rude guerre de dons qui s’annonce. Ce sont les caisses de l’Etat qui se videront du peu d’argent qu’on peut y trouver pour financer les campagnes des uns et des autres.

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